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Mike Moore
> Les
chefs de Secrétariat de plusieurs organisations internationales
conviennent de s'employer de concert à mettre en œuvre le Programme
de Doha pour le développement de l'OMC
|
Nous, chefs
de Secrétariat et représentants des six organisations participant au
Cadre intégré, réunis à la Banque mondiale (Washington D.C.),
réaffirmons notre volonté collective d'aider à la véritable
intégration des pays en développement et des pays les moins avancés
dans le système commercial multilatéral et l'économie mondiale.
Nous nous félicitons du lancement de nouvelles négociations
commerciales lors de la quatrième Conférence ministérielle de l'OMC
tenue à Doha en novembre 2001, qui met le développement, les besoins
prioritaires et les intérêts des pays en développement et des pays
les moins avancés au centre des négociations
et du programme de travail(1).
À ce sujet, nous nous félicitons de l'importance accordée au Cadre
intégré au paragraphe
43 de la Déclaration ministérielle de Doha, et nous sommes
convaincus que sa mise en œuvre contribuera à la réalisation du
Programme de Doha pour le développement.
Nous
reconnaissons qu'il est urgent de renforcer les liens et d'améliorer
la cohérence entre les milieux s'occupant du commerce et ceux
s'occupant du développement ainsi qu'entre les organisations. Une
plus grande cohérence est nécessaire pour répondre aux
préoccupations des pays en développement et des pays les moins
avancés en matière de développement lié au commerce. Pour les pays
les plus pauvres — les PMA et les pays à faible revenu qui ne
figurent pas parmi les moins avancés — cela exige qu'il leur soit
apporté un soutien pour négocier au mieux de leurs propres
intérêts, stimuler les réactions de l'offre aux meilleures
possibilités d'accès aux marchés, diversifier leur base de
production et d'exportation et renforcer leurs institutions de soutien
du commerce. Nous sommes résolus à répondre à ces besoins
conformément à nos mandats et en fonction de notre savoir-faire.
La
réforme du commerce et la libéralisation sont de puissants facteurs
de croissance économique et peuvent contribuer à la réduction de la
pauvreté et au développement durable. Nous insistons sur le rôle
fondamental que joue l'assistance technique dans le renforcement des
capacités des pays en développement et des pays les moins avancés.
Néanmoins, les marchés et l'assistance technique ne sont pas des
substituts. Il faut aussi que les marchés soient ouverts, afin que
les pays en développement, et en particulier les moins avancés
d'entre eux, s'assurent une part de la croissance du commerce mondial
qui corresponde aux besoins de leur développement économique. À cet
égard, nous rappelons en outre que dans la Déclaration
ministérielle de Doha, les Ministres de l'OMC se sont engagés en
faveur de l'objectif d'un accès aux marchés en franchise de droits
et sans contingent pour les produits originaires des PMA. Nous
soulignons aussi qu'une réforme des réglementations nationales de
même que des politiques macro-économiques et commerciales
cohérentes sont nécessaires et indispensables pour le développement
des échanges commerciaux. Dans les PMA eux-mêmes, il est essentiel
que les domaines d'action prioritaires en matière de commerce, y
compris l'assistance technique liée au commerce, soient pris en
compte dans les plans de développement et les stratégies de
réduction de la pauvreté.
Cadre
intégré haut
de page
Nous
restons convaincus que le Cadre intégré est un mécanisme efficace
pour intégrer le commerce dans les plans nationaux de développement
et les stratégies nationales de réduction de la pauvreté, ainsi
qu'un mécanisme pour la fourniture d'une assistance technique liée
au commerce. Nous rappelons l'examen du Cadre intégré auquel nous
avons procédé lors de la première réunion que nous avons tenue au
PNUD, à New York, le 6 juillet 2000 et à l'occasion de laquelle nous
avons pris les mesures nécessaires pour le renforcer. Nous soulignons
qu'aucune organisation ni aucun donateur bilatéral ne peuvent à eux
seuls répondre véritablement ou valablement aux difficultés
complexes en matière de commerce et de développement auxquelles les
PMA se heurtent. C'est pourquoi le concept et le mécanisme du Cadre
intégré demeurent des instruments essentiels pour apporter des
solutions conjointes.
Les
progrès déjà réalisés avec le Programme pilote pour le Cadre
intégré sont encourageants. Nous reconnaissons la valeur des études
diagnostiques sur l'intégration du commerce, réalisées par la
Banque mondiale avec le soutien des autres organisations participantes.
Nous prenons note des efforts considérables déployés par les trois
pays pilotes(2) pour
mettre en place un processus de participation sans exclusive, mené
par eux-mêmes. Nous reconnaissons que le moment est venu d'assurer le
suivi effectif des études diagnostiques sur l'intégration du
commerce par la fourniture concrète d'une assistance technique liée
au commerce. Nous nous engageons à renforcer les actions entreprises
par nos propres organisations pour répondre aux besoins prioritaires
d'assistance technique identifiés dans ces études et demandons
instamment aux donateurs bilatéraux, aux banques régionales de
développement et à d'autres partenaires de développement de
participer à cet effort. Le suivi exige un dispositif efficace et
prévisible pour donner suite aux recommandations relatives à
l'assistance technique prioritaire liée au commerce. Nous demandons
instamment aux donateurs bilatéraux et aux organisations
multilatérales, en consultation avec les autorités nationales des
pays pilotes, d'assumer “le rôle de donateurs principaux” dans
les divers pays bénéficiaires, afin que les recommandations
relatives à l'assistance technique prioritaire formulées dans les
plans d'action/les matrices soient mises en œuvre. Nous chargeons les
représentants du PNUD et de la Banque mondiale de mener des
consultations avec les donateurs et les autorités nationales à
l'échelon des pays en vue de désigner un donateur principal, et de
faire rapport au Comité directeur du Cadre intégré.
Nous
réaffirmons le rôle de chef de file de la Banque mondiale dans le
soutien du processus visant à intégrer le commerce dans les plans de
développement et les stratégies de réduction de la pauvreté, et
soulignons qu'il est nécessaire que les autres organisations
participantes y contribuent activement en tirant profit de leur
savoir-faire respectif. Nous continuons à soutenir les efforts de
participation sans exclusive déployés par les pays bénéficiaires
pour intégrer les résultats des études diagnostiques sur
l'intégration du commerce dans leurs cadres stratégiques de lutte
contre la pauvreté et dans les réunions du Groupe consultatif de la
Banque mondiale ainsi que dans les tables rondes du PNUD. Nous nous
félicitons des représentations croisées et de l'amélioration de la
coordination entre les Comités directeurs nationaux du Cadre
intégré et les Comités CSLP, ce qui accroîtra encore l'efficacité
du Cadre intégré.
Tirant
les enseignements du premier groupe de pays pilotes, nous confirmons
que le Cadre intégré est actuellement étendu à un deuxième groupe
de PMA recommandés(3)
sur la base des critères convenus(4).
Nous avons déjà commencé nos travaux dans quatre PMA(5).
Nous soutenons l'extension à venir du Cadre intégré, qui devra
être précédée d'un examen approfondi de la part du Comité
directeur du Cadre intégré. Nous convenons d'agir rapidement pour
étendre les avantages du Cadre intégré à un aussi grand nombre de
PMA que possible d'ici à la conclusion du nouveau cycle de
négociations commerciales lancé à Doha. Toutefois, pour atteindre
cet objectif, il nous faudra mobiliser ressources et moyens dans le
cadre des mandats de nos organisations. En outre, nous notons avec
satisfaction et reconnaissons l'importance des contributions des
donateurs bilatéraux au Fonds d'affectation spéciale pour le Cadre
intégré, qui est un élément capital de l'extension continue du
Cadre intégré. Nous insistons sur le fait qu'il est nécessaire
d'accroître sensiblement les ressources destinées à l'assistance
technique liée au commerce.
Nous
prenons acte des demandes de plusieurs pays à faible revenu qui ne
figurent pas parmi les PMA visant à ce qu'il soit répondu à leurs
besoins en matière de développement des échanges commerciaux en
étendant les avantages du Cadre intégré. Nous encourageons les
organisations et donateurs en mesure de le faire, sans soustraire de
ressources du Cadre intégré et sans déroger à la priorité
accordée aux PMA, et agissant en dehors de la structure
institutionnelle du Cadre intégré existant, à examiner
favorablement ces demandes afin d'apporter un soutien pour
l'intégration du commerce et pour l'assistance technique liée au
commerce, en s'inspirant du modèle que constitue le Cadre intégré.
Programme
de Doha pour le développement haut
de page
Nous
convenons que la coopération technique et le renforcement des
capacités sont des éléments centraux de la dimension développement
du système commercial multilatéral. Nous sommes résolus à œuvrer
de concert et à apporter des contributions complémentaires
conformément aux mandats institutionnels de nos organisations. Nous
convenons que celles-ci, compte tenu de leurs domaines de compétence,
s'emploieront surtout, entre autres choses, à répondre aux besoins
qu'ont les pays en développement de participer immédiatement aux
négociations commerciales en cours et d'exploiter les avantages du
système commercial ouvert. Sur la base de consultations entre nos
organisations, une action interorganisations concertée et conjointe
pourrait porter sur des domaines tels que les questions visées par
les négociations, le renforcement des capacités humaines pour les
négociations commerciales ainsi que les travaux de recherche et les
études analytiques sur les thèmes de négociation qui présentent de
l'intérêt pour les pays en développement. Le renforcement des
capacités institutionnelles pour les services d'appui au commerce, la
mise en place de stratégies d'exportation et l'établissement d'une
capacité durable de formation dans le domaine du commerce sont des
volets importants de notre engagement collectif.
Nous
accueillons avec satisfaction et soutenons l'initiative prise par
l'OMC de s'employer avec le Comité d'aide au développement de l'OCDE,
et en coordination avec d'autres organisations multilatérales et
donateurs bilatéraux, à établir une base de données sur
l'assistance technique liée au commerce, sur la base des fichiers par
pays, des organisations et pays donateurs qui fournissent une aide et
des catégories comparables convenues d'assistance technique liée au
commerce. Cette base de données améliorera la cohérence, maximisera
les ressources disponibles et réduira au minimum les chevauchements
d'activités. Elle fera office de mécanisme de transparence dans
l'échange et le partage d'informations. À ce sujet également, nous
prenons note avec satisfaction de la décision d'établir un nouveau
site Web pour le Cadre intégré qui sera géré par l'OMC, avec le
soutien des organisations participantes.
Nous
convenons, cependant, que les réponses face aux enjeux du Programme
de Doha pour le développement doivent aller bien au-delà de la
fourniture d'une assistance technique liée au commerce. Nous sommes
résolus, en particulier, à soutenir la réforme du commerce et
d'autres mesures qui sont importantes pour le développement ordonné
des échanges commerciaux, par exemple des politiques macro-économiques,
réglementaires et commerciales judicieuses, la fourniture d'avis et
d'analyses de caractère général ayant trait au commerce, un soutien
pour atténuer les contraintes des pays en développement en ce qui
concerne l'offre, ainsi que des mesures visant à apporter un soutien
pour protéger les pauvres des bouleversements possibles associés à
la libéralisation. Il est essentiel que les milieux s'occupant du
commerce et du développement s'emploient de concert, avec les banques
régionales, le secteur privé et la société civile, à assurer la
cohérence globale des politiques et de l'aide, ce qui contribuera à
la réussite de la mise en œuvre du Programme de Doha pour le développement
et la facilitera.
Nous
adressons nos remerciements à M. James D. Wolfensohn pour avoir
accueilli les participants à cette deuxième réunion des chefs de
Secrétariat des organisations participant au Cadre intégré, et
convenons de nous réunir de nouveau après la cinquième Conférence
ministérielle de l'OMC qui se tiendra au Mexique, pour faire le point
de la mise en œuvre effective de nos engagements.
> Les
chefs de Secrétariat de plusieurs organisations internationales
conviennent de s'employer de concert à mettre en œuvre le Programme
de Doha pour le développement de l'OMC
|

Note:
1.
Document de l'OMC WT/MIN(01)/DEC/1, 20 novembre
2001. retour au texte
2.
Cambodge, Madagascar et Mauritanie. retour
au texte
3.
Burundi, Djibouti, Érythrée, Éthiopie,
Guinée, Lesotho, Malawi, Mali, Népal, Sénégal et Yémen. retour
au texte
4.
Les critères convenus sont indiqués dans le
document de l'OMC WT/IFSC/W/9. retour au
texte
5.
Lesotho, Malawi, Sénégal et Yémen. retour
au texte
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