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NOUVELLES: NOUVELLES 2002

Conseil général, 13 février 2002
Rapport du directeur général au conseil

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Allocutions: Mike Moore



Chers collègues, c'est, je crois, la première fois depuis Doha que je suis en mesure de m'adresser à vous collectivement pour faire le point des progrès accomplis en vue de la mise en œuvre du Programme de Doha pour le développement.

Depuis Doha, j'ai personnellement rencontré plus de 30 Ministres et je me suis entretenu par téléphone avec un beaucoup plus grand nombre d'entre eux. J'ai adressé un rapport écrit à tous les Ministres au moins à deux reprises. Les Ministres ont exprimé le souhait d'être étroitement associés à nos importants travaux.

À une réunion que j'ai pu convoquer récemment à New York, en marge du Forum économique mondial, les 15 Ministres présents se sont félicités des progrès que nous avons accomplis ici à Genève. De nombreux Ministres devraient participer à la Conférence sur le financement du développement qui se tiendra bientôt à Monterrey, à la Conférence ministérielle de l'OCDE à Paris et à l'importante Conférence sur le développement durable en Afrique du Sud. Toutes ces réunions sont autant d'occasions de faire rapport aux Ministres sur nos travaux et de solliciter leur contribution. Vous, le Président et moi-même avons déployé de gros efforts qui ont été largement couronnés de succès, en particulier si l'on compare les progrès accomplis depuis Doha et le temps qu'il a fallu après le lancement du Cycle d'Uruguay pour mettre en place les structures, les systèmes et les échéances.

Les Ministres se félicitent de ce qu'une décision ait été rapidement prise sur le lieu de la prochaine Conférence ministérielle. M. le Ministre Derbez est déjà venu à Genève pour commencer les préparatifs. Une mission de l'OMC se rendra au Mexique dans les semaines à venir pour recueillir des informations sur les installations. Les Ministres attendent de nous que nous joignions le geste à la parole afin que les promesses et les bonnes nouvelles soient suivies d'effet.

Je vous remercie également d'avoir pris une décision quant à la structure du CNC. Il faut à présent choisir les divers présidents et, dans ce processus, nous avons tous besoin de vos conseils et de votre coopération; il faut que les décisions soient prises dès que possible.

Aussi bien conçue que paraisse la structure du CNC en théorie, à moins que nous ne prenions rapidement des initiatives en matière de renforcement des capacités dans les capitales et ici à Genève, nous ne pourrons pas faire ce qui est nécessaire pour permettre aux Membres dont les capacités sont plus limitées de participer aux négociations sur le fond. Dans le cadre du Programme de Doha pour le développement, certains pays en développement ont mis des conditions à la poursuite des travaux. S'agissant de ceux qui portent sur la dimension développement de nombreuses questions nouvelles, la condition, c'est le renforcement des capacités, pour faire en sorte que la prochaine Conférence ministérielle aille de l'avant et que nous achevions notre tâche dans les délais comme promis. Les principaux donateurs et ceux qui nous soutiennent en sont conscients. C'est pourquoi de nombreux Ministres sont venus si rapidement à Genève après Doha et c'est pourquoi notre nouveau budget a été approuvé. C'est une bonne nouvelle. Autre bonne nouvelle: notre Conférence pour l'annonce des contributions au Fonds global d'affectation spéciale pour le Programme de Doha pour le développement se tiendra le 11 mars; les invitations ont été envoyées et l'ordre du jour fait actuellement l'objet d'une dernière mise au point.

Permettez-moi de vous dire que nous avançons aussi rapidement sur les questions de cohérence. J'ai rencontré les chefs de secrétariat d'autres organisations pour faire en sorte que la coopération soit la plus étroite possible et les doubles emplois réduits au minimum. Je maintiendrai le dialogue à l'avenir.

Le 26 février, les chefs de secrétariat de diverses organisations seront accueillis à Washington par M. Jim Wolfensohn de la Banque mondiale pour appuyer tout le travail accompli par la Division de la coopération technique sur le Cadre intégré.

Le 27 février, à Washington, se tiendra une réunion, sous l'égide de la Banque interaméricaine de développement, de tous les Ministres du commerce et, espérons-le, des finances de la région des Amériques et des Caraïbes pour débattre du renforcement des capacités et de la manière dont les ressources peuvent être déployées avec le plus d'efficacité possible. Au cours de réunions préparatoires avec la BID, nous avons proposé que des représentants d'autres banques régionales et du Secrétariat du Nouveau partenariat pour le développement en Afrique soient également invités en qualité d'observateurs et j'ai aussi suggéré qu'on envisage d'inviter certains Ambassadeurs qui coordonnent des groupes régionaux ici, à l'OMC. Cela fera gagner du temps car nous pensons que le "modèle" de coopération qui pourrait émerger de la réunion de Washington aura les caractéristiques appropriées pour être présenté à d'autres régions et banques de développement. Nous espérons également réunir à Genève en avril toutes les banques régionales et parties prenantes.

J'ai fait rapport au Secrétaire général de l'ONU, M. Kofi Annan, sur l'état d'avancement des travaux et je lui ai exprimé ma gratitude pour le rôle de chef de file qu'il joue et pour la coopération des institutions de l'ONU. J'espère lui communiquer de nouvelles informations personnellement très prochainement.

J'ai également rencontré M. Malloch Brown du PNUD, ainsi que son représentant local lorsque j'étais en Côte d'Ivoire. Le PNUD et les banques ont du personnel sur le terrain et dans les capitales, pas nous. Ils peuvent donc être des partenaires importants dans le cadre de l'élaboration de notre projet de dossier par pays.

Permettez-moi d'expliquer cette notion de dossier par pays.

Nous avons l'ambition de constituer un dossier pour chacun des Membres qui ont besoin d'une assistance en matière de capacités. J'aimerais ensuite faire rapport directement aux Ministres et aux Ambassadeurs tous les trois mois environ sur l'avancement ou toute autre évolution de l'action que nous menons pour aider ces Membres.

Cette initiative, soutenue par beaucoup d'institutions, nous aidera à tirer le meilleur parti possible des ressources et à éviter les chevauchements. Elle imposera aussi des disciplines transparentes à chacun – nous-mêmes, les donateurs, les autres institutions et ceux qui ont besoin d'une assistance pour renforcer leurs capacités. Nous avons besoin de savoir ce que font les autres institutions et les donateurs, non pas pour contrôler ces efforts, mais pour les placer dans un cadre transparent, dans lequel chacun est tenu de rendre des comptes. Cela permettra aux administrations nationales d'être informées de l'avancement de nos travaux et des domaines dans lesquels nous prenons du retard, afin d'évaluer d'autant mieux nos résultats.

Nous devons nous imposer des délais fixes et des bilans d'étape réguliers, pour vérifier les progrès accomplis et veiller à nous acquitter de notre tâche comme promis. Au début de mars, après avoir consulté les autres organisations, nous élaborerons le premier projet de cadre pour les dossiers par pays. Il englobera uniquement des rubriques. Au début de mai, nous vous ferons directement rapport et nous aurons couvert, espérons-le, la plupart des domaines. Nous pourrons ainsi voir dans quels secteurs nous devons faire plus. Après cela, nous devrions faire rapport aux administrations nationales tous les trois mois sur la façon dont nous atteignons, conjointement avec les autres partenaires, nos objectifs en matière de renforcement des capacités sur la base du Programme de Doha pour le développement, conformément aux instructions des Ministres.

Notre rôle, tel que nous le voyons, est celui d'un organisme centralisateur et j'ai donné pour instruction aux divisions de rechercher des partenaires stratégiques, par exemple, peut-être la CNUCED en ce qui concerne l'investissement ou l'ONUDI pour ce qui est de la facilitation des échanges. Il faut de nouvelles ressources pour toutes les questions de la concurrence, des marchés publics et de la transparence et nous avons besoin de partenaires pour nous aider. Il s'agit là aussi de questions importantes intéressant le développement.

Ces travaux ne sont pas sans conséquences pour le statut d'observateur de certaines institutions auxquelles ce statut a jusqu'ici été refusé. Nous devons faire preuve de tolérance et d'ouverture pour résoudre ces problèmes car il en va de notre propre cohérence interne et externe.

Lorsque j'étais à New York et en Afrique, j'ai répété notre message essentiel, à savoir que le commerce doit être intégré et qu'il est capital que le renforcement des capacités soit placé dans les cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté car c'est sur cette base que se prendront à l'avenir les décisions de financement de la Banque mondiale et du FMI.

La Division de la coopération technique a déjà préparé des propositions concernant les effectifs pour s'acquitter de cette tâche complexe. La Division du développement et de la recherche économique a été renforcée et a recruté trois stagiaires, originaires du Mali (un PMA), de Chine et du Zimbabwe. Ce personnel temporaire sera employé à l'élaboration d'une base d'informations concernant la recherche et l'analyse des politiques afin d'aider les délégations.

Par ailleurs, je peux vous informer que je me suis rendu, la semaine dernière, en Côte d'Ivoire, que j'ai visité l'OUA à Addis-Abeba, et que j'ai rencontré des Ministres et des dirigeants en Éthiopie, au Botswana, au Kenya et en Afrique du Sud. Lorsque j'ai rencontré les dirigeants africains, j'ai été très touché par le soutien qu'ils ont manifesté publiquement, parce qu'ils ont tous dit que, depuis Doha, ils voyaient l'OMC sous un jour positif.

Depuis Doha, conformément aux instructions des Ministres, nous avons renforcé la Division des accessions et je me suis personnellement rendu au Viet Nam, au Cambodge et en Éthiopie pour offrir à ces pays des encouragements et une assistance technique en vue de leur accession. Il y a quelques semaines, j'ai eu une réunion avec tous les Ambassadeurs résidents à Genève des pays candidats à l'accession en vue de les informer de l'évolution récente de la situation. Je tiendrai régulièrement de telles réunions.

Voilà les derniers faits nouveaux dont je voulais vous informer. Je voudrais remercier les Membres, le Président et le Secrétariat pour les efforts soutenus et ciblés qu'ils déploient à mesure que nous avançons dans le Programme de Doha pour le développement. Ce processus doit être piloté par les Membres, sous l'égide de la Conférence ministérielle, de façon que nous puissions maintenir la dynamique nécessaire pour mener ces négociations à leur terme dans les délais, conformément aux instructions des Ministres.