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Le
texte de modalités pour l'AMNA de février 2008 expliqué simplement
Alors que le texte de juillet 2007 était une
proposition du Président correspondant à un compromis entre les
positions des Membres, qui tentait de trouver un équilibre entre des
intérêts concurrents, ce texte est plutôt un “texte des Membres” qui
traduit l'état d'avancement réel des différentes questions et élargit
la portée de la négociation finale. Le Président note que
l'“architecture” — ou les paramètres — des modalités est pratiquement
convenue, ce qu'il considère être un “réel progrès” par rapport à
juillet 2007.
Le document comporte les éléments clés ci-après:
Formule
Des réductions tarifaires pour les produits
industriels seraient opérées au moyen d'une formule “suisse simple”
avec deux coefficients, l'un pour les pays développés et l'autre pour
les pays en développement Membres. Une formule suisse aboutit à des
abaissements plus importants pour les droits plus élevés. Un
coefficient plus élevé, tel qu'il est envisagé pour les Membres en
développement, se traduit par des réductions plus faibles des droits
de douane.
Le projet de modalités du Président garde les anciens coefficients
entre crochets (ce qui signifie qu'ils peuvent faire l'objet de
négociation): 8 ou 9 pour les Membres développés et entre 19
et 23 pour les pays en développement. Le Président note que la
plupart des Membres qui appliqueront la formule ont accepté les
fourchettes proposées. Mais il reconnaît aussi les positions d'autres
Membres souhaitant: a) des réductions plus importantes pour les
Membres en développement, par l'utilisation d'un coefficient inférieur
à 19-23; b) des réductions plus importantes pour les Membres
développés, également par l'application d'un coefficient inférieur à
8-9; ou c) une réduction tarifaire moindre pour les Membres en
développement, par l'application d'un coefficient supérieur à 19-23 et
un différentiel plus important entre les coefficients pour les pays
développés et les pays en développement.
Les coefficients proposés entraîneraient ce qui suit:
-
Le droit de douane maximal dans les pays
développés serait inférieur à 8 ou 9 pour cent, en fonction du
coefficient convenu.
-
Le droit de douane maximal pour les pays
en développement Membres appliquant la formule serait inférieur à
19-23 pour cent, en fonction du coefficient convenu, sauf pour les
droits de douane protégés par les flexibilités, question qui sera
abordée dans la section suivante.
-
L'écart entre les taux consolidés et ceux
qui sont effectivement appliqués (appelé “dilution” ou “excédent de
consolidation” dans le jargon de la négociation) serait sensiblement
réduit.
-
Les pays développés auraient des droits de
douane consolidés en moyenne à moins de 3 pour cent et des crêtes
tarifaires inférieures à 8 ou 9 pour cent même en ce qui concerne
leurs produits les plus sensibles. Dans les pays en développement
appliquant la formule, les droits consolidés s'établiraient en
moyenne entre 11 et 12 pour cent et un nombre limité seulement de
pays en développement auraient des moyennes supérieures à 15 pour
cent.
Cependant, le Président note dans son texte
que les positions des Membres concernant les fourchettes des
coefficients et les différentiels entre les fourchettes sont très
divergentes. Par exemple, certains souhaiteraient un différentiel de 5
entre les coefficients des pays développés et des pays en
développement, alors que d'autres préconisent un différentiel de 25.
Les réductions tarifaires seraient mises en œuvre progressivement sur
une période de quatre ans pour les Membres développés et de huit ans
pour les Membres en développement (en cinq ou neuf tranches égales,
respectivement), à compter du 1er janvier de l'année suivant l'entrée
en vigueur des résultats de Doha. Les chiffres n'ont pas encore été
convenus et dépendront aussi du niveau du coefficient.
Dans l'ensemble, les quelque 40 Membres appliquant la formule suisse
(les autres ont des dispositions spéciales) représentent près de 90
pour cent des échanges mondiaux au titre de l'AMNA. Parmi ces Membres,
quatre sont des Membres ayant accédé récemment.
Flexibilités pour les Membres en
développement appliquant la formule
Pour permettre aux Membres en développement
appliquant la formule de protéger les droits sur leurs produits les
plus sensibles, le projet de modalités prévoit que ces pays pourront
choisir entre les trois options suivantes:
-
Les pays en développement peuvent
“protéger” un pourcentage donné de leurs lignes tarifaires
concernant les produits industriels les plus sensibles contre le
plein effet de la formule à condition que ces lignes tarifaires
n'excèdent pas le même pourcentage donné de la valeur totale de
leurs importations au titre de l'AMNA. Ces droits feraient l'objet
d'abaissements égaux à la moitié de la réduction fondée sur la
formule convenue.
-
Une autre solution serait que ces Membres
puissent maintenir un pourcentage donné de leurs lignes tarifaires
non consolidées ou les exclure des abaissements tarifaires, à
condition que cela n'excède pas le même pourcentage donné de la
valeur totale de leurs importations au titre de l'AMNA.
-
Enfin, les Membres en développement qui ne
souhaitent recourir ni à l'une ni à l'autre des deux options
susmentionnées ont la possibilité d'appliquer un coefficient plus
élevé que celui normalement applicable aux autres Membres en
développement.
Dans son dernier texte, le Président n'a pas
fourni de chiffres (on se rappellera qu'ils étaient fixés à 10 et 5
dans les cas de la première et de la deuxième option, respectivement)
dans ces dispositions, parce qu'il souhaitait ménager aux Membres la
possibilité de négocier des flexibilités adaptées à leurs besoins,
compte tenu des différences de structures tarifaires entre Membres en
développement. Ce faisant, il laissait un plus grand nombre d'options
ouvertes à la négociation. La question des flexibilités est maintenant
liée de manière plus explicite au choix des coefficients. En d'autres
termes, dans cette version des modalités, le Président ménage la
possibilité de négocier les flexibilités en fonction du coefficient:
“si le chiffre appliqué à la flexibilité diminue, celui du coefficient
peut augmenter et inversement”, a-t-il dit lors de la conférence de
presse qu'il a donnée.
Droits non consolidés
Dans la mesure où le taux de base pour
l'application de la formule est le taux consolidé, les Membres ayant
des taux non consolidés pourront appliquer une majoration de 20 ou 30
points de pourcentage. Cette majoration s'ajouterait à leur taux
appliqué en vigueur le 14 novembre 2001 et constituerait le point de
départ des abaissements fondés sur la formule.
Membres ayant accédé récemment
L'Albanie, l'Arménie, Moldova et la
République kirghize ne seront pas tenus d'appliquer de réductions
tarifaires au cours de ce cycle. L'Arabie saoudite, l'ex-République
yougoslave de Macédoine et le Viet Nam n'auraient pas à prendre de
nouveaux engagements en matière d'accès aux marchés eu égard aux
engagements importants qu'ils ont contractés pendant les négociations
en vue de leur accession. Des Membres ayant accédé récemment tels que
la Chine, le Taipei chinois, Oman et la Croatie, qui sont soumis à la
formule, bénéficieraient d'un délai de grâce de deux à trois ans en ce
qui concerne les lignes pour lesquelles les engagements pris lors de
l'accession sont encore mis en œuvre, avant d'entreprendre les
abaissements au titre de Doha. En outre, ils bénéficieraient pour
toutes les lignes d'une période de mise en œuvre prolongée de deux à
cinq ans pour appliquer progressivement leurs engagements dans le
cadre de Doha. Les Membres ayant accédé récemment restants ont le
statut de petites économies vulnérables et pourront appliquer la
modalité prévue pour ces Membres.
Modalités pour les autres Membres en
développement (environ 75)
Les pays les moins avancés (PMA) sont
exemptés de réductions tarifaires; des dispositions spéciales sont
prévues pour les PEV et pour les pays en développement ayant de
faibles niveaux de consolidation. Par conséquent, les économies en
développement relativement plus faibles maintiendront des droits de
douane moyens plus élevés et une plus grande flexibilité quant à la
manière de structurer leurs listes tarifaires. Mais ils apporteront
néanmoins leur contribution aux résultats sur l'accès aux marchés, en
réduisant sensiblement “la dilution” (l'écart entre les taux
consolidés et ceux qui sont effectivement appliqués) et en consolidant
un nombre élevé de droits de douane. Des solutions sont aussi
proposées pour les Membres ayant un accès préférentiel aux marchés des
pays développés pour lesquels les réductions tarifaires globales
entraîneraient une érosion des préférences. De même, des dispositions
sont prévues pour les autres Membres en développement qui seraient
affectés par la solution considérée.
Secteurs pour lesquels la réduction ou
l'élimination des droits serait plus importante
Le texte du Président note aussi que
certains Membres ont engagé des négociations en vertu desquelles des
réductions tarifaires plus importantes seraient envisagées dans
certains secteurs industriels. Dans le cadre de tels accords, les
droits de douane pourraient être réduits à zéro dans certains pays
développés, avec dans certains cas des réductions moindres dans les
pays en développement participants au titre d'un “traitement spécial
et différencié”. Ces négociations sont volontaires et l'initiative
devrait être adoptée par une “masse critique” de pays pour être
appliquée. Treize secteurs font actuellement l'objet d'une
négociation: automobiles et leurs parties; bicyclettes et leurs
parties; produits chimiques; produits électroniques/électriques;
poisson et produits à base de poisson; produits forestiers; pierres
gemmes et articles de bijouterie; matières premières; articles de
sport; soins de santé, appareils pharmaceutiques et médicaux; outils à
main; jouets; textiles, vêtements et chaussures.
Obstacles non tarifaires
Les obstacles non tarifaires, qui sont des
mesures restrictives sans rapport avec les droits de douane que les
gouvernements prennent (pour des raisons techniques, sanitaires et
autres) font aussi partie de la négociation. Des propositions de
textes juridiques ont été présentées sur certaines de ces mesures et
sont regroupées dans le texte du Président. Le Président a indiqué
qu'une décision sur le point de savoir si ces propositions doivent
faire l'objet d'une négociation fondée sur des textes devrait être
prise au moment des modalités finales.

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