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OMC: NOUVELLES 2013

CONSEIL GÉNÉRAL

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POUR EN SAVOIR PLUS:

 

  

Déclaration du Directeur général, Roberto Azevêdo

Nous nous réunissons aujourd'hui à un moment crucial. C'est pour moi un grand honneur de m'adresser à vous en tant que Directeur général. À propos de moment critique, nous avons beau tourner cette expression dans tous les sens en utilisant toutes sortes de synonymes — moment critique, tournant difficile, mauvaise posture — et ce depuis longtemps dans toutes les réunions où je vais je ne trouve pas d'autre moyen d'exprimer ce qui est une réalité. L'économie mondiale traverse une très mauvaise passe, elle est en pleine mutation. De nombreuses économies, en particulier des économies développées, luttent encore pour se remettre des effets de la crise financière. D'autres continuent à émerger, et à modifier notre façon de fonctionner, modifiant profondément le paysage de l'économie mondiale. Les défis du développement restent considérables. En cette époque de changements, je suis convaincu que le rôle que nous jouons ici à l'OMC est plus important que jamais. Le système commercial multilatéral reste la meilleure défense contre le protectionnisme et le plus puissant moteur de croissance, de redressement et de développement.

Pourtant, alors que je prends mes nouvelles fonctions, il est manifeste que le système traverse une période difficile. Nous sommes dans une impasse. Je m'engage à faire tout ce qui sera en mon pouvoir pour rétablir la confiance et la foi dans cette organisation et dans le système commercial multilatéral. Je n'épargnerai aucun effort pour retrouver notre capacité à exécuter la mission vitale qui nous incombe de soutenir la croissance et le développement partout dans le monde. Mais je ne saurais y parvenir tout seul. Plusieurs chemins s'offrent à nous: je peux vous proposer une orientation mais c'est ensemble que nous devons déterminer la voie à suivre. C'est en vous que réside la force de l'Organisation. C'est vous qui tenez la barre.

J'ai aussi rencontré les membres du personnel du Secrétariat auxquels j'ai transmis le même message. Un message qui reconnaît la prééminence du facteur humain et le pouvoir du travail d'équipe. Je leur ai donné l'assurance que je travaillerai en étroite collaboration avec eux, y compris en ce qui concerne diverses questions urgentes de gestion. Ce faisant, je ne perdrai pas de vue l'objectif principal: faire en sorte que l'OMC reste un centre d'excellence, au premier rang des organisations au service de la communauté internationale. En tant que Directeur général, je défendrai l'inclusion et travaillerai en étroite collaboration avec chacun d'entre vous — des représentants à Genève aux Ministres; du Secrétariat aux parties prenantes en général, des plus petites aux plus grandes délégations. La transparence sera aussi pour moi un critère fondamental dans tous les domaines de travail, y compris en ce qui concerne les questions administratives.

Nous devons travailler ensemble pour réparer et consolider le système et faire en sorte qu'il réponde aux besoins de tous les Membres dans le contexte d'une économie mondiale en pleine évolution. Et si nous voulons réussir, nous devons aborder avec honnêteté les problèmes auxquels nous sommes confrontés. Le volet de notre activité qui a trait aux négociations est en difficulté. Nous savons tous qu'il ne s'agit que d'une partie de notre travail ici. Nous le savons tous. Mais l'OMC comme nous le savons est définie par ce que nous faisons sur le front des négociations. C'est comme ça que le monde nous voit. On ne peut pas y échapper. Nous avons beau dire que nous faisons plus que négocier, que nous avons d'autres activités en cours, qui sont extrêmement importantes pour le monde même si le monde ne le sait pas, les gens ne nous jugent que d'après nos progrès en ce qui concerne Doha. C'est la réalité. Et l'impression que nous donnons au monde est que nous ne savons plus négocier. Que nous sommes inefficaces. Que nous sommes paralysés. Notre incapacité à sortir de cette paralysie nous porte un préjudice qui va bien au‑delà du volet négociations et touche tous les autres domaines de notre travail. Il est essentiel que nous donnions un nouveau souffle aux négociations. Nous devons envoyer au monde un message clair et sans équivoque disant que l'OMC est capable de sceller des accords commerciaux multilatéraux.

C'est pourquoi le succès de la Conférence ministérielle de Bali est essentiel. Cela doit être notre priorité absolue. La réussite de Bali apporterait d'énormes avantages et permettrait d'améliorer l'existence des populations, y compris des plus pauvres, donnant un coup d'accélérateur au commerce à un moment où l'économie mondiale traverse une phase critique. Je ne m'étendrai pas plus sur ces avantages. Mais je tiens à dire que si les avantages du succès seraient énormes, les conséquences de l'échec le seraient encore plus. Cela renforcerait les perceptions négatives actuelles et aurait des répercussions négatives sur tous les domaines de notre activité. Notre aptitude à répondre aux exigences d'un monde en perpétuelle évolution est menacée. L'avenir du système commercial multilatéral est en jeu. Et si le système ne fonctionne pas, au bout du compte, tout le monde y perdra. Et ceux qui y perdront le plus seront les plus petites économies et les plus vulnérables. Nous avons envers eux une obligation de résultat.

Le monde n'attendra pas l'OMC indéfiniment. Il ira de l'avant, en faisant des choix qui ne seront ni aussi inclusifs, ni aussi efficaces que les accords négociés entre ces murs. C'est le message que j'ai adressé aux dirigeants du G‑20 à Saint‑Pétersbourg, la semaine dernière. Ces dirigeants nous ont assuré qu'ils soutiendraient sans réserve nos efforts pour parvenir à un accord à Bali. Je contacterai également d'autres groupes au cours des semaines à venir et solliciterai leur appui.

Bien entendu, l'OMC a aussi d'autres priorités. Nous devons continuer à renforcer les fonctions de mise en œuvre et de surveillance de l'OMC pour rester vigilants face au protectionnisme. C'est l'un des aspects les plus importants de notre travail. Le mécanisme de règlement des différends est fortement sollicité, ce qui dénote également l'importance du système de l'OMC dans les périodes d'incertitude. C'est un élément fondamental du système et nous devons donc nous assurer qu'il fonctionne bien et qu'il fonctionne pour tous, y compris les plus pauvres. L'Aide pour le commerce et le Cadre intégré renforcé doivent eux aussi être consolidés et améliorés. Je peux vous assurer que je saisis l'importance de toutes les fonctions clés de l'Organisation, et que je n'en perdrai de vue aucune. Mais aujourd'hui, nous devons nous concentrer sur ce que nous devons faire ici et maintenant et nous consacrer à notre priorité absolue: Bali.

Le succès de Bali redynamisera toutes nos activités et nous permettra de progresser dans tous les domaines. En menant la neuvième Conférence ministérielle à bonne fin, nous reprendrons confiance et retrouverons la certitude d'être sur la bonne voie. Mais Bali n'est pas notre destination finale. Nos activités futures, quelles qu'elles soient, devront tenir les promesses de Doha. Il nous faut aborder certaines questions litigieuses qui nous divisent depuis si longtemps. Nous devons envisager les solutions possibles avec un regard nouveau. J'ai quelques idées sur la manière d'y parvenir, mais avant d'examiner le programme de travail global nous devons rétablir la confiance entre nous et retrouver la certitude que nous pouvons aboutir à des accords et progresser durablement en ce qui concerne Doha. Nous devons nous y atteler dès maintenant.

Comment allons‑nous procéder pour y parvenir?

Premièrement, je serai transparent, ouvert et inclusif. Ce sera un élément essentiel de notre mode de fonctionnement. À mesure que nous nous rapprochons de Bali, je ferai tout mon possible pour assurer la participation de tous les Membres et pour que chacun puisse faire entendre sa voix. Je reconnais que les Membres ne sont pas tous concernés dans la même mesure par les différentes questions à l'examen. Naturellement, j'adapterai les efforts déployés et les consultations menées en conséquence. Cependant, quel que soit le chemin que nous suivrons, je souhaite entendre votre avis. Ma porte vous sera toujours ouverte, de même que celles de toute mon équipe.

Comme vous le savez, j'ai déjà annoncé la nomination de mes Directeurs généraux adjoints. Ce sont des spécialistes du commerce. Vous les connaissez tous. Ils travailleront au service des Membres et nous aideront à atteindre nos objectifs communs. Je les remercie d'avoir accepté de nous rejoindre. Ainsi que je vous l'avais indiqué devant ce Conseil général en janvier dernier, je serai un Directeur général pragmatique. Je retrousserai mes manches et serai à vos côtés, à la table des négociations. Jusqu'à Bali, je ne quitterai Genève que lorsque cela sera strictement nécessaire. Ma priorité absolue sera de veiller à ce que nous parvenions à un résultat négocié avec succès à notre neuvième Conférence ministérielle.

Deuxièmement, je souhaite définir un processus clair pour réussir à Bali. Il reste peu de temps. Nos travaux doivent commencer ici et maintenant. C'est pourquoi je vais engager des consultations intensives avec les Membres immédiatement, dès cette semaine. Donc tenez‑vous prêts. Ces consultations auront lieu sous diverses formes et configurations au niveau des ambassadeurs. Nous nous concentrerons sur les trois domaines essentiels, à savoir la facilitation des échanges, le développement et certains éléments de l'agriculture. J'ai l'intention d'organiser une série continue de réunions, en donnant à chacun la possibilité de s'exprimer sur toutes ces questions. Il y aura aussi des réunions ordinaires du CNC, que je convoquerai selon les besoins.

Nous devons associer les trois éléments de Bali maintenant. Ils doivent progresser simultanément dans ce qu'il est convenu d'appeler notre processus horizontal. Nous devons aborder les questions difficiles pour identifier, en tout début de processus, les points où des compromis sont possibles. Et nous devons constamment examiner les progrès. Bon nombre des grandes questions qui nous divisent sont politiques. Comme le temps à disposition est limité, je veux aussi commencer à obtenir des capitales qu'elles s'investissent davantage afin de sortir de l'impasse, de combler les divergences et de nous rapprocher d'un accord. Les hauts fonctionnaires devront se tenir prêts à venir à Genève à un moment ou un autre dans les prochaines semaines. Depuis que j'ai pris mes fonctions j'ai déjà eu l'occasion de parler à un certain nombre de dirigeants et de Ministres à la fois à Saint‑Pétersbourg et au téléphone. Je vais continuer et en contacter d'autres également. L'élément développement sera vital dans ce processus, et j'écouterai attentivement les pays en développement et les pays les moins avancés pour m'assurer que leurs intérêts sont pris en compte. De fait, le processus que je dirigerai sera étroitement coordonné au travail des groupes de négociation. J'ai déjà entrepris la consultation des Présidents concernés sur la façon de procéder à cet égard.

Je le répète: il reste peu de temps. Quatre‑vingt quatre jours seulement nous séparent de la Conférence ministérielle. Tous les aspects de ces travaux doivent commencer à produire des résultats rapidement. La flexibilité sera essentielle. Je sais qu'en tant que négociateurs commerciaux vous êtes toujours tentés de résister de ne rien lâcher jusqu'au bout. C'est ce que nous faisons. Mais en l'occurrence ce ne sera pas possible — nous devons tous être prêts à accepter certains compromis. Nous ne pouvons pas perdre de vue la perspective globale. Nous devrions toujours nous rappeler les conséquences d'un échec, qui nous affecterait dans tous les domaines de nos travaux, mettant en danger l'OMC, et renforçant l'impression que nous sommes incapables de négocier. Certaines capitales regardent déjà ailleurs pour trouver d'autres solutions, qui ne seront pas multilatérales — des pis‑aller, qui laisseront beaucoup de grandes questions sans réponse. Ce n'est pas dans l'intérêt de nous tous ici et ce n'est pas dans l'intérêt du monde.

Nous devons tout faire pour réussir à obtenir un accord avant de prendre l'avion pour Bali. Notre réussite est une nécessité vitale. Nous avons tous besoin de l'OMC. Les gens ordinaires en ont besoin aussi, même s'ils ne le savent pas. Au bout du compte, nous devrions juger nos résultats d'après les améliorations que nous apportons dans la vie des gens. Je suis persuadé que le système commercial multilatéral peut être le moteur principal de la croissance et du développement dans le monde — la force qui sortira les peuples de la pauvreté, qui améliorera leur niveau de vie et aidera à remettre l'économie mondiale sur les rails. Nous avons une occasion unique de redonner à l'OMC la place qui lui revient au cœur de ce système et d'accomplir la mission de cette Organisation.

L'entracte est terminé: il est temps pour l'OMC de revenir au centre de la scène mondiale. Les enjeux ne pourraient pas être plus grands. Nous devons réussir. Et, si nous travaillons ensemble, je suis certain que nous y parviendrons.

Je vous remercie — et suis impatient de travailler avec vous tous.

 

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