À la Conférence ministérielle de Doha en novembre 2001, les Membres ont renouvelé leur engagement
d’aider les pays les moins avancés. Concrètement, ils se sont engagés en faveur de
l’objectif d’un accès aux marchés en franchise de droits et sans contingent pour les produits en provenance de ces pays. Ils se sont aussi engagés à envisager des mesures additionnelles pour améliorer
l’accès des pays les moins avancés à leurs marchés plus riches. Enfin, ils sont convenus de faciliter
l’accession des pays les moins avancés à l’OMC.
Le 12 février 2002, le Sous-Comité des pays les moins avancés est convenu
d’un programme de travail pour mettre en œuvre les engagements de la Déclaration de Doha.
- s’efforceront d’identifier et d’examiner tous
les obstacles à l’accès aux marchés entravant l’entrée des produits
des pays les moins avancés;
- examineront annuellement toutes les améliorations
de l’accès aux marchés;
- examineront des mesures additionnelles qui
pourraient permettre d’améliorer l’accès aux marchés pour les produits
des pays les moins avancés.
En ce qui concerne l’assistance technique,
la priorité doit être accordée aux pays les moins avancés. Les Membres
sont encouragés à accroître notablement leur contribution aux programmes
d’assistance technique en faveur de ces pays.
Les mesures additionnelles destinées à améliorer
l’accès aux marchés consistent notamment à aider
les pays les moins avancés à diversifier leur base de production
et d’exportation. Les Membres examineront des propositions liées au commerce
et intéressant la diversification et soutiendront le travail accompli
par d’autres organisations internationales dans ce domaine.
Le Sous-Comité procédera à un examen annuel et
formulera éventuellement des recommandations sur la participation des
pays les moins avancés au système commercial multilatéral.
Accession à
l’OMC haut de page
Le 10 décembre 2002, le Conseil général a adopté
une décision contenant des lignes directrices visant à faciliter et à
accélérer l’accession des pays les moins avancés à l’OMC. Aucun des pays
les moins avancés n’a complètement achevé le processus d’accession et
n’est devenu Membre de l’OMC depuis sa création le 1er janvier 1995. Cette
décision devrait permettre à la situation d’évoluer.
Par exemple, il est dit dans la décision que les
Membres de l’OMC feront preuve de modération lorsqu’ils chercheront à
obtenir des pays les moins avancés négociant leur accession des concessions
et des engagements concernant le commerce des marchandises et des services.
Il est également dit dans la décision que les pays les moins avancés accédant
à l’OMC doivent se voir accorder les périodes de transition et arrangements
transitoires prévus pour tous les pays les moins avancés dans des Accords
de l’OMC spécifiques. (Ces Accords prévoyaient des périodes de transition
pour les pays en développement et les pays les moins avancés qui étaient
déjà Membres lorsqu’ils sont entrés en vigueur et que l’OMC a été créée,
en 1995. Depuis, les nouveaux Membres ont dans bien des cas accepté de
mettre en œuvre les dispositions dès leur accession, sans période de transition.)
Les dix pays les moins avancés qui négocient actuellement
leur accession à l’OMC sont les suivants: Bhoutan, Cambodge, Cap-Vert,
Éthiopie, Laos, Népal, Samoa, Soudan, Vanuatu et Yémen.
Participation
au commerce mondial haut de page
Entre 1990 et 2002, les pays les moins avancés
ont maintenu leur part du commerce mondial, sans aucune dégradation. Ils
n’en restent pas moins des participants marginaux au commerce mondial.
Leurs exportations de marchandises, en tant que groupe, ont progressé
de 4 pour cent en 2002, atteignant 38 milliards de dollars EU. Leurs importations
de marchandises continuent de dépasser les exportations, et ont augmenté
de 3 pour cent pour passer à 45 milliards de dollars EU en 2002.
La part des PMA dans le commerce des services
est aussi modeste. Au niveau mondial, en 2002, le commerce des services
a représenté environ un cinquième du total des échanges. Mais pour les
pays les moins avancés, les services commerciaux ont représenté environ
un huitième de leurs exportations totales, tandis que leurs importations
de services commerciaux sont passées à 16 milliards de dollars EU. Le
déficit de 10 milliards de dollars EU du commerce des services commerciaux
des PMA continue d’être bien supérieur au déficit de leur commerce de
marchandises.
Accès
préférentiel aux marchés haut de page
Plusieurs économies développées et en transition
— y compris certains des principaux marchés pour les exportations des
pays les moins avancés — ont accordé un accès aux marchés en franchise
de droits et sans contingent pour toutes ou quasiment toutes les exportations
des pays les moins avancés. Ces marchés d’exportation sont notamment les
suivants: Canada, Hongrie, Norvège, Nouvelle-Zélande, République slovaque,
République tchèque, Suisse et UE. Parmi les principaux marchés des pays
en développement, Singapour et Hong Kong, Chine proposent déjà un accès
en franchise et sans contingent — sans faire de discrimination entre les
pays Membres de l’OMC — pour pratiquement tous les produits, y compris
ceux des pays les moins avancés.
Certains autres pays en développement, comme Maurice,
l’Égypte et la République de Corée, ont aussi accordé aux pays les moins
avancés un accès préférentiel en franchise à leurs marchés, quoique pour
une gamme de produits plus limitée.
Certaines préférences sont accordées dans un cadre
régional. Ainsi, l’Inde offre dans le cadre de l’Association sud-asiatique
de coopération régionale (ASACR) un traitement préférentiel aux PMA membres
de l’Association. Les États-Unis ont amélioré les possibilités d’accès
aux marchés pour 23 des pays les moins avancés d’Afrique subsaharienne
en vertu de la Loi sur la croissance et les possibilités économiques de
l’Afrique (AGOA).
Des mesures additionnelles ont aussi été prises
ou envisagées par les gouvernements Membres. Par exemple, à la troisième
Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés en 2001, l’UE
a annoncé son intention de renoncer aux mesures antidumping à l’égard
des exportations des pays les moins avancés. D’autres Membres ont également
limité le recours aux mesures correctives contingentes à l’égard des importations
de produits des pays les moins avancés susceptibles de faire l’objet d’un
dumping, d’être subventionnées ou de s’accroître brutalement. Plusieurs
Membres, dont le Canada, la Norvège, la Suisse et l’UE, ont simplifié
les règles d’origine de manière à ce que les pays les moins avancés puissent
tirer parti plus facilement des régimes préférentiels (tels que les systèmes
généralisés de préférences ou SGP).
Participation
aux travaux de l’OMC haut de page
Ces dernières années, les pays les moins avancés
sont devenus plus actifs à l’OMC et dans ses négociations. Mais leur participation
est freinée par la petite taille de leurs délégations et, pour certains,
par l’absence de mission à Genève.
Pour accroître le nombre d’experts de l’OMC dans
ces pays, l’Institut de formation et de coopération technique a intensifié
les activités qu’il mène à leur intention: séminaires nationaux et régionaux,
missions techniques, ateliers, conférences et symposiums. En 2003, les
pays les moins avancés prendront part à environ 150 activités régionales
et 115 activités nationales.
Pour les délégations n’ayant pas de représentation
à Genève, des “Semaines de Genève” sont organisées. Les représentants
des pays les moins avancés dans d’autres villes européennes et les fonctionnaires
des capitales sont invités à Genève pour assister à une réunion d’information
sur l’état d’avancement des travaux à l’OMC. Les délégations sont aussi
tenues informées par le biais de notes d’information du Secrétariat. Il
y a 24 Membres de l’OMC et 12 observateurs qui n’ont pas de représentation
permanente à Genève, dont dix de pays les moins avancés.
Définition
des PMA haut de page
L’OMC considère comme faisant partie des “pays
les moins avancés” ceux que l’Organisation des Nations Unies a désignés
comme tels. Il y a actuellement 49 pays les moins avancés sur la liste
de l’ONU. Trente d’entre eux sont Membres de l’OMC: Angola, Bangladesh,
Bénin, Burkina Faso, Burundi, Djibouti, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau,
Haïti, Îles Salomon, Lesotho, Madagascar, Malawi, Maldives, Mali, Mauritanie,
Mozambique, Myanmar, Niger, Ouganda, République centrafricaine, République
démocratique du Congo, Rwanda, Sénégal, Sierra Leone, Tanzanie, Tchad,
Togo, Zambie.
Dix autres pays ont demandé à devenir Membres
de l’OMC: Bhoutan, Cambodge, Cap-Vert, Éthiopie, Laos, Népal, Samoa, Soudan,
Vanuatu et Yémen. Ils ont le statut d’observateur.
En outre, la Guinée équatoriale et Sao Tomé-et-Principe
ont également le statut d’observateur à l’OMC sans avoir encore demandé
formellement à devenir Membres.