
LES
MINISTRES ENGAGENT LES NÉGOCIATIONS SUR LA DÉCLARATION DE SEATTLE
Cette
note d'information a pour objet d'aider les journalistes et le public à
comprendre ce qui s'est passé à la Conférence ministérielle de
Seattle. Elle rend compte des événements aussi fidèlement que possible
mais ne préjuge en rien la position des gouvernements membres.
Le
1er décembre, les Ministres ont engagé des négociations sérieuses
sur plusieurs parties de la Déclaration ministérielle de Seattle dans le
cadre de groupes de travail ouverts à toutes les délégations. Ils
devaient travailler presque en continu jusqu'à la clôture de la Conférence,
le vendredi 3 décembre. Un résumé des réunions du jour est donné
ci-après:
COMITÉ
PLÉNIER
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1er
décembre, 9-10 heures
Présidente:
Mme l'Ambassadeur Charlene Barshefsky (États-Unis)
Au
moment d'ouvrir la réunion, Mme l'Ambassadeur Barshefsky a exprimé ses
regrets aux Ministres et aux fonctionnaires qui avaient été malmenés au
cours des manifestations de la veille. Elle a dit que le gouvernement et
le peuple des États-Unis déploraient les "actions irresponsables
d'une toute petite minorité".
Elle
a présenté le calendrier des réunions du jour et a invité instamment
les délégations à ne pas s'appesantir dans les groupes de travail sur
les questions qu'ils avaient déjà examinées à Genève.
Elle
a demandé aux délégations d'envoyer dans ces groupes de travail des
hauts fonctionnaires ayant un pouvoir de décision, qui seraient notamment
habilités à infléchir les positions adoptées à Genève. Si les délégations
n'étaient pas disposées à agir ainsi, il serait extrêmement difficile
d'élaborer une Déclaration ministérielle.
Mme
Barshefsky a dit qu'elle se réservait le droit de tenir des réunions
dans le cadre du salon vert avec un nombre plus restreint de délégations,
mais elle préférait de loin une approche plus globale avec la
participation de toutes les délégations, et ces groupes de travail
constituaient, selon elle, le meilleur moyen de la mettre en œuvre.
Elle
a assuré aux Ministres que même si un groupe de travail parvenait à un
accord sur un texte, aucun élément de la Déclaration ministérielle ne
serait approuvé tant que tous ne le seraient pas. Les Ministres
pourraient se réserver le droit de revenir au texte établi dans les
groupes de travail. Elle a dit qu'il était impératif que cette réunion
ministérielle soit un succès, et que les travaux se poursuivraient
normalement pendant les deux jours et demi à venir.
M. Mike
Moore, Directeur général, a pris la parole pour dire qu'il avait annulé
la réception qu'il devait donner ce soir-là afin que les Ministres aient
plus de temps pour travailler.
GROUPE
DE TRAVAIL SUR L'AGRICULTURE
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1er
décembre 1999, matin
Président:
M. le Ministre George Yeo (Singapour)
Les
Ministres ont examiné de nouveaux paragraphes sur l'agriculture à
incorporer dans le projet de Déclaration ministérielle, sur la base
desquels les nouvelles négociations sur l'agriculture seraient engagées.
Le texte traitait des questions suivantes:
·
Objectifs des négociations – les produits agricoles devaient-ils à
terme recevoir le même traitement que les produits industriels?
·
Dispositions en faveur des pays en développement (examen prévu le 2 décembre).
·
Nouvelles réductions des subventions et de la protection.
·
"Multifonctionnalité" (comment atteindre des objectifs autres
que commerciaux tels que la protection de l'environnement, la sécurité
alimentaire, etc.) et autres questions.
·
Calendrier proposé pour les négociations.
Les
discussions ont suivi deux grands axes, bien que certains pays aient mis
l'accent sur d'autres questions. Un groupe de pays souhaitaient qu'à
terme, le commerce des produits agricoles soit intégralement soumis aux mêmes
règles que le commerce des autres produits, les subventions à
l'exportation soient totalement éliminées, un soutien soit accordé pour
des objectifs autres que commerciaux uniquement au moyen de politiques ne
faussant pas les échanges, et l'accès aux marchés soit
substantiellement accru.
Un
autre groupe de pays ont dit que l'agriculture était différente des
autres secteurs et se sont donc opposés à ce qu'à terme le commerce des
produits agricoles soit soumis aux mêmes disciplines que le commerce des
autres produits. Ils ont dit qu'ils ne pouvaient accepter l'élimination
des subventions à l'exportation et ont souligné que la "multifonctionnalité"
de l'agriculture devait être spécifiquement prise en compte.
Dans
l'après-midi, les délégués se sont réunis en petits groupes pour
tenter de rapprocher ces points de vue. Le groupe devait se réunir à
nouveau le lendemain matin.
GROUPE
DE TRAVAIL SUR LA MISE EN ŒUVRE ET LES RÈGLES
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1er
décembre, 10 heures-midi et 16-17 heures
Président:
M. Pierre S. Pettigrew, Ministre du commerce extérieur (Canada)
Quelque
45 Membres ont pris la parole, et les pays en développement ont à
nouveau demandé que les Ministres prennent des dispositions concernant
les questions de mise en œuvre puisque les États-Unis et les CE
faisaient preuve d'une souplesse nouvelle.
De
nombreux pays en développement ont fait part de leurs préoccupations et
ont demandé que des dispositions soient prises en ce qui concernait 1) les
difficultés rencontrées pour la mise en œuvre de certains Accords de
l'OMC et 2) les déséquilibres existant dans certains accords, et
ils ont préconisé à ces égards 1) une prorogation des délais
dans le domaine des ADPIC, des MIC et de l'évaluation en douane; et 2) la
modification de certaines dispositions de l'Accord antidumping et des
Accords sur les subventions et sur les textiles. Ils étaient favorables
à ce que des dispositions soient prises à Seattle sur certaines
questions et à ce que l'examen des questions restantes soit entrepris après
Seattle et achevé dans un délai d'un an.
Les
États-Unis ont indiqué qu'ils travaillaient avec les autres Membres de
la Quadrilatérale pour élaborer un ensemble de mesures concrètes en
matière d'accès aux marchés pour les PMA, et se sont réjouis de la
participation de l'UE à leur initiative pour le renforcement des capacités
des PMA. Ils ont indiqué qu'ils pourraient faire preuve de souplesse en
ce qui concernait les MIC, l'évaluation en douane, l'agriculture, les
mesures SPS et les règles d'origine, ainsi que pour ce qui était de
rendre les dispositions en matière de traitement spécial et différencié
plus opérationnelles.
Les
Communautés européennes ont dit que leur initiative en faveur du
traitement en franchise des exportations des PMA était au point, et
qu'elles avaient invité les États-Unis, le Japon et le Canada à y
participer. Elles estimaient que cela pourrait se faire à Seattle. Elles
ont indiqué qu'elles contribueraient de manière substantielle au
programme de coopération technique de l'OMC. Pour ce qui était des règles,
elles ont préconisé des négociations sur les mesures antidumping, les
subventions, les obstacles techniques au commerce, le commerce d'État,
les MIC, les accords commerciaux régionaux et les questions touchant à
l'environnement. Elles ont fait preuve d'une certaine souplesse pour ce
qui était des questions de mise en œuvre et ont confirmé une
proposition relative aux textiles mentionnée par le Pakistan (majoration
du coefficient de croissance des contingents restants).
Le
Japon a dit que l'usage abusif de mesures antidumping devait être considéré
comme une forme déguisée de protectionnisme qui annulait instantanément
les réductions tarifaires. Selon lui, l'amélioration de l'Accord
antidumping était un élément essentiel du nouveau cycle de négociations
et bon nombre de pays en développement y étaient favorables.
La
Jamaïque a dit que les 71 pays ACP étaient marginalisés en ce qui
concernait certaines questions de l'OMC. Elle a préconisé que les
dispositions en matière de traitement spécial et différencié soient
transformées en engagements fermes, que les périodes de transition pour
les MIC et l'évaluation en douane soient prolongées, et que le
financement et les ressources humaines pour la coopération technique
soient accrus. Elle a demandé que la dérogation concernant le traitement
préférentiel accordé aux pays ACP soit prorogée afin de donner à
ces pays le temps de s'intégrer dans l'économie mondiale.
L'Islande
a proposé que des négociations soient engagées en vue de supprimer les
subventions à la pêche. Cette proposition a reçu le soutien de
plusieurs délégations, notamment des États-Unis, du Pérou, de l'Indonésie,
de la Norvège, du Chili et de l'Équateur.
Un
nouveau projet de texte sur la mise en œuvre, distribué par plusieurs délégations,
prévoyait 1) que des décisions immédiates seraient prises en ce
qui concernait la prorogation des délais pour la mise en œuvre de
certaines dispositions des Accords sur les ADPIC, sur les MIC et sur l'évaluation
en douane et la participation accrue des pays en développement dans l'élaboration
des normes internationales de produits; et 2) que les autres
questions de la mise en œuvre seraient examinées par le Conseil général
après Seattle.
Le
Président a dit qu'il tiendrait des consultations avec les délégations
le soir même et le lendemain, et rédigerait un nouveau texte. Le Groupe
pourrait se réunir à nouveau le lendemain après-midi.
GROUPE
DE TRAVAIL SUR L'ACCÈS AUX MARCHÉS
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Première
réunion, mercredi 1er décembre 1999
Président:
M. le Ministre Mopho Malie (Lesotho)
La
partie du projet de Déclaration sur l'accès aux marchés (abaissement
des droits de douane, accès aux marchés de services, etc.) contenait
plusieurs questions en suspens, même si la partie sur l'accès aux marchés
de services prêtait moins à controverse. Ces questions étaient
notamment les suivantes:
·
Champ et portée des négociations – devaient-elles couvrir tous les
produits non agricoles ou certains pouvaient-ils être exclus (les
produits agricoles étaient visés par les négociations sur l'agriculture)?
·
Objectif global des négociations (le texte ne précisait pas dans quelle
proportion les droits de douane devaient être abaissés).
·
Mesures non tarifaires affectant l'accès aux marchés (mesures
antidumping, évaluation en douane, licences d'importation, règles
d'origine, mesures de sauvegarde, subventions, etc.). Les opinions
divergeaient sur bon nombre de ces questions.
·
Mode d'organisation des négociations.
·
Manière de répondre aux préoccupations des pays en développement –
il était proposé que les pays riches appliquent des droits de douane
nuls "consolidés" aux exportations en provenance des pays les
moins avancés.
Par
la suite, les Ministres se sont réunis en petits groupes pour tenter de
rapprocher leurs points de vue.
PROGRAMME
DE SINGAPOUR ET AUTRES QUESTIONS
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1er
décembre 1999, après-midi
Président:
M. le Ministre Lockwood Smith (Nouvelle-Zélande)
Les
Ministres ont examiné deux questions: l'investissement et la politique de
la concurrence. Le Président a demandé si les Membres pouvaient convenir
d'engager des négociations sur l'investissement et/ou la concurrence dans
le cadre du cycle de négociations qui porterait sur l'agriculture, les
services et d'autres questions; sinon, pouvaient-ils décider d'élaborer
des éléments susceptibles, à terme, d'être incorporés dans des
accords sur l'investissement et la concurrence, et revenir sur la question
de savoir si des négociations seraient engagées à la quatrième session
de la Conférence ministérielle?
Un
grand nombre de délégations ont demandé que des négociations soient
engagées à la Conférence ministérielle en cours. De nombreuses autres
ont dit que la question n'avait pas encore été assez approfondie, et que
l'étude et l'analyse de ces questions devraient se poursuivre dans le
cadre des Groupes de travail sur l'investissement et sur la concurrence établis
à la Conférence ministérielle de Singapour en décembre 1996. Les
avis exprimés ce jour-là étaient très similaires à ceux qui avaient
été exprimés à Genève au cours de l'année écoulée.
En
résumé, le Président a dit que trois points semblaient ressortir
clairement des interventions des Membres:
·
Tout le monde s'accordait à dire que les questions de l'investissement et
de la concurrence étaient importantes.
·
Compte tenu de l'importance reconnue de ces questions, les Membres
devaient les examiner plus avant.
·
Cette poursuite de l'examen devait être crédible et ne pas constituer
simplement une tentative de sauver la face.
Le
Président a invité instamment les délégations à tenter de rapprocher
leurs positions. Il procéderait à de nouvelles consultations avant la réunion
suivante du Groupe de travail.
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