
Certains Membres de l'OMC considèrent les examens environnementaux comme des
instruments utiles pour les accords commerciaux. Le but est d'accroître la
complémentarité des politiques environnementales et des politiques commerciales
et de déterminer les actions qui renforceront les effets positifs et éviteront
les effets négatifs sur l'environnement.
À l'OMC, le Comité du commerce et de l'environnement a commencé ses travaux
sur les examens environnementaux en 1996, au titre du point 2 de son programme
de travail, “Protection de l'environnement et système commercial”.
Ces travaux se poursuivent.
En 2001, l'importance des examens environnementaux dans les négociations commerciales
de l'OMC a été confirmée au paragraphe 6 de la Déclaration
de Doha, libellé comme suit: “Nous prenons note des efforts faits par les
Membres pour effectuer des évaluations environnementales nationales des politiques
commerciales à titre volontaire.”
Au paragraphe 33 de la Déclaration ministérielle de Doha, les Ministres ont
dit qu'ils “encourage[aient] aussi le partage des connaissances spécialisées
et des expériences avec les Membres qui souhaitent effectuer des examens environnementaux
au niveau national”. Les travaux qui se poursuivent au Comité s'appuient
sur cette déclaration.
L'importance des examens est également réaffirmée dans le Plan d'application
du Sommet mondial pour le développement durable qui s'est tenu à Johannesburg
en 2002.
Approches diverses
Les Membres reconnaissent que
les politiques en faveur du commerce et les politiques relatives à l'environnement
doivent se soutenir mutuellement. Ils reconnaissent l'utilité d'échanger
des informations sur la méthodologie et l'exécution des examens environnementaux
nationaux. Et ils estiment qu'il faut une assistance technique dans
ce domaine.
Mais ils admettent aussi que les pays ont des façons différentes d'aborder
ces examens, que leur exécution est difficile et que les méthodes continuent
d'évoluer.
Par exemple, l'Union européenne
procède à des évaluations de l'impact du commerce sur le développement
durable (EICDD); le Canada réalise des évaluations environnementales
des négociations de l'OMC; et les États-Unis effectuent un examen environnemental
des négociations du Programme de Doha pour le développement. Certains
disent qu'aucun Membre ne possède l'instrument parfait pour ces examens
et que tout instrument doit être adapté à la situation.
Certains pays
en développement Membres considèrent que les autorités nationales
ne devraient pas être obligées d'effectuer des examens environnementaux et
que ceux-ci devraient être facultatifs. Ils disent que les examens devraient
aussi être conformes aux priorités nationales et qu'il ne faut pas alourdir
la tâche des pays en développement en demandant à tous les pays d'appliquer
des procédures identiques ou similaires (les procédures ne devraient pas être
“harmonisées”).
Cela voudrait dire que les examens devraient être fonction des exigences
de chaque pays, de ses moyens, de ses ressources, de son niveau de développement,
de ses compétences et de sa situation particulière.
Selon certains, les examens environnementaux devraient être un moyen de déterminer
les difficultés rencontrées par les pays en développement, afin de les résoudre
et de promouvoir le développement durable: le but doit être de procurer à tous
les pays des avantages environnementaux, économiques et sociaux.
Et si le résultat est négatif?
Que se passe-t-il si un examen
montre que la libéralisation des échanges pourrait causer des dommages à l'environnement?
Certains pensent que le pays devrait réfléchir à la façon d'éviter
ces dommages en concevant des politiques qui allient les aspects commerciaux
et environnementaux, sans qu'ils se nuisent mutuellement.
D'autres estiment que les examens environnementaux ne devraient pas avoir d'effets
contraignants sur les décideurs. Ils devraient plutôt constituer un outil d'auto-évaluation,
afin de rendre les politiques plus cohérentes. Les États devraient aussi pouvoir
agir en dehors de l'accord commercial pour atténuer l'impact sur l'environnement.
Dans certains cas, une réévaluation pourrait être nécessaire afin d'élaborer
des politiques à plus long terme qui tiennent compte de l'évaluation économique
de la dégradation de l'environnement et des avantages économiques attendus
de la libéralisation des échanges.
Selon une note publiée en 2000 par le Secrétariat de l'OMC, “Évaluations
environnementales (durabilité) sur le plan national des accords de libéralisation
des échanges”, le but d'une évaluation préalable à l'entrée en vigueur
d'un accord est de renforcer les effets positifs ou de prévenir les effets
négatifs potentiels sur l'environnement. L'évaluation à posteriori peut être
utilisée pour déterminer s'il faudrait apporter des ajustements supplémentaires à la
politique afin d'atténuer l'impact environnemental. Dans ce document, on examine aussi:
- pourquoi un pays décide
de procéder à une évaluation;
- ce qui est évalué;
- comment établir un lien
entre les effets de la libéralisation des échanges et les impacts
environnementaux.
En 2002, le Secrétariat a distribué une autre
note, consacrée cette fois aux effets de la libéralisation du commerce
des services sur l'environnement (“Document
de travail sur les effets de la libéralisation du commerce des services
sur l'environnement”).
Ce document a été examiné au titre des points 6 (“Environnement et libéralisation
du commerce”) et 9 (“Services”) de l'ordre du jour du Comité du
commerce et de l'environnement. On y étudie trois domaines en particulier (tourisme,
transport terrestre de marchandises et services environnementaux), en examinant
brièvement
comment évaluer les effets environnementaux de la libéralisation du commerce
des services.
Le document souligne la nécessité de trouver des méthodes qui aident les décideurs à se
concentrer sur les effets environnementaux les plus importants et à trouver
les moyens d'y remédier – notamment dans les pays qui ont des ressources limitées.
Échange de données d'expérience
Dans la Déclaration de Doha (paragraphe
33), les Membres sont invités à échanger des données d'expérience.
Plusieurs ont présenté leurs examens environnementaux, leurs évaluations
environnementales ou leurs évaluations de l'impact des négociations
de l'OMC et d'autres grands accords commerciaux sur le développement
durable.
Par exemple, l'Union
européenne procède à des évaluations de l'impact du commerce sur
le développement durable (EICDD); le Canada
réalise des évaluations environnementales des négociations de
l'OMC; et les États-Unis
effectuent un examen environnemental des négociations du Programme
de Doha pour le développement.
Les organisations qui ont le statut d'observateur au Comité du commerce et
de l'environnement ont aussi apporté leur contribution. Le Programme des Nations
Unies pour l'environnement (PNUE) a informé le CCE des méthodes qu'il emploie
pour évaluer l'effet de la libéralisation des échanges sur l'environnement,
et des projets qu'il a mis en place dans divers pays pour évaluer les effets
environnementaux des politiques commerciales.
La plupart des études montrent combien il est important pour les fonctionnaires
chargés de l'environnement, du commerce, des finances et d'autres domaines
de renforcer leur coordination au sein du pays.
En 2003, le Comité a rendu compte de ses travaux
sur le partage des expériences à la Conférence ministérielle de Cancún.
Depuis, les Membres ont continué d'informer le Comité de leurs examens environnementaux
et des activités connexes menées au niveau national.
Ces activités incluent des conférences et des séminaires organisés pour partager
des connaissances et des expériences, par exemple:
-
un séminaire de l'UE intitulé “Évaluation
de l'impact sur le développement durable des accords commerciaux:
vers un commerce durable?” (2003);
-
une conférence de l'International
Association for Impact Assessment au Canada (2004);
-
une conférence de l'UE
sur les évaluations d'impact (2006).
En mai 2007, pour faciliter l'exercice du partage des expériences, le
Secrétariat avait établi une note dressant une liste des examens
environnementaux qui avaient été conduits ou qui étaient en cours de
réalisation (WT/CTE/W/245).
Ce document, qui commence par une brève description des discussions du
Comité sur les examens environnementaux dans le contexte du point no 2
de son programme de travail et par la suite du paragraphe 33 de la
Déclaration ministérielle de Doha, donne une liste des diverses
évaluations des impacts liés au commerce. Ces projets ont été regroupés
sous les rubriques des initiatives multilatérales de libéralisation des
échanges, des initiatives régionales et bilatérales de libéralisation
des échanges et des projets nationaux.
> Pour en savoir
plus sur l'échange
de données d'expériences concernant les évaluations d'impact |