
Contenu
Abréviations
Introduction
Questions
et réponses
|

Mai
1998 L'Accord
sur l'application des mesures sanitaires et
phytosanitaires (l'Accord SPS) est
entré en vigueur au moment de la création de
l'Organisation mondiale du commerce, le 1er janvier 1995.
Il a trait à l'application des réglementations
concernant l'innocuité des produits alimentaires, ainsi
que la protection de la santé des animaux et la
préservation des végétaux.
La
présente brochure examine le texte
de l'Accord SPS
qui figure dans l' Acte
final
reprenant les résultats des négociations commerciales
multilatérales du Cycle d'Uruguay, signé à Marrakech
le 15 avril 1994. Cet accord et les autres accords
contenus dans l'Acte final, avec l'Accord général sur
les tarifs douaniers et le commerce modifié (GATT de
1994), font partie du traité instituant l'Organisation
mondiale du commerce (OMC). L'OMC a remplacé le GATT en
tant qu'organisation chargée de superviser le commerce
international.
La
présente brochure a été établie par le Secrétariat
de l'OMC pour aider le public à comprendre l'Accord SPS.
La première partie présente les principaux éléments
de l'accord; la seconde répond à des questions
fréquemment posées. La brochure n'entend pas donner une
interprétation juridique de l'accord.
Introduction
haut
de page
Accord sur les mesures sanitaires et phytosanitaires
Problème:
Que faire pour approvisionner le consommateur de votre
pays en produits alimentaires qu'il peut absorber en
toute sécurité, d'après les normes que vous jugez
appropriées? En même temps, que faire pour empêcher
que des réglementations sanitaires rigoureuses ne
servent de prétexte à la protection des producteurs
nationaux?
L'Accord
sur l'application des mesures sanitaires et
phytosanitaires définit les règles
fondamentales concernant l'innocuité des produits
alimentaires, ainsi que les normes sanitaires pour les
animaux et les végétaux. Il permet aux pays d'établir
leurs propres normes mais il dispose aussi que les
réglementations doivent avoir un fondement scientifique.
Celles-ci ne doivent être appliquées que dans la mesure
nécessaire pour protéger la santé et la vie des
personnes et des animaux ou pour préserver les
végétaux. Elles ne doivent pas non plus entraîner de
discrimination arbitraire ou injustifiable entre les pays
où existent des conditions identiques ou similaires.
Les
pays Membres sont encouragés à appliquer les normes,
directives ou recommandations internationales, dans les
cas où il en existe. Ils peuvent cependant adopter des
mesures correspondant à des normes plus élevées s'il y
a une justification scientifique. Ils peuvent aussi
établir des normes plus élevées sur la base d'une
évaluation appropriée des risques, pour autant que
l'approche suivie soit cohérente et non arbitraire.
Aux
termes de l'Accord, les pays sont toujours autorisés à
appliquer des normes et des méthodes d'inspection des
produits différentes.
Principaux
éléments de l'Accord SPS
Tous
les pays appliquent des mesures afin d'assurer
l'innocuité des produits alimentaires pour les
consommateurs et d'empêcher la dissémination de
parasites ou de maladies chez les animaux et les
végétaux. Ces mesures sanitaires et phytosanitaires
peuvent revêtir de nombreuses formes; les pays peuvent
par exemple exiger que les produits proviennent d'une
zone exempte de maladies, que les produits soient
inspectés, que les produits subissent un traitement ou
une transformation spécifique, que des niveaux maximaux
admissibles soient établis pour les résidus de
pesticides ou que seuls certains additifs alimentaires
soient utilisés. Les mesures sanitaires (santé des
personnes et des animaux) et phytosanitaires
(préservation des végétaux) s'appliquent aux produits
alimentaires d'origine nationale ou aux maladies locales
d'animaux et de végétaux, ainsi qu'aux produits
provenant d'autres pays.
Protection
ou protectionnisme?
Les
mesures sanitaires et phytosanitaires peuvent, par leur
nature même, entraîner des restrictions au commerce.
Tous les gouvernements reconnaissent que certaines
restrictions commerciales peuvent être nécessaires pour
assurer l'innocuité des produits alimentaires, la
protection de la santé des animaux et la préservation
des végétaux. Néanmoins, il est parfois fait pression
sur les gouvernements pour qu'ils aillent au-delà de ce
qu'exige la protection de la santé et utilisent des
restrictions sanitaires et phytosanitaires pour
préserver les producteurs nationaux de la concurrence
économique. Ces pressions risquent de croître, à
mesure que d'autres obstacles au commerce sont abaissés
en vertu des Accords du Cycle d'Uruguay. Une restriction
sanitaire ou phytosanitaire qui n'est pas requise
vraiment pour des raisons de protection de la santé peut
être un instrument protectionniste très important et
constituer, en raison de sa complexité technique, un
obstacle particulièrement trompeur et difficile à
surmonter.
L'Accord
sur l'application des mesures sanitaires et
phytosanitaires (l'Accord SPS) s'inspire des anciennes
règles du GATT pour limiter l'utilisation de mesures
sanitaires et phytosanitaires injustifiées à des fins
de protection du commerce. Son objectif fondamental est
de préserver le droit souverain des gouvernements
d'établir le niveau de protection qu'ils jugent
approprié, mais aussi d'assurer que ce droit souverain
ne soit pas exercé abusivement à des fins
protectionnistes et n'entraîne pas des obstacles non
nécessaires au commerce international.
Justification
des mesures
L'Accord
SPS, tout en permettant aux gouvernements de maintenir
une protection sanitaire et phytosanitaire appropriée,
réduit le risque de décisions arbitraires et encourage
la cohérence au niveau de la prise de décisions. Il
dispose que les mesures sanitaires et phytosanitaires ne
doivent être appliquées que pour assurer l'innocuité
des produits alimentaires, la protection de la santé des
animaux et la préservation des végétaux. En
particulier, il précise les facteurs qui devraient être
pris en compte dans l'évaluation des risques encourus.
Les mesures destinées à assurer l'innocuité des
produits alimentaires, à protéger la santé des animaux
et à préserver les végétaux devraient être fondées
autant que possible sur l'analyse et l'évaluation de
données scientifiques objectives et exactes.
Normes
internationales
L'Accord
SPS encourage les gouvernements à établir au niveau
national des mesures sanitaires et phytosanitaires
compatibles avec les normes, directives et
recommandations internationales. Pour ce processus, on
parle souvent d'harmonisation. L'OMC
n'établit pas, et n'établira pas, elle-même de telles
normes. Toutefois, la plupart des gouvernements Membres
de l'OMC (132 au moment de la rédaction) participent à
leur élaboration dans d'autres organismes
internationaux. Ces normes sont établies par des
scientifiques de renom et par des experts gouvernementaux
en protection de la santé, et elles sont surveillées et
examinées au niveau international.
Dans
nombre de pays, y compris des pays développés, les
normes internationales sont souvent plus strictes que les
prescriptions nationales, mais l'accord autorise
expressément les gouvernements à choisir de ne pas
utiliser ces normes internationales. Toutefois, si une
prescription nationale devait entraîner une plus grande
restriction du commerce, un pays pourrait être invité
à fournir une justification scientifique de cette
mesure, démontrant que la norme internationale
pertinente ne permettrait pas d'atteindre le niveau de
protection sanitaire qu'il juge approprié.
Adaptation
aux conditions
Compte
tenu des différences qui existent du fait des conditions
climatiques, zoosanitaires et phytosanitaires ou de la
situation en ce qui concerne l'innocuité des produits
alimentaires, il n'est pas toujours approprié d'imposer
les mêmes prescriptions sanitaires et phytosanitaires
pour les produits alimentaires ou les produits d'origine
animale ou végétale provenant de pays différents.
Ainsi, il arrive que les mesures sanitaires et
phytosanitaires varient en fonction du pays d'origine des
produits alimentaires ou des produits d'origine animale
ou végétale considérés. Il en est tenu compte dans
l'accord. Les gouvernements devraient aussi reconnaître
des zones exemptes de maladies dont les limites peuvent
ne pas correspondre aux frontières politiques et adapter
comme il convient leurs prescriptions aux produits
provenant de ces zones. Toutefois, l'accord empêche une
discrimination injustifiée dans l'utilisation des
mesures sanitaires et phytosanitaires, que ce soit en
faveur des producteurs nationaux ou entre les
fournisseurs étrangers.
Différentes
mesures possibles
Il
existe souvent différentes façons de déterminer un
niveau acceptable de risque. Parmi les différentes
mesures possibles - et à condition que celles-ci soient
applicables d'un point de vue technique et économique et
qu'elles assurent le même niveau d'innocuité des
produits alimentaires, de protection de la santé des
animaux ou de préservation des végétaux - les pays
devraient prendre celles qui ne sont pas plus
restrictives pour le commerce qu'il n'est requis pour
atteindre leur objectif en matière sanitaire. De plus,
si un autre pays démontre qu'avec les mesures qu'il
applique le même niveau de protection sanitaire est
atteint, ces mesures devraient être acceptées comme
équivalentes. Cela aide à garantir que la protection
est assurée tout en offrant la plus grande quantité et
variété de produits alimentaires salubres aux
consommateurs, en dotant les producteurs d'intrants aussi
sûrs que possible et en assurant une concurrence
économique saine.
Evaluation
des risques
L'Accord
SPS accroît la transparence des mesures sanitaires et
phytosanitaires. Les pays doivent établir les mesures
sanitaires et phytosanitaires sur la base d'une
évaluation appropriée des risques réels et, si on le
leur demande, indiquer les facteurs dont ils ont tenu
compte, les procédures d'évaluation qu'ils ont
utilisées et le niveau de risque qu'ils ont jugé
acceptable. Bien que de nombreux gouvernements utilisent
déjà l'évaluation des risques dans le domaine de
l'innocuité des produits alimentaires, de la protection
de la santé des animaux et de la préservation des
végétaux, l'accord encourage le recours plus large à
l'évaluation systématique des risques par tous les
gouvernements Membres de l'OMC et pour tous les produits
considérés.
Transparence
Les
pays sont tenus de notifier aux autres pays les
modifications apportées à leurs prescriptions
sanitaires et phytosanitaires ou les nouvelles
prescriptions qui affectent le commerce, et d'établir
des bureaux (appelés points d'information)
chargés de répondre aux demandes de renseignements
complémentaires sur les mesures nouvelles ou existantes.
Ils doivent aussi accepter que soit examinée la façon
dont ils appliquent leurs réglementations concernant
l'innocuité des produits alimentaires, la protection de
la santé des animaux et la préservation des végétaux.
La communication régulière de renseignements et
l'échange systématique de données entre les
gouvernements Membres de l'OMC offrent une meilleure base
pour les normes nationales. Cette transparence accrue
protège également les intérêts des consommateurs, et
ceux des partenaires commerciaux, du protectionnisme
caché qu'engendrent les prescriptions techniques non
nécessaires.
Un
comité spécial a été établi dans le cadre de l'OMC,
qui permet l'échange d'informations entre les
gouvernements Membres au sujet de tous les aspects liés
à la mise en oeuvre de l'Accord SPS. Le Comité des
mesures sanitaires et phytosanitaires surveille le
respect de l'accord, examine les questions qui pourraient
avoir des effets sur le commerce et coopère étroitement
avec les organisations techniques compétentes. En cas de
différend commercial concernant une mesure sanitaire ou
phytosanitaire, les procédures normales de règlement
des différends de l'OMC sont utilisées et il peut être
demandé conseil à des experts scientifiques
compétents.
Questions
et réponses
haut
de page
Qu'entend-on
par mesures sanitaires et phytosanitaires? L'Accord SPS
vise-t-il les mesures prises par les pays pour protéger
l'environnement, les intérêts des consommateurs et les
animaux?
Aux
fins de l'Accord SPS, les mesures sanitaires et
phytosanitaires s'entendent de toutes les mesures
appliquées:
- pour
protéger la vie des personnes et des animaux des
risques découlant des additifs, contaminants,
toxines ou organismes pathogènes présents dans
les produits alimentaires;
- pour
protéger la santé des personnes des maladies
véhiculées par des végétaux ou des animaux;
- pour
protéger la vie des animaux ou préserver les
végétaux des parasites, maladies ou organismes
pathogènes; ou
- pour
empêcher ou limiter, dans un pays, d'autres
dommages découlant de l'entrée, de
l'établissement ou de la dissémination de
parasites.
Sont
également englobées les mesures sanitaires et
phytosanitaires prises pour protéger la santé des
poissons et de la faune sauvage, ainsi que pour
préserver les forêts et la flore sauvage.
Les
mesures de protection de l'environnement (autres que
celles mentionnées ci-dessus) ou les mesures destinées
à protéger les intérêts des consommateurs ou le
bien-être des animaux ne sont pas visées par l'Accord
SPS. Ces questions sont toutefois traitées par d'autres
instruments de l'OMC (l'Accord OTC ou l'article XX du
GATT de 1994, par exemple).
Les
réglementations nationales concernant l'innocuité des
produits alimentaires, la protection de la santé des
animaux et la préservation des végétaux
n'étaient-elles pas déjà couvertes par les règles du
GATT?
Oui,
les mesures nationales concernant l'innocuité des
produits alimentaires, la protection de la santé des
animaux et la préservation des végétaux qui affectent
le commerce étaient soumises aux règles du GATT depuis
1948. L'article premier(1),
de l'Accord général, la clause de la nation la plus
favorisée, prescrivait un traitement non discriminatoire
pour les produits importés provenant de fournisseurs
étrangers différents, et l'article III disposait que
ces produits ne devaient pas être traités d'une
manière moins favorable que les produits d'origine
nationale en ce qui concerne les lois ou prescriptions
affectant leur vente. Ces règles s'appliquaient, par
exemple, aux valeurs limites fixées pour les résidus de
pesticides et les additifs alimentaires, ainsi qu'aux
restrictions destinées à protéger la santé des
animaux ou à préserver les végétaux.
Les
règles du GATT contenaient également une exception
(article XX:b) qui permettait aux pays de prendre les
mesures nécessaires à la protection de la santé
et de la vie des personnes et des animaux ou à la
préservation des végétaux, à condition que ces
mesures ne constituent pas une discrimination
injustifiée entre les pays où les mêmes conditions
existaient, ni une restriction déguisée au commerce.
Autrement dit, pour protéger la santé des personnes et
des animaux ou préserver les végétaux, les
gouvernements pouvaient, dans les cas où cela était
nécessaire, imposer aux produits importés des
prescriptions plus rigoureuses que celles auxquelles ils
soumettaient les produits d'origine nationale.
Au
cours des négociations commerciales multilatérales du
Tokyo Round (1974-1979), un Accord relatif aux
obstacles techniques au commerce (Accord OTC de 1979
ou Code de la normalisation) a été
négocié(
2).
Bien que cet accord n'ait pas été élaboré
principalement dans le but de réglementer les mesures
sanitaires et phytosanitaires, il englobait les
prescriptions techniques résultant de mesures concernant
l'innocuité des produits alimentaires, la protection de
la santé des animaux et la préservation des végétaux,
y compris les valeurs limites fixées pour les résidus
de pesticides, les prescriptions en matière d'inspection
et l'étiquetage. Les gouvernements qui étaient parties
à l'Accord OTC de 1979 étaient convenus d'utiliser les
normes internationales pertinentes (par exemple les
normes relatives à l'innocuité des produits
alimentaires élaborées par le Codex) sauf lorsqu'ils
considéraient que celles-ci n'étaient pas adéquates
pour protéger la santé. Ils étaient également
convenus de notifier aux autres gouvernements, par
l'intermédiaire du secrétariat du GATT, tous les
règlements techniques qui n'étaient pas fondés sur des
normes internationales. L'Accord OTC de 1979 contenait
des dispositions relatives au règlement des différends
résultant de l'utilisation de restrictions en matière
d'innocuité des produits alimentaires et d'autres
restrictions techniques.
Qu'y
a-t-il de nouveau dans l'Accord SPS?
Parce
que les mesures sanitaires et phytosanitaires peuvent
facilement constituer une restriction au commerce, les
gouvernements membres du GATT étaient conscients de la
nécessité d'assujettir leur utilisation à des règles
précises. L'objectif du Cycle d'Uruguay consistant à
réduire les autres obstacles possibles au commerce a en
outre fait craindre que les mesures sanitaires et
phytosanitaires soient utilisées à des fins
protectionnistes.
L'Accord SPS a été conçu pour régler ce problème
potentiel. Il établit des droits et obligations plus
précis et plus détaillés pour les mesures concernant
l'innocuité des produits alimentaires, la protection de
la santé des animaux et la préservation des végétaux
qui affectent le commerce. Les pays peuvent uniquement
imposer les prescriptions qui sont nécessaires pour
protéger la santé et qui sont fondées sur des
principes scientifiques. Un gouvernement peut contester
les prescriptions d'un autre pays en matière
d'innocuité des produits alimentaires, de protection de
la santé des animaux et de préservation des végétaux
en faisant valoir qu'il n'y a pas de preuves
scientifiques qui justifient leur application. Les
procédures et décisions utilisées par un pays pour
évaluer les risques pour l'innocuité des produits
alimentaires, la santé des animaux ou la préservation
des végétaux doivent être communiquées aux autres
pays sur demande. Les gouvernements doivent se montrer
cohérents lorsqu'ils déterminent ce qu'est un produit
alimentaire salubre et lorsqu'ils répondent aux
préoccupations liées à la protection de la santé des
animaux et à la préservation des végétaux.
Comment
savoir s'il s'agit de mesures SPS ou de mesures OTC? Y
a-t-il une différence entre ces deux types de mesures?
Les
deux accords ont des champs d'application différents.
L'Accord SPS couvre toutes les mesures ayant pour
objectif de:
- protéger
la santé des personnes et des animaux contre les
risques inhérents aux produits alimentaires,
- protéger
la santé des personnes contre les maladies
véhiculées par des animaux ou des végétaux,
- protéger
les animaux et préserver les végétaux des
parasites ou des maladies,
qu'il
s'agisse ou non de prescriptions techniques. L'Accord OTC
vise tous les règlements techniques et normes
volontaires ainsi que les procédures destinées à
assurer leur respect, à l'exception des mesures
sanitaires et phytosanitaires définies par l'Accord SPS.
Par conséquent, c'est la nature de la mesure qui
détermine si celle-ci relève de l'Accord OTC, et c'est
son objectif qui détermine si elle relève de l'Accord
SPS.
Les
mesures OTC peuvent toucher n'importe quel sujet, par
exemple les dispositifs de sécurité pour automobiles,
les économiseurs d'énergie ou la forme des emballages
en carton pour produits alimentaires. Dans le domaine de
la santé des personnes, par exemple, les mesures OTC
peuvent comprendre les restrictions applicables aux
produits pharmaceutiques ou l'étiquetage des cigarettes.
La plupart des mesures liées à la lutte contre les
maladies de l'homme relèvent de l'Accord OTC, sauf si
elles concernent des maladies véhiculées par des
végétaux ou des animaux (comme la rage). Pour ce qui
est des produits alimentaires, les prescriptions
applicables à l'étiquetage, les indications et mises en
garde concernant la valeur nutritionnelle, les
réglementations en matière de qualité et d'emballage
ne sont, en règle générale, pas considérés comme des
mesures sanitaires ou phytosanitaires et relèvent donc
normalement de l'Accord OTC. En revanche, les
réglementations qui régissent la contamination
microbiologique des produits alimentaires, fixent les
niveaux acceptables pour les résidus de pesticides ou de
médicaments vétérinaires, ou identifient les additifs
alimentaires autorisés relèvent, par définition, de
l'Accord SPS. De même, certaines prescriptions en
matière d'emballage et d'étiquetage qui concernent
directement l'innocuité des produits alimentaires sont
visées par l'Accord SPS.
Les
deux accords ont des points communs, notamment
l'obligation fondamentale de non-discrimination; ils
contiennent des prescriptions similaires en matière de
notification préalable des mesures projetées et
prévoient la création de bureaux de renseignements
(points d'information). Toutefois, de
nombreuses règles de fond sont différentes. Par
exemple, les deux accords encouragent l'utilisation des
normes internationales. Néanmoins, dans le cadre de
l'Accord SPS, seuls des arguments scientifiques
découlant d'une évaluation des risques potentiels pour
la santé peuvent justifier que de telles normes ne
soient pas utilisées afin d'assurer l'innocuité des
produits alimentaires, la protection de la santé des
animaux et la préservation des végétaux. En revanche,
dans le cadre de l'Accord OTC, les gouvernements peuvent
décider que les normes internationales ne sont pas
adaptées pour d'autres raisons, notamment des problèmes
technologiques fondamentaux ou des facteurs
géographiques. De plus, des mesures sanitaires et
phytosanitaires ne peuvent être appliquées que dans la
mesure où sur la base de renseignements scientifiques
elles sont nécessaires à la protection de la santé des
personnes ou des animaux ou à la préservation des
végétaux. Les gouvernements peuvent en revanche
établir les règlements concernant les obstacles
techniques au commerce qui sont nécessaires pour
atteindre certains objectifs tels que la sécurité
nationale ou la prévention de pratiques de nature à
induire en erreur. Les obligations que les gouvernements
ont acceptées au titre des deux accords étant
différentes, il est important de savoir s'il s'agit
d'une mesure sanitaire ou phytosanitaire ou d'une mesure
relevant de l'Accord OTC.
Comment
les gouvernements et les personnes intéressées
peuvent-ils savoir qui fait quoi?
Les
dispositions de l'Accord SPS en matière de transparence
visent à assurer que les mesures prises pour protéger
la santé des personnes et des animaux et préserver les
végétaux sont portées à la connaissance des personnes
intéressées et des partenaires commerciaux. L'Accord
dispose que les gouvernements doivent publier dans les
moindres délais toutes leurs réglementations sanitaires
et phytosanitaires et expliquer, si un autre gouvernement
le demande, pour quelles raisons une prescription
particulière en matière d'innocuité des produits
alimentaires, de protection de la santé des animaux ou
de préservation des végétaux a été établie.
Tous les gouvernements Membres de l'OMC doivent établir
un point d'information, c'est-à-dire un bureau chargé
de recevoir les demandes de renseignements concernant les
mesures sanitaires et phytosanitaires de leur pays et d'y
répondre. Les demandes peuvent concerner des exemplaires
de réglementations nouvelles ou existantes, ou des
renseignements sur les accords pertinents conclus entre
deux pays ou sur les décisions en matière d'évaluation
des risques. Les adresses des points d'information
peuvent être obtenues ici.
Lorsqu'un
gouvernement projette d'adopter une nouvelle
réglementation (ou de modifier une réglementation
existante) qui diffère d'une norme internationale et
peut affecter le commerce, il doit en informer le
Secrétariat de l'OMC, qui distribue ensuite la
notification aux autres gouvernements Membres (plus de
700 notifications ont été distribuées pendant les
trois premières années de mise en oeuvre de l'Accord
SPS). Les notifications sont également mises à la
disposition des personnes intéressées et peuvent être
consultées ici. Par
ailleurs, les notifications peuvent être obtenues
auprès du point d'information du pays qui projette
d'adopter une nouvelle mesure.
Les
gouvernements doivent notifier les réglementations
projetées avant qu'elles ne soient mises en oeuvre, afin
de permettre à leurs partenaires commerciaux de formuler
des observations. Le Comité SPS a élaboré des
recommandations sur la manière de donner suite à ces
observations.
En
cas d'urgence, les gouvernements peuvent agir sans délai
mais doivent immédiatement informer les autres Membres
par l'intermédiaire du Secrétariat de l'OMC; ils
restent également tenus de prendre en considération
toutes les observations formulées par d'autres
gouvernements Membres de l'OMC.
Avec
l'Accord SPS, un gouvernement a-t-il moins de latitude
pour établir des lois concernant l'innocuité des
produits alimentaires, la préservation des végétaux et
la protection de la santé des animaux? Les niveaux
d'innocuité des produits alimentaires, de protection de
la santé des animaux et de préservation des végétaux
seront-ils déterminés par l'OMC ou par d'autres
institutions internationales?
L'Accord
SPS reconnaît expressément aux gouvernements le droit
de prendre des mesures pour protéger la santé des
personnes et des animaux et préserver les végétaux, à
condition que ces mesures soient fondées sur la science,
qu'elles soient nécessaires à la protection de la
santé et qu'elles ne constituent pas une discrimination
injustifiée entre les sources d'approvisionnement
étrangères. En outre, les gouvernements continueront de
déterminer les niveaux d'innocuité des produits
alimentaires, de protection de la santé des animaux et
de préservation des végétaux dans leurs pays. Ni l'OMC
ni un autre organisme international ne le feront.
L'Accord SPS encourage cependant les gouvernements à
harmoniser ou fonder leurs mesures nationales
sur les normes, directives et recommandations
internationales élaborées par les gouvernements Membres
de l'OMC dans d'autres organisations internationales. Ces
organisations sont notamment les suivantes: pour
l'innocuité des produits alimentaires, la Commission
mixte FAO/OMS du Codex
Alimentarius;
pour la santé des animaux, l' Office
international des épizooties;
et pour la préservation des végétaux, la Convention
internationale pour la protection des végétaux
de la FAO. Les gouvernements Membres de l'OMC participent
depuis longtemps aux activités de ces organisations, y
compris les travaux concernant l'évaluation des risques
et la détermination scientifique des effets sur la
santé des personnes des pesticides, contaminants ou
additifs présents dans les produits alimentaires, ou des
effets des parasites et maladies sur la santé des
animaux et la préservation des végétaux. Les
activités de ces organisations techniques sont
surveillées et examinées au niveau international.
Un
problème tient au fait que les normes internationales
sont souvent si rigoureuses que de nombreux pays ont du
mal à les mettre en oeuvre à l'échelon national. Mais
le fait d'encourager les pays à utiliser les normes
internationales ne signifie pas que celles-ci constituent
un niveau maximal ou minimal pour les normes nationales.
Les normes nationales ne sont pas contraires à l'Accord
SPS simplement parce qu'elles diffèrent des normes
internationales. En fait, l'accord autorise expressément
les gouvernements à imposer des prescriptions plus
rigoureuses que les normes internationales. Cependant,
les gouvernements qui ne fondent pas leurs prescriptions
nationales sur des normes internationales peuvent être
tenus de justifier leurs normes plus strictes, si cette
différence donne lieu à un différend commercial. Cette
justification doit reposer sur une analyse des preuves
scientifiques et des risques encourus.
Qu'entend-on
par harmonisation avec les normes internationales
relatives à l'innocuité des produits alimentaires?
Entraînera-t-elle une protection moindre de la santé,
c'est-à-dire une harmonisation par le bas?
L'harmonisation
avec les normes internationales relatives à l'innocuité
des produits alimentaires signifie que les prescriptions
nationales doivent être fondées sur les normes
élaborées par la Commission mixte FAO/OMS du Codex
Alimentarius(3).
Les normes du Codex ne constituent pas le plus
petit commun dénominateur. Elles sont élaborées
avec le concours de scientifiques de renom et d'experts
nationaux en innocuité des produits alimentaires. Ce
sont ces mêmes experts gouvernementaux qui sont chargés
d'élaborer les normes nationales relatives à
l'innocuité des produits alimentaires. Par exemple, les
recommandations concernant les résidus de pesticides et
les additifs alimentaires sont élaborées pour le Codex
par des groupes internationaux de scientifiques, qui
partent d'hypothèses prudentes et axées sur
l'innocuité et qui travaillent sans ingérence
politique. Dans de nombreux cas, les normes élaborées
par le Codex sont plus strictes que celles des pays, y
compris des pays comme les Etats-Unis. Ainsi qu'il est
signalé dans la réponse à la question précédente,
les gouvernements peuvent néanmoins choisir d'utiliser
des normes plus strictes que les normes internationales
si celles-ci ne répondent pas à leurs besoins en
matière de protection de la santé.
Les
gouvernements peuvent-ils prendre les précautions
nécessaires lorsqu'ils établissent des prescriptions en
matière d'innocuité des produits alimentaires, de
protection de la santé des animaux et de préservation
des végétaux? Que se passe-t-il dans les cas où les
preuves scientifiques ne sont pas suffisantes pour
prendre une décision définitive au sujet de
l'innocuité, ou dans les situations d'urgence? Les
produits dangereux peuvent-ils être interdits?
Trois
différents types de précautions sont prévus dans
l'Accord SPS. Premièrement, le processus d'évaluation
des risques et de détermination de niveaux acceptables
de risque suppose l'utilisation régulière de marges de
sécurité pour assurer que les précautions nécessaires
sont prises pour protéger la santé. Deuxièmement,
puisque chaque pays détermine son propre niveau
acceptable de risque, il peut répondre aux
préoccupations nationales liées à la détermination
des précautions nécessaires en matière de santé.
Troisièmement, l'Accord SPS autorise clairement un
gouvernement à prendre des mesures à titre de
précaution lorsqu'il considère qu'il n'existe pas de
preuves scientifiques suffisantes permettant de prendre
une décision définitive au sujet de l'innocuité d'un
produit ou de la sécurité d'un procédé. Cela permet
aussi de prendre immédiatement des mesures dans des
situations d'urgence.
On peut citer de nombreux exemples d'interdictions
frappant la production, la vente ou l'importation de
produits fondées sur des preuves scientifiques montrant
que ces produits présentent un risque inacceptable pour
la santé des personnes ou des animaux ou pour la
préservation des végétaux. L'Accord SPS n'empêche pas
un gouvernement d'interdire des produits dans ces
conditions.
Les
prescriptions en matière d'innocuité des produits
alimentaires, de protection de la santé des animaux et
de préservation des végétaux peuvent-elles être
établies par des institutions publiques locales ou
régionales? Les prescriptions peuvent-elles être
différentes dans un même pays?
Il
est reconnu dans l'Accord SPS que les réglementations
concernant l'innocuité des produits alimentaires, la
protection de la santé des animaux et la préservation
des végétaux ne doivent pas nécessairement être
établies au niveau gouvernemental le plus élevé et
qu'elles peuvent ne pas être identiques dans un même
pays. Dans les cas où ces réglementations affectent le
commerce international, elles devraient cependant
satisfaire aux mêmes prescriptions que si elles avaient
été établies par le gouvernement national. Celui-ci
demeure responsable de la mise en oeuvre de l'Accord SPS
et devrait favoriser son respect aux autres niveaux
gouvernementaux. Les gouvernements devraient avoir
recours aux services d'institutions non gouvernementales
uniquement si celles-ci satisfont aux dispositions de
l'Accord SPS.
L'Accord
SPS impose-t-il aux pays de privilégier le commerce aux
dépens de l'innocuité des produits alimentaires, de la
protection de la santé des animaux et de la
préservation des végétaux?
Non,
l'Accord SPS autorise les pays à privilégier
l'innocuité des produits alimentaires, la protection de
la santé des animaux et la préservation des végétaux
aux dépens du commerce, à condition que leurs
prescriptions soient fondées sur des données
scientifiques pouvant être démontrées. Chaque pays a
le droit de déterminer le niveau d'innocuité des
produits alimentaires, de protection de la santé des
animaux et de préservation des végétaux qu'il juge
approprié, sur la base d'une évaluation des risques
encourus.
Une
fois qu'un pays a déterminé son niveau acceptable de
risque, il existe souvent plusieurs mesures différentes
qui peuvent être utilisées pour assurer cette
protection (par exemple traitement, quarantaine ou
inspection plus poussée). Pour choisir entre ces
différentes mesures, l'Accord SPS dispose qu'un
gouvernement doit utiliser celles qui ne sont pas plus
restrictives pour le commerce qu'il n'est requis pour
atteindre ses objectifs en matière de protection de la
santé, si elles sont techniquement et économiquement
applicables. Par exemple, même si l'interdiction des
importations permettait de réduire le risque d'entrée
d'un parasite exotique, l'obligation de traiter les
produits, si elle permettait aussi de ramener le risque
au niveau jugé acceptable par le gouvernement, serait
normalement moins restrictive pour le commerce.
La
législation d'un pays concernant l'innocuité des
produits alimentaires, la protection de la santé des
animaux et la préservation des végétaux peut-elle
être contestée par d'autres pays? Des entités privées
peuvent-elles porter un différend devant l'OMC? Comment
les différends sont-ils réglés à l'OMC?
Depuis
la création du GATT, en 1948, il est possible pour un
pays de contester les lois d'un autre pays concernant
l'innocuité des produits alimentaires, la protection de
la santé des animaux et la préservation des végétaux
en faisant valoir qu'ils constituent des obstacles
artificiels au commerce. L'Accord OTC de 1979 énonçait
des procédures permettant de contester les règlements
techniques d'un signataire, y compris les normes
relatives à l'innocuité des produits alimentaires et
les prescriptions en matière de protection de la santé
des animaux et de préservation des végétaux. L'Accord
SPS précise non seulement le fondement des prescriptions
en matière d'innocuité des produits alimentaires, de
protection de la santé des animaux et de préservation
des végétaux qui affectent le commerce, mais aussi le
fondement des contestations de ces prescriptions. Une
nation n'a pas moins de latitude pour établir sa
législation, mais un autre pays peut contester une
prescription spécifique en matière d'innocuité des
produits alimentaires, de protection de la santé des
animaux ou de préservation des végétaux en faisant
valoir qu'il n'y a pas de preuves scientifiques
suffisantes montrant que la restriction du commerce est
nécessaire. L'Accord SPS donne davantage de certitude à
ceux qui sont chargés d'établir les réglementations et
aux négociants, ce qui permet d'éviter les risques de
conflits.
L'OMC
est une organisation intergouvernementale et seuls les
gouvernements peuvent soumettre des différends
commerciaux aux procédures de règlement des différends
de l'OMC. Les entités privées et les organisations non
gouvernementales n'en ont pas le droit mais peuvent bien
entendre informer leur gouvernement des problèmes
commerciaux et l'encourager à demander réparation, le
cas échéant, par l'intermédiaire de l'OMC.
En
acceptant l'Accord sur l'OMC, les gouvernements ont
reconnu qu'ils étaient liés par les règles de tous les
accords commerciaux multilatéraux qui y sont annexés, y
compris l'Accord SPS. En cas de différend commercial,
les procédures de règlement des différends de l'OMC (cliquez
ici pour une introduction, cliquez
ici pour les détails)
encouragent les gouvernements concernés à trouver une
solution bilatérale mutuellement acceptable dans le
cadre de consultations formelles. Si les gouvernements ne
peuvent résoudre leurs différends, ils peuvent choisir
de recourir à l'un des divers moyens de règlement,
comprenant les bons offices, la conciliation, la
médiation et l'arbitrage. Un gouvernement peut aussi
demander qu'un groupe spécial d'experts commerciaux
impartial soit établi pour entendre toutes les parties
au différend et faire des recommandations.
Dans
un différend concernant des mesures sanitaires ou
phytosanitaires, le groupe spécial peut demander des
avis scientifiques, y compris en réunissant un groupe
d'experts techniques. Si le groupe spécial conclut qu'un
pays viole ses obligations au titre d'un accord de l'OMC,
il recommande normalement que ce pays mette sa mesure en
conformité avec ses obligations. Il pourra s'agir, par
exemple, d'une modification de la procédure régissant
l'application d'une mesure, ou de la modification ou de
l'élimination complète de la mesure, ou simplement de
l'élimination de ses éléments discriminatoires.
Le
groupe spécial soumet ses recommandations
pour examen à l' Organe
de règlement des différends (ORD),
de l'OMC, où tous les Membres de l'OMC sont
représentés. A moins que l'ORD ne décide par consensus
de ne pas adopter le rapport du groupe spécial, ou à
moins que l'une des parties ne fasse appel, la partie
défenderesse est obligée de mettre en oeuvre les
recommandations du groupe spécial et de faire rapport
sur la manière dont elle s'est acquittée de cette
obligation. Les appels sont limités aux questions de
droit et aux interprétations juridiques données par le
groupe spécial.
Un
seul groupe spécial a été établi pour examiner un
différend commercial relatif à des mesures sanitaires
ou phytosanitaires pendant les 47 années de
fonctionnement des anciennes procédures de règlement
des différends du GATT. En revanche, au cours des trois
premières années d'application de l'Accord SPS, dix
plaintes concernant les nouvelles obligations ont été
formellement déposées. Cela n'a rien de surprenant
puisque l'accord précise pour la première fois la base
sur laquelle contester les mesures sanitaires ou
phytosanitaires qui restreignent le commerce et ne
peuvent pas être justifiées scientifiquement. Les
mesures contestées ont porté sur des questions aussi
variées que les procédures d'inspection et de
quarantaine, les maladies animales, les dates de
péremption, l'utilisation de médicaments vétérinaires
pour l'élevage d'animaux et les traitements de
désinfection des boissons. Des groupes spéciaux ont
été chargés d'examiner quatre de ces plaintes; les
autres différends ont été ou devraient être réglés
à l'issue du processus obligatoire de consultations
bilatérales.
Qui
a été chargé d'élaborer l'Accord SPS? Les pays en
développement ont-ils participé à sa négociation?
La
décision d'engager les négociations commerciales du
Cycle d'Uruguay a été prise après des années de
débats publics, y compris au niveau des gouvernements
nationaux. La décision de négocier un accord sur
l'application des mesures sanitaires et phytosanitaires a
été prise en 1986 lors du lancement du Cycle d'Uruguay.
Les négociations sur les mesures sanitaires et
phytosanitaires étaient ouvertes aux 124 gouvernements
qui participaient au Cycle d'Uruguay. Beaucoup étaient
représentés par leurs fonctionnaires chargés de
l'innocuité des produits alimentaires, de la protection
de la santé des animaux et de la préservation des
végétaux. Les négociateurs ont également eu recours
aux compétences d'organisations internationales
techniques comme la FAO, le Codex et l'OIE.
Les
pays en développement ont participé à tous les aspects
des négociations du Cycle d'Uruguay dans une mesure sans
précédent. Ils ont pris une part active aux
négociations sur les mesures sanitaires et
phytosanitaires, souvent sous la conduite de leurs
experts nationaux en innocuité des produits
alimentaires, en protection de la santé des animaux et
en préservation des végétaux. Avant et durant les
négociations du Cycle d'Uruguay, le secrétariat du GATT
a aidé les pays en développement à arrêter leurs
positions dans la négociation. L'Accord SPS préconise
l'octroi d'une assistance aux pays en développement pour
leur permettre de renforcer leurs systèmes dans les
domaines de l'innocuité des produits alimentaires, de la
protection de la santé des animaux et de la
préservation des végétaux. La FAO et d'autres
organisations internationales appliquent déjà des
programmes en faveur des pays en développement dans ces
domaines.
Le
public a-t-il participé aux négociations du Cycle
d'Uruguay? A-t-il été tenu compte des intérêts du
secteur privé ou des consommateurs?
Le
GATT était une organisation intergouvernementale et ce
sont les gouvernements qui ont participé aux
négociations commerciales du GATT; ni le secteur privé
ni les organisations non gouvernementales n'y ont
participé directement. Mais le Cycle d'Uruguay a eu une
portée sans précédent, et il en a été de même pour
le débat public. De nombreux gouvernements ont consulté
leurs secteurs public et privé au sujet de divers
aspects des négociations, dont l'Accord SPS. Certains
ont établi des voies formelles pour la tenue de
consultations et de débats publics, tandis que d'autres
ont agi de manière plus ponctuelle. Le secrétariat du
GATT a également eu de nombreux contacts avec les
organisations internationales non gouvernementales ainsi
qu'avec les secteurs public et privé de nombreux pays
participant aux négociations. Les résultats finals du
Cycle d'Uruguay ont été soumis à des procédures
nationales de ratification et de mise en oeuvre dans la
plupart des pays membres du GATT.
L'OMC
est aussi une organisation intergouvernementale. Le
secteur privé et les organisations non gouvernementales
ne participent pas directement à ses travaux mais
peuvent les influencer à travers leurs contacts avec
leurs propres gouvernements. En outre, le Secrétariat de
l'OMC a des contacts réguliers avec de nombreuses
organisations non gouvernementales.
Qu'est-ce
que le Comité SPS et quelle est sa composition? Que
fait-il?
L'Accord
SPS a établi un Comité des mesures sanitaires et
phytosanitaires (le Comité SPS), qui sert
d'enceinte pour les consultations sur les mesures
concernant l'innocuité des produits alimentaires, la
protection de la santé des animaux et la préservation
des végétaux qui affectent le commerce, et veille à la
mise en oeuvre de l'Accord SPS. Le Comité SPS, comme
d'autres comités de l'OMC, est ouvert à tous les pays
Membres de l'OMC. Les gouvernements qui bénéficient du
statut d'observateur auprès des organes supérieurs de
l'OMC (comme le Conseil du commerce des marchandises)
peuvent également avoir ce statut au Comité SPS. Le
Comité est convenu d'inviter les représentants de
plusieurs organisations internationales
intergouvernementales telles que le Codex,
OIE,
CIPV,
OMS,
CNUCED
et l' Organisation
internationale de normalisation (ISO).
à participer à ses réunions en qualité
d'observateurs. Les gouvernements peuvent faire
participer les fonctionnaires qu'ils jugent compétents
aux réunions du Comité SPS, et beaucoup y envoient
leurs fonctionnaires chargés de l'innocuité des
produits alimentaires, des questions vétérinaires ou de
la préservation des végétaux.
Le
Comité SPS tient en principe trois réunions ordinaires
par an. Il tient aussi parfois des réunions conjointes
avec le Comité OTC au sujet des procédures en matière
de notification et de transparence. Il peut convoquer des
réunions informelles ou extraordinaires si nécessaire.
Pendant
sa première année d'existence, le Comité SPS a
élaboré et recommandé des procédures et un modèle de
présentation à l'usage des gouvernements pour la
notification préalable obligatoire des nouvelles
réglementations. Plus de 700 notifications de mesures
sanitaires et phytosanitaires ont été présentées et
distribuées avant la fin de 1997. Le Comité a examiné
les renseignements fournis par les gouvernements sur
leurs procédures réglementaires nationales, leur
utilisation de l'évaluation des risques pour établir
des mesures sanitaires et phytosanitaires et leur
situation sanitaire, notamment en ce qui concerne la
fièvre aphteuse et la mouche des fruits. Il s'est en
outre penché sur un grand nombre de problèmes
commerciaux liés, en particulier, à l'encéphalopathie
spongiforme bovine (ESB). Comme le prévoit l'Accord SPS,
le Comité a élaboré une procédure provisoire pour
surveiller l'utilisation des normes internationales. Il
poursuit ses travaux sur les directives visant à assurer
la cohérence des décisions en matière de gestion des
risques, pour éviter que les mesures prises par les
gouvernements ne soient arbitraires. En 1998, il
examinera le fonctionnement de l'Accord SPS.
Qui
tire profit de la mise en oeuvre de l'Accord SPS?
L'accord est-il dans l'intérêt des pays en
développement?
Les
consommateurs de tous les pays tirent profit de
l'accord. Celui-ci contribue à assurer, et dans de
nombreux cas à accroître l'innocuité de leurs produits
alimentaires étant donné qu'il favorise l'utilisation
systématique de renseignements scientifiques et limite
donc les décisions arbitraires et injustifiées dans ce
domaine. Les consommateurs disposeront de davantage de
renseignements du fait de la transparence accrue des
procédures gouvernementales et du fondement des
décisions en matière d'innocuité des produits
alimentaires, de protection de la santé des animaux et
de préservation des végétaux. L'élimination des
obstacles non nécessaires au commerce permet aux
consommateurs d'avoir un plus grand choix de produits
alimentaires salubres et de tirer parti d'une concurrence
internationale saine entre les producteurs.
Les
prescriptions sanitaires et phytosanitaires sont le plus
souvent appliquées sur une base bilatérale entre les
pays commerçants. Les pays en développement tirent
profit de l'Accord SPS, qui établit un cadre
international pour les arrangements sanitaires et
phytosanitaires entre les pays, indépendamment de leur
poids politique, de leur puissance économique ou de
leurs moyens technologiques. Sans accord de ce type, les
pays en développement pourraient être trop handicapés
pour contester des restrictions commerciales
injustifiées. De plus, en vertu de l'Accord SPS, les
gouvernements doivent accepter les produits importés
satisfaisant à leurs prescriptions en matière
d'innocuité, que ces produits soient le fruit de
méthodes simples et moins perfectionnées ou de la
technologie la plus avancée. Une assistance technique
accrue destinée à aider les pays en développement dans
le domaine de l'innocuité des produits alimentaires, de
la protection de la santé des animaux et de la
préservation des végétaux, que ce soit par la voie
bilatérale ou par l'intermédiaire d'organisations
internationales, est aussi un élément de l'accord.
Les
exportateurs de produits agricoles de
tous les pays tirent profit de l'élimination des
obstacles injustifiés au commerce de leurs produits.
L'Accord SPS réduit l'incertitude quant aux conditions
régissant la vente sur un marché déterminé. Les
efforts faits pour produire des produits alimentaires
salubres pour un autre marché ne devraient pas être
entravés par des réglementations imposées à des fins
protectionnistes sous le couvert de mesures sanitaires.
Les
importateurs de produits alimentaires et
autres produits agricoles tirent eux aussi profit de la
plus grande certitude concernant les mesures à la
frontière. Le fondement des mesures sanitaires et
phytosanitaires qui restreignent le commerce est
précisé par l'Accord SPS, tout comme le fondement des
contestations des prescriptions qui peuvent être
injustifiées. Les nombreux transformateurs et
utilisateurs commerciaux de produits alimentaires ou de
produits d'origine animale ou végétale en bénéficient
également.
Quelles
difficultés les pays en développement rencontrent-ils
dans la mise en oeuvre de l'Accord SPS?
Bénéficieront-ils d'une aide à cet égard? Existe-t-il
des dispositions spéciales pour les pays en
développement?
Certains
pays en développement disposent d'excellents services
vétérinaires et services chargés de l'innocuité des
produits alimentaires et de la préservation des
végétaux, d'autres non. Pour ces derniers, respecter
les prescriptions de l'Accord SPS représente un défi,
car ils doivent améliorer la situation sanitaire de leur
population, de leur cheptel et de leurs cultures; cette
tâche peut être difficile. C'est pour cette raison que
l'Accord SPS a différé l'application de toutes les
prescriptions qui n'ont pas trait à la transparence
(notification et établissement de points d'information)
jusqu'en 1997 pour les pays en développement et jusqu'en
2000 pour les pays les moins avancés. Cela signifie que
ces pays ne sont pas tenus de justifier scientifiquement
leurs prescriptions sanitaires ou phytosanitaires avant
ces échéances. Les pays qui ont besoin de délais plus
longs, par exemple pour améliorer leurs services
vétérinaires ou mettre en oeuvre des obligations
spécifiques énoncées dans l'accord, peuvent demander
au Comité SPS de leur accorder de nouvelles
prorogations.
Beaucoup
de pays en développement ont déjà décidé de fonder
leurs prescriptions nationales sur les normes
internationales (y compris celles du Codex, de l'OIE et
de la CIPV), évitant ainsi de devoir consacrer leurs
maigres ressources à des travaux déjà effectués par
des experts internationaux. L'Accord SPS les encourage à
participer aussi activement que possible aux travaux de
ces organisations, afin qu'ils puissent faire en sorte
que de nouvelles normes internationales correspondant à
leurs besoins soient élaborées et contribuer à ce
processus.
L'Accord
SPS dispose que les Membres s'engagent à faciliter
l'octroi d'une assistance technique aux pays en
développement, soit par l'intermédiaire des
organisations internationales appropriées, soit au plan
bilatéral. La FAO, l'OIE et l'OMS ont d'importants
programmes d'aide aux pays en développement en ce qui
concerne l'innocuité des produits alimentaires, la
protection de la santé des animaux et la préservation
des végétaux. Certains pays ont également mis en place
des programmes bilatéraux de grande envergure avec
d'autres Membres de l'OMC dans ces domaines. Le
Secrétariat de l'OMC a, quant à lui, mis sur pied un
programme de séminaires régionaux afin de fournir aux
pays en développement (et à ceux de l'Europe centrale
et orientale) des renseignements détaillés sur leurs
droits et obligations au regard de l'accord. Ces
séminaires sont organisés en coopération avec le
Codex, l'OIE et la CIPV afin que les gouvernements soient
parfaitement au courant de l'aide que ces organisations
peuvent leur apporter pour leur permettre de s'acquitter
de leurs obligations et tirer pleinement parti des
avantages découlant de l'Accord SPS. Les associations
professionnelles privées et les organisations de
consommateurs qui sont intéressées peuvent participer
à ces séminaires. Le Secrétariat de l'OMC fournit
également une assistance technique en organisant des
ateliers au niveau national et des activités à
l'intention des représentants des gouvernements à
Genève. haut
de page
|
 Abréviations haut
de page
Notes
1
Le texte initial de l'Accord général sur les tarifs
douaniers et le commerce (GATT) a été révisé dans le
cadre du Cycle d'Uruguay; le texte révisé, appelé GATT
de 1994, fait partie intégrante de l'Accord sur l'OMC.
Les règles du GATT restent d'application lorsqu'elles ne
sont pas remplacées par un Accord de l'OMC plus
spécifique. Dans le cas des mesures concernant
l'innocuité des produits alimentaires, la protection de
la santé des animaux et la préservation des végétaux
définies par l'Accord SPS, les dispositions dudit accord
l'emportent sur celles du GATT de 1994. retour
au texte
2 L'Accord
OTC de 1979 est entré en vigueur le 1er janvier 1980. À
la fin de 1994, avant qu'il ne soit remplacé par
l'Accord OTC de l'OMC (applicable à tous les Membres de
l'OMC), les Parties à l'Accord étaient les suivantes:
Argentine (n'a pas ratifié), Australie, Autriche,
Brésil, Canada, Chili, Communauté européenne et ses 12
États membres (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne,
France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas,
Portugal, Royaume-Uni), Égypte, États-Unis, Finlande,
Hong Kong, Hongrie, Inde, Indonésie, Israël, Japon,
Malaisie, Maroc, Mexique, Norvège, Nouvelle-Zélande,
Pakistan, Philippines, Roumanie, Rwanda, République de
Corée, République fédérale slovaque, République
tchèque, Singapour, Slovénie, Suède, Suisse,
Thaïlande, Tunisie et Yougoslavie. retour
au texte
3 Le
Codex élabore également des normes en ce qui concerne
la qualité des produits alimentaires, la nutrition et
l'étiquetage. Ces autres normes n'intéressent pas
directement l'Accord SPS, mais elles rentrent dans le
cadre de l'Accord OTC. retour
au texte
|