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Un nouveau rapport de l'Organisation mondiale du
commerce, et le premier sur les politiques et pratiques
commerciales du Burkina Faso, indique que ces mesures
vont à l'encontre des objectifs de diversification et de
promotion des exportations qu'il s'est fixé. Le rapport
signale que le Burkina Faso a entamé, en 1991,
d'importantes réformes commerciales qui, combinées avec
la dévaluation du franc CFA (Communauté financière
africaine), ont contribué à améliorer la
compétitivité internationale de certains produits
Burkinabé et à la croissance du PIB réel depuis 1994.
Cependant, le rapport précise que beaucoup d'efforts de
libéralisation commerciale restent à accomplir pour
promouvoir les exportations en vue d'une croissance
économique durable du pays.
Le
rapport du Secrétariat de l'OMC et une déclaration
générale de politique présentée par le gouvernement
burkinabé serviront de base à un examen des politiques
et pratiques commerciales du Burkina Faso, qui aura lieu
en même temps que celui du Mali, les 18 et 20 novembre
1998.
Le
rapport note que grâce aux programmes d'ajustement
structurel entrepris avec l'appui du Fonds monétaire
international en 1991 par le Burkina Faso, la structure
des droits d'entrée a été simplifiée, certains
obstacles non tarifaires abrogés et l'inflation
contenue. Cependant, les performances en matière de
finances publiques et de balance courante ont été
mitigées. En effet, les exportations du Burkina,
concentrées autour du coton, des produits d'élevage et
de l'or, sont sujettes aux fluctuations des cours
mondiaux et elles ne couvrent qu'environ la moitié des
importations, occasionnant ainsi un déficit permanent de
la balance commerciale. Ceci contribue au déficit
structurel du compte courant entretenu par la balance
négative des services, résultat d'importants paiements
au titre de fret, d'assurance et des intérêts sur la
dette extérieure qui ont augmenté avec la dévaluation
du franc CFA.
Le
Burkina Faso importe son équipement lourd des pays
développés, notamment de la France, et ses produits
pétroliers, du Nigéria et de la Côte d'Ivoire. Pour
ses exportations, le Burkina Faso bénéficie de
traitements préférentiels accordés par l'Union
européenne et les pays développés aux pays en
développements.
Le
Burkina Faso est membre fondateur de l'Union économique
et monétaire ouest africaine (UEMOA), de la Communauté
économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO),
et a signé des accords commerciaux bilatéraux et des
conventions d'investissement avec plusieurs pays.
Les
droits d'entrée appliqués par le Burkina Faso sont
parmi les plus élevés de l'UEMOA. La moyenne
arithmétique simple des droits d'entrée est de 31,1%,
avec un minimum de 6% et un maximum de 37%. De plus, le
Burkina prélève une taxe sur la valeur ajoutée de 18%
et des droits d'accises sur les productions locales et
les importations. Les produits miniers, le bois, le
matériel de transport, le matériel scientifique et les
machines non électriques sont les biens les moins
taxés. Les taux de droit d'entrée sur les autres
produits sont voisins ou égaux au maximum.
L'agriculture
fournit au Burkina Faso près de 40% du PIB réel et plus
de la moitié de ses recettes d'exportation de
marchandises. Le coton, principal produit d'exportation
du pays, fournit 40% de ces recettes. Le Burkina Faso
exporte son coton principalement vers la Suisse, l'Ile
Maurice et l'Indonésie. Grâce aux différentes
réformes mises en place par le gouvernement burkinabé
et à la dévaluation du franc CFA, les exportations de
bétail en direction des autres pays de la sous-région
ont fortement augmenté. La dévaluation du franc CFA a
aussi contribué à l'accélération des réformes
agricoles en renforçant la compétitivité de certains
produits locaux. Sous l'effet de l'amélioration des
cours mondiaux et des prix aux producteurs, les
exportations de coton se sont également accrues.
Le
rapport signale cependant que l'objectif de promotion des
exportations se heurte aux mesures visant la valorisation
de certains produits et l'autosuffisance alimentaire.
Ainsi, les cuirs et peaux bruts d'ovin et de caprins sont
prohibés à l'exportation tandis que les industries
locales ne possèdent pas la capacité nécessaire à la
transformation de toute la production. De même, les
autorisations spéciales, exigées à l'exportation des
amandes de karité et de céréales, pour des fins
d'autosuffisance alimentaire, rendent instable la
participation du Burkina aux échanges internationaux de
ces biens.
L'or,
exporté principalement vers la France, contribue pour
environ 10% aux recettes d'exportation. Le nouveau code
minier, en vigueur depuis 1997, accorde les mêmes
privilèges aux investisseurs nationaux et étrangers. La
commercialisation des produits miniers a été
libéralisée et les barrières non-tarifaires
supprimées. Le secteur minier est de tous les secteurs
celui où la protection tarifaire est la moins élevée.
Peu
développé, le secteur manufacturier est constitué
d'une soixantaine d'unités qui fabriquent
essentiellement des produits alimentaires et textiles,
destinés surtout au marché intérieur. Cependant, la
structure des droits d'entrée et les coûts élévés
des intrants limitent la compétitivité internationale
des biens manufacturés localement produits. Le secteur
bénéficie de la plus forte protection tarifaire.
Le
secteur des services contribue pour plus de 40% au PIB
réel et est largement dominé par les activités
commerciales. Les engagements pris par le Burkina dans le
cadre de l'Accord général sur le commerce des services
(AGCS) restent limités et ne couvrent pas certains
services unilatéralement libéralisés par ce pays dans
le contexte des programmes d'ajustement structurel. Un
secteur informel dynamique contribue à environ 25% du
PIB et 80% des emplois non agricoles.
Entré
en vigueur en 1995 et amendé en 1997, le nouveau code
des investissements a été conçu pour promouvoir les
investissements productifs concourant au développement
économique et social du Burkina Faso. Ce texte garantit
les mêmes droits et obligations aux entreprises
nationales et étrangères et accorde de nombreux
avantages aux entreprises tournées vers l'exportation.
Le
rapport indique que les droits de la propriété
intellectuelle au Burkina sont protégés par l'Accord de
Bangui, mais aussi par une ordonnance de 1983 sur les
droits d'auteur. Au Burkina, les contrefaçons touchent
principalement les produits manufacturés, y compris les
médicaments, et ont connu un développement important à
la suite de la dévaluation du franc CFA. Nonobstant
l'existence de législation, les mesures mises en place
pour combattre la contrefaçon restent limitées.
Le
rapport conclut que les coûts additionnels occasionnés
par les taux élevés des droits d'entrée seront
atténués avec l'entrée en vigueur du TEC qui devrait
contribuer à réduire la protection tarifaire nominale
au Burkina et éliminer les distorsions liées aux
exonérations et dont le caractère, parfois ad hoc,
n'incite pas les investisseurs, surtout étrangers.
L'utilisation par le Burkina Faso de normes techniques
sur une dizaine de produits et d'une clause de sauvegarde
pour le sucre alors qu'il ne s'en était pas réservé le
droit, mérite qu'une vulgarisation des Accords de l'OMC
dans ce pays soit réalisée et qu'une assistance
technique lui soit accordée. Une telle assistance
pourrait éviter que les efforts de libéralisation
déjà accomplis par le Burkina ne soient compromis.
Note
à l'intention des journalistes
Les
rapports du Secrétariat de l'OMC et du gouvernement du
Burkina Faso seront examinés par l'Organe d'examen des
politiques commerciales de l'OMC (OEPC) les 18 et 20
novembre 1998. L'Organe d'examen des politiques
commerciales, institué dans le cadre de l'OMC, évalue
collectivement, de manière régulière, toute la gamme
des politiques et pratiques commerciales de chacun des
Membres de l'OMC et suit les tendances et les
événements qui peuvent avoir un impact sur le système
commercial mondial. Le rapport du Secrétariat porte sur
tous les aspects de la politique commerciale du Burkina
Faso, y compris les lois et réglementations nationales,
le cadre institutionnel, les différentes pratiques
commerciales et la politique commerciale par secteur.
Depuis que les Accords OMC sont entrés en vigueur, les
"nouveaux domaines" que sont le commerce des
services et les aspects des droits de propriété
intellectuelle qui touchent au commerce sont aussi
étudiés.
On
trouvera ci-joint les observations récapitulatives
figurant dans le rapport du Secrétariat et des extraits
du rapport du gouvernement. Les journalistes peuvent se
procurer le texte complet des rapports du Secrétariat et
du gouvernement sur demande auprès du Secrétariat
(appelez le 41 22 739 5019). Les journalistes peuvent
aussi trouver ces rapports dans la salle de presse du
site internet de l'OMC (www.wto.org). Un compte-rendu des
débats de l'OEPC et les remarques finales formulées par
le Président formeront avec ces deux rapports l'examen
complet de la politique commerciale du Burkina Faso qui
sera publié en temps opportun et pourra être obtenu
auprès du Secrétariat de l'OMC, Centre William Rappard,
154 rue de Lausanne, 1211 Genève 21.
Depuis
décembre 1989, il a été procédé à l'examen des
politiques commerciales des pays ou groupes de pays
suivants: Afrique
du Sud (1993 et 1998), Argentine (1992), Australie (1989,
1994 et 1998), Autriche (1992), Bangladesh (1992),
Bénin (1997), Bolivie (1993), Botswana (1998),
Brésil (1992 et 1996), Cameroun (1995), Canada (1990,
1992, 1994 et 1996), Chili (1991 et 1997), Chypre
(1997), Colombie (1990 et 1996), Communautés
européennes (1991, 1993, 1995 et 1997), Corée,
Rép. de (1992 et 1996), Costa Rica (1995), Côte
d'Ivoire (1995), Egypte (1992), El Salvador (1996),
États-Unis (1989, 1992, 1994 et 1996), Fidji (1997),
Finlande (1992), Ghana (1992), Hong Kong (1990 et
1994), Hongrie (1991 et 1998), les Iles Salomon (1998),
Inde (1993 et 1998), Indonésie (1991 et 1994),
Islande (1994), Israël (1994), Jamaïque (1998), Japon
(1990, 1992, 1995 et 1998), Kenya (1993), Lesotho (1998),
Macao (1994), Malaisie (1993 et 1997), Maroc (1989 et
1996), Maurice (1995), Mexique (1993 et 1997),
Namibie (1998), Nigéria (1991 et 1998), Norvège (1991
et 1996), Nouvelle-Zélande (1990 et 1996), Ouganda
(1995), Pakistan (1995), Paraguay (1997), Pérou (1994),
Philippines (1993), Pologne (1993), République
dominicaine (1996), République slovaque (1995),
République tchèque (1996), Roumanie (1992), Sénégal
(1994), Singapour (1992 et 1996), Sri Lanka (1995),
Suède (1990 et 1994), Suisse (1991 et 1996), Swaziland
(1998), Thaïlande (1991 et 1995), Tunisie (1994),
Turquie (1994 & 1998), Uruguay (1992), Venezuela
(1996), Zambie (1996) et Zimbabwe (1994).
Rapport
du Secrétariat
ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES
BURKINA FASO
Rapport du Secrétariat - Observations récapitulatives
Environnement
économique
Le
Burkina Faso est un pays moins avancé (PMA) d'Afrique
occidentale, indépendant le 5 août 1960. Dès la fin
des années soixante, le Burkina a entamé une politique
économique interventionniste de type
marxiste-léniniste, basée sur le contrôle des
nationaux sur l'économie et une forte participation de
l'Etat à travers des entreprises publiques qui
opéraient dans les secteurs prioritaires. La longue
sécheresse qui a secoué le pays dans les années
soixante-dix, le second choc pétrolier de 1979-80, et
d'importantes hausses de salaires dès 1980 ont aggravé
les difficultés "naturelles" (surtout
financières) du Burkina en tant que PMA enclavé, et ont
révélé les limites de sa politique économique.
Dès 1983,
pour résorber la crise, le gouvernement a pris une
série de mesures budgétaires (réduction des dépenses
et accroissement des recettes publiques) et commerciales
(renforcement de la protection du secteur industriel
notamment). Ces mesures, dont certaines annonçaient la
réorientation de la politique économique, s'étant
avérées insuffisantes, le Burkina a mis en place, en
1991, son premier programme d'ajustement structurel
appuyé par le Fonds monétaire international. Ce
programme, au travers duquel le gouvernement exprimait sa
volonté de se départir de l'interventionnisme d'Etat,
visait l'ouverture de l'économie et une participation
accrue du secteur privé, et comportait, entre autres, un
plan d'ajustement pour le secteur des transports et un
autre pour l'agriculture et l'élevage; des réformes ont
été également mises en place dans le secteur financier
et dans le domaine social, y compris la santé et
l'éducation.
Les
réformes ont permis de simplifier le tarif douanier,
d'éliminer les droits spécifiques d'entrée et les
valeurs mercuriales, et d'abroger certains obstacles non
tarifaires (autorisations préalables et spéciales
d'exportation et d'importation, quotas, licences,
contrôles des prix, et monopoles) sur un grand nombre de
produits. Cependant, des déclarations préalables
d'importation ont été instaurées. Combinée avec les
différentes mesures de réformes, la dévaluation du
franc de la Communauté financière africaine (franc
CFA), qui a fait passer la parité de 50 à 100 francs
CFA pour un franc français, a contribué à améliorer
la compétitivité internationale de certains produits
burkinabé et à la croissance du PIB réel depuis 1994.
Aussi, les exportations de bétail en direction des
autres pays de la sous-région, notamment ceux de la zone
franc, ont-elles fortement augmenté. Sous l'effet de
l'amélioration des cours mondiaux et du relèvement des
prix aux producteurs, les exportations de coton se sont
également accrues. L'inflation a été contenue, mais
les performances en matière de finances publiques et de
balance courante, ainsi que dans le domaine industriel,
ont été mitigées.
L'agriculture
fournit près de 40% du PIB réel du Burkina et plus de
la moitié des recettes d'exportation de marchandises: le
coton, principal produit d'exportation du pays, fournit
40% de ces recettes. Le sous-sol burkinabé renferme
également des ressources minières (or, ressources
ferreuses, non-ferreuses et énergétiques) dont les
quantités découvertes jusqu'ici restent faibles. L'or
contribue pour environ 10% des recettes d'exportation.
Peu développé, le secteur manufacturier est constitué
d'une soixantaine d'unités qui fabriquent
essentiellement des produits alimentaires et textiles,
destinés surtout au marché intérieur. Le secteur des
services est largement dominé par les activités
commerciales. Il contribue pour plus de 40% au PIB réel.
Un secteur informel dynamique contribue à environ 25% du
PIB et à 80% des emplois non agricoles.
Les
exportations sont sujettes aux fluctuations des cours
mondiaux (principalement le coton, les produits
d'élevage et l'or) et aux aléas climatiques (coton et
produits d'élevage). Elles ne couvrent qu'environ la
moitié des importations, occasionnant ainsi un déficit
permanent de la balance commerciale. Avec un déficit
permanent de la balance des services dû à des paiements
importants au titre des services de fret et d'assurance,
et aux intérêts sur la dette extérieure qui ont été
aggravés par la dévaluation du franc CFA, le compte
courant reste également structurellement déficitaire.
Les
principaux partenaires commerciaux du Burkina sont la
France et la Côte d'Ivoire; la Suisse et l'Indonésie
ont également été d'importants débouchés pour des
produits burkinabé au cours de ces dernières années.
Le Burkina Faso exporte le coton principalement vers la
Suisse, l'Ile Maurice et l'Indonésie, l'or vers la
France, les cuirs et peaux vers l'Espagne et l'Italie, et
les animaux vivants vers les pays de la sous-région
ouest-africaine, en l'occurrence la Côte d'Ivoire et le
Ghana. L'équipement lourd provient des pays développés
(notamment la France). Les produits pétroliers sont
principalement importés du Nigéria et de la Côte
d'Ivoire. De ce dernier pays, le Burkina importe
également du ciment, des fruits et produits alimentaires
et chimiques, du papier carton, du sel, entre autres.
Cadre
institutionnel
Le
Burkina Faso est, en vertu de la Constitution de 1991
(révisée en 1997), une démocratie pluraliste. Le
Président de la république est élu au suffrage
universel pour un mandat de sept ans renouvelable.
Détenteur du pouvoir exécutif, il fixe les grandes
orientations de la politique de l'Etat et nomme le
Premier ministre et les autres membres du gouvernement
sur proposition de ce dernier. Le gouvernement formule et
exécute les politiques. Le parlement comprend deux
chambres, l'Assemblée nationale qui vote les lois et la
Chambre des représentants dont le rôle est consultatif.
Un Conseil économique et social donne son avis sur les
projets de loi, d'ordonnances et de décrets qui lui sont
soumis. Il peut également, à sa propre initiative,
attirer l'attention du Président de la république sur
les réformes qui lui paraissent de nature à favoriser
le développement économique et social du pays.
Depuis
1991, le Burkina Faso s'est engagé dans la mise en
oeuvre de nombreuses réformes institutionnelles et
réglementaires visant à assurer un environnement des
affaires plus favorable au développement des activités
économiques et financières. La mise en oeuvre des
dispositions du Traité de l'Organisation pour
l'harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA)
devrait permettre une révision de certains de ces textes
qui régissent le commerce et l'investissement au Burkina
Faso. En outre, la mise en place du Traité de l'UEMOA
devrait renforcer ces dispositions et les rendre plus
conformes aux obligations du Burkina par rapport aux
Accords de l'OMC.
Entré
en vigueur en 1995, le nouveau code des investissements,
amendé en 1997, a été conçu pour promouvoir les
investissements productifs concourant au développement
économique et social du Burkina Faso. Ce texte garantit
les mêmes droits et obligations aux entreprises
nationales et étrangères, et la liberté de transfert
des capitaux et des salaires pour les personnes physiques
ou morales étrangères. Cependant, les entreprises
désirant bénéficier de ces privilèges doivent, entre
autres, tenir leur comptabilité au Burkina Faso,
employer en priorité des nationaux, utiliser en
priorité les services d'entreprises nationales et
protéger l'environnement. A l'instar du code des
investissements, le nouveau code minier, en vigueur
depuis 1997, accorde les mêmes privilèges aux nationaux
et aux étrangers qui désirent investir dans le secteur
minier du Burkina Faso. Par ailleurs, dans le cadre de
l'UEMOA, un code communautaire des investissements
devrait normalement être mis en place en 1998. Celui-ci
devrait en principe conduire à une suppression des
exonérations de droits et taxes sur les importations de
biens d'équipement, faiblement taxées dans le cadre du
Tarif extérieur commun (TEC).
Le
Burkina Faso est devenu membre de l'OMC le 3 juin 1995,
après avoir de facto appliqué le GATT dès son
indépendance en 1960. Dans le cadre du Cycle de
l'Uruguay, le Burkina a pris plusieurs engagements sous
forme de consolidations de droits d'entrée et de modes
de fourniture de certains services. Le Burkina accorde au
moins le traitement de la Nation la plus favorisée (NPF)
à tous ses partenaires commerciaux. Le Burkina a
profité, entre autres, du traitement préférentiel et
différencié accordé aux PMA, notamment sous forme de
dérogations ou de mise en application retardée de
certaines dispositions, et il devrait bénéficier
surtout du renforcement des règles et de la discipline
opéré au sein du système commercial multilatéral et
dans les secteurs comme l'agriculture, y compris
l'élevage, qui lui sont importants. Le Burkina souhaite
que le programme intégré, lancé par l'OMC avec
d'autres organisations lors de la réunion de haut niveau
d'octobre 1997 à Genève, soit étendu au-delà de ses
objectifs d'assistance technique: la principale
préoccupation au Burkina est d'accroître et de
diversifier sa production afin de mieux exploiter les
possibilités actuelles et celles qui devront résulter
de la poursuite de la libéralisation à l'échelon
multilatéral.
Le
Burkina Faso est membre fondateur de l'Union économique
et monétaire ouest africaine (UEMOA). L'objectif de
cette organisation est de créer une union économique en
organisant la convergence des politiques
macro-économiques et sectorielles et en harmonisant les
législations fiscales des pays membres; l'intégration
monétaire, avec une banque centrale, la Banque centrale
des Etats de l'Afrique de l'ouest (BCEAO) et une monnaie
(le franc de la Communauté financière africaine)
communes, a déjà été réalisée. La structure du TEC
a été précisée, et sa mise en application devrait
débuter en juillet 1998 et s'achever en janvier 2000,
date à laquelle l'union douanière devrait être
consacrée. Le Burkina est aussi membre de la Communauté
économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO)
dont le Traité prévoit également la création d'une
union douanière; le calendrier de mise en oeuvre de
cette union n'est pas respecté. Signataire de la
quatrième Convention de Lomé, le Burkina Faso reçoit
l'aide de l'Union européenne (UE) et bénéficie du
Système de stabilisation des recettes d'exportation
(STABEX); un grand nombre de ses produits exportés vers
l'UE bénéficie de traitement préférentiel non
réciproque sous forme d'exonération de droits
d'entrée. De même, les produits burkinabé ont un
accès préférentiel (non réciproque) sur les marchés
des pays développés, autres que l'Union européenne,
dans le cadre du Système généralisé de préférences.
Le
Burkina a également signé des accords commerciaux
bilatéraux avec la République populaire démocratique
de Corée, Cuba, l'Inde et la Tunisie. Il a également
signé une convention d'investissement avec l'Allemagne,
et a engagé des négociations pour des accords
similaires avec la Belgique, le Canada, la Chine, la
Malaisie et les Pays-Bas. Jusqu'en mai 1998, le Burkina
Faso n'a été impliqué dans aucune procédure de
règlement de différends dans le cadre du GATT, de l'OMC
ou de tout autre accord commercial dont il est
signataire.
Caractéristiques
de politique commerciale
Les
instruments de politique commerciale et leurs effets
La
politique commerciale du Burkina Faso repose
essentiellement sur les droits et taxes. Le Burkina a
adopté la nomenclature du Système harmonisé depuis le
15 février 1992. Les réformes commerciales
accomplies dans le cadre des programmes d'ajustement
structurel ont permis de simplifier la structure des
droits applicables aux importations. Cependant, les
droits d'entrée appliqués par le Burkina restent parmi
les plus élevés de l'UEMOA. Ils sont constitués d'un
droit de douane uniforme de 5%, d'un droit fiscal à
l'importation de 0, de 4 ou de 26%, d'une taxe
statistique (TS) de 4% et d'une taxe spéciale
d'intervention (TSI) de 2%; ces deux dernières taxes
sont considérées par la douane comme redevances pour
services rendus. La moyenne arithmétique simple des
droits d'entrée (i.e. tous les droits et taxes cités
ci-avant) est de 31,1%, avec un minimum de 6% (sur
les produits soumis seulement à la TS et à la TSI) et
un maximum de 37%. Faiblement dispersés, les droits
d'entrée présentent une progressivité généralement
négative, des produits semi-finis aux biens finis. Les
produits miniers, le bois, le matériel de transport, le
matériel scientifique et les machines non électriques
sont les biens les moins taxés. Les taux de droit
d'entrée sur les autres produits sont voisins ou égaux
au maximum.
En
plus des droits et taxes d'entrée, un prélèvement
communautaire de solidarité de 0,5% est perçu pour
le compte de l'UEMOA et un prélèvement communautaire de
0,5% est perçu pour le compte de la CEDEAO sur les
importations en provenance des pays autres que ceux
membres de chacune de ces organisations. Une taxe
additionnelle de 7,5% est applicable au sucre
importé, au titre d'un système de sauvegarde mis en
place par le Burkina en mars 1998. Une taxe sur la valeur
ajoutée (TVA) de 18% et des droits d'accises sont
également prélevés sur les productions locales et les
importations: la taxe perçue sur les tabacs, cigares et
cigarettes est de 13% sur les produits locaux et de 95%
sur les importations, offrant ainsi une protection
supplémentaire de 112 points aux entreprises burkinabé
fabriquant ces biens. Les droits et taxes de sortie
perçus jusqu'en 1991, ont été presque tous supprimés.
La seule taxe à l'exportation encore en vigueur au
Burkina est la Contribution spéciale du secteur élevage
(CSE) perçue aussi bien à l'exportation que lors de la
vente domestique des produits d'élevage.
Dans
le cadre du Cycle d'Uruguay, le Burkina a consolidé au
taux plafond de 100% les droits de douane applicables aux
produits agricoles (à l'instar de tous les pays membres
de l'OMC) et aux produits des chapitres 45, 46, 47, et 49
du Système harmonisé. Les autres droits et impositions
sur les importations de ces mêmes produits ont été
consolidés à 50%. Les consolidations couvrent donc un
nombre relativement limité de produits; elles laissent,
par ailleurs, de grandes marges de manoeuvre au Burkina
Faso en raison du fort écart entre les taux de droits
consolidés et ceux appliqués. Avec la mise en place du
TEC, la Commission de l'UEMOA compte renégocier les
concessions tarifaires de tous les pays membres, y
compris celles qui figurent sur d'anciennes listes de
produits pour lesquels les consolidations ont été
réalisées au moment où les pays étaient des colonies.
Le
nombre de produits soumis à des normes techniques a
été réduit de 40 à 10 en 1995. Le Burkina a
également procédé au démantèlement de la plupart des
restrictions quantitatives à l'importation. Les
prohibitions encore en vigueur le sont pour des raisons
de sécurité, de santé ou conformément à des
conventions internationales dont il est signataire.
Toutefois, toute importation de valeur f.a.b. supérieure
ou égale à 500 000 francs CFA est
soumise à une Déclaration préalable d'importation
(DPI), en exécution du Programme de vérification des
importations. Les importations de valeur f.a.b.
supérieure à 3 millions de francs CFA sont
soumises à inspection avant expédition confiée à la
Société générale de surveillance (SGS). Excepté les
dispositions d'accords commerciaux dont il est
signataire, le Burkina ne dispose pas de législation
complète en matière de règles d'origine. Il ne dispose
pas non plus de législation nationale en matière de
mesures antidumping, compensatoires ou de sauvegarde.
Les
autorités burkinabé ont fait, de la promotion des
exportations, l'un des principaux éléments de leur
politique commerciale. Cette stratégie s'est
matérialisée par l'adoption d'un nouveau code des
investissements (modifié en 1997) qui accorde de
nombreux avantages, liés à l'investissement et à
l'exploitation, aux entreprises tournées vers
l'exportation. Ces avantages sont sous forme
d'exonérations totales de droits et taxes de douane et
de la fiscalité intérieure; les avantages liés à
l'exploitation sont permanents. La réduction permanente
de 50% de l'impôt sur les bénéfices industriels et
commerciaux, accordée à ces entreprises durant la phase
d'exploitation, est portée à 75% lorsqu'elles utilisent
des matières premières locales représentant au moins
80% de la totalité des matières premières entrant
directement dans leur fabrication. La création de zones
franches est également envisagée. Par ailleurs, les
exportations sont soumises au taux zéro de TVA en vue
d'un éventuel remboursement de celle perçue sur les
intrants et facteurs de production entrant dans la
fabrication des produits exportés. Cependant, les
exportations de peaux et cuirs bruts d'ovins et de
caprins sont prohibées, et celles des amandes de karité
et de céréales sont soumises à autorisation spéciale.
Après
la dévaluation du franc CFA en 1994, les prix ont
été libéralisés au Burkina Faso pour un grand
nombre de produits: conformément aux dispositions de la
nouvelle loi sur la concurrence, les prix des biens et
services sont libres et déterminés par le seul jeu de
la concurrence. Toutefois, les prix des produits
pétroliers, des médicaments essentiels génériques,
des tabacs, du coton (prix au producteur), des articles
scolaires et des "tarifs publics" (eau,
électricité, télécommunications) demeurent
réglementés. Par ailleurs, une lenteur a été
observée dans l'exécution du programme de
restructuration des entreprises publiques. Au nombre des
entreprises opérant en situation de monopole ou
exerçant des droits exclusifs dans leurs domaines
d'activités, figurent notamment celles considérées au
Burkina Faso comme stratégiques. Ces dernières sont au
nombre de quinze et sont présentes dans la plupart des
secteurs.
Les
droits de la propriété intellectuelle au Burkina sont
protégés par: l'Accord de Bangui sur la propriété
industrielle signé par une quinzaine de pays africains
l'Organisation africaine de la propriété
intellectuelle (OAPI) a été créée sous cet accord; et
une ordonnance de 1983 et ses textes d'application sur
les droits d'auteur. Des travaux sont en cours à l'OAPI
afin de rendre les dispositions de l'Accord de Bangui
conformes aux obligations des pays membres de l'OMC
contenues dans l'Accord sur les aspects des droits de la
propriété intellectuelle qui touchent au commerce. Au
Burkina, les contrefaçons touchent principalement les
produits manufacturés, y compris les médicaments, et
ont connu un développement important à la suite de la
dévaluation du franc CFA. Nonobstant l'existence de
législation, les mesures mises en place pour combattre
la contrefaçon restent limitées. Par ailleurs, les
produits contrefaits ne peuvent être arrêtés à la
frontière que sur plainte du détenteur des droits
concernés. Les faiblesses des moyens de lutte contre la
fraude et la contrefaçon, et de collaboration entre les
différents services qui interviennent dans ce domaine
(notamment les services de police et de douane) figurent
au nombre des difficultés d'application des dispositions
en vigueur au Burkina en la matière. Un programme
d'actions a été élaboré afin d'améliorer la
protection des droits d'auteur.
Politiques
par secteur
Les
réformes entreprises en 1991 par le Burkina Faso ont
différemment affecté les secteurs d'activités. Dans le
secteur minier, elles ont été confirmées par
l'adoption d'un code minier plus libéral et plus
attractif aux investissements privés. La
commercialisation des produits miniers a été
libéralisée et les barrières non-tarifaires
supprimées; le secteur minier est de tous les secteurs,
celui où la protection tarifaire est la moins élevée.
Comme
dans le secteur minier, la dévaluation du franc CFA a
contribué à l'accélération des réformes agricoles,
la compétitivité de certains produits locaux ayant
été renforcée par le changement de parité. Le sucre
est, de tous les produits, celui toujours protégé par
diverses mesures, y compris une clause spéciale de
sauvegarde non prévue par le Burkina (article 5 de
l'Accord de l'OMC sur l'agriculture). Une société
d'Etat, la Société sucrière de la Comoé, détient le
monopole de l'importation du sucre alors qu'elle est la
seule à produire ce bien dans le pays. Le sucre est
également soumis à des barrières techniques sous forme
de normes, à côté d'autres produits: les conserves
alimentaires d'origine animale; la farine de froment; les
huiles végétales alimentaires; le lait; le riz; les
colles de vulcanisation à froid; les pesticides,
insecticides et dérivés; les piles électriques salines
de type R6 ou R20; et les pneumatiques et chambres à
air. De surcroît, les droits d'entrée restent assez
élevés sur les produits agricoles. Les prohibitions
auxquelles sont soumises les exportations de cuirs et
peaux bruts d'ovins et de caprins, l'intervention de
l'Etat dans la production et notamment la
commercialisation de certains produits, surtout le coton,
et les autorisations spéciales imposées pour
l'exportation des amandes de karité et de céréales
soulèvent des doutes quant à leur pertinence par
rapport aux objectifs de diversification et de promotion
des exportations d'une part, et d'amélioration des
conditions de vie des populations rurales d'autre part.
Le
secteur manufacturier bénéficie de la plus forte
protection tarifaire, juste devant l'agriculture.
Cependant, la structure des droits d'entrée n'est pas
favorable au développement du secteur manufacturier
burkinabé, ce qui explique le recours à des
exonérations, même sur des bases ad hoc. Outre la
structure des droits, les coûts élevés de certains
intrants du fait des prix de l'énergie (y compris ceux
de l'électricité et des carburants) et des transports
limitent la compétitivité internationale des biens
manufacturés localement produits. Cette situation, que
n'a pu corriger la dévaluation du franc CFA, est
aggravée par les vestiges de la stratégie de
substitution aux importations: cette stratégie a été
longtemps appuyée par une intervention de l'Etat à
travers des entreprises publiques dont certaines sont
toujours en activité et fournissent des services de base
comme ceux de télécommunication. En effet, une forte
proportion des entreprises dites stratégiques opère
dans le secteur des services. Les lenteurs dans
l'exécution des programmes de privatisation expliquent
aussi la forte présence des sociétés d'Etat dans ce
secteur. Par ailleurs, les engagements pris par le
Burkina dans le cadre de l'Accord général sur le
commerce des services restent limités à certains
aspects de fourniture de services et ne couvrent pas ceux
unilatéralement libéralisés par ce pays dans le
contexte des programmes d'ajustement structurel.
Politiques
commerciales et partenaires commerciaux
Les
réformes commerciales en cours au Burkina Faso ont été
entreprises dans le contexte des programmes d'ajustement
entamés en 1991. Si des réformes de libéralisation ont
été exécutées du côté des importations, beaucoup
d'efforts restent à accomplir pour promouvoir les
exportations qui sont au centre du principal objectif
économique du pays, à savoir, la croissance économique
durable basée sur les exportations. En effet, certaines
mesures en place au Burkina, surtout en matière de
politique commerciale, entrent en conflit avec cet
objectif tel qu'il est formulé. L'enclavement du Burkina
constitue déjà une barrière naturelle aux échanges
internationaux. Outre l'enclavement et la faiblesse du
réseau de communication du Burkina avec l'extérieur,
les coûts élevés de transport résultent également
des frais d'atterrissage et de traitement des avions à
l'aéroport de Ouagadougou, et du monopole de l'Etat en
matière d'approvisionnement et, même dans certains cas,
de distribution des produits énergétiques. Ces facteurs
contribuent à la limitation de la compétitivité
internationale des exportations du Burkina.
Dans
le secteur agricole, l'objectif de diversification et de
promotion des exportations se heurte aux mesures visant
la valorisation de certains produits et l'autosuffisance
alimentaire. Ainsi, les cuirs et peaux bruts d'ovins et
de caprins sont prohibés à l'exportation tandis que les
industries locales ne possèdent pas la capacité
nécessaire à la transformation de toute la production.
De même, les autorisations spéciales, exigées à
l'exportation des amandes de karité et de céréales,
pour des fins d'autosuffisance alimentaire (même si
telle n'est pas la raison officielle), rendent instable
(ne serait-ce que potentiellement) la participation du
Burkina aux échanges internationaux de ces biens. Par
conséquent, ces autorisations ne garantissent pas les
parts de marchés pour le développement de ces
exportations. Elles n'encouragent pas non plus les
producteurs burkinabé qui, si les prix locaux étaient
intéressants, ne sentiraient pas le besoin d'exporter
leurs biens, surtout eu égard à l'enclavement du pays.
Du
reste, les coûts additionnels occasionnés par les taux
élevés des droits d'entrée seront atténués avec
l'entrée en vigueur du TEC qui devrait contribuer à
réduire la protection tarifaire nominale au Burkina et
éliminer les distorsions liées aux exonérations et
dont le caractère, parfois ad hoc, n'incite pas les
investisseurs, surtout étrangers. Enfin, l'utilisation
par le Burkina de normes techniques sur une dizaine de
produits et d'une clause de sauvegarde pour le sucre
(pour l'instant) alors qu'il ne s'en était pas réservé
le droit, conformément aux dispositions de l'article 5
de l'Accord sur l'agriculture, mérite qu'une
vulgarisation des Accords de l'OMC dans ce pays soit
réalisée et qu'une assistance technique qui en
garantirait le respect lui soit accordée. Une telle
assistance pourrait éviter que les efforts de
libéralisation déjà accomplis par le Burkina ne soient
compromis, surtout avec l'entrée en vigueur des
dispositions de l'UEMOA qui devrait accroître la
concurrence des produits en provenance des pays voisins.
Rapport
du gouvernement
ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES
BURKINA FASO
Rapport du gouvernement
Introduction
Le
Burkina Faso couvre une superficie de
274 200 km2. Il est l'un des pays
les moins avancés du continent africain. La population,
estimée actuellement à environ 10,5 millions
d'habitants, croît à un rythme élevé de l'ordre de
2,8% par an. La conséquence en est que plus de la
moitié des burkinabé a aujourd'hui moins de 20 ans.
Il
dispose de peu de ressources naturelles, subit les aléas
d'un climat sahélien avec une pluviométrie insuffisante
et mal répartie, et ne bénéficie pas d'accès direct
à la mer. Les infrastructures économiques y sont peu
développées et beaucoup de régions enclavées sont
pratiquement isolées pendant la saison des pluies. Le
manque de ressources énergétiques constitue un autre
handicap important. La principale ressource locale reste
le couvert végétal dont la surexploitation menace
actuellement l'environnement; les autres sources
d'énergie sont d'origine étrangère (hydrocarbures) et
sont disponibles à des coûts très élevés.
Le
Burkina Faso dispose néanmoins de certains atouts pour
espérer sortir du sous développement et amorcer un
processus durable de croissance. Le premier est
certainement sa composante humaine souvent associée à
une réputation de rigueur et d'ardeur au travail. Le
second est la stabilité politique et la relative paix
sociale acquise par un pouvoir qui, depuis 1987, a mené
de profondes réformes politiques et structurelles
accompagnées par la recherche permanente du consensus.
Depuis l'adoption de la constitution du 2 juin 1991, le
Burkina Faso a une démocratie pluraliste.
Politique
et pratique commerciale
Objectifs
généraux de la politique commerciale
Le
Burkina Faso a entrepris depuis 1991 une série de
réformes économiques visant le désengagement de l'Etat
des secteurs concurrentiels et une libéralisation de
l'économie. Le secteur privé est désormais reconnu
comme le moteur d'une croissance économique qui devra se
maintenir au-dessus de la barre des 5% par an pour que le
Burkina puisse s'inscrire de façon efficace sur la voie
d'un développement durable. La stratégie du
gouvernement burkinabé pour le développement du secteur
privé vise à créer une économie compétitive et
productive reposant sur le secteur privé.
Les
objectifs généraux que s'est fixés le gouvernement
dans le cadre de cette politique commerciale sont:
libéraliser
le commerce;
améliorer
les conditions réglementaires de création et d'exercice
de l'entreprise privée, tant pour les nationaux que pour
les investissements étrangers;
permettre
le développement des affaires dans un cadre de
sécurité juridique conforme aux normes internationales;
mettre
en place des mesures d'adaptation rapide aux règlements
UEMOA et OMC;
faciliter
l'adaptation rapide aux évolutions économiques en
assouplissant la législation en matière d'emploi;
- améliorer
la productivité et l'efficacité des
institutions d'appui au secteur privé, notamment
celles gérées directement par l'Etat;
- lutter
contre la fraude et la corruption;
- instaurer
un dialogue permanent et productif avec le
secteur privé;
- réduire
les coûts et/ou améliorer la qualité des
services publics maîtrisés par l'Etat;
- améliorer
les conditions de financement des entreprises en
général et celles des PME en particulier;
- atténuer
la pression fiscale sur le secteur formel;
- assouplir
la fiscalité de porte applicable aux intrants;
- promouvoir
la modernisation et l'efficacité de tous les
services offerts aux entreprises;
- favoriser
l'amélioration du niveau technique de la
main-d'oeuvre locale;
- intensifier
la création et la réhabilitation des zones
industrielles viabilisées;
- poursuivre
l'aménagement des zones d'activités diverses
viabilisées;
- favoriser
la réduction de certains coûts de transport;
- améliorer
l'efficacité et la fluidité des couloirs de
desserte du Burkina Faso.
Description
générale du régime d'importation et d'exportation
L'importation,
l'exportation ou la réexportation des marchandises non
prohibées est libre. Le régime général d'importation
et d'exportation est réglementé par les dispositions
suivantes: l'Ordonnance n° 91-069 du 25 novembre
1991 et son Décret d'application n° 94-014
du 25 novembre 1991, la Loi n° 15/94
du 5 mai 1994 portant organisation de la concurrence et
de la consommation. Cette loi crée un organe consultatif
autonome dénommé Commission nationale de la concurrence
et de la consommation (CNCC) qui a pour mission de
veiller au fonctionnement des règles de la concurrence
dans l'économie et à la protection du consommateur.
Cette loi autorise le Ministre chargé du commerce à
réglementer à titre provisoire les prix dans les
conditions fixées par décret où des situations de
crise et de circonstances exceptionnelles peuvent
empêcher le libre jeu des mécanismes du marché.
Importations
Les
licences d'importation ont été supprimées dans le
cadre des mesures du programme d'ajustement structurel.
Toutefois, pour des raisons d'ordre sanitaire,
l'importation de certains produits est interdite; c'est
le cas, par exemple, des produits à base d'amiante.
Un
prélèvement fixé à 1% de la valeur f.o.b. des
marchandises soumises à déclaration préalable
d'importation est institué par Décret
n° 98-118/PRES/PM/MEF du 31 mars 1998, pour couvrir
les frais du programme de vérification des importations.
Exportations
L'exportation
de produits burkinabé se fait sur simple autorisation du
centre de promotion de l'entreprise. Pour des raisons de
relevés statistiques, les exportations de céréales
font l'objet d'une déclaration d'exportation (confère
avis aux exportateurs n° 96-002/MCIA du
1er mars 1996). Les amendes de karité sont
également soumises à autorisation spéciale pour les
mêmes raisons. L'exportation des peaux brutes de caprins
et d'ovins est prohibée (Avis aux exportateurs
n° 95-453/MICM/SG/DGRS du 7 juillet 1995. Cette
mesure prise, à titre provisoire s'inscrivait en droite
ligne dans les objectifs de la politique de promotion et
de valorisation des sous-produits de l'élevage et
d'accompagnement du processus de privatisation à ses
débuts.
Mise
en oeuvre de la politique commerciale
Les
mesures de politique commerciale appliquées au Burkina
Droits
de douane
Depuis
1991, le Burkina s'est engagé résolument dans la voie
de la libéralisation de l'économie, ce qui a conduit en
1992 à une grande réforme du tarif des douanes par
l'adoption de la Loi n° 12/92/ADP du 22
décembre 1992.
Selon
cette loi, les marchandises importées sont regroupées
en trois catégories: première catégorie, les produits
de première nécessité et spéciaux; deuxième
catégorie, les produits intermédiaires (matières
premières et équipements); et troisième catégorie,
les autres produits (n'entrant pas dans les deux
première catégories).
Ce
regroupement a été fait selon l'affinité des produits;
leur degré d'élaboration en mettant l'accent sur la
promotion des unités nationales de production, la
protection de la production nationale, et la non
aggravation de la pression fiscale par certains produits.
Le
tableau des droits et taxes d'entrée du nouveau tarif
comprend:
- droit
de douane: DD 5%, taux unique;
- droit
fiscal à l'importation: DFI 0%, première
catégorie;
- la
taxe statistique: STAT 4%, taux unique; 4%,
deuxième catégorie;
- le
prélèvement communautaire de solidarité: PCS
1%, taux unique; 26% troisième catégorie;
- la
taxe sur la valeur ajoutée: TVA 18%, pour
deuxième et troisième catégorie; 0% pour la
première catégorie;
- la
taxe spéciale d'intervention: TSI 1%.
Depuis
le 1er janvier 1993, le mode de taxation ad valorem est
applicable à tous les produits tant à l'importation
qu'à l'exportation. En application du règlement
n° 02/97/CM/UEMOA du 28 novembre 1997
portant adoption du Tarif extérieur commun (TEC), les
taux du droit fiscal à l'importation ont été modifiés
par l'Ordonnance n° 98-001/PRES du 9 juillet 1998.
Les nouveaux taux sont respectivement de 0%, 5% et 20%
pour les catégories I, II et III. La taxe spéciale
d'intervention est supprimée. Les taxes intérieures
inscrites au tarif des douanes demeurent en vigueur (TVA,
taxe sur boissons, taxe sur cola, taxe sur café et thé,
taxe sur tabacs). La taxe statistique est également
maintenue à 4%. Le droit fiscal a trois taux et varie
selon la catégorisation des produits.
Les
documents exigés pour les opérations en douane sont la
carte d'importateur, la facture d'achat, la facture
indiquant la prime d'assurance, le certificat d'origine,
le certificat d'évaluation douanière et le cas
échéant, le certificat phytosanitaire.
Evaluation
en douane et inspection avant expédition
La
méthode d'évaluation en douane utilisée actuellement
est la valeur transactionnelle de la marchandise. Les
principes actuels de l'évaluation en douane au Burkina
Faso trouvent leur fondement dans l'Article 22 du Code
des douanes. Un système d'inspection obligatoire des
marchandises avant expédition est en place depuis 1992.
Ainsi donc, toute importation de marchandises est soumise
aux formalités de la société d'inspection qui
consistent à:
- rédiger
une demande d'importation pour toute facture
supérieure à 3 millions de francs CFA
(voie maritime);
- faire
contrôler les marchandises avant embarquement;
- produire
la facture définitive après inspection;
- se
faire délivrer un certificat d'évaluation
douanière qui sera obligatoirement présenté au
Service des douanes au moment du dédouanement
des marchandises.
En
cas de sous-évaluation, la société d'inspection
rejette les valeurs qui figurent sur la facture et
procède au réajustement nécessaire au vu des
informations dont elle dispose dans le pays d'importation
ou en tenant compte des valeurs de produits similaires.
Elle en fait mention sur le certificat d'évaluation
douanière.
Programme
existant de libération du commerce dans le cadre du
Programme d'ajustement douanière
De
1966 à 1990, l'économie burkinabé a été très
réglementée, la stratégie économique faisant reposer
l'investissement et la croissance sur le secteur public.
Les résultats escomptés n'ont pas été atteints.
Depuis 1991, le Burkina Faso s'est lancé dans un
programme de libéralisation économique avec le soutien
des institutions du Fond monétaire international et de
la Banque mondiale. Dans ce cadre, l'objectif du
gouvernement est de rendre l'environnement favorable au
développement des initiatives privées. A cet effet, des
mesures ont été prises, à savoir, la suppression des
licences d'importation ainsi que des restrictions à
l'importation et l'exportation; et l'adaptation de nos
lois et règlements au nouvel environnement économique
très libéral.
Programme
de réforme économique
La
politique commerciale n'est qu'un élément d'une
politique plus vaste qui intéresse l'investissement, les
transports, le tourisme, les services financiers, un
cadre légal et réglementaire propice à la création et
au développement des affaires, et à l'emploi. Tous ces
éléments sont liés et interdépendants quant à leur
contribution à garantir la prospérité des populations
ainsi qu'une croissance économique durable.
Dans
les années quatre-vingts, face à la faiblesse du revenu
national et au sous-développement de l'économie, les
autorités du pays avaient engagé une politique
volontariste de développement marquée par
l'accroissement des investissements publics aussi bien
dans le domaine des infrastructures que dans les secteurs
productifs. L'épargne des ménages et la faible
performance des entreprises ne permettaient pas, en
effet, de dégager les ressources suffisantes pour faire
face aux besoins d'investissement. C'est ainsi que la
part du secteur public représentait plus de la moitié
du total de la formation brute du capital fixe.
Cependant,
ces efforts se sont révélés insuffisants pour
contrecarrer les effets d'une très forte croissance
démographique (près de 3% par an) et les faiblesses
structurelles liées en particulier à l'insuffisance de
l'épargne et un déficit chronique de la balance
commerciale (les exportations ne couvrent en moyenne que
35% des importations). Les différents programmes
d'ajustement engagés depuis 1991 avec le concours du
Fonds monétaire international et la Banque mondiale
visaient à stabiliser l'économie, à recréer les
conditions d'une croissance durable et améliorer la
gestion des finances publiques.
En
vue d'accroître les revenus des populations et
d'accélérer le développement des ressources humaines
et du potentiel productif, le gouvernement a défini une
stratégie dans la lettre d'intention de politique de
développement humain durable. Les objectifs majeurs de
cette politique, pour la période 1998-2000 peuvent
se résumer comme suit:
- assurer
une croissance du PIB réel d'au moins 5,5% en
moyenne entre 1998 et l'an 2000;
- limiter
l'inflation annuelle à 3% par an;
- ramener
le déficit du compte extérieur courant, hors
dons à 10% du PIB en 2000;
- stabiliser
les dépenses d'investissement public autour de
13% du PIB dans la période 1990-2000 et la
composante financée sur ressources budgétaires
internes à 2,7% du PIB dans la même période;
- améliorer
les infrastructures sociales et augmenter
l'espérance de vie actuellement de 48 ans
à 57 ans d'ici l'an 2005;
- développer
le secteur privé en renforçant le système
judiciaire pour sécuriser l'action du secteur
privé;
- renforcer
le rôle de la femme dans le processus de
développement;
- poursuivre
l'assainissement du système bancaire;
- développer
et diversifier le potentiel d'exportation;
- parachever
la libéralisation du secteur des exportations et
des importations;
- poursuivre
le programme de réforme des entreprises
publiques;
- procéder
à un recensement exhaustif des participations de
l'Etat dans les entreprises et à une analyse
stratégique du portefeuille de l'Etat;
- ouvrir
le secteur des télécommunications à la
concurrence et mettre en oeuvre une stratégie de
privatisation partielle de l'ONATEL;
- poursuivre
l'intégration économique régionale;
- réussir
l'insertion du Burkina Faso au système
commercial multilatéral géré dans le cadre des
Accords de l'OMC.
Pour
atteindre ces objectifs, le gouvernement s'est engagé à
promouvoir l'investissement et l'épargne intérieur tout
en réorientant l'investissement vers les secteurs
prioritaires.
Les
exportations devraient s'accroître de 19% en valeur en
moyenne annuelle dans la période 1998-2000 et 13%
en volume du fait surtout d'une expansion soutenue de la
production cotonnière. La réduction en même temps de
la dette extérieure dans le cadre de l'initiative pour
les pays pauvres très endettés permettra de ramener le
ratio du service de la dette rapporté aux exportations
à un niveau soutenable. Le programme triennal
d'investissement continuera d'être cohérent avec le
cadre macro-économique des réformes pour la période
1998-2000, ceci, avec l'appui des partenaires afin
d'accroître la capacité de l'Etat à mieux maîtriser
et rationaliser ses dépenses.
Conclusion
Comme
il ressort de ce rapport de politique commerciale, le
Burkina poursuit de manière inexorable son programme de
libéralisation économique. Dans ce cadre, et afin de
rendre l'environnement institutionnel plus propice aux
affaires, les réformes en cours au niveau de l'UEMOA, de
l'OHADA, de l'OMC seront poursuivies et leur cadre de
mise en en oeuvre au Burkina sera adapté.
Pour
les trois années à venir, les actions concernent:
- l'élaboration
d'un code communautaire des investissements;
- l'harmonisation
effective des statistiques des finances
publiques;
- l'application
du Système comptable ouest-africain (SYSCOA) et
du traité de l'Organisation de l'harmonisation
du droit des affaires en Afrique (OHADA);
- l'application
du Tarif extérieur commun;
- la
surveillance multilatérale assortie de
pénalités;
- la
mise en oeuvre des actions du programme intégré
CCI/CNUCED/OMC;
- la
mise en place d'un centre de formalités des
entreprises (guichet unique) est presque une
réalité, ceci dans le souci de rapprocher le
secteur public du secteur privé;
- la
simplification des procédures administratives,
l'amélioration du code institutionnel,
l'adaptation de nos lois et règlements au nouvel
environnement économique très libéral ne
visent qu'un but: celui de créer un
environnement favorable à l'épanouissement
d'une économie libérale;
- la
bonne gestion d'une économie libérale appelle
le renforcement de la démocratie, une meilleure
gouvernance, la poursuite des réformes
structurelles.
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