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Le
marché de l'Union européenne est de plus en plus
ouvert, sauf pour les produits agricoles et les textiles
Le nouveau rapport de l'OMC, parallèlement à une
déclaration de politique générale de la Commission
européenne, servira de base pour l'examen de la
politique commerciale de l'Union européenne que l'Organe
d'examen des politiques commerciales de l'OMC effectuera
les 12 et 14 juillet.
Le
rapport fait état de l'amélioration des résultats de
l'économie européenne dont le taux de croissance moyen
s'élève à quelque 2,5 pour cent par an depuis 1997 et
devrait dépasser 3 pour cent en 2000 et 2001. Ce succès
s'explique en partie par les progrès considérables
réalisés par l'UE pour achever la mise en place du
marché intérieur, grâce notamment à la
déréglementation des marchés des télécommunications
et des services financiers, liée aux engagements qu'elle
avait contractés dans le cadre de l'OMC, et à
l'introduction de l'euro en 1999. Toutefois, le rapport
indique que cette croissance accélérée ne s'est pas
encore traduite par des baisses majeures des taux de
chômage, et l'UE doit à cet effet procéder à de
nouvelles réformes structurelles des marchés du
travail.
Le
rapport note également que les tendances du commerce
international ont reflété l'évolution économique
intérieure. La croissance des importations ayant été
plus rapide que celle des exportations, le solde
excédentaire qui caractérisait de longue date la
balance commerciale de l'UE pour les marchandises s'est
transformé en 1999 en un déficit de 13,7 milliards
d'euros. La croissance des importations, qui a atteint 9
pour cent en 1999, a résulté non seulement d'une
poussée de la demande intérieure, mais aussi de la
hausse du prix du pétrole sur les marchés mondiaux, qui
a plus que doublé, et de la forte dépréciation de
l'euro. En ce qui concerne les exportations, la
croissance enregistrée en 1999 a été alimentée par la
forte demande des États-Unis, principal marché
d'exportation de l'UE.
Le
rapport ajoute que l'UE prend des initiatives en matière
de politique commerciale dans le cadre de l'OMC ainsi
qu'aux niveaux régional et bilatéral. À l'OMC, l'UE
joue un rôle de premier plan et milite en faveur d'un
nouveau cycle de négociations portant sur un programme
plus large que le programme incorporé du Cycle
d'Uruguay. Elle pratique une politique de transparence
vis-à-vis de ses propres documents de l'OMC, et
encourage les représentants de la société civile à
ouvrir un dialogue sur les questions se rapportant à
l'OMC. Elle est également un des principaux utilisateurs
des procédures de règlement des différends de l'OMC
afin de faire respecter les droits prévus dans les
accords, et elle est partie défenderesse dans un certain
nombre d'affaires; les procédures de règlement des
différends de l'OMC jouent un rôle-clé, notamment dans
la gestion des relations commerciales transatlantiques.
Le
rapport note que dans l'intérêt de ses consommateurs,
l'UE a un marché largement ouvert pour les produits
industriels, la moyenne arithmétique des droits NPF
s'établissant à 4,2 pour cent en 1999 contre 4,9 pour
cent en 1997. Une autre mesure de libéralisation des
échanges dont fait état le rapport est l'abandon, en
1999, du "consensus" avec le Japon qui limitait
les exportations de voitures vers l'UE (depuis 1991). Les
contingents applicables aux produits textiles et aux
vêtements ont également été libéralisés ou
supprimés dans le cadre de l'Accord de l'OMC sur les
textiles et les vêtements. Toutefois, le rapport indique
que la suppression des contingents pour 12 des 52
catégories de produits soumises à restriction en 1990
n'a représenté que 5,4 pour cent des importations
faisant l'objet de restrictions et n'a profité qu'à
quelques pays en développement.
Des
mesures antidumping s'appliquent à l'importation de
produits sidérurgiques, de matériel électronique et de
produits chimiques de diverses origines. Selon le
rapport, une tendance à la hausse de ces mesures est
prévue pour 2000 car le nombre des enquêtes ouvertes en
1999 a triplé. Le rapport ajoute que les aides publiques
faussent les conditions de concurrence dans certaines
branches d'activité du secteur manufacturier, puisque
leur niveau (sauf en Allemagne) est resté le même
depuis 1997.
Dans
le secteur agricole, le rapport mentionne que les
conditions d'accès continuent d'être déterminées par
la PAC. La politique communautaire de maintien d'un
niveau élevé d'auto-approvisionnement pour les produits
agricoles primaires dont le blé, les produits
laitiers et la viande a des retombées directes
sur les marchés mondiaux. À la frontière, des droits
de douane élevés sont pratiqués la moyenne
arithmétique étant estimée à 17,3 pour cent
mais des contingents tarifaires assurent l'accès aux
Membres de l'OMC à des taux nuls ou réduits pour les
produits frappés de droits élevés, ainsi qu'aux
importations en provenance des partenaires commerciaux
préférentiels.
En
1999, l'UE a dépensé environ 45 milliards d'euros (50
milliards de dollars EU) au titre de la PAC, ce qui fait
de l'agriculture qui absorbe 45 pour cent du
budget le poste de dépenses communautaires le
plus important. D'après les estimations de l'OCDE,
pendant les années 1998 et 1999, le soutien aux
producteurs agricoles est remonté à son niveau record
de la période 1986-1988. Toutefois, sa nature s'est
transformée, passant d'un soutien des prix du marché à
des versements directs (subordonnés à des programmes de
limitation de la production), tendance qui se maintient
pour les céréales, les produits laitiers et la viande
avec la réforme de la PAC convenue en 1999.
Le
rapport signale que les relations commerciales ne
s'inscrivent pleinement dans le cadre de l'OMC qu'avec
huit de ses Membres, étant donné les nombreux accords
et arrangements commerciaux préférentiels qu'a conclus
l'UE. Le traitement de la nation la plus favorisée
s'applique uniquement aux importations en provenance des
pays suivants: Australie; Canada; États-Unis; Hong Kong,
Chine; Japon; Nouvelle-Zélande; République de Corée et
Singapour. Le traitement le plus favorable est accordé
aux pays les moins avancés et aux pays d'Afrique, des
Caraïbes et du Pacifique (ACP), pour lesquels 95 pour
cent des lignes tarifaires bénéficient d'une franchise
de droits; viennent ensuite les pays parties aux accords
commerciaux régionaux (80 pour cent) et les
bénéficiaires du Système généralisé de
préférences (SGP) de l'UE (54 pour cent).
Le
rapport indique également que la nouvelle génération
d'accords commerciaux régionaux passés par l'UE oblige
le partenaire à s'engager plus que par le passé à
ouvrir son marché aux produits communautaires. Des
accords de libre-échange
"euro-méditerranéens" ont été conclus avec
Israël, la Jordanie, le Maroc, l'Autorité palestinienne
et la Tunisie. Un accord de libre-échange avec l'Afrique
du Sud est entré en vigueur en 2000. Le premier accord
commercial préférentiel de l'UE dans les Amériques a
été conclu en novembre 1999 avec le Mexique, et des
négociations ont démarré en 2000 avec le Chili et le
MERCOSUR.
En
février 2000, en remplacement de la quatrième
Convention de Lomé arrivée à expiration, l'UE a
également conclu l'Accord de partenariat de Cotonou avec
les pays ACP. Le nouvel accord maintient la liberté
d'accès au marché communautaire pour la plupart des
exportations des pays ACP, sans exiger de ces derniers
qu'ils prennent des engagements en matière d'accès aux
marchés pour les produits communautaires, au plus tard
jusqu'en 2007. Ces engagements feront l'objet de
négociations entre l'UE et les groupements régionaux de
pays ACP durant la période de transition. Les Membres de
l'OMC examinent actuellement une demande de dérogation
à la clause de la nation la plus favorisée.
Au
niveau bilatéral, l'UE vise à réduire les obstacles
non tarifaires au commerce résultant des
réglementations et des normes relatives aux produits,
lesquelles représentent un aspect essentiel de l'accès
aux marchés, à la fois pour le marché intérieur et
pour les partenaires commerciaux de l'UE. Selon le
rapport, l'UE a conclu des accords de reconnaissance
mutuelle des résultats de l'évaluation de la
conformité avec l'Australie, le Canada, la
Nouvelle-Zélande, la Suisse et les États-Unis, et elle
en négocie un avec le Japon. À l'avenir, toujours
d'après le rapport, les conditions d'accès aux marchés
offertes aux exportateurs de produits alimentaires sont
susceptibles d'être altérées par la politique plus
rigoureuse appliquée par l'UE en matière de sécurité
sanitaire des produits alimentaires, à la suite de
plusieurs alertes à la contamination à l'échelle
communautaire.
Dans
le secteur des services, le rapport mentionne que l'UE
entend continuer d'éliminer les restrictions à la
concurrence et au commerce, bien que le rythme de
libéralisation ait été plus rapide dans les
sous-secteurs des télécommunications et des services
financiers que dans ceux des transports et des services
audiovisuels. L'ouverture, en 1998, des services et de
l'infrastructure de télécommunication à la
concurrence, y compris aux opérateurs étrangers, est en
grande partie attribuable à l'heureuse conclusion de
négociations dans le cadre de l'OMC. Ce marché est
évalué à 183 milliards d'euros, une taille comparable
à celui des États-Unis. Son ouverture stimulera le
développement de la nouvelle économie.
S'agissant
des services financiers, les engagements contractés par
l'UE dans le cadre de l'OMC sont entrés en vigueur en
mars 1999, étendant le principe du "passeport
unique" aux fournisseurs étrangers de services
bancaires et de services d'assurance, deux secteurs
dynamiques du marché communautaire. L'introduction de
l'euro en 1999 a aussi fortement stimulé l'intégration
des marchés européens des capitaux.
Notes
à l'intention des journalistes
Les
examens des politiques commerciales sont un exercice,
prescrit dans les Accords de l'OMC, au cours duquel les
politiques commerciales et les politiques connexes des
pays Membres sont examinées et évaluées
périodiquement. Les faits nouveaux importants qui
peuvent avoir une incidence sur le système commercial
mondial font aussi l'objet d'un suivi. Pour chaque
examen, deux documents sont établis: une déclaration de
politique générale présentée par le gouvernement du
Membre soumis à examen et un rapport détaillé rédigé
de manière indépendante par le Secrétariat de l'OMC.
Ces deux documents sont ensuite examinés par l'ensemble
des Membres de l'OMC dans le cadre de l'Organe d'examen
des politiques commerciales (OEPC). Ces documents et les
comptes rendus des réunions de l'OEPC sont publiés peu
de temps après. Depuis 1995, c'est-à-dire depuis
l'entrée en vigueur de l'Accord sur l'OMC, les services
et les aspects des droits de propriété intellectuelle
qui touchent au commerce sont également traités.
S'agissant
du présent examen, le rapport du Secrétariat de l'OMC
et la déclaration de politique générale élaborée par
la Commission européenne seront examinés par l'Organe
d'examen des politiques commerciales les 12 et 14 juillet
2000. Le rapport du Secrétariat concerne l'évolution de
tous les aspects de la politique commerciale de l'UE, y
compris les lois et réglementations intérieures, le
cadre institutionnel et la politique commerciale par
mesure et par secteur.
Au
présent communiqué de presse sont joints un résumé
des observations contenues dans le rapport du
Secrétariat et certaines parties de la déclaration de
politique générale de la Commission européenne. Le
rapport du Secrétariat et la déclaration de politique
générale sont à la disposition des journalistes à la
salle de presse du site Internet de l'OMC (www.wto.org).
Ces deux documents, le compte rendu des débats de l'OEPC
et les remarques finales formulées par le Président
seront regroupés en temps opportun dans une publication
brochée qui pourra être obtenue auprès du Secrétariat
de l'OMC, Centre William Rappard, 154 rue de Lausanne,
1211 Genève 21.
Depuis
décembre 1989, il a été procédé à l'examen de la
politique commerciale des pays ou groupes de pays
suivants:
Afrique du Sud (1993 et 1998), Argentine (1992 et 1999),
Australie (1989, 1994 et 1998), Autriche (1992),
Bangladesh (1992 et 2000), Bénin (1997), Bolivie (1993
et 1999), Botswana (1998), Brésil (1992 et 1996),
Burkina Faso (1998), Cameroun (1995), Canada (1990, 1992,
1994, 1996 et 1998), Chili (1991 et 1997), Chypre (1997),
Colombie (1990 et 1996), Communautés européennes (1991,
1993, 1995 et 1997), Corée, Rép. de (1992 et 1996),
Costa Rica (1995), Côte d'Ivoire (1995), Égypte (1992
et 1999), El Salvador (1996), États-Unis (1989, 1992,
1994, 1996 et 1999), Fidji (1997), Finlande (1992), Ghana
(1992), Guinée (1999), Hong Kong (1990, 1994 et 1998),
Hongrie (1991 et 1998), Îles Salomon (1998), Inde (1993
et 1998), Indonésie (1991, 1994 et 1998), Islande (1994
et 2000), Israël (1994 et 1999), Jamaïque (1998), Japon
(1990, 1992, 1995 et 1998), Kenya (1993 et 2000), Lesotho
(1998), Macao (1994), Malaisie (1993 et 1997), Mali
(1998), Maroc (1989 et 1996), Maurice (1995), Mexique
(1993 et 1997), Namibie (1998), Nicaragua (1999),
Nigéria (1991 et 1998), Norvège (1991, 1996 et 2000),
Nouvelle-Zélande (1990 et 1996), Ouganda (1995),
Pakistan (1995), Papouasie-Nouvelle-Guinée (1999),
Paraguay (1997), Pérou (1994 et 2000), Philippines
(1993), Pologne (1993), République dominicaine (1996),
République slovaque (1995), République tchèque (1996),
Roumanie (1992 et 1999), Sénégal (1994), Singapour
(1992, 1996 et 2000), Sri Lanka (1995), Suède (1990 et
1994), Suisse (1991 et 1996), Swaziland (1998), Tanzanie
(2000), Thaïlande (1991, 1995 et 1999), Togo (1999),
Trinité-et-Tobago (1998), Tunisie (1994), Turquie (1994
et 1998), Uruguay (1992 et 1998), Venezuela (1996),
Zambie (1996) et Zimbabwe (1994).
Rapport
du Secrétariat haut
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ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES
UNION EUROPEENNE
Rapport du Secrétariat Observations
récapitulatives
Résultats
économiques récents
Depuis
le dernier examen de sa politique commerciale, effectué
en 1997, l'Union européenne (UE) a continué de faire
des progrès importants pour parachever la réalisation
du marché intérieur, y compris avec l'introduction de
l'euro. Depuis 1997, sous l'impulsion de la demande
intérieure, la croissance s'est accélérée pour
atteindre environ 2,5 pour cent par an en moyenne et
l'inflation a enregistré un recul historique, tombant en
1999 à 1,2 pour cent. Mais le taux de chômage, qui
s'établit à 9,2 pour cent, reste élevé. On considère
que, pour tirer parti des possibilités économiques
offertes par un environnement international en mutation
rapide et compétitif, il faut en contrepartie un degré
élevé de flexibilité sur les marchés du travail, des
biens et des services.
Dans
le cadre du Pacte de stabilité et de croissance, les
politiques macro-économiques des États membres, axées
sur la discipline budgétaire et la stabilité des prix,
ont concouru à la reprise économique. L'euro a été
introduit le 1er janvier 1999 dans onze des 15 États
membres. La Banque centrale européenne (BCE) régit
désormais la politique monétaire de la zone euro, son
objectif étant de maintenir la stabilité des prix
(l'inflation devant rester sous la barre des 2 pour
cent). Aucune politique active de change n'est en
principe mise en uvre pour l'euro, dont la valeur
avait chuté de plus de 20 pour cent par rapport au
dollar en avril 2000.
Les
politiques structurelles ont également concouru à la
croissance économique au sein de l'UE. Les initiatives
communautaires visant à achever la mise en place du
marché intérieur ont pour but d'améliorer
l'efficacité et le fonctionnement des marchés des
produits, des services et des capitaux. Des efforts
notables ont été faits pour libéraliser les services
financiers (dont les effets sur les marchés des capitaux
ont été renforcés par l'introduction de l'euro), ainsi
que le secteur des télécommunications, qui ont été
favorisés par les engagements contractés par l'UE dans
le cadre de l'OMC.
Compte
tenu de la structure des marchés dans les secteurs
nouvellement déréglementés tels que les
télécommunications, une plus haute importance a été
accordée à une politique de la concurrence efficace. En
outre, une vague de fusions et d'acquisitions a eu lieu
dans les secteurs visés par les initiatives liées au
marché intérieur ou par le développement du commerce
électronique. De manière plus générale, la
mondialisation des marchés a encouragé les fusions
transatlantiques.
La
création d'emplois est l'objectif central de la
politique économique de l'UE; elle passera par
l'amélioration de la compétitivité des entreprises
européennes, qui évoluent dans un environnement
commercial stimulé par l'union économique et monétaire
et par l'efficacité accrue des marchés. Le taux
d'inemploi a régulièrement baissé depuis 1997,
repassant en 1998 pour la première fois depuis cinq ans
sous la barre des 10 pour cent, mais il reste supérieur
au taux naturel. Pour améliorer l'efficience des
marchés du travail, une stratégie communautaire de
l'emploi a été mise en place à partir de 1998, des
plans d'action nationaux étant adoptés dans chacun des
États membres.
Les
tendances du commerce international ont dans une large
mesure reflété l'évolution économique intérieure. La
croissance des exportations et des importations de l'UE
(en valeur) a enregistré un net recul en 1998 par
rapport à 1997, bien que le ralentissement ait été
plus marqué pour les exportations. Ces tendances se sont
poursuivies en 1999, année où la croissance des
exportations a été de 3 pour cent, selon les
estimations, contre une croissance de 9 pour cent pour
les importations. La croissance des importations (en
valeur) a résulté non seulement d'une poussée de la
demande intérieure, mais encore de la hausse du prix du
pétrole sur les marchés mondiaux, qui a plus que
doublé, ainsi que de la dépréciation de l'euro. Le
solde excédentaire qui caractérisait de longue date la
balance commerciale de l'UE a été remplacé par un
déficit de 13,7 milliards d'euros en 1999.
La
structure des échanges de l'UE s'est modifiée, se
détournant nettement de l'Asie en 1998 en raison de la
crise sur les marchés émergents. La croissance soutenue
enregistrée aux États-Unis - principal partenaire
commercial de l'UE - a eu pour effet de stimuler les
exportations de l'UE vers ce marché, qui a absorbé 22
pour cent du total en 1998. La part de l'Europe centrale
et orientale s'est elle aussi accrue, passant à plus de
15 pour cent.
En
termes réels, la croissance du PIB de l'Union devrait
s'accélérer, passant de 2,3 pour cent en 1999 à 3,4
pour cent en 2000 et à 3,1 pour cent en 2001. La
création nette d'emplois devrait se maintenir à plus de
1 pour cent ces deux prochaines années, l'emploi
progressant de 1,3 pour cent en 2000 et de 1,2 pour cent
en 2001. Toutefois, de nouvelles réformes structurelles
devront accompagner la croissance économique pour que le
taux de chômage soit ramené en deçà du niveau
projeté de 7,9 pour cent en 2001.
Évolution
institutionnelle
En
mai 1999, le Traité d'Amsterdam a modifié les traités
instituant l'Union européenne afin de rapprocher la
Communauté de ses citoyens. Le Parlement européen et le
Conseil prennent des décisions conjointes au sujet d'un
plus grand nombre de domaines, et la portée du vote à
la majorité qualifiée au Conseil a également été
étendue. L'UE est résolue à faire preuve d'une plus
grande ouverture dans ses décisions, grâce à la
transparence et à la consultation de la société civile
dans tous ses domaines d'action, y compris en matière de
politique commerciale.
Les
préparatifs en vue de l'élargissement se sont
poursuivis, tous les pays candidats d'Europe centrale et
orientale ayant officiellement engagé le processus
d'adhésion en février 2000. Une conférence
intergouvernementale est convoquée en 2000 pour traiter
les questions institutionnelles que soulève
l'élargissement. D'autres questions qui se posent à ce
sujet ont trait au fonctionnement et au financement des
grands programmes communautaires portant sur
l'agriculture, ainsi qu'aux opérations structurelles.
Une réforme de la politique agricole commune (PAC) a
ainsi été décidée en 1999.
Relations
commerciales extérieures
Objectifs fondamentaux
Les
objectifs fondamentaux du régime de politique
commerciale de l'UE sont pour l'essentiel restés ce
qu'ils étaient lors du dernier examen. L'UE continue de
mener des actions multilatérales, régionales et
bilatérales pour libéraliser le commerce. Sur le plan
multilatéral, l'UE milite en faveur d'un nouveau cycle
de négociations, portant sur un programme plus large que
le programme incorporé du Cycle d'Uruguay, sur la base
duquel les négociations ont commencé en 2000. À
l'échelle régionale, la nouvelle génération d'accords
conclus par l'UE met l'accent sur une plus grande
réciprocité des engagements en matière d'accès aux
marchés que par le passé, et concerne un plus large
éventail de partenaires commerciaux. La politique de
développement est en conséquence davantage ciblée sur
les pays les moins avancés et sur les pays
bénéficiaires du schéma SGP.
Avec
ses principaux partenaires commerciaux, l'UE préconise
la réduction des obstacles non tarifaires au commerce
qui résultent des réglementations et normes applicables
aux produits, et elle a conclu des accords de
reconnaissance mutuelle pour ce qui est des résultats de
l'évaluation de la conformité. Outre ces initiatives,
l'UE et les États-Unis ont renforcé le cadre régissant
leurs relations, à la fois à l'OMC et en dehors, de
manière à gérer plus efficacement leurs différends
commerciaux.
OMC
L'UE
est l'un des principaux protagonistes à l'OMC. Des
notifications des faits nouveaux en matière de politique
commerciale sont régulièrement présentées à l'OMC et
sont en principe également mises à la disposition du
public, en application de la politique de transparence de
l'UE. Les engagements contractés dans le cadre du Cycle
d'Uruguay sont mis en uvre dans les délais
convenus, même si le champ de la libéralisation
effective du commerce semble modeste. L'UE participe à
toutes les initiatives prises à l'OMC pour libéraliser
le commerce, que ce soit pour les produits des
technologies de l'information et les produits
pharmaceutiques ou pour les services financiers et les
télécommunications.
L'UE
est l'un des participants qui a le plus recours aux
procédures de règlement des différends pour faire
respecter les obligations commerciales multilatérales
contractées par ses partenaires commerciaux; elle a
aussi été à de nombreuses reprises partie
défenderesse, souvent dans des différends
transatlantiques. La plupart des plaintes sont réglées
à un stade peu avancé de la procédure, mais l'UE a eu
des difficultés à se conformer aux décisions prises
dans deux affaires très médiatisées - les bananes et
la viande de buf traité aux hormones -, ce qui
s'est traduit par l'adoption de mesures de rétorsion,
autorisées dans le cadre de l'OMC, contre les
exportations de l'UE en 1999. L'UE reconnaît néanmoins
que l'action qu'elle mène pour faire en sorte que ses
partenaires commerciaux de l'OMC respectent leurs
obligations doit aller de pair avec un respect rigoureux
des accords de son côté.
Accords
et arrangements commerciaux préférentiels
Depuis
1995, des accords d'association euro-méditerranéens
visant à établir des zones de libre-échange ont été
conclus avec Israël, la Jordanie, le Maroc, l'Autorité
palestinienne et la Tunisie; un accord au niveau des
négociateurs a été conclu avec l'Égypte en 1999. En
2000, un accord de libre-échange est entré en vigueur
avec l'Afrique du Sud. Le premier accord commercial
préférentiel de l'UE dans les Amériques a été conclu
en novembre 1999 avec le Mexique et des négociations ont
démarré en 2000 avec le Chili et le MERCOSUR.
En
février 2000, l'UE et le Groupe des États d'Afrique,
des Caraïbes et du Pacifique (ACP) ont conclu un accord
qui fera suite à la quatrième Convention de Lomé.
L'Accord de partenariat de Suva maintient les
préférences commerciales non réciproques accordées
par l'UE jusqu'en 2007 au plus tard, afin de permettre
aux parties de conclure de nouveaux arrangements
commerciaux, l'objectif étant d'assurer la
compatibilité avec les règles de l'OMC. Les Membres de
l'OMC examinent une demande de dérogation à ce sujet.
Pour
la plupart des partenaires commerciaux en développement,
le schéma SGP de la Communauté offre des préférences
(essentiellement) pour les produits non agricoles. Des
préférences supplémentaires sont accordées aux pays
les moins avancés et aux pays qui luttent contre la
production et le trafic de drogue. Les préférences
additionnelles proposées à titre de mesures
d'incitation positives aux pays qui respectent les
normes fondamentales du travail ou les normes
environnementales constituent un élément nouveau.
Accès
aux marchés pour les marchandises
Dans
l'intérêt de ses consommateurs, l'UE a un marché
largement ouvert pour les produits non agricoles, avec un
droit NPF moyen de 4,2 pour cent en 1999, le chiffre
correspondant pour 1996 étant de 4,9 pour cent. En
outre, l'UE a supprimé six restrictions quantitatives
dans le cadre de l'Accord sur les sauvegardes de l'OMC,
notamment la restriction imposée par l'Allemagne pour le
charbon (en vigueur depuis 1958), et le
"consensus" avec le Japon sur les importations
dans l'UE de véhicules automobiles d'origine japonaise
(en vigueur de 1991 à 1999).
Dans
le secteur des textiles et des vêtements, les droits de
douane sont supérieurs à la moyenne, il y a
progressivité des droits, et des contingents sont
appliqués; au cours des première et deuxième étapes
de l'intégration du secteur dans le cadre du GATT de
1994, l'UE a supprimé les contingents pour 12 des 52
catégories de produits soumis à restriction en 1990
(5,4 pour cent des importations faisant l'objet de
restrictions), ce qui n'a eu de répercussions que pour
quelques pays en développement. Des mesures antidumping
s'appliquent à l'importation de produits sidérurgiques,
de matériel électronique et de produits chimiques de
diverses origines, et une tendance à la hausse de ces
mesures est prévue pour 2000 car le nombre des enquêtes
ouvertes en 1999 a été multiplié par trois. Les aides
publiques faussent les conditions de concurrence dans
certaines branches d'activité du secteur manufacturier;
leur niveau n'a pour ainsi dire pas changé depuis le
dernier examen, sauf en Allemagne où l'aide aux nouveaux
Länder a fortement baissé.
Les
conditions d'accès sont également affectées par les
nombreux accords et arrangements commerciaux
préférentiels conclus par l'UE, en vertu desquels le
traitement purement NPF n'est applicable qu'aux
importations en provenance de huit Membres de l'OMC:
Australie; Canada; États-Unis; Hong Kong, Chine; Japon;
Nouvelle-Zélande; République de Corée et Singapour. Le
traitement le plus favorable est accordé aux pays les
moins avancés et aux pays ACP (95 pour cent des lignes
tarifaires bénéficient d'une franchise de droits);
viennent ensuite les pays parties aux accords commerciaux
régionaux (80 pour cent), les pays bénéficiant du
schéma SGP (54 pour cent), et les pays ne bénéficiant
que du traitement NPF (20 pour cent).
La
mise en uvre de la PAC influe sur les conditions
d'accès pour les produits agricoles.
L'auto-approvisionnement est élevé pour les produits
agricoles primaires, par exemple le blé, les produits
laitiers et la viande, ce qui a des retombées sur les
marchés mondiaux. La moyenne simple des droits frappant
les produits agricoles est estimée à 17,3 pour cent;
cependant, l'importation des produits soumis à des
droits élevés se fait essentiellement dans le cadre de
contingents tarifaires. La répartition et
l'administration des contingents tarifaires de l'UE ont
fait l'objet de vives controverses à l'OMC dans
l'affaire des bananes. D'autres aspects complexes du
régime appliqué à la frontière pour les produits
agricoles de la Communauté sont entre autres des droits
spécifiques, calculés en fonction de leurs
constituants, de la saison, ou de leur prix d'entrée. En
conséquence, des conditions d'accès plus favorables
s'appliquent généralement aux produits d'origine
extracommunautaire (par exemple le café, le cacao).
Si
l'on exclut les mesures à la frontière, la Communauté
a dépensé environ 45 milliards d'euros (50 milliards de
dollars EU) au titre de la PAC en 1999, ce qui fait de
l'agriculture qui absorbe 45 pour cent du budget
le poste des dépenses communautaires le plus
important. D'après les estimations de l'OCDE, pendant
les années 1998 et 1999, le soutien aux producteurs
agricoles est remonté à son niveau record de la
période 1986-1988, bien que la part des versements
directs (qui font l'objet de programmes de limitation de
la production) ait progressé, représentant près d'un
quart du total. Une nouvelle intensification des
versements directs est prévue dans le cadre de la
réforme de la PAC convenue en 1999, laquelle réduit le
soutien des prix du marché pour les céréales, les
produits laitiers et la viande.
Les
réglementations et les normes relatives aux produits
sont un aspect essentiel de l'accès aux marchés, à la
fois pour le marché intérieur et pour les partenaires
commerciaux. La Communauté a conclu des accords de
reconnaissance mutuelle des résultats de l'évaluation
de la conformité avec l'Australie, le Canada, la
Nouvelle-Zélande, la Suisse et les États-Unis, et elle
en négocie actuellement un avec le Japon. À l'avenir,
les conditions d'accès aux marchés offertes aux
exportateurs de produits alimentaires sont susceptibles
d'être altérées par la politique plus rigoureuse
appliquée par l'UE en matière de sécurité sanitaire
des produits alimentaires, à la suite de plusieurs
alertes à la contamination à l'échelle communautaire.
Les
marchés publics sont également un aspect essentiel de
l'accès aux marchés, tant pour le marché intérieur
que pour les partenaires commerciaux. Les marchés de
biens et de services ont représenté environ 14 pour
cent du PNB communautaire, soit plus de 1 000 milliards
d'euros, en 1998. Une intensification de la concurrence
dans ce domaine est depuis longtemps un objectif central
de l'UE qui souhaite garantir un meilleur usage des fonds
publics, mais à ce jour, les résultats sont décevants.
Accès
aux marchés pour les services
L'UE
entend continuer d'éliminer les restrictions à la
concurrence et au commerce dans le secteur des services.
D'un sous-secteur à l'autre, toutefois, le rythme de la
libéralisation diffère de manière significative.
Depuis le dernier examen effectué en 1997, la
législation relative aux services financiers et aux
télécommunications a été profondément remaniée. Les
effets de cette évolution des politiques intérieures
sur les conditions de concurrence dans ces secteurs ont
été renforcés par les engagements pris par l'UE dans
le cadre de l'OMC en vue d'accorder le traitement
national aux fournisseurs de services étrangers. Par
contre, pour les services de transport et les services
audiovisuels, l'UE n'a pas contracté d'engagement dans
le cadre de l'OMC et sa législation prévoit des
préférences, sous diverses formes, à l'échelle
bilatérale ou européenne.
À
partir de 1998, parallèlement aux engagements
contractés dans le cadre de l'OMC, les services et
l'infrastructure de télécommunication au sein de l'UE
ont été ouverts à la concurrence, y compris aux
opérateurs étrangers. Un marché plus compétitif s'est
rapidement développé. Des modifications de la
législation visant à harmoniser des conditions et
normes disparates doivent être menées à terme d'ici à
la fin de 2001. Il y a eu concentration des fournisseurs
pour tirer parti des économies d'échelle en ce qui
concerne la fourniture de services de téléphonie mobile
et interurbaine, la Commission veillant activement à ce
que la législation de l'UE relative à la concurrence
soit dûment appliquée.
Dans
le secteur des services financiers, on relève la mise en
uvre du Plan d'action sectoriel qui vise à
harmoniser les réglementations là où cela sera
nécessaire, ainsi que la modification structurelle des
marchés des capitaux résultant de l'introduction de
l'euro en 1999. En outre, les engagements contractés par
l'UE dans ce secteur au titre des Accords de l'OMC sont
entrés en vigueur en mars 1999, qui étendent le
principe du passeport unique aux fournisseurs étrangers
de services bancaires et d'assurance. La croissance a
été particulièrement dynamique dans le secteur des
services bancaires et des valeurs mobilières.
Malgré
l'importance de ces éléments nouveaux, le fait que le
secteur des services est de plus en plus exposé aux
forces de la concurrence, tant à l'intérieur qu'à
l'extérieur, a révélé certaines rigidités
structurelles qu'il serait bon de corriger pour
améliorer ses résultats économiques.
Protection
des droits de propriété intellectuelle
Les
initiatives communautaires visant à parachever la
création du marché intérieur ont dans une certaine
mesure contribué à l'harmonisation des régimes des
États membres, avec l'appui des instruments portant
création de droits communautaires unitaires pour les
marques de fabrique ou de commerce et les obtentions
végétales. Depuis le dernier examen effectué en 1997,
les nouvelles mesures prises en matière d'harmonisation
s'appliquent à la protection juridique des inventions
biotechnologiques et à la protection des dessins ou
modèles, et une action est prévue pour assurer la
brevetabilité des programmes d'ordinateur. Il est
également prévu d'établir de nouveaux droits unitaires
par la création d'un "dessin ou modèle
communautaire" et d'un "brevet
communautaire". Une étude de 1999 révèle des
contrefaçons de marques de fabrique ou de commerce et
des atteintes au droit d'auteur, les secteurs les plus
touchés étant ceux des logiciels informatiques, de
l'audiovisuel et des vêtements.
Rapport
du gouvernement
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de page
ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES
UNION EUROPEENNE
Rapport du gouvernement - Partie VI
Orientations
politiques futures un nouveau cycle de
négociations commerciales
Durant
la période considérée, l'UE a été à l'avant-garde
des efforts visant à lancer un nouveau cycle de
négociations commerciales globales dans le cadre de
l'OMC en 2000. Elle considère qu'un cycle de
négociations commerciales globales, conçu comme un
engagement unique et offrant des avantages équilibrés
à tous les Membres de l'OMC, sera une contribution
importante à la croissance économique mondiale et au
développement durable ainsi qu'au renforcement du
système commercial fondé sur des règles.
La
position de l'UE concernant un cycle de négociations
globales
Les
propositions de fond de la Commission en vue d'un cycle
de négociations ont été exposées dans la
communication sur l'approche de l'UE pour le Cycle du
millénaire de l'OMC présentée en 1999 par la
Commission au Conseil et au Parlement européen. Cette
communication proposait un programme communautaire pour
le cycle de négociations qui couvrirait, entre autres
choses, une nouvelle libéralisation ou l'établissement
de règles plus poussées dans les domaines de
l'agriculture et des services, des droits de douane
applicables aux produits autres qu'agricoles, des
investissements, de la concurrence, de la facilitation
des échanges, du commerce et de l'environnement, des
ADPIC et des marchés publics. Elle soulignait que les
résultats dans tous les domaines devraient jouer en
faveur d'un développement durable et y contribuer et
elle proposait un programme détaillé visant à faire en
sorte que les besoins et les intérêts des pays en
développement soient reflétés concrètement dans les
négociations. Il était indiqué dans la communication
comment on avait cherché à associer le Parlement
européen et les représentants de la société civile à
l'élaboration de cette approche du nouveau cycle de
négociations et à refléter leurs vues, le soutien
résolu des milieux d'affaires européens à ce cycle
étant souligné. Il était également fait référence
à la nécessité d'arriver à mieux comprendre comment
progresser dans le domaine des questions sociales et des
questions du travail.
Dans
une évaluation économique du cycle de négociations
séparée préparée par la Commission, il était conclu
que la poursuite de la libéralisation multilatérale
conformément au programme de l'UE pourrait induire des
gains annuels de bien-être représentant, au niveau
mondial, 400 milliards de dollars; sur ce montant,
quelque 90 milliards reviendraient à l'UE, mais plus de
la moitié des gains obtenus profiteraient à d'autres
pays que les grands pays industrialisés, c'est-à-dire
aux pays en développement. Des études indépendantes
établies à la demande d'autres Membres de l'OMC font
apparaître des résultats très comparables.
Dans
ses conclusions du 26 octobre 1999, le Conseil de l'UE a
souscrit à l'unanimité à la proposition de lancer un
cycle de négociations globales. Le Conseil a reconnu
qu'un nouveau cycle de négociations commerciales
pourrait contribuer grandement à encourager l'économie
européenne, à favoriser la croissance et le
développement économique au niveau mondial et à
assurer la gestion judicieuse de la mondialisation. Le
Conseil a souligné aussi qu'un cycle de négociations
globales offrait le meilleur moyen de prendre en compte
les intérêts commerciaux des Membres de l'OMC dans leur
ensemble. Ces conclusions ont constitué la base de la
position de l'UE à la Conférence ministérielle de
Seattle et elles continuent à refléter cette position.
Seattle
et ses suites
Comme
les autres Membres de l'OMC, l'UE a été profondément
déçue qu'un nouveau cycle de négociations n'ait pas pu
être lancé à la Conférence de Seattle. Elle
considère que tous les Membres peuvent tirer des leçons
de cet échec.
L'une
de ces leçons est que désormais, l'OMC doit travailler
d'une manière plus complète et plus transparente
vis-à-vis de tous les Membres et mieux communiquer avec
le monde extérieur. Le travail doit aussi être
organisé plus efficacement. À court terme, il y a sans
doute des possibilités d'améliorer les méthodes de
travail, notamment s'agissant de la préparation et de
l'organisation des conférences ministérielles, où une
transparence, une efficacité et des moyens accrus en vue
d'assurer une participation plus grande des pays en
développement semblent justifiés. À plus long terme,
il nous faudra peut-être examiner les possibilités
d'apporter des améliorations plus fondamentales au
système, en particulier pour assurer la plus grande
transparence possible vis-à-vis de la population en
général et pour dialoguer avec celle-ci. Toutefois,
nous ne devrions pas laisser la "réforme
institutionnelle" nous détourner de l'objectif que
constitue le lancement d'un cycle de négociations. Le
système de l'OMC ne devrait pas non plus servir de bouc
émissaire pour expliquer qu'il n'ait pas été possible
de surmonter les divergences de vues quant au fond des
négociations.
La
deuxième conclusion - et elle est essentielle -
qu'aucune délégation ne peut manquer de tirer de
Seattle concerne le fond des discussions. En dépit de
divergences de vues persistantes sur plusieurs points du
programme de négociations, peut-on conclure que ces
divergences n'auraient pas pu être surmontées avec une
meilleure préparation à Genève? N'est-il pas
concevable qu'avec davantage de temps à Seattle et avec
la flexibilité requise en général, les négociations
auraient pu être lancées? Et cela ne signifie-t-il pas,
par conséquent, qu'il devrait être possible de
surmonter ces divergences dans l'avenir?
La
justification persistante d'un nouveau cycle de
négociations
ADans
ce contexte, l'UE continue à appuyer le lancement d'un
cycle de négociations globales, conformément aux
orientations auxquelles un groupe important de pays ont
souscrit avant et à Seattle: un cycle de négociations
impliquant une approche globale, dans le cadre de
laquelle les intérêts de tous les Membres de l'OMC
pourront être pris en compte.
Les
raisons fondamentales qui militent en faveur d'un large
programme restent valables. Premièrement, en ce qui
concerne la poursuite de la libéralisation des
échanges, tous les pays, tant développés qu'en
développement, souhaitent un accès au marché
amélioré pour leurs produits et leurs services afin de
promouvoir leur croissance économique. Il est apparu
clairement à Seattle que seule une approche globale de
l'accès au marché, couvrant tous les secteurs, peut
permettre à tous les Membres de tirer parti de leur
avantage comparatif et, ainsi, de développer leurs
échanges commerciaux.
Deuxièmement,
l'OMC doit encore aussi mettre à jour ses règles pour
prendre en compte les effets de la mondialisation, de
sorte que nos entreprises et nos investisseurs puissent
disposer d'un cadre prévisible, transparent et non
discriminatoire qui leur permette de prendre leurs
décisions en matière économique et de se faire
concurrence. Des règles fondamentales en matière
d'investissement et de concurrence font nécessairement
partie de ce programme et elles contribueront, dans une
certaine mesure, à assurer cet environnement. Un grand
nombre de Membres continue à souscrire résolument à
l'idée d'inclure ces questions dans une négociation. Il
est capital de lancer des négociations dans deux
domaines d'une telle importance systémique et qui
intéressent autant les entreprises et les consommateurs
du monde entier. Il est tout aussi important d'engager
des négociations soit sur la facilitation des échanges,
soit sur les améliorations des règles dans des domaines
tels que la défense commerciale ou les obstacles
techniques au commerce¸ qui contribueraient toutes à
des conditions d'accès au marché plus prévisibles et
à une plus libre circulation des marchandises. En outre,
les règles de l'OMC en matière de marchés publics ont
sérieusement besoin d'être mises à jour.
Troisièmement,
Seattle a aussi fait ressortir de façon aiguë la
nécessité de mieux intégrer les pays en développement
au système commercial, ce qui passe par un plus large
accès au marché, un traitement spécial et
différencié amélioré, un renforcement des capacités
mieux coordonné et un rôle plus actif dans les
mécanismes de l'OMC. L'UE reste prête à prendre en
considération de façon globale les problèmes
prioritaires des pays en développement dans le cadre
d'un cycle de négociations. C'est d'ailleurs seulement
dans le cadre d'une approche globale que le programme des
pays en développement en matière de commerce - y
compris sur les questions les plus sensibles - peut être
pleinement pris en compte.
Enfin,
l'OMC doit encore régler des questions qui préoccupent
les gouvernements et l'opinion en général. Les liens
réciproques potentiels entre le système commercial et
l'environnement, le développement durable, les questions
sociales et la santé et la sécurité des consommateurs
doivent être pris en compte de manière compatible à la
fois avec le système commercial et avec ces
préoccupations. L'initiative de l'UE en relation avec
une évaluation des effets sur le développement durable
d'un nouveau cycle de négociations fait partie
intégrante de cette approche. Si la position
communautaire sur certains de ces points mériterait sans
doute d'être clarifiée, les objectifs fondamentaux de
l'UE restent valables. L'UE est prête à examiner les
options qui s'offrent pour atteindre ces objectifs afin
que dans le cadre de toute clarification éventuelle des
règles dans l'avenir, on s'attache à résoudre
l'équation très complexe qui consiste à réaliser des
objectifs de société et d'éthique légitimes tout en
offrant à tous les Membres une sécurité juridique
accrue, en préservant les principes fondamentaux de
l'OMC et en prévenant un traitement discriminatoire
injustifié ou des restrictions déguisées visant les
échanges.
En
outre, l'UE continuera à s'efforcer de favoriser un
dialogue constructif impliquant l'OIT et l'OMC sur les
questions intéressant le commerce, le travail et le
développement social.
L'UE
continuera à promouvoir la transparence en matière de
politique commerciale. Au niveau intérieur, elle a
entrepris une campagne de sensibilisation, d'information
et d'échange de vues avec tous les acteurs de la
société civile qui deviendra une composante permanente
de l'élaboration de la politique commerciale intérieure
de l'UE. À Genève, l'UE a milité en faveur de la plus
grande transparence possible de l'OMC vis-à-vis du monde
extérieur.
Conclusion
Préparatifs en vue du lancement d'un nouveau
cycle de négociations
Le
Conseil, réuni à Seattle le 3 décembre, a confirmé
que les éléments de l'approche globale de l'UE, tels
que présentés dans ses conclusions, restaient des
objectifs valables. L'UE continue donc à promouvoir
activement un nouveau cycle de négociations globales et
elle travaille avec tous ses partenaires commerciaux à
maintenir et élargir le soutien en faveur d'un cycle de
négociations, qu'elle souhaite voir démarrer cette
année. Il est plus que jamais nécessaire d'adapter le
système commercial multilatéral aux réalités
économiques du jour et de maîtriser les forces de la
mondialisation au profit de tous les pays. Les Membres de
l'OMC ont clairement exposé leurs priorités à diverses
occasions. Le lancement d'un cycle de négociations
globales qui prenne en compte les préoccupations de
tous, mais sans préjuger indûment de l'issue, est
possible si l'investissement de politique nécessaire
dans un processus global et transparent est assuré.Un
processus intensif de consultation, d'examen et, si
nécessaire, d'ajustement constitue le meilleur moyen
d'imprimer un élan nouveau, de trouver une convergence
et de concilier les divergences qui subsistent.
À
plus court terme, l'UE fait partie des Membres de l'OMC
qui préconisent l'adoption de mesures de confiance et
elle s'est félicitée que des éléments en ce sens
aient pu être adoptés dans le cadre de l'OMC en mai. La
contribution de l'UE inclut l'engagement d'admettre en
franchise et sans contingent la quasi-totalité des
produits en provenance des pays les moins avancés ainsi
que des propositions en faveur de la mise en uvre
des Accords du Cycle d'Uruguay, du renforcement des
capacités et de la transparence.
En
résumé, l'approche proposée reflète la volonté de
l'UE de continuer à assumer ses responsabilités dans le
cadre de l'OMC et de poursuivre le mouvement vers une
libéralisation accrue et vers l'établissement d'autres
règles. L'UE fera le nécessaire pour que les
négociations futures reposent sur la base la plus solide
possible, pour qu'une flexibilité soit introduite dans
les discussions, pour que les problèmes identifiés par
les pays en développement soient pris en compte
correctement et pour que le fonctionnement de l'OMC soit
amélioré. Sur cette base, l'UE est convaincue qu'un
cycle de négociations globales peut être lancé cette
année et qu'il pourra être mené à bien dans un avenir
proche.
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