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Réformes
structurelles: la clé du redressement économique du
Japon haut
de page
D'après
le rapport, le gouvernement a cherché à revitaliser
l'économie au moyen d'une politique macro-économique
expansionniste associée à des réformes structurelles.
Mais l'opinion selon laquelle un redressement économique
durable n'est possible qu'au moyen de réformes
structurelles plus audacieuses qui favorisent la
concurrence est en train de gagner du terrain.
Le
rapport de l'OMC ainsi qu'une déclaration de politique
générale du gouvernement japonais serviront de base à
l'examen de la politique commerciale du Japon auquel
l'Organe d'examen des politiques commerciales de l'OMC
procédera les 14 et 16 novembre.
Le
rapport indique que la déréglementation, élément
essentiel de la réforme structurelle, peut faire tomber
les coûts et les prix aux niveaux mondiaux, stimulant
ainsi la demande et la croissance. D'après le rapport,
l'intervention économique a été réduite dans
plusieurs secteurs, en particulier les services
financiers, les télécommunications et le commerce de
détail. La Commission des pratiques commerciales loyales
(FTC) a également pris des mesures pour accroître la
concurrence. Ces éléments s'ajoutent au fait que le
Japon a stimulé la concurrence en libéralisant
davantage son régime de commerce extérieur et de
l'investissement, en partie conformément à ses
engagements dans le cadre de l'OMC.
Le
rapport de l'OMC souligne que, depuis le dernier examen
effectué en 1998, le Japon n'a apporté aucun changement
important à sa politique commerciale, à l'exception de
ceux qui concernent le cadre réglementaire des services
financiers et que l'on dénomme Big Bang.
Parmi les priorités du pays en matière de politique
commerciale, il faut citer le renforcement du système
commercial multilatéral. Le Japon demeure également
déterminé à promouvoir la déréglementation et
l'amélioration de la transparence. En témoigne, pour ce
qui est du premier point, l'adoption par le Cabinet en
avril 2000 d'un programme triennal révisé pour la
promotion de la déréglementation dans certains
secteurs, dont les services financiers, les
télécommunications, l'énergie, les transports et la
distribution. Une décision du Cabinet de juillet 1999
portant sur la socio-économie et les politiques
idéales pour le renouveau économique invite à
établir des marchés équitables et la souveraineté du
consommateur d'une manière transparente.
Au
cours de la période visée par l'examen, le Japon a
régulièrement participé aux activités de l'OMC. Il a
eu largement recours au mécanisme de règlement des
différends de l'OMC, ayant été partie à quatre
différends, trois en qualité de plaignant et un en
qualité de défendeur.
Le
rapport indique également qu'en rupture par rapport à
la situation antérieure, les accords de libre-échange
régionaux semblent à présent susciter un plus grand
intérêt au Japon; plus concrètement, un accord avec
Singapour est actuellement étudié conjointement par les
deux gouvernements, et des organismes parapublics au
Japon et en Corée examinent la possibilité de conclure
un accord de libre-échange entre les deux pays. Selon
les autorités, ces initiatives régionales et
bilatérales n'affaibliront pas l'engagement du Japon en
faveur du système commercial multilatéral.
Le
Japon a continué de libéraliser le régime du commerce
extérieur et celui de l'investissement, essentiellement
dans le cadre des réformes réglementaires de vaste
portée qu'il a entreprises. Cependant, on trouve encore
des mesures susceptibles de fausser notablement la
concurrence dans certains secteurs, notamment
l'agriculture et certains services.
Les
droits de douane constituent le principal instrument de
la politique commerciale du Japon. La plupart des
importations vers le Japon sont soit en franchise de
droits, soit soumises à des taux de droits peu élevés.
Au cours de l'exercice fiscal 2000, la moyenne simple des
taux de droits NPF appliqués était de 6,5 pour cent; ce
chiffre devrait descendre à 6,3 pour cent une fois que
les réductions tarifaires découlant du Cycle d'Uruguay
seront pleinement mises en uvre, d'ici à 2009.
Près de 99 pour cent des lignes tarifaires sont
consolidées et, le plus fréquemment, les taux de droits
appliqués correspondent aux taux consolidés, ce qui
confère un degré de prévisibilité élevé au tarif
douanier du pays. Parallèlement, les droits autres qu'ad
valorem constituent une caractéristique importante du
tarif, notamment dans l'agriculture; ils représentaient
6,9 pour cent de l'ensemble des lignes au cours de
l'exercice fiscal 2000. Ces droits de douane sont
clairement indiqués dans le Tarif douanier du Japon,
mais ils peuvent masquer des équivalents ad valorem
(EAV) élevés. Par souci de transparence, les autorités
japonaises ont communiqué au Secrétariat des
estimations d'EAV pour plus des deux tiers de ces droits;
les EAV concernant les droits restants ne sont pas
disponibles faute d'importations, ce qui pourrait donner
à penser que les taux sont prohibitifs et que le taux de
droit NPF appliqué moyen est sous-estimé. Les
estimations d'EAV dont on dispose montrent que sur les
100 taux de droits les plus élevés, 90 avaient des
équivalents ad valorem (EAV) allant de 40,1 pour cent à
983,7 pour cent. Le Japon a ouvert des contingents
tarifaires pour environ 200 produits agricoles; la
répartition de ces contingents varie selon les produits
et peut être complexe.
Dans
le domaine de l'agriculture, le Japon est en train de
passer d'un régime de soutien des prix à un régime de
soutien des revenus. Cela étant, le secteur demeure
relativement bien protégé de la concurrence
étrangère. Les droits de douane moyens applicables aux
importations de produits agricoles restent élevés, les
contingents tarifaires peuvent être complexes, et un
certain nombre de ces produits bénéficient d'un soutien
interne. En conséquence, le niveau global de l'aide des
pouvoirs publics à l'agriculture (tel qu'il est mesuré
par des évaluations du soutien à la production et à la
consommation) est bien supérieur à la moyenne de
l'OCDE.
En
juillet 1999, le Japon a promulgué une nouvelle Loi
fondamentale concernant les produits alimentaires,
l'agriculture et les zones rurales, afin de faire face
aux importants changements économiques et sociaux qui
affectent l'agriculture et de définir l'orientation
future de la politique agricole. La nouvelle loi s'appuie
sur quatre principes fondamentaux: la stabilité de
l'approvisionnement en denrées alimentaires, le rôle
multifonctionnel effectif de l'agriculture, le
développement durable de l'agriculture et le
développement des zones rurales.
Le
rapport indique que le secteur manufacturier a toujours
été beaucoup plus exposé à la concurrence
internationale que les autres secteurs. Les droits de
douane appliqués aux produits manufacturés sont en
général bas, il existe peu d'obstacles non tarifaires,
et le secteur reçoit relativement peu d'aides
financières ou autres de la part de l'État.
La
part du PIB détenue par les services au Japon a
augmenté pour s'établir à environ 65 pour cent. Les
fournisseurs de services japonais ont bénéficié d'une
protection contre la concurrence étrangère par le biais
non pas tant de mesures à la frontière que de
réglementations intérieures et le rapport de l'OMC
souligne également que le Japon s'est de plus en plus
préoccupé de déréglementer ce secteur et que la
libéralisation des services financiers est l'un des
pivots des récents efforts déployés en matière de
réforme structurelle. Dans le même temps, le Japon a
également adopté diverses mesures destinées à
promouvoir la poursuite de la déréglementation dans le
secteur des télécommunications.
Les
perspectives économiques étant apparemment meilleures,
le risque est peut-être que le Japon se montre moins
déterminé à poursuivre les réformes structurelles,
compromettant ainsi le caractère durable du
redressement. De fait, on a vu récemment certains signes
de baisse de la fièvre des réformes.
Néanmoins, le gouvernement a apparemment la ferme
intention d'intensifier les réformes réglementaires et
autres qui visent à supprimer les éléments qui
faussent la concurrence.
Notes
à l'intention des journalistes
Les
examens des politiques commerciales sont un exercice,
prescrit dans les Accords de l'OMC, au cours duquel les
politiques commerciales et connexes des pays Membres sont
examinées et évaluées périodiquement. Les faits
nouveaux importants qui peuvent avoir une incidence sur
le système commercial mondial font aussi l'objet d'un
suivi. Pour chaque examen, deux documents sont établis:
une déclaration de politique générale présentée par
le gouvernement du Membre soumis à examen et un rapport
détaillé rédigé de manière indépendante par le
Secrétariat de l'OMC. Ces deux documents sont ensuite
examinés par l'ensemble des Membres de l'OMC dans le
cadre de l'Organe d'examen des politiques commerciales
(OEPC). Ces documents et les comptes rendus des réunions
de l'OEPC sont publiés peu de temps après. Depuis 1995,
c'est-à-dire depuis l'entrée en vigueur de l'Accord sur
l'OMC, les services et les aspects des droits de
propriété intellectuelle qui touchent au commerce sont
également visés.
S'agissant
du présent examen, le rapport du Secrétariat de l'OMC
et la déclaration de politique générale élaborée par
le Japon seront examinés par l'Organe d'examen des
politiques commerciales les 14 et 16 novembre 2000. Le
rapport du Secrétariat concerne l'évolution de tous les
aspects de la politique commerciale du Japon, y compris
les lois et réglementations intérieures, le cadre
institutionnel et la politique commerciale par mesure et
par secteur.
Au
présent communiqué de presse sont joints un résumé
des observations contenues dans le rapport du
Secrétariat et certaines parties de la déclaration de
politique générale du gouvernement. Le rapport du
Secrétariat et la déclaration de politique générale
du gouvernement sont à la disposition des journalistes
à la salle de presse du site Internet de l'OMC
(www.wto.org). Ces deux documents, le compte rendu des
débats de l'OEPC et les remarques finales formulées par
le Président seront regroupés en temps opportun dans
une publication brochée qui pourra être obtenue auprès
du Secrétariat de l'OMC, Centre William Rappard, 154 rue
de Lausanne, 1211 Genève 21.
Depuis
décembre 1989, il a été procédé à l'examen de la
politique commerciale des pays ou groupes de pays
suivants: Afrique
du Sud (1993 et 1998), Argentine (1992 et 1999),
Australie (1989, 1994 et 1998), Autriche (1992),
Bangladesh (1992 et 2000), Bahreïn (2000), Bénin
(1997), Bolivie (1993 et 1999), Botswana (1998), Brésil
(1992, 1996 et 2000), Burkina Faso (1998), Cameroun
(1995), Canada (1990, 1992, 1994, 1996 et 1998), Chili
(1991 et 1997), Chypre (1997), Colombie (1990 et 1996),
Communautés européennes (1991, 1993, 1995, 1997 et
2000), Corée, Rép. de (1992, 1996 et 2000), Costa Rica
(1995), Côte d'Ivoire (1995), Égypte (1992 et 1999), El
Salvador (1996), États-Unis (1989, 1992, 1994, 1996 et
1999), Fidji (1997), Finlande (1992), Ghana (1992),
Guinée (1999), Hong Kong (1990, 1994 et 1998), Hongrie
(1991 et 1998), Îles Salomon (1998), Inde (1993 et
1998), Indonésie (1991, 1994 et 1998), Islande (1994 et
2000), Israël (1994 et 1999), Jamaïque (1998), Japon
(1990, 1992, 1995 et 1998), Kenya (1993 et 2000), Lesotho
(1998), Macao (1994), Malaisie (1993 et 1997), Mali
(1998), Maroc (1989 et 1996), Maurice (1995), Mexique
(1993 et 1997), Namibie (1998), Nicaragua (1999),
Nigéria (1991 et 1998), Norvège (1991, 1996 et 2000),
Nouvelle-Zélande (1990 et 1996), Ouganda (1995),
Pakistan (1995), Papouasie-Nouvelle-Guinée (1999),
Paraguay (1997), Pérou (1994 et 2000), Philippines
(1993), Pologne (1993), République dominicaine (1996),
République slovaque (1995), République tchèque (1996),
Roumanie (1992 et 1999), Sénégal (1994), Singapour
(1992, 1996 et 2000), Sri Lanka (1995), Suède (1990 et
1994), Suisse (1991 et 1996), Swaziland (1998), Tanzanie
(2000), Thaïlande (1991, 1995 et 1999), Togo (1999),
Trinité-et-Tobago (1998), Tunisie (1994), Turquie (1994
et 1998), Uruguay (1992 et 1998), Venezuela (1996),
Zambie (1996) et Zimbabwe (1994).
Rapport
du Secrétariat haut
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ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES
JAPON
Rapport du Secrétariat Observations
récapitulatives
Environnement
économique
Il
semble que le Japon s'extirpe lentement d'une situation
économique grave; le PIB réel a augmenté de 0,2 pour
cent en 1999 et a donné de nouveaux signes
d'amélioration au cours du premier semestre 2000. Cette
ébauche de redressement fait suite à une croissance
négative de 2,5 pour cent en 1998, année où le Japon
était la seule économie industrialisée en récession.
Cette contraction était principalement due à la chute
brutale des investissements des entreprises et de la
consommation privée, qui dénotait une révision à la
baisse des anticipations. La chute des investissements
des entreprises correspondait également à un excès de
capitaux, en grande partie financés par la dette, qui
poussait les entreprises à restreindre leurs
investissements dans le cadre de leurs efforts de
restructuration. La chute de la consommation privée
était aussi due, entre autres choses, au fait que le
revenu disponible des ménages était presque statique et
que la pérennité du régime des retraites et du
système de sécurité sociale apparaissait incertaine.
Les dépenses publiques ont été un facteur de
croissance positive en 1998, de même que les
exportations nettes, en raison, pour une part, du
caractère ouvert du système commercial multilatéral.
La croissance a été ultérieurement stimulée en 1998
par une recrudescence des investissements publics,
correspondant à la mise en uvre de projets de
travaux publics à la suite du train de mesures
budgétaires adopté en avril 1998; puis, l'adoption d'un
train de mesures budgétaires supplémentaire en novembre
1998 a provoqué une forte augmentation des travaux
publics en 1999. Le gouvernement prévoit que la
croissance du PIB réel, qui s'est redressé de 0,2 pour
cent en 1999, se situera aux alentours de 1 pour cent en
2000. L'inflation des prix à la consommation a été
quasiment inexistante, s'établissant à 0,6 pour cent en
1998 et à -0,3 pour cent en 1999. Le taux de chômage a
continué d'augmenter, atteignant 4,7 pour cent en 1999,
soit son niveau le plus élevé depuis quatre décennies,
encore qu'il y ait certains signes d'amélioration.
Le
gouvernement a cherché à revitaliser l'économie au
moyen d'une politique macro-économique expansionniste
associée à des réformes structurelles. Mais à cet
égard, la politique financière atteint peut-être ses
limites: la Banque du Japon, abandonnant sa politique de
taux d'intérêt nuls, a récemment relevé de 0,25 pour
cent l'un de ses taux à court terme; le déficit
budgétaire atteint presque 10 pour cent du PIB et la
dette publique se situe aux alentours de 130 pour cent du
PIB. Parallèlement, l'opinion selon laquelle un
redressement économique durable n'est possible qu'au
moyen de réformes structurelles plus audacieuses qui
favorisent la concurrence est en train de gagner du
terrain.
Élément
essentiel de la réforme structurelle, la
déréglementation peut faire tomber les coûts et les
prix aux niveaux mondiaux, stimulant ainsi la demande et
la croissance. L'intervention économique a été
réduite dans plusieurs secteurs, en particulier les
services financiers, les télécommunications et le
commerce de détail. Parallèlement, le Japon a dû
lutter contre la menace pour le redressement économique
que représentait la fragilité du système financier. La
réforme structurelle comporte un autre élément, à
savoir la restructuration des entreprises visant à
corriger plusieurs déséquilibres qui ont amenuisé
leurs bénéfices; ces déséquilibres prennent la forme
d'un excès de capitaux et de main-d'uvre, d'une
dette à long terme très élevée, et d'un financement
inadéquat des retraites. La Commission des pratiques
commerciales loyales (FTC) a également pris des mesures
pour accroître la concurrence. Ces éléments s'ajoutent
au fait que le Japon a stimulé la concurrence en
libéralisant davantage son régime du commerce
extérieur et de l'investissement, en partie
conformément à ses engagements dans le cadre de l'OMC.
Cadre
et objectifs de la politique commerciale
Depuis
le dernier examen effectué en 1998, le Japon n'a
apporté aucun changement important à sa politique
commerciale, à l'exception de ceux qui concernent le
cadre réglementaire des services financiers. Parmi les
priorités du pays en matière de politique commerciale,
il faut citer le renforcement du système commercial
multilatéral.
Le
Japon demeure déterminé à promouvoir la
déréglementation et l'amélioration de la transparence.
En témoigne, pour ce qui est du premier point,
l'adoption par le Cabinet en avril 2000 d'un programme
triennal révisé pour la promotion de la
déréglementation dans certains secteurs, dont les
services financiers, les télécommunications,
l'énergie, les transports et la distribution. Une
décision du Cabinet de juillet 1999 portant sur "la
socio-économie et les politiques idéales pour le
renouveau économique" invite à établir des
marchés équitables et la souveraineté du consommateur
d'une manière transparente. Récemment, quelques
ministères, notamment le Ministère du commerce
extérieur et de l'industrie (MITI), ont également pris
des dispositions pour évaluer les coûts et les
avantages du commerce extérieur et des mesures liées au
commerce, y compris les réglementations; ces
évaluations pourraient permettre d'élaborer l'action
gouvernementale en meilleure connaissance de cause et, si
elles étaient publiées, de mieux informer le public.
Le
Japon accorde au moins le traitement NPF à tous les
Membres de l'OMC. Au cours de la période visée par
l'examen, le Japon a régulièrement participé aux
activités de l'OMC. Il a eu largement recours au
mécanisme de règlement des différends de l'OMC, ayant
été partie à quatre différends, trois en qualité de
plaignant et un en qualité de défendeur. Le Japon
participe aux groupes de travail qui s'occupent de la
politique de la concurrence et de l'investissement ainsi
qu'à ceux qui sont chargés du commerce électronique et
des marchés publics.
En
rupture par rapport à la situation antérieure, les
accords de libre-échange régionaux semblent à présent
susciter un plus grand intérêt au Japon; plus
concrètement, un accord avec Singapour est actuellement
étudié conjointement par les deux gouvernements, et des
organismes parapublics au Japon et en Corée examinent la
possibilité de conclure un accord de libre-échange
entre les deux pays. Selon les autorités, ces
initiatives régionales et bilatérales n'affaibliront
pas l'engagement du Japon en faveur du système
commercial multilatéral. Le Japon, bien entendu,
entretient depuis longtemps une relation bilatérale
solide avec les États-Unis; les arrangements conclus
entre les deux pays portent actuellement sur plusieurs
domaines du commerce extérieur ou liés à celui-ci. Le
Japon a aussi des traités bilatéraux avec plusieurs
pays sur l'investissement, la fiscalité et la sécurité
sociale, dont six ont été conclus entre 1998 et le
premier semestre de 2000.
Le
Japon continue d'accorder un accès au marché
préférentiel unilatéral aux produits en provenance de
certains pays en développement dans le cadre de son
schéma de préférences généralisées (schéma SGP).
Politique
et pratiques commerciales Analyse par mesure
Le
Japon a continué de libéraliser le régime du commerce
extérieur et celui de l'investissement, essentiellement
dans le cadre des réformes réglementaires de vaste
portée qu'il a entreprises. Cependant, on trouve encore
des mesures susceptibles de fausser notablement la
concurrence dans certains secteurs, notamment
l'agriculture et certains services. Reconnaissant la
nécessité de faciliter davantage la concurrence, les
autorités considèrent la mise en place d'une politique
de la concurrence bien conçue comme une de leurs
priorités essentielles.
Les
droits de douane constituent le principal instrument de
la politique commerciale du Japon. La plupart des
importations vers le Japon sont soit en franchise de
droits, soit soumises à des taux de droits peu élevés.
Au cours de l'exercice fiscal 2000, la moyenne simple des
taux de droits NPF appliqués était de 6,5 pour cent; ce
chiffre devrait descendre à 6,3 pour cent une fois que
les réductions tarifaires découlant du Cycle d'Uruguay
seront pleinement mises en uvre, d'ici à 2009.
Près de 99 pour cent des lignes tarifaires sont
consolidées et le plus fréquemment, les taux de droits
appliqués correspondent aux taux consolidés, ce qui
confère un degré de prévisibilité élevé au tarif
douanier du pays. Parallèlement, les droits autres qu'ad
valorem constituent une caractéristique importante du
tarif, notamment dans l'agriculture; ils représentaient
6,9 pour cent de l'ensemble des lignes au cours de
l'exercice fiscal 2000. Ces droits de douane sont
clairement indiqués dans le tarif douanier du Japon,
mais ils peuvent masquer des équivalents ad valorem
(EAV) élevés. Par souci de transparence, les autorités
japonaises ont communiqué au Secrétariat des
estimations d'EAV pour plus des deux tiers de ces droits;
les EAV concernant les droits restants ne sont pas
disponibles faute d'importations, ce qui pourrait donner
à penser que les taux sont prohibitifs et que le taux de
droit NPF appliqué moyen est sous-estimé. Les
estimations d'EAV dont on dispose montrent que sur les
100 taux de droits les plus élevés, 90 avaient des
équivalents ad valorem (EAV) allant de 40,1 pour cent à
983,7 pour cent. Le Japon a ouvert des contingents
tarifaires pour environ 200 produits agricoles; la
répartition de ces contingents varie selon les produits
et peut être complexe.
Le
Japon a peu de mesures non tarifaires à la frontière;
celles qui sont actuellement appliquées consistent en
quelques prohibitions à l'importation, licences
d'importation et restrictions quantitatives à
l'importation (sur le poisson et la soie par exemple).
Les importations de certaines marchandises sont soumises
à des prescriptions en matière de licence afin de
garantir la sécurité nationale, de protéger la santé
et le bien-être des consommateurs, ou de préserver les
végétaux, les animaux et l'environnement. Comme pour
les contingents tarifaires, certains aspects du système
de contingents d'importation peuvent être complexes.
Le
Japon a rarement eu recours aux mesures ad hoc, comme les
droits compensateurs, les droits antidumping et les
mesures de sauvegarde d'urgence, encore qu'il ait
utilisé des mesures de sauvegarde spéciales dans le
domaine de l'agriculture.
Le
Japon maintient certains contrôles à l'exportation pour
des raisons de sécurité nationale et de sécurité
publique et pour garantir des approvisionnements
intérieurs adéquats en certains produits agricoles et
autres produits primaires. Le Japon n'a pas notifié de
subventions à l'exportation à l'OMC, indiquant qu'il
n'y en avait pas. Des mécanismes de financement,
d'assurance et de garanties à l'exportation et de
ristourne de droits peuvent être utilisés.
Les
pouvoirs publics, aux niveaux central et local, accordent
diverses formes d'assistance à certains secteurs,
notamment l'agriculture. Certains types d'importations
(et d'investissement) bénéficient d'une assistance,
sous la forme d'allégements fiscaux et de prêts à
faible taux d'intérêt, ce qui constitue une anomalie
intéressante.
Depuis
l'examen précédent, le Japon a apporté plusieurs
modifications importantes au régime relatif à
l'investissement étranger direct (IED). Il s'agit
notamment des points suivants: introduction de la
notification ex post pour les activités extractives (au
lieu de la notification préalable) et suppression des
obligations de notification lorsque les sociétés
étrangères font évoluer leurs activités vers des
secteurs pour lesquels la notification préalable n'est
pas obligatoire; suppression des limites à la
participation étrangère au capital dans certains types
d'opérateurs de télécommunications, à l'exception de
la Nippon Telegraph and Telephone Corporation (NTT); et
abrogation en juin 1999 des réglementations sur
l'investissement étranger et sur l'emploi de personnel
non japonais dans le secteur de la télévision par
câble. Bien qu'un projet notifié d'apport d'IED puisse
être rejeté par le gouvernement, les autorités
indiquent que cela ne s'est pas produit depuis 1997. Les
entrées d'IED ont considérablement augmenté au cours
des deux dernières années mais sont encore basses au
regard des normes de l'OCDE; alors que le Japon
représente la deuxième économie de l'OCDE par ordre
d'importance, il occupe la dix-neuvième place pour ce
qui est des entrées d'IED, ce qui tranche par rapport au
fait qu'il constitue l'une des principales sources dans
ce domaine.
En
ce qui concerne les marchés publics visés par l'Accord
sur les marchés publics, aucune préférence n'est
accordée aux fournisseurs nationaux. La part de la
valeur totale des marchés publics détenue par les
fournisseurs étrangers était de 5,7 pour cent en 1998
(contre 4,6 pour cent en 1997); il semble que cette part
soit nettement plus faible dans le cas des marchés de
travaux publics, qui ont constitué un élément
essentiel des récents trains de mesures d'incitation
budgétaires.
Le
Japon continue de mettre ses normes en conformité avec
les normes internationales; il a également pris d'autres
dispositions pour faire en sorte que les résultats des
essais et les évaluations de la conformité effectués
à l'étranger soient acceptés.
Le
Japon continue de participer aux débats multilatéraux
et régionaux qui concernent des accords visant à
promouvoir l'harmonisation internationale des régimes de
protection des droits de propriété intellectuelle.
Le
Programme triennal pour la promotion de la
déréglementation, tel qu'il a été révisé en avril
2000, vise, entre autres choses, à créer une économie
japonaise "libre et équitable" pleinement
ouverte à la communauté internationale. En outre, en
vue d'accroître la transparence de la politique
gouvernementale et des mesures connexes, le Japon a mis
en place, en mars 1999, un système d'avis et
d'observations ("observations du public") à
utiliser avant d'adopter ou de réviser une
réglementation. Ce programme contient également des
mesures visant à accroître la concurrence, notamment la
suppression d'un certain nombre d'exceptions à la Loi
antimonopole, principale loi du pays en matière de
concurrence; le nombre d'exceptions dans le cadre de la
Loi antimonopole (et d'autres lois) est donc tombé de 89
en 1996 à 22 en 2000. Parallèlement, par suite de la
légère augmentation de son budget et de son personnel,
la Commission des pratiques commerciales loyales (FTC) a
vu son rôle renforcé. De plus, à en juger par
l'accroissement du nombre d'affaires qu'elle a eu à
connaître et de mesures qu'elle a prises, il semble que
la FTC soit devenue plus agressive à l'égard des
pratiques anticoncurrentielles des entreprises privées;
la majorité de ces affaires portent sur des collusions
en matière de soumission dans le cadre des marchés
publics. Cependant, la FTC est peut-être gênée dans
son fonctionnement par le fait qu'elle manque de
ressources et de compétences techniques pour diligenter
les affaires complexes.
Politique
commerciale Analyse par secteur
Dans
le domaine de l'agriculture, le Japon est en train de
passer d'un régime de soutien des prix à un régime de
soutien des revenus. Cela étant, le secteur demeure
relativement bien protégé de la concurrence
étrangère. Les droits de douane moyens applicables aux
importations de produits agricoles restent élevés, les
contingents tarifaires peuvent être complexes, et un
certain nombre de ces produits bénéficient d'un soutien
interne. En conséquence, le niveau global de l'aide des
pouvoirs publics à l'agriculture (tel qu'il est mesuré
par des évaluations du soutien à la production et à la
consommation) est bien supérieur à la moyenne de
l'OCDE, et a apparemment augmenté depuis 1997. Le
montant annuel moyen des transferts en faveur de
l'agriculture durant les années 90 a dépassé la part
du PIB détenue par l'agriculture, qui était en moyenne
de 1,5 pour cent approximativement. La productivité de
l'agriculture japonaise demeure faible au regard des
normes nationales.
En
juillet 1999, le Japon a promulgué une nouvelle Loi
fondamentale concernant les produits alimentaires,
l'agriculture et les zones rurales, afin de faire face
aux importants changements économiques et sociaux qui
affectent l'agriculture et de définir l'orientation
future de la politique agricole. La nouvelle loi s'appuie
sur quatre principes fondamentaux: la stabilité de
l'approvisionnement en denrées alimentaires, le rôle
multifonctionnel effectif de l'agriculture, le
développement durable de l'agriculture et le
développement des zones rurales. En vue de mettre en
uvre l'orientation politique énoncée dans la
nouvelle loi, le Cabinet a arrêté un plan en mars 2000.
Celui-ci prévoit diverses mesures, dont certaines ont
déjà été mises en uvre; elles incluent la
réforme de la politique des prix en ce qui concerne le
blé et l'introduction de versements directs aux
agriculteurs des régions de collines et de montagnes. Le
Plan contient également des lignes directrices pour
atteindre un taux d'autonomie alimentaire de 45 pour cent
(en termes de calories) d'ici à 2010 (contre 40 pour
cent en 1998).
Le
secteur manufacturier a toujours été beaucoup plus
exposé à la concurrence internationale que les autres
secteurs (à l'exception des préparations alimentaires,
du tabac, des boissons alcooliques, des textiles, des
chaussures et des coiffures, ainsi que du cuir et des
articles en cuir). Les droits de douane appliqués aux
produits manufacturés sont en général bas, il existe
peu d'obstacles non tarifaires, et le secteur reçoit
relativement peu d'aides financières ou autres de la
part de l'État. Néanmoins, le secteur manufacturier, à
la différence de l'agriculture, a été le moteur du
développement rapide du pays, fondé sur les
exportations, au cours des 50 dernières années. C'est
particulièrement vrai des automobiles, de la robotique,
des magnétoscopes, des appareils photo et des jeux
vidéo, autant de domaines dans lesquels le gouvernement
a joué un rôle très mineur, mis à part le fait de
participer activement à la libéralisation du commerce
multilatéral. Cependant, comme dans la plupart des
autres pays industrialisés, la part du PIB détenue par
le secteur manufacturier a régulièrement baissé; en
1998, elle représentait 23,5 pour cent du PIB contre
24,4 pour cent en 1997.
La
part du PIB détenue par les services au Japon a
augmenté pour s'établir à environ 65 pour cent. Les
fournisseurs de services japonais ont bénéficié d'une
protection contre la concurrence étrangère par le biais
non pas tant de mesures à la frontière que de
réglementations intérieures (notamment régime de
licences et restrictions à l'investissement étranger),
d'une prise de participation de l'État dans certains cas
et de pratiques anticoncurrentielles des entreprises
privées. Reconnaissant l'importance croissante des
services, aussi bien pour les consommateurs qu'en tant
que facteur déterminant de la compétitivité
internationale, le Japon s'est de plus en plus
préoccupé de déréglementer ce secteur tout en
renforçant les lois relatives à la concurrence et leur
mise en uvre. Le coût élevé des services et
d'autres moyens de production peut être un facteur
incitant les entreprises japonaises à se relocaliser à
l'étranger.
La
libéralisation des services financiers est l'un des
pivots des récents efforts déployés en matière de
réforme structurelle; le Japon a continué de progresser
dans la mise en uvre du programme de
libéralisation établi en 1997. Couramment dénommées
Big Bang, ces réformes ont pour objet de
créer un système financier libre, équitable et
global en permettant notamment aux entreprises de
fournir divers types de services financiers au-delà des
frontières existantes entre institutions financières
(à savoir, les banques, les compagnies d'assurance ou
les maisons de titre), et en ouvrant la porte aux
institutions étrangères qui souhaitent exercer leurs
activités au Japon. Il est bien possible que l'arrivée
des institutions étrangères ait donné un nouvel élan
à la restructuration du système financier et des
entreprises. La libéralisation du secteur financier
crée également de nouvelles possibilités pour
l'épargne des ménages, tels que les fonds communs de
placement, en pleine expansion, plus enclins à investir
dans des entreprises nouvelles et en croissance rapide.
La libéralisation du secteur financier pourra donc
probablement contribuer à une répartition plus
efficiente de l'épargne.
Parallèlement,
le Japon a dû lutter contre la menace pour le
redressement économique que représentait la fragilité
du système financier. Il a donc pris des dispositions
pour recapitaliser le système bancaire. Plus
concrètement, la législation de 1998 a permis de
dégager 60 billions de yen (12 pour cent du PIB) pour
régler le problème des prêts non productifs: certaines
institutions insolvables ont été fermées, deux grandes
banques ont été temporairement nationalisées (dont
l'une a été ensuite vendue à une banque étrangère),
et beaucoup d'autres ont bénéficié de fortes
injections de capitaux publics. Les responsabilités en
matière de réglementation et de supervision des banques
ont été transférées du Ministère des finances à une
nouvelle institution, l'Agence des services financiers
(ASF) et son organisme de tutelle, la Commission de la
reconstruction financière (CRF). Les normes en matière
de constitution de provisions ont également été
rendues plus strictes. Tandis que le Japon semble avoir
réussi à régler les problèmes du secteur bancaire,
certaines compagnies d'assurance sur la vie sont encore
menacées de faillite et sont donc de plus en plus
visées par l'activité réglementaire de l'ASF.
Le
Japon a également adopté diverses mesures destinées à
promouvoir la poursuite de la déréglementation dans le
secteur des télécommunications, notamment: la
suppression des restrictions en matière de participation
étrangère au capital social de certains types de
fournisseurs de services de télécommunication et de
services de télévision par câble; la suppression de
l'autorisation obligatoire en ce qui concerne les tarifs
appliqués à l'utilisateur final; l'adoption d'une
réglementation fixant un niveau plafond pour certains
tarifs appliqués à l'utilisateur final; et une
modification en mai 2000 de la Loi sur le commerce des
services de télécommunication établissant un cadre
destiné à mettre en place un système d'établissement
des coûts différentiels à long terme. Néanmoins,
comme l'a indiqué la FTC, le marché japonais des
télécommunications demeure monopolistique, et les prix
de certains services sont encore élevés au regard des
normes constatées dans les pays développés. Par
exemple, en mars 2000, les tarifs d'accès au réseau
Internet pour 40 heures en dehors des périodes de pointe
étaient plus élevés que dans la plupart des pays
membres de l'OCDE; ces tarifs élevés ont tendance à
décourager l'utilisation d'Internet et la diffusion des
technologies de l'information, ce qui nuit au
développement du commerce électronique.
À
mesure que progresse la déréglementation, des
préoccupations sont apparues quant à l'adéquation et
l'efficacité de la politique de la concurrence en ce qui
concerne d'autres secteurs des services nonobstant le
renforcement récent des lois sur la concurrence et de
leur application. En particulier, plusieurs secteurs,
notamment les transports maritimes et aériens,
échappent aux disciplines de la Loi antimonopole.
Perspectives
L'économie
japonaise présente des signes de redressement. Poussé
par l'investissement public, le PIB réel a crû au cours
du deuxième trimestre de 2000 à un taux annuel de 4,2
pour cent. Mais les investissements des entreprises,
après avoir fortement augmenté au cours du premier
trimestre de 2000, en partie en raison d'une hausse de la
rentabilité des entreprises, ont quelque peu baissé au
cours du deuxième trimestre, malgré un accroissement de
la rentabilité. Les tendances récentes assez floues de
la consommation et de l'investissement privés, jointes
au niveau actuellement élevé du chômage (qui explique
en partie que les consommateurs japonais hésitent à
dépenser), à la pression à la baisse persistante qui
s'exerce sur les prix, et au déclin des exportations
nettes, ne permettent pas de se prononcer avec certitude
sur la vigueur et la durabilité du redressement. Le
raffermissement du yen, qui s'est considérablement
apprécié par rapport au dollar EU et à l'euro depuis
le milieu de 1998, pourrait provoquer une chute
supplémentaire des exportations nettes, ce qui
risquerait d'affaiblir le redressement. En décidant de
mettre fin, en août 2000, à sa politique des taux
d'intérêt nuls, la Banque du Japon a sans doute tenu
compte de l'impact probable de cette décision, non
seulement sur le taux de change, mais aussi sur le
système financier et sur les dépenses des consommateurs
et l'investissement. Néanmoins, en raison des doutes
persistants quant à la vigueur du redressement
économique, le gouvernement envisagerait un autre train
de mesures d'incitation budgétaires, quoique de bien
moindre envergure que les deux précédents (novembre
1998 et 1999), qui représentaient un montant de 18
billions de yen.
Les
perspectives économiques étant apparemment meilleures,
le risque est peut-être que le Japon se montre moins
déterminé à poursuivre les réformes structurelles,
compromettant ainsi le caractère durable du
redressement. De fait, on a vu récemment certains signes
de baisse de la fièvre des réformes (par
exemple, l'adoption d'un régime fiscal consolidé remise
à plus tard; les retards dont souffre la réforme des
retraites; les deux ans de retard du projet de
suppression du dispositif de sécurité en matière de
dépôts bancaires et le fait que, jusqu'ici, aucune
licence n'a été accordée aux groupes non financiers
qui souhaitent entreprendre des activités bancaires).
Néanmoins, le gouvernement a apparemment la ferme
intention d'intensifier les réformes réglementaires et
autres qui visent à supprimer les éléments qui
faussent la concurrence. À cet égard, sa décision
récente d'abandonner le projet de renflouer une grosse
société de vente au détail lourdement endettée
constitue un signe positif. Dans l'ensemble, le secteur
privé a fortement incité le gouvernement à poursuivre
rapidement dans la voie des réformes.
Tout
en continuant d'ouvrir son marché au niveau
multilatéral, le Japon semble participer de plus en plus
à des arrangements régionaux, notamment l'APEC, et
tisse des liens avec le groupement formé de l'ANASE, de
la Chine et de la Corée (ANASE + 3 (Japon inclus)). Le
Japon explore également la voie des accords de
libre-échange bilatéraux, alors qu'il avait évité ce
type d'arrangement dans le passé. Il importe que ces
arrangements régionaux et bilatéraux ne soient pas
conclus au détriment de l'attachement que le Japon a
toujours manifesté à l'égard du système commercial
multilatéral.
Rapport
du gouvernement haut
de page
ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES
JAPON
Rapport du gouvernement Partie II
ENVIRONNEMENT
COMMERCIAL ET ÉCONOMIQUE
ENVIRONNEMENT
ÉCONOMIQUE
L'économie
japonaise a été touchée par la récession au printemps
1997, mais elle est sortie de cette mauvaise passe vers
le printemps 1999 grâce à l'application de différentes
mesures comme des dépenses additionnelles
d'investissement public, une réduction de l'impôt sur
le revenu, une politique monétaire d'accompagnement et
des mesures visant à stabiliser le système financier.
Depuis lors, l'activité économique n'a cessé de
progresser à un rythme modéré. La reprise économique
en Asie a également contribué à l'amélioration de la
situation après le deuxième semestre de 1999. Lors du
processus de reprise, la production industrielle et les
bénéfices des sociétés ont augmenté à mesure que
l'ajustement des stocks avançait. Ces progrès ont
permis la mise en place de conditions favorables à la
reprise des investissements productifs dès la fin de
1999. Les exportations continuent de croître en raison
de la bonne conjoncture économique en Asie, aux
États-Unis et en Europe. Les importations, notamment
celles qui proviennent d'Asie, sont en augmentation.
Bien
que la situation de l'emploi reste préoccupante avec un
taux de chômage toujours élevé, le nombre d'heures
supplémentaires ouvrées et d'offres d'emploi a
augmenté. Le secteur privé a moins l'impression qu'il y
a une situation de sureffectif même si ce sentiment est
encore assez répandu. Par ailleurs, dans le secteur des
ménages, la consommation privée n'affiche pas encore
nettement une tendance ascendante bien que le mouvement
de baisse des revenus touche à son terme. En résumé,
le Japon connaît une légère amélioration de sa
situation économique, mais n'est toujours pas engagé
dans la voie d'une reprise autonome.
Le
gouvernement japonais continuera de prendre des mesures
de gestion économique et budgétaire axées sur la
relance et agira de manière à parvenir à une reprise
autonome, en tenant dûment compte de la tendance de
l'économie. Il élaborera un nouvel ensemble de mesures
en vue de mettre en uvre le Plan pour le renouveau
du Japon.
En
ce qui concerne la situation financière, la politique
monétaire a dans l'ensemble continué d'accompagner la
conjoncture. Une politique des taux d'intérêt nuls
était en place depuis février 1999, mais le 11 août
2000, l'objectif du taux de l'argent au jour le jour a
été porté à environ 0,25 pour cent en moyenne. Les
taux d'intérêt à long terme ont été inférieurs à 2
pour cent hormis en février 1999. Les taux d'intérêt
à court terme qui étaient restés stables,
n'enregistrant qu'une hausse temporaire due aux
problèmes liés au passage à l'an 2000, ont quelque peu
augmenté à partir du mois d'août 2000. La masse
monétaire (M2 + certificats de dépôt) a enregistré
une hausse d'environ 2,0 à 3,0 pour cent en variation
annuelle de février à juillet 2000. La politique
monétaire d'accompagnement a contribué à la reprise
économique en stimulant l'investissement dans les
secteurs du logement et de l'équipement tandis que la
demande de monnaie du secteur privé est resté faible.
Par ailleurs, les cours des valeurs mobilières, qui
affichaient pourtant une tendance à la hausse grâce à
la dissipation des inquiétudes sur le système financier
et à la persistance du redressement économique, ont
enregistré une baisse au milieu du mois d'avril 2000
sous l'influence entre autres choses des ajustements du
cours des valeurs mobilières aux États-Unis, et ils
sont restés faibles.
En
ce qui concerne l'évolution du taux de change entre le
dollar et le yen de 1998 à août 2000, le dollar s'est
déprécié, passant de 147,64 yen en août 1998 à
101,25 yen en novembre 1999. Depuis le début de l'an
2000, le dollar s'est échangé à un cours compris dans
une fourchette plus étroite, principalement entre 104 et
110 yen.
TENDANCES
DU COMMERCE EXTÉRIEUR
Les
données statistiques sur le commerce extérieur montrent
que l'excédent commercial du Japon a augmenté en 1997,
après quatre années de baisse consécutives, et a
atteint un niveau record de 13,99 billions de yen en
1998. En 1999, les exportations et les importations ont
diminué, mais le repli a été plus marqué pour les
exportations, ce qui a provoqué une baisse de
l'excédent commercial qui est tombé à 12,28 billions
de yen. Au premier semestre de 2000, les importations ont
considérablement progressé par suite du redressement de
l'économie japonaise et l'excédent commercial s'est
réduit de 4,6 pour cent.
La
valeur totale des exportations a diminué pendant deux
années consécutives à partir de 1998 en raison
principalement de la crise économique qui a frappé les
pays d'Asie de l'Est. Au premier semestre de 2000, la
valeur totale des exportations est remontée.
La
valeur totale des exportations en 1999 a été de
47,55 billions de yen (soit une diminution de 6,1
pour cent par rapport à 1998).
Augmentation
d'une année sur l'autre au premier semestre de
2000: +8,9 pour cent (par rapport au premier
semestre de 1999).
Augmentation
ou diminution de la valeur totale des
exportations en 1999 sur une base régionale (par
rapport à 1998):
| Nouvelles
économies industrielles (y compris la Corée,
Singapour, Hong Kong et Taiwan) |
+0,2
pour cent |
| Chine |
+1,4
pour cent |
| Association
des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE) |
+1,3
pour cent |
| États-Unis |
-5,6
pour cent |
| Union
européenne (UE) |
-9,2
pour cent |
| Moyen-Orient |
-31,3
pour cent |
La
valeur totale des importations a aussi diminué pendant
deux années consécutives à partir de 1998 en raison
principalement de la crise économique au Japon et de
l'appréciation du yen. Au premier semestre de 2000, la
valeur totale des importations est remontée.
La
valeur totale des importations en 1999 a été de
35,27 billions de yen (soit une diminution de 3,8
pour cent par rapport à 1998).
Augmentation
d'une année sur l'autre au premier semestre de
2000: +13,7 pour cent (par rapport au premier
semestre de 1999).
Augmentation
ou diminution de la valeur totale des
importations en 1999 sur une base régionale (par
rapport à 1998):
| Nouvelles
économies industrielles |
+9,2
pour cent |
| Moyen-Orient |
+3,6
pour cent |
| ANASE |
+1,3
pour cent |
| Chine |
+0,6
pour cent |
| États-Unis |
-13,0
pour cent |
| UE |
-4,6
pour cent |
La
part des produits manufacturés dans le total des
importations a aussi augmenté de façon constante,
atteignant en 1999 un niveau record de 62,5 pour cent
(soit une augmentation de 12,3 points de pourcentage par
rapport à 1990).
TENDANCES
DE L'INVESTISSEMENT ÉTRANGER
D'après
les données du Ministère des finances, les flux
sortants d'investissement étranger direct (IED) du Japon
se sont élevés à 7 439,0 milliards de yen pour
l'exercice 1999, ce qui représente un accroissement de
42,6 pour cent par rapport à l'exercice 1998. L'IED a
fortement augmenté après la baisse (21,2 pour cent)
enregistrée pendant l'exercice 1998. Les principales
caractéristiques des investissements directs réalisés
à l'étranger pendant l'exercice 1999 ont été les
suivantes:
(i)
L'IED dans le secteur manufacturier 1999 a
atteint 4 719,3 milliards de yen pendant
l'exercice 1999, soit le triple du montant
enregistré pour 1998 (1 568,6 milliards de yen),
ce qui est principalement dû à plusieurs
investissements importants notamment dans le
secteur alimentaire. L'IED réalisé pendant
l'exercice 1999 dans le secteur non manufacturier
a diminué de 900 milliards de yen, tombant à 2
698,8 milliards de yen, ce qui s'explique
principalement par la baisse des investissements
dans le secteur des services financiers et de
l'assurance.
(ii)
Dans l'ensemble, les flux d'IED en direction des
pays développés ont fortement augmenté en
raison de plusieurs grosses opérations de
fusions et acquisitions dans ces pays. Environ 76
pour cent de la totalité de l'IED est donc
allée en Amérique du Nord et en Europe. En ce
qui concerne l'Asie, les tendances varient selon
les pays. Les investissements directs en Corée
ont été relancés et sont passés de 38,7
milliards de yen en 1998 à 109,3 milliards de
yen, ce qui représente le montant le plus
important investi en Asie pour l'exercice 1999,
tandis que les investissements directs en
Thaïlande ont diminué pour s'établir à 91,0
milliards de yen, soit la moitié du total
enregistré pour l'exercice 1998.
Les
flux entrants d'investissement étranger direct (IED) au
Japon en 1999 ont presque doublé pour la deuxième
année consécutive, passant de 1 340,4 milliards de yen
pour l'exercice 1998 à 2 399,3 milliards de yen. Le taux
de croissance des entrées (+79,0 pour cent) a été plus
important que celui des sorties (+42,6 pour cent). En
conséquence, l'écart entre les flux d'IED sortants et
entrants s'est réduit, passant d'un rapport de 4:1 pour
l'exercice 1998 à un rapport 3:1 pour l'exercice 1999.
Les principales caractéristiques des investissements
étrangers directs réalisés au Japon pendant l'exercice
1999 ont été les suivantes:
(i)
L'IED dans le secteur manufacturier est passé à
979,7 milliards de yen (+213,4 pour cent) ce qui
s'explique principalement pas une hausse rapide
des investissements dans le secteur des machines.
Dans le secteur non manufacturier, l'IED a
également progressé pour passer à 1 491,6
milliards de yen (+38,1 pour cent) grâce à
l'accroissement des investissements dans les
secteurs des télécommunications et du commerce.
(ii)
Le montant des flux entrants d'IED en provenance
de toutes les régions du monde hormis
l'Amérique du Nord et le Japon a augmenté(1).
Des hausses particulièrement importantes ont
été enregistrées en ce qui concerne l'IED en
provenance de la France (+4 341,1 pour cent), du
Canada (+9 648,8 pour cent), des Pays-Bas (+268,2
pour cent) et des îles Caïmans (+1 058,6 pour
cent).
|

Note: 1.
Les investissements en provenance du Japon sont ceux qui
sont réalisés par des sociétés à capital étranger
établies au Japon. Retour
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