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Le
Canada récolte les fruits d'un régime commercial
libéral mais des obstacles subsistent dans certains
domaines-clés haut
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Une
saine politique économique a permis au Canada d'entrer
dans sa neuvième année consécutive de croissance
économique, d'afficher un meilleur solde budgétaire, de
réduire le chômage et d'augmenter les revenus réels
après impôt. Le régime commercial libéral du pays a
joué un rôle important à cet égard, mettant en relief
les avantages que présente le commerce pour la
spécialisation, la répartition des ressources et,
finalement, le niveau de vie.
Le
nouveau rapport du Secrétariat de l'OMC et les
déclarations de politique générale du gouvernement
canadien serviront de base à l'examen de la politique
commerciale du Canada par l'Organe d'examen des
politiques commerciales de l'OMC, les 13 et 15 décembre.
Il
est indiqué dans le rapport que le Canada participe
pleinement aux travaux de l'OMC, notamment en prenant
part aux échanges de renseignements, en soutenant les
initiatives de facilitation des échanges et en
contribuant activement à l'accroissement de la
transparence. Le Canada joue un rôle actif dans les
négociations en cours sur l'agriculture et les services.
En ce qui concerne l'agriculture, il cherche d'une part
à améliorer l'accès aux marchés, à éliminer les
subventions à l'exportation et à réduire les mesures
de soutien interne qui faussent les échanges, et il
souhaite d'autre part préserver son droit d'appliquer
des systèmes de commercialisation ordonnée
dans les secteurs du blé, des produits laitiers, de la
volaille et des ufs. Pour ce qui est des services,
il voudrait renforcer les règles multilatérales et
améliorer l'accès aux marchés, tout en s'assurant que
ses systèmes publics de santé et d'éducation ne sont
pas compromis et que les nouvelles obligations ne vont
pas à l'encontre de ses objectifs en matière de
politique culturelle.
Dans
le cadre du mécanisme de règlement des différends de
l'OMC, le Canada a été partie plaignante dans plusieurs
affaires en vue de préserver l'accès aux marchés pour
ses exportations (aéronefs, amiante, buf et
saumon, par exemple). Simultanément, un certain nombre
de programmes de soutien sectoriel établis de longue
date ont été contestés au regard des règles
multilatérales, y compris les programmes concernant les
exportations de produits laitiers, les aéronefs, les
véhicules automobiles, les médicaments génériques et
les magazines.
Le
Canada a continué de développer son réseau déjà
étendu d'arrangements préférentiels. Ces arrangements
ont permis l'ouverture du marché canadien, mais ils
peuvent également fausser les courants d'échanges et
d'investissement car ils prévoient différentes marges
de préférence et règles d'origine. Depuis 1998, le
pays a entrepris des négociations en vue de conclure de
nouveaux accords de libre-échange avec le Costa Rica et
l'AELE, et il envisage également d'engager des
négociations de ce type avec Singapour. Malgré ces
initiatives, la relation privilégiée avec les
États-Unis demeurera sans doute primordiale pour le
Canada au cours des années à venir. Elle a bien servi
les intérêts économiques du pays, mais a également
accentué sa dépendance à l'égard du marché
américain, qui absorbe aujourd'hui environ 86 pour cent
des exportations de marchandises canadiennes.
Dans
l'ensemble, l'accès aux marchés canadiens des services
est relativement libéral et il s'est encore élargi
depuis 1998. Ainsi, s'agissant des services financiers,
des mesures ont été prises pour améliorer l'accès des
étrangers, tandis que dans l'industrie des
télécommunications, certaines prescriptions en matière
de propriété nationale et certains monopoles ont été
abolis. Plusieurs restrictions ont fait l'objet d'un
examen national rigoureux: dans le transport aérien, les
préoccupations concernant la politique de la concurrence
ont conduit les autorités de la concurrence à remettre
en question les obstacles existants à la participation
étrangère; dans les secteurs culturels, de nouveaux
instruments sont explorés afin de promouvoir la culture
canadienne face à l'application de plus en plus
rigoureuse de disciplines multilatérales.
Le
rapport de l'OMC relève que dans le secteur des
marchandises les droits de douane sont le principal
instrument commercial. Le régime tarifaire prévoit
l'admission en franchise de plus de 90 pour cent des
importations, en vertu de règles NPF ou de règles
préférentielles, ce qui donne un droit moyen pondéré
par les échanges de seulement 0,9 pour cent environ. En
revanche, la moyenne arithmétique des droits NPF est de
7,1 pour cent, tandis que pour les positions passibles de
droits, la moyenne est d'environ 13 pour cent en raison
du droit plus élevé appliqué à plusieurs produits
sensibles; il s'agit notamment des légumes, des fleurs
coupées, du sucre, des vins, des textiles, des
vêtements, des chaussures et des navires, produits dont
beaucoup présentent de l'intérêt sur le plan des
exportations pour les pays en développement. À cet
égard, et malgré la modification du régime tarifaire
appliqué aux pays les moins avancés depuis 1998, les
concessions tarifaires autonomes du Canada en faveur des
pays en développement restent modestes comparativement
aux préférences établies dans le cadre des accords
réciproques de libre-échange (ALE). L'application de
ces préférences sur une base NPF permettrait à la fois
de renforcer le bien-être au Canada même et
d'améliorer l'accès aux marchés pour les pays en
développement et les autres partenaires.
Les
producteurs canadiens ont continué de rechercher une
protection contre les importations au moyen de mesures
antidumping; 85 droits antidumping définitifs étaient
en vigueur au milieu de 2000, faisant du Canada l'un des
pays qui recourent le plus aux mesures antidumping. Les
exportations originaires de quelque 35 partenaires sont
touchées et 58 pour cent d'entre elles concernent les
produits de l'acier. Environ 16 pour cent des mesures
antidumping sont en vigueur depuis au moins dix ans.
Le
rapport indique que plusieurs restrictions quantitatives
sont maintenues pour protéger les producteurs nationaux
contre la concurrence étrangère. Le Canada a pris des
mesures de libéralisation unilatérales dans le secteur
des textiles et des vêtements mais impose, par ses
contingents d'importation, d'importantes restrictions en
ce qui concerne certains produits, dont plusieurs
présentent un grand intérêt pour les pays en
développement. Les droits appliqués aux produits soumis
à des contingents tarifaires qui dépassent 300 pour
cent dans l'industrie laitière et l'industrie de la
volaille équivalent encore de facto à des restrictions
quantitatives. En protégeant ces industries contre
l'ouverture des marchés, les contingents tarifaires
perpétuent les disfonctionnements au détriment des
consommateurs canadiens et privent de débouchés
commerciaux les producteurs étrangers plus performants.
Selon
le rapport, les distorsions du marché peuvent résulter
des prescriptions relatives à la teneur en éléments
d'origine nationale qui sont en vigueur au niveau
fédéral ou provincial. Les prescriptions fédérales
s'appliquent dans les sous-secteurs culturels
et dans le cadre du Pacte de l'automobile; des groupes
spéciaux de l'OMC ont récemment jugé que, dans les
deux cas, certains régimes étaient incompatibles avec
les règles multilatérales. Les prescriptions
provinciales s'appliquent à la production viticole et à
la transformation du bois et des minéraux. Dans trois
provinces, les vins locaux bénéficient de conditions de
commercialisation moins restrictives que les produits
étrangers.
Un
soutien financier est offert pour certaines activités,
ce qui a des effets sur la production et éventuellement
sur le commerce et l'investissement. Environ 40 pour cent
de l'ensemble des transferts financiers à l'économie
sont destinés au secteur agroalimentaire, principalement
sous la forme de programmes de gestion des risques liés
au revenu. Contrairement aux tendances antérieures,
l'aide à ce secteur a augmenté considérablement depuis
1998. L'aide canadienne à l'agriculture reste peu
importante par rapport à celle qui est accordée par
d'autres grands exportateurs de produits agricoles, mais
elle ne peut qu'accentuer le problème des subventions et
des distorsions du marché qui affectent les marchés
mondiaux. Les transferts financiers fédéraux aux
secteurs non agricoles peuvent prendre la forme de dons
et de programmes d'investissement direct; un groupe
spécial a jugé que l'industrie aéronautique régionale
bénéficiait, dans le cadre d'un de ces programmes, de
subventions incompatibles avec les règles de l'OMC.
Notes
à l'intention des journalistes
Les
examens des politiques commerciales sont un exercice,
prescrit dans les Accords de l'OMC, au cours duquel les
politiques commerciales et connexes des pays Membres sont
examinées et évaluées périodiquement. Les faits
nouveaux importants qui peuvent avoir une incidence sur
le système commercial mondial font aussi l'objet d'un
suivi. Pour chaque examen, deux documents sont établis:
une déclaration de politique générale présentée par
le gouvernement du Membre soumis à examen et un rapport
détaillé rédigé de manière indépendante par le
Secrétariat de l'OMC. Ces deux documents sont ensuite
examinés par l'ensemble des Membres de l'OMC dans le
cadre de l'Organe d'examen des politiques commerciales
(OEPC). Ces documents et les comptes rendus des réunions
de l'OEPC sont publiés peu de temps après. Depuis 1995,
c'est-à-dire depuis l'entrée en vigueur de l'Accord sur
l'OMC, les services et les aspects des droits de
propriété intellectuelle qui touchent au commerce sont
également visés.
S'agissant
du présent examen, le rapport du Secrétariat de l'OMC
et les déclarations de politique générale élaborées
par le gouvernement canadien seront examinés par
l'Organe d'examen des politiques commerciales les 13 et
15 décembre 2000. Le rapport du Secrétariat concerne
l'évolution de tous les aspects de la politique
commerciale du Canada, y compris les lois et
réglementations intérieures, le cadre institutionnel et
la politique commerciale par mesure et par secteur.
Au
présent communiqué de presse sont joints un résumé
des observations contenues dans le rapport du
Secrétariat et certaines parties des déclarations de
politique générale des autorités gouvernementales. Le
rapport du Secrétariat et les déclarations de politique
générale des autorités gouvernementales sont à la
disposition des journalistes à la salle de presse du
site Internet de l'OMC (www.wto.org). Ces trois
documents, le compte rendu des débats de l'OEPC et les
remarques finales formulées par le Président seront
regroupés en temps opportun dans une publication
brochée qui pourra être obtenue auprès du Secrétariat
de l'OMC, Centre William Rappard, 154 rue de Lausanne,
1211 Genève 21.
Depuis
décembre 1989, il a été procédé à l'examen de la
politique commerciale des pays ou groupes de pays
suivants: Afrique
du Sud (1993 et 1998), Argentine (1992 et 1999),
Australie (1989, 1994 et 1998), Autriche (1992),
Bangladesh (1992 et 2000), Bahreïn (2000), Bénin
(1997), Bolivie (1993 et 1999), Botswana (1998), Brésil
(1992, 1996 et 2000), Burkina Faso (1998), Cameroun
(1995), Canada (1990, 1992, 1994, 1996 et 1998), Chili
(1991 et 1997), Chypre (1997), Colombie (1990 et 1996),
Communautés européennes (1991, 1993, 1995, 1997 et
2000), Corée, Rép. de (1992, 1996 et 2000), Costa Rica
(1995), Côte d'Ivoire (1995), Égypte (1992 et 1999), El
Salvador (1996), États-Unis (1989, 1992, 1994, 1996 et
1999), Fidji (1997), Finlande (1992), Ghana (1992),
Guinée (1999), Hong Kong (1990, 1994 et 1998), Hongrie
(1991 et 1998), Îles Salomon (1998), Inde (1993 et
1998), Indonésie (1991, 1994 et 1998), Islande (1994 et
2000), Israël (1994 et 1999), Jamaïque (1998), Japon
(1990, 1992, 1995, 1998 et 2000), Kenya (1993 et 2000),
Lesotho (1998), Macao (1994), Malaisie (1993 et 1997),
Mali (1998), Maroc (1989 et 1996), Maurice (1995),
Mexique (1993 et 1997), Namibie (1998), Nicaragua (1999),
Nigéria (1991 et 1998), Norvège (1991, 1996 et 2000),
Nouvelle-Zélande (1990 et 1996), Ouganda (1995),
Pakistan (1995), Papouasie-Nouvelle-Guinée (1999),
Paraguay (1997), Pérou (1994 et 2000), Philippines
(1993), Pologne (1993), République dominicaine (1996),
République slovaque (1995), République tchèque (1996),
Roumanie (1992 et 1999), Sénégal (1994), Singapour
(1992, 1996 et 2000), Sri Lanka (1995), Suède (1990 et
1994), Suisse (1991, 1996 et 2000 (conjointement avec le
Liechtenstein)), Swaziland (1998), Tanzanie (2000),
Thaïlande (1991, 1995 et 1999), Togo (1999),
Trinité-et-Tobago (1998), Tunisie (1994), Turquie (1994
et 1998), Uruguay (1992 et 1998), Venezuela (1996),
Zambie (1996) et Zimbabwe (1994).
Rapport
du gouvernement haut
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ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES
CANADA
Rapport du gouvernement
Contexte
de la politique économique et commerciale
(i)
Importants facteurs économiques de base
1.
En 1999, alors qu'il entre dans sa huitième année
consécutive de croissance économique, le Canada
connaît une forte croissance qui se poursuivra tout au
cours de l'année. La demande intérieure,
l'investissement et le commerce ont continué d'alimenter
la solide performance du Canada, accélérant ainsi la
croissance réelle du produit intérieur brut (PIB) qui
s'élève de 3,3 pour cent en 1998 à 4,5 pour cent
l'année suivante. Le taux d'inflation des prix à la
consommation est demeuré faible à 1,7 pour cent et le
taux de chômage est tombé à 6,8 pour cent en septembre
2000, avoisinant le plancher des 24 dernières années de
6,6 pour cent enregistré en mai et juin de la même
année. La croissance de l'emploi s'établissait à 3
pour cent alors que 427 000 nouveaux emplois nets se
créaient en 1999.
2.
Le gouvernement fédéral a enregistré pour l'exercice
1999-2000 un excédent de 12,3 milliards de dollars
canadiens, grâce à une croissance économique plus
forte et les restrictions des dépenses. Il s'agit du
troisième excédent de suite, ce qui ne s'était pas vu
depuis le début des années 50. Le gouvernement a
réussi à réduire la dette publique de 19 milliards de
dollars et à libérer plus de 1 milliard de dollars par
année qu'il peut consacrer au financement des dépenses
de programme et à l'allégement des impôts. La dette
nette fédérale s'est abaissée à 565 milliards de
dollars en 1999-2000. Le rapport dette-PIB a également
diminué de 12 points de pourcentage, chutant de son
sommet de 1995-1996 pour s'établir à 58,9 pour cent en
1999-2000.
3.
Les provinces et les territoires ont profité des
retombées de l'évolution financière au niveau
fédéral et ont dégagé, selon les estimations, un
excédent de 2,4 milliards de dollars au cours de
l'exercice 1999-2000, soit le premier excédent global
depuis au moins 30 ans.
(ii)
Le commerce international soutient la croissance
économique
4.
Le commerce international a joué un rôle important dans
le soutien à la croissance économique du Canada. En
date du deuxième trimestre de 2000, le Canada exportait
des biens et des services comptant pour environ 45 pour
cent du PIB, soit une proportion considérablement
supérieure à celle de nos plus importants partenaires
commerciaux et qui a crû, alors qu'elle s'établissait
à 43 pour cent en 1999 et à 28 pour cent il y a tout
juste dix ans. Au Canada, on attribue au commerce la
création d'un nouvel emploi sur trois.
5.
De nos jours, les ressources comptent désormais pour 35
pour cent de nos exportations, comparativement à 60 pour
cent il y a 20 ans. Les exportations sont constituées en
majorité de biens et de services à forte valeur
ajoutée des domaines des télécommunications, de
l'aérospatiale, du logiciel, des technologies
environnementales et d'autres secteurs de la
nouvelle économie. L'automobile est le plus
important secteur d'exportation et est suivie par le
secteur de la machinerie et de l'outillage, dont font
partie les nouveaux produits des technologies. En ce qui
a trait au commerce des services, ce sont les services
commerciaux du savoir qui ont connu la plus forte
croissance. L'exportation des produits et services s'est
accrue de 11,3 pour cent en 1999, et l'importation de 7,4
pour cent. La croissance de l'importation a été
alimentée par la demande d'investissement pour de la
machinerie et de l'outillage et la montée du prix du
pétrole. En tant que pays exportateur net d'énergie, le
Canada a toutefois bénéficié de la rapide montée des
prix internationaux du pétrole.
6.
Le taux de croissance de l'exportation soutenu et élevé
par rapport à celui des importations est le fruit des
nouveaux débouchés qu'ont créés les progrès
technologiques, de la vigueur de l'économie des
États-Unis, de l'ALENA et de la réduction des
barrières commerciales à la suite des négociations
commerciales du Cycle d'Uruguay.
(iii)
L'investissement à l'étranger surpasse l'investissement
à l'intérieur du pays
7.
L'investissement étranger direct (IED) s'est accru de
près de 10 pour cent en 1999 pour totaliser 240
milliards de dollars, soit 25 pour cent du PIB.
L'investissement direct canadien à l'étranger (IDCE) a
atteint 257 milliards de dollars, ce qui vient consacrer
le Canada comme l'un des grands investisseurs mondiaux.
Le secteur des finances et des assurances accapare la
plus grande place dans le portefeuille de l'IED et de
l'IDCE.
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