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Un
plus large accès aux marchés agricoles étrangers faciliterait les
efforts de réforme du Ghana
haut
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D'après
un rapport de l'OMC sur la politique et les pratiques commerciales du
Ghana, bien que, pendant les années 90, ce dernier ait obtenu un
taux de croissance réel supérieur à 4 pour cent par an en
moyenne, les déséquilibres macro-économiques qui ont provoqué une
crise menacent la croissance et pourraient compromettre la poursuite
de la réforme du régime de commerce extérieur et d'autres réformes
structurelles.
Le
rapport du Secrétariat de l'OMC et la déclaration de politique
générale du gouvernement ghanéen serviront de base au deuxième
examen de la politique commerciale du Ghana par l'Organe d'examen des
politiques commerciales de l'OMC, les 26 et 28 février 2001.
Le
rapport indique que, face à une crise économique imminente, le
gouvernement a pris deux premières mesures en 1998. Il a adopté un
objectif de croissance annuelle de la masse monétaire de 18 pour
cent afin de maîtriser l'inflation, dont le taux est tombé à
12 pour cent en 1999, et, afin de contenir le déficit
budgétaire, il a réintroduit une taxe à la valeur ajoutée de
10 pour cent, qui vise un large éventail de biens et services,
et dont il a porté le taux à 12,5 pour cent en 2000. Il a aussi
cherché à réduire les dépenses, et le déficit budgétaire est
tombé à 6 pour cent du PIB en 1999.
Malheureusement,
selon le rapport, ces mesures sont arrivées trop tard pour éviter la
crise économique et le gouvernement a dû réviser à la baisse ses
prévisions dans le budget 2000. Le déficit budgétaire devrait
rester important et la date retenue pour le rétablissement de
l'équilibre budgétaire a été repoussée au-delà de 2001. Ce
déficit créera des tensions dans le système financier et des
pressions inflationnistes, et aura tendance à faire monter les taux
d'intérêt et à peser sur la balance extérieure.
Le
rapport souligne que le commerce extérieur et l'investissement
étranger direct (IED) sont indispensables pour le développement
économique du Ghana. La part des exportations de marchandises dans le
PIB a beaucoup augmenté, passant de 18 pour cent en 1993 à
28 pour cent en 1998, de même que celle des importations, qui
est passée de 29 à 39 pour cent dans le même temps. Le
commerce extérieur est relativement concentré, tant en termes de
produits que sur le plan géographique. Les produits primaires, et
avant tout l'or et le cacao, représentent l'essentiel des
exportations. Les exportations de produits non traditionnels,
notamment les produits alimentaires transformés, le bois et les
produits en aluminium, constituent 20 pour cent du total, contre
3 pour cent en 1986. Toutefois, la diversification des
exportations s'est ralentie. La plupart des produits manufacturés, et
notamment les machines et autres intrants, sont importés. L'Union
européenne est toujours le premier partenaire commercial du Ghana et
absorbe près de la moitié de ses exportations (ce qui est en partie
dû à des préférences commerciales) et fournit également la
moitié de ses importations. Au sein de l'UE, l'Italie a supplanté le
Royaume-Uni et l'Allemagne en tant que principal marché d'exportation.
Les principaux fournisseurs européens du Ghana sont l'Italie, le
Royaume-Uni et la France.
Le
Ghana, Membre fondateur de l'OMC, accorde au minimum le traitement NPF
à tous ses partenaires commerciaux. Quelque 15 pour cent des
lignes tarifaires sont consolidées, principalement dans le secteur
agricole. La liste d'engagements annexée à l'AGCS contient des
engagements pour certains secteurs de services, dont le tourisme, les
transports maritimes, la construction et l'éducation. Le Ghana est
aussi partie aux Accords sur les télécommunications de base et les
services financiers. Il a le statut d'observateur dans le cadre de
l'Accord plurilatéral sur le commerce des aéronefs civils; il n'a
pas signé l'Accord sur les marchés publics et n'a pas la qualité
d'observateur dans le cadre de cet accord.
Le
droit de douane reste le principal instrument de politique commerciale
du Ghana. La moyenne simple des droits est tombée de 17 pour
cent en 1992 à 13 pour cent en janvier 2000, date à
laquelle le taux le plus élevé, c'est-à-dire le taux appliqué aux
biens de consommation, a été ramené de 25 à 20 pour cent.
Toutefois, la moyenne tarifaire est remontée jusqu'à 14,7 pour
cent en février 2000, niveau auquel elle se trouve toujours,
lorsque les autorités ont réintroduit une taxe spéciale à
l'importation, d'un taux de 20 pour cent, qui vise quelque
7 pour cent des lignes tarifaires. En raison de cette mesure, les
droits perçus sur de nombreux produits, essentiellement de
consommation, atteignent 40 pour cent, ce qui est nettement
supérieur au taux antérieur de 25 pour cent. Cette mesure est
donc en contradiction avec l'objectif déclaré du gouvernement qui a
l'intention de ramener la moyenne des droits à moins de 10 pour
cent dans un délai de trois ans.
Le
Ghana est très tributaire de l'agriculture, en particulier de la
culture du cacao, et des ressources naturelles, notamment minérales.
Le secteur primaire représente près de la moitié du PIB et
l'agriculture 40 pour cent. Les industries manufacturières
contribuent pour environ 10 pour cent au PIB. Les services sont
la deuxième composante du PIB. De nombreux services d'infrastructure
de base, comme l'électricité, les services portuaires et l'eau, sont
fournis par des monopoles publics. Les services de télécommunication
de base sont fournis par un duopole officiel, depuis qu'une deuxième
concession a été accordée en 1997. Ces mesures n'ont guère
stimulé l'offre de services de télécommunication: aucun des deux
opérateurs n'a respecté ses objectifs de développement du réseau
ou de qualité du service. Le gouvernement envisage d'accorder de
nouvelles concessions à partir de mars 2002. Le marché des
services de télécommunication à valeur ajoutée est ouvert. Une
Autorité nationale des télécommunications a été créée en 1997,
en tant qu'organisme indépendant chargé de réglementer le secteur,
dans le but de promouvoir la concurrence et l'efficience.
Dans
l'ensemble, le Ghana applique sa politique et ses mesures commerciales
de façon non discriminatoire, et il accorde au minimum le traitement
NPF à tous ses partenaires. La poursuite de la libéralisation du
régime NPF, parallèlement à l'élargissement des accords
bilatéraux et à l'approfondissement de l'intégration régionale,
permettrait d'optimiser la politique commerciale et contribuerait à
éviter un éventuel détournement des échanges. Le recours exclusif
à des droits ad valorem, qui sont en cours de rationalisation,
comme instrument de politique commerciale, contribue à la
transparence du régime de commerce extérieur. L'extension des
consolidations tarifaires dans d'autres secteurs que l'agriculture
serait bénéfique pour le Ghana et pour ses partenaires commerciaux
car elle accroîtrait la prévisibilité. La poursuite de réformes
structurelles, et notamment de la libéralisation du commerce
extérieur et de l'investissement, pourrait améliorer la flexibilité
et les perspectives de croissance de l'économie.
Toutefois,
l'économie ghanéenne est relativement fragile et vulnérable en cas
de forte fluctuation du cours international des produits primaires et
d'autres chocs, tels que des intempéries. Les difficultés actuelles,
dont les causes sont tant internes (notamment le déficit budgétaire
excessif) qu'externes, exercent des pressions additionnelles sur
l'économie, ce qui pourrait affaiblir la volonté de libéralisation
du commerce extérieur manifestée par le gouvernement. Les réformes
unilatérales pourraient être facilitées par le renforcement des
engagements du Ghana dans le cadre de l'OMC et le respect de ses
obligations, et les partenaires commerciaux pourraient jouer un rôle
très utile en garantissant un meilleur accès à leurs marchés, en
particulier celui des produits agricoles, pour lesquels l'avantage
comparatif du Ghana semble particulièrement grand.
Notes
à l'intention des journalistes
Les
examens des politiques commerciales sont un exercice, prescrit dans
les Accords de l'OMC, au cours duquel les politiques commerciales et
les politiques connexes des pays Membres sont examinées et évaluées
périodiquement. Les faits nouveaux importants qui peuvent avoir une
incidence sur le système commercial mondial font aussi l'objet d'un
suivi. Pour chaque examen, deux documents sont établis: une
déclaration de politique générale présentée par le gouvernement
du Membre soumis à examen et un rapport détaillé rédigé de
manière indépendante par le Secrétariat de l'OMC. Ces deux
documents sont ensuite examinés par l'ensemble des Membres de l'OMC
dans le cadre de l'Organe d'examen des politiques commerciales (OEPC).
Ces documents et les comptes rendus des réunions de l'OEPC sont
publiés peu de temps après. Depuis 1995, c'est-à-dire depuis
l'entrée en vigueur de l'Accord sur l'OMC, les services et les
aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au
commerce sont également traités.
S'agissant
du présent examen, le rapport du Secrétariat de l'OMC et une
déclaration de politique générale élaborée par le gouvernement
ghanéen seront examinés par l'Organe d'examen des politiques
commerciales les 26 et 28 février 2001. Le rapport du
Secrétariat concerne l'évolution de tous les aspects de la politique
commerciale du Ghana, y compris les lois et réglementations
intérieures, le cadre institutionnel et la politique commerciale par
mesure et par secteur.
Au
présent communiqué de presse sont joints un résumé des
observations contenues dans le rapport du Secrétariat et certaines
parties de la déclaration de politique générale du gouvernement. Le
rapport du Secrétariat et la déclaration de politique générale du
gouvernement sont à la disposition des journalistes à la salle de
presse du site Internet de l'OMC (www.wto.org). Ces deux documents, le
compte rendu des débats de l'OEPC et les remarques finales formulées
par le Président seront regroupés en temps opportun dans une
publication brochée qui pourra être obtenue auprès du Secrétariat
de l'OMC, Centre William Rappard, 154 rue de Lausanne, 1211 Genève 21.
Depuis
décembre 1989, il a été procédé à l'examen de la politique
commerciale des pays ou groupes de pays suivants: Afrique
du Sud (1993 et 1998), Argentine (1992 et 1999), Australie (1989, 1994
et 1998), Autriche (1992), Bahreïn (2000), Bangladesh (1992 et 2000),
Bénin (1997), Bolivie (1993 et 1999), Botswana (1998), Brésil (1992,
1996 et 2000), Burkina Faso (1998), Cameroun (1995), Canada (1990,
1992, 1994, 1996, 1998 et 2000), Chili (1991 et 1997), Chypre (1997),
Colombie (1990 et 1996), Communautés européennes (1991, 1993, 1995,
1997 et 2000), Corée, Rép. de (1992, 1996 et 2000), Costa Rica
(1995), Côte d'Ivoire (1995), Égypte (1992 et 1999), El
Salvador (1996), États-Unis (1989, 1992, 1994, 1996 et 1999), Fidji
(1997), Finlande (1992), Ghana (1992 et 2001), Guinée (1999), Hong
Kong (1990, 1994 et 1998), Hongrie (1991 et 1998), Îles Salomon
(1998), Inde (1993 et 1998), Indonésie (1991, 1994 et 1998), Islande
(1994 et 2000), Israël (1994 et 1999), Jamaïque (1998), Japon (1990,
1992, 1995, 1998 et 2000), Kenya (1993 et 2000), Lesotho (1998), Macao
(1994), Madagascar (2001), Malaisie (1993 et 1997), Mali (1998), Maroc
(1989 et 1996), Maurice (1995), Mexique (1993 et 1997), Mozambique
(2001), Namibie (1998), Nicaragua (1999), Nigéria (1991 et 1998),
Norvège (1991, 1996 et 2000), Nouvelle-Zélande (1990 et 1996),
Ouganda (1995), Pakistan (1995), Papouasie-Nouvelle-Guinée (1999),
Paraguay (1997), Pérou (1994 et 2000), Philippines (1993 et 1999),
Pologne (1993 et 2000), République dominicaine (1996), République
slovaque (1995), République tchèque (1996), Roumanie (1992 et 1999),
Sénégal (1994), Singapour (1992, 1996 et 2000), Sri Lanka (1995),
Suède (1990 et 1994), Suisse (1991, 1996 et 2000 (conjointement avec
le Liechtenstein)), Swaziland (1998), Tanzanie (2000), Thaïlande
(1991, 1995 et 1999), Togo (1999), Trinité-et-Tobago (1998), Tunisie
(1994), Turquie (1994 et 1998), Uruguay (1992 et 1998), Venezuela
(1996), Zambie (1996) et Zimbabwe (1994).
Rapport
du Secrétariat haut
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ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES
GHANA
Rapport du Secrétariat — Observations récapitulatives
À
partir du début des années 90, la République du Ghana a
abandonné sa politique introvertie et entrepris de vastes réformes.
La libéralisation du commerce extérieur et du régime de
l'investissement, partie intégrante de ces réformes, se poursuit
depuis le précédent examen de politique commerciale (1992).
Aujourd'hui, le gouvernement veut faire du Ghana la porte de l'Afrique
de l'Ouest.
Pendant
les années 90, le Ghana a obtenu un taux de croissance réel
supérieur à 4 pour cent par an en moyenne. Toutefois, les
déséquilibres macroéconomiques ont provoqué une nouvelle crise qui
menace la croissance et pourrait compromettre la poursuite de la
réforme du régime de commerce extérieur et d'autres réformes
structurelles, comme en témoigne le fait que les autorités sont
revenues sur certaines réductions de droits de douane et ont freiné
le processus de privatisation.
Environnement
économique
La
situation macro-économique se caractérise par un important déficit
budgétaire, qui est la cause profonde des difficultés actuelles du
Ghana. Le déficit budgétaire a recommencé à augmenter très
rapidement au milieu des années 90 jusqu'à atteindre
10 pour cent du PIB. Il est financé essentiellement par des
emprunts à la Banque centrale et met à rude épreuve les finances
publiques et le secteur bancaire.
Une
croissance excessive de la masse monétaire a attisé l'inflation,
dont le taux a culminé à 60 pour cent en 1995, et fait monter
encore les taux d'intérêt réels. Les investissements des
entreprises ont chuté et le secteur privé, entravé par le poids
excessif de la dette publique, stagne. La compétitivité du Ghana a
décliné en raison de l'appréciation de sa monnaie (le cedi),
soutenue par d'importantes interventions de la Banque centrale
jusqu'à la fin de 1999. Depuis, le cedi a perdu la moitié de sa
valeur nominale par rapport au dollar.
La
fragilité et la vulnérabilité de l'économie ont été mises en
évidence par de récents chocs qui ont provoqué une crise de balance
des paiements. La forte détérioration des termes de l'échange, due
à la baisse du cours mondial des principaux produits d'exportation du
pays — le cacao et l'or — et à la hausse du prix du pétrole,
ainsi qu'à des interventions de la Banque centrale, a quasiment
épuisé les réserves internationales. Les difficultés économiques
semblent avoir été aggravées par la mauvaise gestion des affaires
publiques et par la faiblesse des institutions.
Face
à une crise économique imminente, le gouvernement a pris deux
premières mesures en 1998. Il a adopté un objectif de croissance
annuelle de la masse monétaire de 18 pour cent afin de
maîtriser l'inflation, dont le taux est tombé à 12 pour cent
en 1999, et, afin de contenir le déficit budgétaire, il a
réintroduit une taxe à la valeur ajoutée de 10 pour cent, qui
vise un large éventail de biens et services, et dont il a porté le
taux à 12,5 pour cent en 2000. Il a aussi cherché à réduire les
dépenses, et le déficit budgétaire est tombé à 6 pour cent
du PIB en 1999.
Malheureusement,
ces mesures sont arrivées trop tard pour éviter la crise économique
et le gouvernement a dû réviser à la baisse ses prévisions dans le
budget 2000. Le déficit budgétaire devrait rester important et la
date retenue pour le rétablissement de l'équilibre budgétaire a
été repoussée au-delà de 2001. Ce déficit créera des tensions
dans le système financier et des pressions inflationnistes, et aura
tendance à faire monter les taux d'intérêt et à peser sur la
balance extérieure.
Le
Ghana est toujours un pays en développement très endetté (son PIB
par habitant était de 390 dollars EU en 1998), fortement
tributaire des financements extérieurs assortis de conditions de
faveur. Sa dette extérieure représente plus de 75 pour cent du
PIB, mais il en a généralement assuré le service sans demander de
rééchelonnements.
Commerce
extérieur et investissement étranger direct
Le
commerce extérieur et l'investissement étranger direct (IED) sont
indispensables pour le développement économique du Ghana. La part
des exportations de marchandises dans le PIB a beaucoup augmenté,
passant de 18 pour cent en 1993 à 28 pour cent en 1998, de
même que celle des importations, qui est passée de 29 à
39 pour cent dans le même temps.
Le
commerce extérieur est relativement concentré, tant en termes de
produits que sur le plan géographique. Les produits primaires, et
avant tout l'or et le cacao, représentent l'essentiel des
exportations. Les exportations de produits non traditionnels,
notamment les produits alimentaires transformés, le bois et les
produits en aluminium, constituent 20 pour cent du total, contre
3 pour cent en 1986. Toutefois, la diversification des
exportations s'est ralentie. La plupart des produits manufacturés, et
notamment les machines et autres intrants, sont importés. L'Union
européenne est toujours le premier partenaire commercial du Ghana et
absorbe près de la moitié de ses exportations (ce qui est en partie
dû à des préférences commerciales) et fournit également la
moitié de ses importations. Au sein de l'UE, l'Italie a supplanté le
Royaume-Uni et l'Allemagne en tant que principal marché d'exportation.
Les principaux fournisseurs européens du Ghana sont l'Italie, le
Royaume-Uni et la France.
Le
commerce avec les membres de la Communauté économique des États
d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) représentait 17 pour cent des
exportations en 1999, contre 13 pour cent en 1994. En 1999, le
Togo absorbait autant d'exportations ghanéennes que l'Italie. La part
des importations en provenance d'autres pays africains a elle aussi
augmenté, passant de 23 pour cent en 1994 à 27 pour cent
en 1999. Toutefois, le Nigéria, principal partenaire commercial dans
la région, a perdu du terrain et sa part est tombée de 17 à
14 pour cent entre 1994 et 1999.
Le
Ghana est importateur net de services (en particulier fret et
assurance sur marchandises). Les exportations de services de voyages
ont beaucoup augmenté durant les années 90 et sont aujourd'hui
de loin le premier poste des exportations de services, avec une part
de 60 pour cent en 1998.
Plus
de la moitié des investissements étrangers directs concernent le
secteur des services. Malgré la libéralisation du régime de
l'investissement et l'adoption de nouvelles lois visant à appliquer
le traitement national aux investisseurs étrangers, l'IED reste très
irrégulier. Son montant total entre 1994 et 1998 était de
1,5 milliard de dollars EU, les investissements provenant
essentiellement du Royaume-Uni, de la Chine, des États-Unis et de
l'Allemagne. L'incertitude politique et économique sape la confiance
des investisseurs.
Le
gouvernement considère que le respect des engagements multilatéraux
fait partie intégrante des réformes en cours. Les tarifs sur les
produits agricoles sont tous consolidés et les autorités ont pris
des mesures pour appliquer des pratiques compatibles avec les règles
de l'OMC en matière d'évaluation en douane et de protection de la
propriété intellectuelle. Le Ghana compte sur des donateurs
bilatéraux et multilatéraux pour lui fournir une assistance
technique et financière afin de l'aider à respecter ses engagements.
Cadre
institutionnel et législatif
Le
Ghana a renoué avec la démocratie parlementaire en 1992. En vertu de
la nouvelle Constitution, le pouvoir exécutif est confié au
Président et le pouvoir législatif à un Parlement monocaméral. Le
Président est chef de l'État et du gouvernement, et il désigne les
ministres.
Les
principaux ministères associés à l'élaboration et à la mise en
œuvre des politiques liées au commerce extérieur sont ceux du
commerce et de l'industrie, des finances et de l'agriculture. En outre,
il existe plusieurs organismes responsables de certains sous-secteurs,
tels que le cacao, les ressources minérales, le bois, la pêche et le
tourisme. Le Comité chargé de la mise en œuvre du programme de
cessions d'actifs gère la privatisation des entreprises d'État. La
Banque centrale, la Banque du Ghana, administre la politique
monétaire et la politique des taux de change, qui sont arrêtées de
concert avec le gouvernement.
Le
gouvernement cherche à encourager la concertation au moyen de forums
périodiques, comme le Forum économique national et le Forum sur le
partenariat pour la croissance, tous deux organisés en 1997. Il
prévoit d'organiser un forum public sur la compétitivité de
l'économie nationale, dans le cadre du programme de réforme du
commerce et de l'investissement supervisé par le Comité
interministériel de la compétitivité. Ce forum examinera l'impact
des obstacles au commerce subsistants, y compris les droits de douane,
sur la compétitivité du pays.
Le
gouvernement veut faire du Ghana un pays à revenu intermédiaire
d'ici à 2020 ("Vision 2020"). Pour cela, il prévoit
de mettre en œuvre une série de plans quinquennaux glissants ayant
pour objectif d'arriver à un taux de croissance réel d'au moins
8 pour cent par an, essentiellement grâce à l'exportation. Le
plus récent de ces plans s'est achevé à la fin de 2000.
En
matière de développement industriel, la stratégie du gouvernement
consiste à éliminer les obstacles à l'essor du secteur privé. Le
tarif douanier sera restructuré de façon à accorder une protection
raisonnable et, en particulier, les droits sur les biens d'équipement
seront réduits; on cherchera aussi à améliorer l'efficacité du
système de restitution des droits de douane. Le gouvernement
considère qu'il est souhaitable d'offrir des crédits bonifiés pour
promouvoir des industries viables. La stratégie industrielle met
aussi l'accent sur la nécessité d'établir des mesures de contrôle
budgétaires et monétaires, de rendre la Banque centrale
indépendante et de fixer un objectif d'inflation, ainsi que de
maintenir un taux de change réaliste.
Caractéristiques
et évolution de la politique commerciale
Le
Ghana, Membre fondateur de l'OMC, accorde au minimum le traitement NPF
à tous ses partenaires commerciaux. Quelque 15 pour cent des
lignes tarifaires sont consolidées, principalement dans le secteur
agricole. La liste d'engagements annexée à l'AGCS contient des
engagements pour certains secteurs de services, dont le tourisme, les
transports maritimes, la construction et l'éducation. Le Ghana est
aussi partie aux Accords sur les télécommunications de base et les
services financiers. Il a le statut d'observateur dans le cadre de
l'Accord plurilatéral sur le commerce des aéronefs civils; il n'a
pas signé l'Accord sur les marchés publics et n'a pas la qualité
d'observateur dans le cadre de cet accord.
Le
Ghana souhaite promouvoir l'intégration régionale et accélérer les
initiatives en ce sens. Il accorde des préférences tarifaires pour
de nombreux produits provenant des autres membres de la CEDEAO, sous
réserve de l'application de règles d'origine. Il a supprimé ses
droits de douane sur la plupart des échanges avec les autres membres
de la CEDEAO en 1996, conformément au programme de libéralisation
adopté par celle-ci. Les membres de la CEDEAO prévoient aussi de
former une union douanière et un marché commun. En tant que membre
de l'Organisation de l'unité africaine, le Ghana reste attaché à la
création de la Communauté économique africaine, qui devrait
déboucher sur une union économique et monétaire panafricaine.
En
qualité de signataire de l'Accord de partenariat ACP-CE (qui a
succédé à la Convention de Lomé), le Ghana bénéficie de
préférences tarifaires et autres non réciproques de l'UE pour de
nombreuses marchandises, ainsi que d'une aide financière
substantielle.
Le
Ghana a conclu des accords commerciaux bilatéraux avec plusieurs
partenaires, tels que la Malaisie, la République tchèque et la Côte
d'Ivoire, et est en train d'en négocier d'autres, avec la Roumanie,
la Grèce, le Burkina Faso, le Zimbabwe et la Libye. Les anciens
accords bilatéraux de commerce compensé avec les pays d'Europe
centrale à économie planifiée ne sont plus appliqués. Le Ghana
bénéficie du traitement SGP de la part des pays industriels et
participe au SGPC, qui réunit les pays en développement. En outre,
il a droit à un accès amélioré au marché des États-Unis jusqu'en
septembre 2008 en vertu de la Loi sur la croissance et les
perspectives économiques de l'Afrique, adoptée par les États-Unis
en 2000, à condition de satisfaire à certains critères, par exemple
en matière de protection des droits des travailleurs.
Nature
et effets des instruments de politique commerciale
Le
droit de douane reste le principal instrument de politique commerciale
du Ghana. La moyenne simple des droits est tombée de 17 pour
cent en 1992 à 13 pour cent en janvier 2000, date à laquelle le
taux le plus élevé, c'est-à-dire le taux appliqué aux biens de
consommation, a été ramené de 25 à 20 pour cent. Toutefois,
la moyenne tarifaire est remontée jusqu'à 14,7 pour cent en
février 2000, niveau auquel elle se trouve toujours, lorsque les
autorités ont réintroduit une taxe spéciale à l'importation, d'un
taux de 20 pour cent, qui vise quelque 7 pour cent des
lignes tarifaires. En raison de cette mesure, les droits perçus sur
de nombreux produits, essentiellement de consommation, atteignent
40 pour cent, ce qui est nettement supérieur au taux antérieur
de 25 pour cent. Cette mesure est donc en contradiction avec
l'objectif déclaré du gouvernement qui a l'intention de ramener la
moyenne des droits à moins de 10 pour cent dans un délai de
trois ans.
La
taxe spéciale à l'importation est qualifiée de temporaire, mais
aucun délai n'a été fixé pour sa suppression. La disparition de
cette taxe améliorerait la structure tarifaire en réduisant le
niveau moyen des droits et la dispersion des taux de droits, qui est
assez grande puisque l'écart type est actuellement de 12 pour
cent.
Le
Ghana a souvent appliqué des taxes spéciales à l'importation. La
précédente, d'un taux de 17,5 pour cent, n'avait été
supprimée qu'en mars 1999. Les autorités considèrent que ces taxes
sont nécessaires pour protéger les producteurs nationaux contre ce
qu'ils qualifient de pratiques commerciales déloyales des concurrents
étrangers.
Le
tarif douanier du Ghana comporte cinq taux (zéro, 5, 10, 20 et
maintenant 40 pour cent, en raison de l'introduction de la taxe
spéciale à l'importation). Il y a une certaine progressivité
inhérente des droits dans quelques industries manufacturières,
notamment celles du textile, du cuir, des produits chimiques, des
métaux communs, des produits alimentaires, des boissons et du tabac.
Une réduction du niveau et de la dispersion des droits améliorerait
cette structure.
Tous
les droits sont ad valorem, ce qui contribue à la transparence, mais
de nombreuses exemptions discrétionnaires sont appliquées, souvent
en vertu de compétences mal définies, ce qui permettrait à
certaines branches de production de bénéficier d'une protection ad
hoc. Par ailleurs, il y a des réductions spéciales de droits de
douane en faveur de certains importateurs, comme la Volta Aluminium
Company, et pour les intrants importés par des producteurs agréés
et destinés à des utilisations prédéterminées, notamment la
fabrication d'outils et de machines agricoles, de filets de pêche, de
produits pharmaceutiques, de tuyaux en matière plastique et de
bicyclettes. Leur justification et leur administration ne sont pas
très claires. Il existe un système de restitution des droits de
douane mais il n'est pas très efficace et les remboursements prennent
beaucoup de temps. Le gouvernement a entrepris de rationaliser les
exemptions, notamment l'utilisation, très courante, d'entrepôts sous
douane, qui pourraient faciliter la contrebande.
En
avril 2000, le Ghana a remplacé l'inspection avant expédition
obligatoire par une inspection à l'arrivée, confiée à deux
sociétés privées. Il a aussi simplifié la documentation requise et
introduit un ciblage des inspections afin de faciliter l'importation.
Depuis février 2000, les douanes ghanéennes appliquent la valeur
transactionnelle pour l'évaluation en douane, sauf dans le cas des
véhicules automobiles usagés, et auraient supprimé le barème des
prix minimaux à l'importation. Les vérifications de prix et les
procédures d'évaluation des risques visent à éviter la fraude
douanière liée à la sous-facturation. Le dédouanement peut prendre
jusqu'à sept jours. Les importateurs doivent acquitter un droit
d'inspection de 1 pour cent et une redevance douanière de
0,5 pour cent qui est versée à la CEDEAO.
Il
y a peu d'obstacles non tarifaires formels. Les véhicules automobiles
de plus de dix ans, autrefois assujettis à un droit de douane
dissuasif, ne peuvent plus être importés depuis 2000. Le Ghana
applique quelques interdictions ou contrôles pour protéger
l'environnement, la santé, la sécurité des personnes ou la
sécurité nationale, ou en vertu de conventions internationales.
Le
Ghana n'applique aucun embargo commercial et il n'a pas de
prescription de teneur en éléments d'origine nationale. Les normes
obligatoires, définies par l'Office ghanéen de normalisation,
généralement sur la base des normes internationales, ne font aucune
discrimination à l'égard des importations. Le gouvernement a
l'intention de promouvoir les normes d'application volontaire. Les
résultas d'essais effectués à l'étranger sont en général
acceptés. Il y a des prescriptions phytosanitaires et zoosanitaires,
mais elles ne semblent pas trop entraver les importations.
Le
Ghana n'a pas de loi sur les mesures de protection contingentes (mesures
antidumping, mesures compensatoires et sauvegardes). Toutefois, la
taxe spéciale à l'importation paraît être utilisée à cette fin.
Le Ministère du commerce et de l'industrie surveille le marché
mondial et l'impact des importations sur les entreprises nationales,
de façon à pouvoir prendre des mesures de compensation.
La
passation des marchés publics est de plus en plus décentralisée,
alors qu'autrefois la plupart des marchés passaient par la Commission
ghanéenne des approvisionnements. Les ministères et entités
publiques passent de nombreux marchés directement, le plus souvent
avec des procédures peu transparentes. Les directives officielles
favorisent l'achat de marchandises d'origine ghanéenne pour les
marchés publics. Les fournisseurs nationaux bénéficient en outre
d'une préférence officielle égale à 12,5 pour cent du prix (depuis
août 1999).
Le
Ghana perçoit des droits d'exportation sur le cacao et certains
sciages séchés à l'air. L'essentiel de la production d'or et de
diamant des mines artisanales est exporté par la Société de
commercialisation des minéraux précieux. L'exportation de grumes a
été suspendue en 1995, dans le but de promouvoir la transformation
du bois dans le pays. Il est également interdit d'exporter du rotin
et du bambou non transformés.
Le
Ghana n'applique pas de contingents d'exportation ni de mesures
d'autolimitation des exportations, et n'a pas de subventions à
l'exportation à proprement parler. Toutefois, les bénéfices des
exportateurs de produits non traditionnels sont imposés à un taux de
8 pour cent au lieu du taux ordinaire de 35 pour cent. Les
exportateurs de produits traditionnels ont aussi droit à un
allègement de l'impôt sur les bénéfices en fonction de la
proportion de leur production qui est exportée: le rabais maximal de
75 pour cent (pour les entreprises qui exportent au moins
25 pour cent de leur production) a pour effet de ramener le taux
effectif de l'impôt sur les bénéfices à 8 pour cent. Les
entreprises installées dans les zones franches, qui doivent exporter
au moins 70 pour cent de leur production, bénéficient
d'allègements encore plus généreux et notamment d'une trêve
fiscale de dix ans. Des entreprises situées hors des zones franches
peuvent également bénéficier de cet avantage. Il y aurait des
fuites importantes, c'est-à-dire que les entreprises bénéficiant de
cet abattement vendraient plus de 30 pour cent de leur production
sur le marché national, ce qui entraîne une réduction aléatoire de
la protection tarifaire des producteurs nationaux et facilite la
fraude fiscale.
Le
Ghana ne verse pas de subventions à la production. Certaines
activités, essentiellement agricoles, sont aidées par des avantages
fiscaux, notamment pour l'investissement. Le revenu tiré de la
production du cacao est exonéré d'impôt et la plupart des revenus
de l'agriculture et de la pêche bénéficient d'une trêve fiscale de
cinq ans, la durée de cette trêve atteignant dix ans dans le cas des
cultures arbustives. Les bénéfices hôteliers sont imposés à un
taux de faveur de 25 pour cent et les hôtels peuvent obtenir une
réduction des droits de douane sur certains intrants importés.
Hormis
dans les secteurs des industries extractives, de la pêche et de la
foresterie, l'investissement étranger direct n'est plus filtré, mais
il est suivi par le Centre ghanéen de promotion de l'investissement,
créé en 1994. Seules quelques activités, notamment le petit
commerce et les services de taxi, sont réservées aux Ghanéens. Il
n'est pas obligatoire de créer des coentreprises. Les investisseurs
étrangers doivent apporter au minimum 10 000 dollars EU
pour les coentreprises et 50 000 dollars EU pour les
entreprises en pleine propriété, sauf si leurs activités consistent
uniquement à exporter des marchandises ghanéennes. Les entreprises
de commerce extérieur doivent avoir un capital de
300 000 dollars EU et employer au moins dix Ghanéens.
Il n'existe pas de prescription de résultats à proprement parler.
Politiques
sectorielles
Le
Ghana est très tributaire de l'agriculture, en particulier de la
culture du cacao, et des ressources naturelles, notamment minérales.
Le secteur primaire représente près de la moitié du PIB et
l'agriculture 40 pour cent. Les industries manufacturières
contribuent pour environ 10 pour cent au PIB.
Le
cacao, qui est un des piliers de l'économie, est commercialisé par
un office public appelé COCOBOD. Le gouvernement est en train de
libéraliser ce régime pour revitaliser l'industrie du cacao. La
stratégie de promotion de l'industrie du cacao adoptée en avril 1999
consiste à accroître progressivement les prix à la production pour
qu'ils atteignent au moins 70 pour cent du cours mondial en
2004-2005, en allégeant la fiscalité et en améliorant l'efficacité
du COCOBOD. Le monopole d'exportation du COCOBOD sera assoupli, avec
l'introduction de contingents pour des exportateurs privés, et la
vente sur le marché intérieur sera déréglementée.
L'exportation
de bois en grumes a été suspendue et les exportations de certains
sciages sont taxées, dans le but de promouvoir l'ouvraison et de
protéger les forêts. L'abattage est supérieur à ce qui serait
viable, et ce problème est aggravé par l'importance de
l'exploitation illégale des forêts. Le gouvernement est en train de
renforcer sa politique forestière afin de promouvoir une gestion
durable, notamment en majorant les droits d'abattage et en renforçant
le contrôle des exploitants forestiers.
Seuls
les navires de pêche appartenant intégralement à des nationaux et
dont l'équipage est composé principalement de Ghanéens peuvent
obtenir une licence de pêche en haute mer, sauf dans le cas de la
pêche au thon, où la part des capitaux nationaux doit être de
25 pour cent au minimum. En outre, les navires étrangers doivent
vendre au moins 10 pour cent de leurs prises à des
transformateurs ghanéens et transborder tout le poisson dans des
ports ghanéens. L'interdiction d'importer des poissons a été levée
en 1997.
Les
investisseurs étrangers peuvent participer à l'exploitation des
grandes mines. Ils ne sont pas obligés de constituer des
coentreprises, mais l'État reçoit gratuitement une participation de
10 pour cent et une option pour l'achat d'une participation
supplémentaire de 20 pour cent à un prix "équitable".
Les taux de redevance et les obligations de cession de devises sont
négociés pour chaque mine. Les compagnies minières bénéficient
d'allègements fiscaux généreux, mais doivent verser un impôt de
25 pour cent sur les surprofits lorsqu'elles dépassent un seuil
de rentabilité actuellement fixé à 17,5 pour cent.
L'extraction artisanale de l'or et du diamant est réservée aux
Ghanéens.
La
déréglementation du secteur des hydrocarbures a consisté notamment
à supprimer en 1996 le monopole d'importation du pétrole et de
distribution des produits raffinés de l'entreprise d'État Ghana
National Petroleum Corporation (GNPC). En 1998, la formule de fixation
des prix a été modifiée: une formule de parité avec les prix à
l'importation a remplacé l'ancienne formule fondée sur le prix de
revient majoré d'une marge bénéficiaire. Le secteur reste dominé
par des entreprises d'État. La privatisation de la société Ghana
Oil Company, qui dominait la vente de produits pétroliers, et de la
raffinerie de Tema, ont été différées et la GNPC n'est plus
considérée comme une entreprise à privatiser en priorité.
Le
Ghana appliquait autrefois une politique de remplacement des
importations: l'État intervenait beaucoup dans la production et
était propriétaire de nombreuses entreprises. Il a cédé une partie
de ses intérêts et a l'intention de continuer à vendre dans le
cadre du programme de privatisation, qui a été relancé. Toutefois,
les participations qu'il détient encore concernent de plus en plus
des secteurs sensibles, et plusieurs propositions, comme celles qui
visent le secteur pétrolier, sont bloquées depuis 1997. Le nouveau
calendrier accéléré de privatisation vise essentiellement les
secteurs des transports, de l'énergie et de la banque, et il est
prévu notamment de privatiser la State Insurance Company et la Ghana
Electricity Company d'ici à la fin de 2003.
Les
services sont la deuxième composante du PIB. De nombreux services
d'infrastructure de base, comme l'électricité, les services
portuaires et l'eau, sont fournis par des monopoles publics. Les
services de télécommunication de base sont fournis par un duopole
officiel, depuis qu'une deuxième concession a été accordée en
1997. Ces mesures n'ont guère stimulé l'offre de services de
télécommunication: aucun des deux opérateurs n'a respecté ses
objectifs de développement du réseau ou de qualité du service. Le
gouvernement envisage d'accorder de nouvelles concessions à partir de
mars 2002. Le marché des services de télécommunication à
valeur ajoutée est ouvert. Une Autorité nationale des
télécommunications a été créée en 1997, en tant qu'organisme
indépendant chargé de réglementer le secteur, dans le but de
promouvoir la concurrence et l'efficience.
La
production d'électricité, qui est un produit d'exportation "traditionnel",
a beaucoup diminué entre 1996 et 1998 en raison de la baisse du
niveau du Lac Volta, qui s'est répercutée sur la production des
centrales hydrauliques. Cela a beaucoup perturbé l'activité
économique, notamment la production d'aluminium qui consomme plus du
tiers de l'électricité produite par le pays. Pour améliorer
l'efficience, le gouvernement a entrepris de restructurer le secteur
de l'électricité et de l'ouvrir davantage aux entreprises privées.
Des entités appartenant à l'État, notamment l'Agence du Bassin de
la Volta, seront subdivisées en entreprises qui s'occuperont
respectivement de la production, du transport et de la distribution de
l'électricité, et une société du réseau national sera créée.
L'amélioration
de l'efficacité des services d'infrastructure contribuerait à
accroître la compétitivité des industries en aval, comme le
tourisme, et à stimuler l'IED. Le gouvernement a fait du
développement du tourisme privé une de ses priorités. Il a
entrepris de libéraliser le transport aérien dans le cadre d'un
régime "ciel ouvert". Le Ghana n'applique pas de
prescriptions en matière de cabotage pour protéger ce secteur, mais
une nouvelle loi en prévoit l'introduction.
La
Banque du Ghana est chargée d'agréer les banques. Le gel de
l'agrément de nouvelles banques a été supprimé en 1999. Les
banques doivent satisfaire à des normes prudentielles conformes aux
principes de base de la Banque des règlements internationaux. Les
banques étrangères peuvent avoir des filiales constituées en
sociétés de droit ghanéen. Les banques étrangères, c'est-à-dire
celles dont moins de 60 pour cent des fonds propres appartiennent
à des nationaux, doivent avoir un ratio de fonds propres plus élevé.
Dans
le cadre de son programme d'ajustement du secteur financier, le
gouvernement a commencé à privatiser plusieurs grandes banques. En
1996, l'État a vendu 42 pour cent du capital de la Ghana
Commercial Bank et prévoit d'en vendre encore 40 pour cent,
ainsi que 30 pour cent du capital de la National Investment Bank.
Des lois visant à renforcer le contrôle exercé par la Banque
centrale et à assurer le respect des réglementations prudentielles
sont en préparation. En 2000, trois banques qui n'ont pas réussi à
respecter le ratio de fonds propres ont perdu leur agrément. Le
secteur bancaire a été rationalisé et restructuré au moyen de
fusions et par la fermeture de banques non viables.
Les
compagnies d'assurance étrangères peuvent opérer au Ghana par le
biais de filiales, mais leur participation est limitée à
40 pour cent. L'État doit détenir 20 pour cent des fonds
propres et les autres 40 pour cent doivent appartenir à des
Ghanéens. La Commission nationale de l'assurance réglemente le
secteur. Elle établit des prescriptions prudentielles et des
prescriptions en matière de rapports et toute majoration des primes
est subordonnée à son approbation; à l'heure actuelle, elle
n'intervient que dans la fixation des primes d'assurance automobile.
Le gouvernement a l'intention de privatiser la Ghana Reinsurance
Company d'ici à 2003.
Politique
commerciale et partenaires commerciaux
Dans
l'ensemble, le Ghana applique sa politique et ses mesures commerciales
de façon non discriminatoire, et il accorde au minimum le traitement
NPF à tous ses partenaires. La poursuite de la libéralisation du
régime NPF, parallèlement à l'élargissement des accords
bilatéraux et à l'approfondissement de l'intégration régionale,
permettrait d'optimiser la politique commerciale et contribuerait à
éviter un éventuel détournement des échanges.
Le
recours exclusif à des droits ad valorem, qui sont en cours de
rationalisation, comme instrument de politique commerciale, contribue
à la transparence du régime de commerce extérieur. L'extension des
consolidations tarifaires dans d'autres secteurs que l'agriculture
serait bénéfique pour le Ghana et pour ses partenaires commerciaux
car elle accroîtrait la prévisibilité. La poursuite de réformes
structurelles, et notamment de la libéralisation du commerce
extérieur et de l'investissement, pourrait améliorer la flexibilité
et les perspectives de croissance de l'économie.
Toutefois,
l'économie ghanéenne est relativement fragile et vulnérable en cas
de forte fluctuation du cours international des produits primaires et
d'autres chocs, tels que des intempéries. Les difficultés actuelles,
dont les causes sont tant internes (notamment le déficit budgétaire
excessif) qu'externes, exercent des pressions additionnelles sur
l'économie, ce qui pourrait affaiblir la volonté de libéralisation
du commerce extérieur manifestée par le gouvernement. Les réformes
unilatérales pourraient être facilitées par le renforcement des
engagements du Ghana dans le cadre de l'OMC et le respect de ses
obligations, et les partenaires commerciaux pourraient jouer un rôle
très utile en garantissant un meilleur accès à leurs marchés, en
particulier celui des produits agricoles, pour lesquels l'avantage
comparatif du Ghana semble particulièrement grand.
Rapport
du gouvernement haut
de page
ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES
GHANA
Rapport du gouvernement (Parties I, 1)
Aperçu
de la situation économique
Depuis
le premier examen de ses politiques commerciales, en 1992, le
Ghana a poursuivi ses efforts de transformation de son économie, qui
était largement contrôlée par l'État, en une économie de marché
libéralisée. Selon le plan de développement ghanéen à horizon
2020 (document Vision 2020), on escompte que le revenu atteindra
un niveau intermédiaire d'ici à cette date. Avec ce processus de
transformation, le secteur privé apparaît de plus en plus comme le
moteur de l'économie. Le gouvernement du Ghana a continué à mener
des politiques tendant à créer un environnement permettant de
réaliser ces objectifs. Il s'agit notamment de politiques monétaire
et fiscale appropriées, de réformes du secteur financier, de la
politique industrielle et de politiques visant à attirer des
investissements au Ghana.
Les
politiques économiques sont, en particulier depuis 1995,
principalement axées sur la stabilisation macro-économique. À cette
fin, les mesures budgétaires adoptées récemment ont essentiellement
cherché à limiter les dépenses du gouvernement central et à
rationaliser la fiscalité. En outre, la Banque centrale (Banque du
Ghana) a une politique de financement d'un budget en équilibre. Ces
mesures avaient permis d'obtenir en 1998 certains résultats positifs.
Mais,
au cours du second semestre de 1999, le Ghana a été confronté à
une détérioration brutale des termes de l'échange. Le prix des
principales exportations du pays (or et cacao) a baissé alors même
que les prix du pétrole sur le marché international augmentaient
fortement. Il en est résulté une pénurie de devises et une
dégradation de la situation financière. Le taux de change du cédi a
chuté de 40 pour cent depuis septembre 1999.
Face
à cette détérioration brutale imputable à des facteurs extérieurs,
la Banque centrale a pratiqué une politique encore plus rigoureuse
d'austérité monétaire et a porté à 45 pour cent le taux
d'intérêt à court terme pour rendre plus attrayants les dépôts
libellés en cédis. Avec 20 pour cent d'inflation, cela correspond à
un taux d'intérêt réel supérieur à 20 pour cent. On
envisage, une fois opéré l'assainissement nécessaire des finances
publiques, de réduire les taux d'intérêt d'ici à la fin de
l'année. Il est également prévu que l'inflation diminuera
notablement en 2001, lorsque l'économie se sera adaptée à
cette nouvelle donne. L'objectif est une inflation inférieure à
10 pour cent.
Le
Ghana figurera parmi les membres, d'ici à 2003, d'une deuxième zone
monétaire unique dans la sous-région de l'Afrique de l'Ouest. La
stabilité des taux de change qu'entraînera cette zone monétaire
unique rendra le Ghana encore plus attrayant pour les investissements.
Cadre
de la politique économique et commerciale
Le
Ghana a connu, au cours des années 70 et au début des années 80,
une situation économique et sociale très difficile en raison d'une
grave sécheresse et de la baisse des prix mondiaux des principaux
produits qu'il exporte: le cacao, l'or et le bois d'œuvre. La
production de cacao a régulièrement diminué et atteint son point le
plus bas en 1984, tandis que la production industrielle baissait
elle aussi fortement. En conséquence, le revenu réel par habitant a
constamment diminué pour tomber en 1983 aux deux tiers environ
de son niveau de 1960.
Le
lancement en 1983 du Programme de redressement économique (ERP)
a marqué le début d'une profonde transformation de l'économie
caractérisée par le passage d'un système administratif de gestion
économique à un système axé sur le marché. Ce programme
comportait notamment des réformes structurelles majeures des secteurs
aussi bien réel que financier de l'économie. De ce fait, le revenu
par habitant s'est mis à remonter régulièrement, l'inflation
intérieure a chuté et le solde extérieur s'est sensiblement
amélioré.
Entre
1993 et 1998, en particulier, le PIB réel s'est accru en moyenne de
plus de 4 pour cent par an, le taux d'inflation intérieure est
tombé à nettement moins de 20 pour cent, le pourcentage du
déficit global du budget de l'État par rapport au PIB a été
ramené à 8,1 pour cent du PIB alors que celui de l'excédent
primaire intérieur a atteint 3,6 pour cent.
Sauf
en 1996, la balance des paiements globale a été régulièrement
excédentaire jusqu'en 1998 et le ratio balance courante
extérieure/PIB a baissé régulièrement pour tomber à 4,7 pour
cent en 1998.
Depuis 1999,
l'économie subit les répercussions d'une détérioration très
prononcée des termes de l'échange résultant d'une baisse marquée
du prix de l'or et d'une réduction de plus de moitié du prix mondial
du cacao alors que le prix mondial du pétrole faisait plus que
tripler.
En
conséquence, la balance des paiements a enregistré en 1999 un
déficit global de 94 millions de dollars EU, alors que le
déficit de la balance courante extérieure atteignait 10,6 pour
cent du PIB. Par ailleurs, le déficit global du budget de l'État
s'est creusé pour atteindre 8,2 pour cent du PIB en dépit d'une
limitation majeure des dépenses d'équipement et le crédit s'est
déprécié de 1,5 pour cent sur une base moyenne annuelle.
Toutefois, avec la politique d'austérité monétaire, le taux
d'inflation intérieure, qui était tombé à 9,4 pour cent en
mai 1999, était de 13,8 pour cent à la fin de l'année
contre 15,8 pour cent en 1998.
Parmi
les mesures fiscales prises par le gouvernement en 1998-1999 a
notamment figuré l'introduction d'une taxe à la valeur ajoutée de
10 pour cent, qui a été portée à 12,5 pour cent
en 2000. C'est en 2000 que la détérioration brutale des
termes de l'échange a eu ses plus fortes répercussions. Elle a
entraîné une baisse considérable du taux de change et de fortes
augmentations des taux d'inflation et d'intérêt intérieurs.
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