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En
tant que partisan éminent de la libéralisation commerciale, l'Union
européenne maintient l'ouverture de ses marchés, sauf pour les
textiles et les produits agricoles
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Poursuivant
son action de libéralisation commerciale par des initiatives
multilatérales, régionales et bilatérales, l'Union européenne a
maintenu ses marchés largement ouverts, sauf pour les textiles et les
produits agricoles, d'après un nouveau rapport de l'OMC sur la
politique commerciale européenne. Celui-ci fait valoir que la
situation de l'Union en tant que premier exportateur mondial de
marchandises et deuxième importateur témoigne à la fois de
l'importance du commerce pour le consommateur et le producteur
européens et de l'importance de l'Union en tant que marché pour la
plupart des Membres de l'OMC, y compris des pays en développement.
Le
rapport indique que depuis le dernier examen de sa politique
commerciale, l'UE a entretenu la dynamique de son programme
d'intégration économique intérieure. Elle a continué à progresser
vers la réalisation du marché intérieur en poursuivant la réforme
des marchés des produits et des capitaux, franchi la dernière étape
du passage à la monnaie unique dans la zone euro, conservé dans une
large mesure la maîtrise des finances publiques malgré un
ralentissement de la croissance économique, et activement veillé au
respect de la politique de la concurrence.
Le
maintien d'un environnement politique favorable aux activités des
agents économiques a été pour beaucoup dans la relance des
perspectives de croissance de l'économie européenne en 2002. La
croissance économique a fortement ralenti dans l'UE en 2001: elle
s'est établie à 1,7 pour cent contre 3,3 pour cent en
2000. Ce ralentissement est essentiellement dû à une succession de
chocs extérieurs – la hausse des prix du pétrole, l'éclatement de
la bulle technologique, les événements du 11 septembre, etc. On
s'attend à ce que le taux de croissance du PIB pour l'année 2002
tombe à 1,5 pour cent, avant de remonter à 2,9 pour cent
en 2003. L'inflation a atteint 2,3 pour cent en 2001,
contre 2,1 pour cent en 2000 (l'objectif à moyen terme
fixé par la Banque centrale européenne est de 2 pour cent). Les
taux de chômage ont continué de baisser dans la plupart des États
membres en 2001 malgré le ralentissement de la croissance
économique.
D'après
le rapport, l'objectif stratégique que le Conseil européen de
Lisbonne a fixé à l'UE pour 2010 est de “devenir l'économie
fondée sur le savoir la plus compétitive et la plus dynamique du
monde, capable d'une croissance économique durable accompagnée d'une
amélioration quantitative et qualitative de l'emploi et d'une plus
grande cohésion sociale”. Les grandes orientations des
politiques économiques (GOPE) de 2002 pour l'UE et ses États membres
mettent l'accent sur la préservation de la stabilité économique par
l'exécution des engagements pris dans le Pacte de stabilité et de
croissance (PSC) en faveur de l'équilibre budgétaire, et sur la
constante modération des revendications salariales.
La
monnaie unique facilite la comparaison des prix et contribue de ce
fait à la consolidation du marché intérieur. Ses retombées sont
aussi bénéfiques pour les pays non membres de l'UE qui voient ainsi
baisser les coûts des transactions commerciales internationales. Mais,
ajoute le rapport, le principal avantage de l'Union économique et
monétaire (UEM) est la contribution durable de la stabilité des prix
aux fondements d'une activité économique soutenue.
Les
progrès ont été plus lents dans les autres domaines du marché
intérieur. Un accord politique a été conclu au Conseil européen de
Barcelone en mars 2002 en vue d'ouvrir à la concurrence les
marchés de l'électricité et du gaz pour les consommateurs autres
que les ménages à compter de 2004, et pour assurer un niveau
d'interconnexion électrique transfrontières équivalant au moins à
10 pour cent de la capacité de production d'ici à 2005.
Concernant les services postaux, l'étendue des services réservés à
l'opérateur postal en place doit être réduite en 2003, puis à
nouveau en 2006, et une étape décisive sur la voie de la pleine
libéralisation pourrait être franchie en 2009.
L'UE
continue d'œuvrer pour la libéralisation des échanges dans le cadre
d'initiatives multilatérales, régionales et bilatérales, indique le
rapport. Au niveau multilatéral, elle a joué un rôle de premier
plan en ralliant les suffrages en faveur du lancement du Programme de
Doha pour le développement. Au niveau régional, de nouveaux accords
commerciaux ont été conclus et les accords en vigueur avec les pays
candidats ont été renforcés. Les négociations bilatérales
relatives à la conclusion d'éventuels accords extrarégionaux se
sont aussi poursuivies. Par ailleurs, un nouveau régime prévoyant
l'octroi de préférences aux pays en développement a été adopté,
y compris une amélioration des préférences en faveur des pays les
moins avancés.
L'UE
accorde un accès préférentiel à la plupart de ses partenaires
commerciaux pour une partie ou la totalité des importations:
en 2002, neuf Membres de l'OMC bénéficient d'un traitement
exclusivement NPF dans toutes les catégories de produits: Australie;
Canada; Taipei chinois; Hong Kong, Chine; Japon; République de Corée;
Nouvelle-Zélande; Singapour; et États-Unis. Ces pays représentaient
45,2 pour cent de toutes les importations de marchandises de l'UE
en 2001. Pour ce qui est des autres partenaires commerciaux, le
traitement le plus avantageux est d'abord accordé aux PMA et aux pays
et territoires d'outre-mer (PTOM), puis aux pays d'Afrique, des
Caraïbes et du Pacifique (ACP) et aux pays ayant conclu des accords
de libre-échange avec l'UE, et enfin aux pays bénéficiant
uniquement du Système généralisé de préférences (SGP).
Le
rapport indique que le marché communautaire des produits non
agricoles (à l'exception des textiles et des vêtements) demeure
largement ouvert. Concernant ces produits, par suite des engagements
qu'elle a pris dans le cadre de l'OMC, l'UE n'a levé les restrictions
que pour 20 pour cent des produits soumis à restrictions en
1990, de sorte qu'il lui reste à éliminer les 80 pour cent
restants d'ici à la fin de la période d'intégration (fin 2004).
On
estime que la moyenne arithmétique globale des taux des droits NPF
est de 6,4 pour cent pour 2002. Celle des droits
effectivement appliqués sur les produits non agricoles s'établit à
4,1 pour cent, soit un peu moins qu'au moment du dernier examen
en raison des réductions tarifaires consenties pour certains produits
chimiques, textiles, produits sidérurgiques et jouets. La moyenne
arithmétique des droits applicables aux produits agricoles, qui
s'élève à 16,1 pour cent, est quatre fois plus élevée
environ que celle des droits frappant les produits non agricoles, les
produits visés par la Politique agricole commune (PAC) étant
passibles de droits supérieurs à la moyenne. La progressivité des
droits reste évidente, en particulier dans le cas des produits
transformés.
Dans
l'agriculture, selon l'Organisation de coopération et de
développement économiques, le soutien aux producteurs est tombé à
97,9 milliards d'euros en 2000, contre 107,6 milliards
en 1999, ce qui est essentiellement attribuable au fait que les
prix mondiaux ont augmenté plus vite que les prix intérieurs, ainsi
qu'aux fluctuations des taux de change, plutôt qu'à des changements
d'orientation majeurs. D'après le rapport, l'UE n'a pas saisi
l'occasion pour réformer les régimes des quotas laitiers ou sucriers
et a décidé de les proroger. L'élargissement, pour lequel la
Commission a proposé l'introduction progressive de paiements directs,
donne lieu à des pressions en faveur d'une adaptation de la PAC aux
nouvelles exigences. La perte de confiance des consommateurs à
l'égard de la PAC est due à plusieurs crises liées à la sécurité
des produits alimentaires, que la Commission cherche à résoudre
notamment en mettant en place un nouveau cadre législatif sur la
sécurité des denrées alimentaires. Le rapport note que le
financement de la PAC demeure la plus grosse dépense: 44 pour
cent du budget total de 93 milliards d'euros en 2000.
En
ce qui concerne les mesures commerciales correctives, le rapport
indique que l'UE se situe au second rang, après les États-Unis, pour
ce qui est de la fréquence d'utilisation de ces mesures, mais
40 pour cent environ des enquêtes antidumping ouvertes par l'UE
n'ont entraîné l'application d'aucune mesure. Des mesures de
sauvegarde ont été prises en mars 2002 à l'encontre de
15 produits sidérurgiques suite aux mesures de sauvegarde
appliquées par les États-Unis aux importations d'acier. L'UE
continue de recourir fréquemment à la clause de sauvegarde spéciale
de l'Accord de l'OMC sur l'agriculture pour imposer des droits
additionnels.
L'UE
et ses États membres ont introduit de nouvelles réglementations pour
certains produits - notamment en rapport avec la sécurité des
produits et l'élimination des déchets - auxquelles sont tenus
de s'adapter les agents économiques, y compris ceux qui sont en
dehors de l'UE. Certains partenaires commerciaux de l'UE considèrent
que ces nouvelles réglementations relatives aux produits
représentent d'importants obstacles au commerce, et sont soucieux de
préserver la viabilité du processus de normalisation internationale.
Un domaine suscite une controverse, c'est l'introduction sur le
marché de l'UE d'organismes génétiquement modifiés (OGM) et de
produits susceptibles d'en contenir ou de renfermer des produits
dérivés d'OGM. Les modifications à apporter à la législation pour
qu'elle soit conforme aux décisions de l'OMC sont actuellement à
l'étude.
D'après
le rapport, la proposition longtemps en gestation d'une société
européenne a été adoptée en octobre 2001; elle devrait être
en place d'ici à 2004, et elle simplifiera les prescriptions du
droit des sociétés dans le cas des entreprises qui sont établies
dans deux États membres au moins. Les sociétés étrangères
pourront aussi se prévaloir de cette option, sous certaines
conditions. La Commission a continué de faire vigoureusement
appliquer les règles sur les activités antitrust et les fusions
ayant une dimension communautaire, afin de compléter l'application
des législations nationales sur la concurrence.
Le
rapport indique qu'afin de renforcer la protection des droits de
propriété intellectuelle, l'UE a adopté des directives
d'harmonisation concernant les droits de revente de l'auteur d'une
œuvre d'art originale, et le droit d'auteur et droits connexes pour
l'environnement numérique. Aucun accord n'est intervenu au sujet de
la proposition de la Commission de créer un brevet unitaire
communautaire, à cause de problèmes de traduction ainsi que de
questions de compétence.
Note
à l'intention des journalistes
Les examens des politiques commerciales sont un exercice, prescrit
dans les Accords de l’OMC, au cours duquel les politiques
commerciales et les politiques connexes des pays Membres sont
examinées et évaluées périodiquement. Les faits nouveaux
importants qui peuvent avoir une incidence sur le système commercial
mondial font également l’objet d’un suivi. Pour chaque examen,
deux documents sont établis: une déclaration de politique générale
du gouvernement du Membre soumis à examen et un rapport détaillé
rédigé de manière indépendante par le Secrétariat de l’OMC. Ces
deux documents sont ensuite examinés par l’ensemble des Membres de
l’OMC dans le cadre de l’Organe d’examen des politiques
commerciales (OEPC). Ces documents et les comptes rendus des réunions
de l’OEPC sont publiés peu de temps après. Depuis 1995, soit
depuis l’entrée en vigueur de l’Accord sur l’OMC, les services
et les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent
au commerce sont également traités.
S’agissant du présent examen, le rapport du Secrétariat de l’OMC
et une déclaration de politique générale élaborée par la
Commission européenne seront examinés par l’Organe d’examen des
politiques commerciales les 24 et 26 juillet 2002. Le rapport du
Secrétariat concerne l’évolution de tous les aspects de la
politique commerciale de l'Union européenne, y compris les lois et
réglementations communautaires, le cadre institutionnel et la
politique commerciale par mesure, ainsi que l’évolution de certains
secteurs.
Au présent communiqué de presse sont jointes les observations
récapitulatives du rapport du Secrétariat et certaines parties de la
déclaration de politique générale de la Commission européenne. Les
rapports du Secrétariat et de la Commission peuvent être consultés,
sous le nom du pays, dans la liste
complète des rapports sur l’examen des politiques commerciales.
Ces deux documents, le compte rendu des débats de l’OEPC et les
remarques finales formulées par le Président seront regroupés en
temps opportun dans une publication brochée qui pourra être obtenue
auprès du Secrétariat de l’OMC, Centre William Rappard, 154 rue de
Lausanne, 1211 Genève 21.
Depuis
décembre 1989, il a été procédé à l'examen de la politique
commerciale des pays ou groupes de pays suivants:
Afrique
du Sud (1993 et 1998), Argentine (1992 et 1999), Australie (1989, 1994
et 1998), Autriche (1992), Bahreïn (2000), Bangladesh (1992 et 2000),
Barbade (2002), Bénin (1997), Bolivie (1993 et 1999), Botswana
(1998), Brésil (1992, 1996 et 2000), Brunéi Darussalam (2001),
Burkina Faso (1998), Cameroun (1995 et 2001), Canada (1990, 1992,
1994, 1996, 1998 et 2000), Chili (1991 et 1997), Chypre (1997),
Colombie (1990 et 1996), Communautés européennes (1991, 1993, 1995,
1997, 2000 et 2002), Corée, Rép. de (1992, 1996 et 2000),
Costa Rica (1995 et 2001), Côte d’Ivoire (1995), Égypte
(1992 et 1999), El Salvador (1996), États-Unis (1989, 1992,
1994, 1996, 1999 et 2001), Fidji (1997), Finlande (1992), Gabon
(2001), Ghana (1992 et 2001), Guatemala (2002), Guinée (1999),
Haïti (2002), Hong Kong (1990, 1994 et 1998), Hongrie (1991 et
1998), Îles Salomon (1998), Inde (1993, 1998 et 2002), Indonésie
(1991, 1994 et 1998), Islande (1994 et 2000), Israël (1994 et
1999), Jamaïque (1998), Japon (1990, 1992, 1995, 1998 et 2000), Kenya
(1993 et 2000), Lesotho (1998), Macao (1994 et 2001), Madagascar
(2001), Malaisie (1993, 1997 et 2001), Malawi (2002), Mali (1998),
Maroc (1989 et 1996), Maurice (1995 et 2001), Mexique (1993, 1997 et
2002), Mozambique (2001), Namibie (1998), Nicaragua (1999), Nigéria
(1991 et 1998), Norvège (1991, 1996 et 2000), Nouvelle-Zélande (1990
et 1996), OECO (2001), Ouganda (1995 et 2001), Pakistan (1995 et
2002), Papouasie-Nouvelle-Guinée (1999), Paraguay (1997), Pérou
(1994 et 2000), Philippines (1993 et 1999), Pologne (1993 et 2000),
République dominicaine (1996), République slovaque (1995 et 2001),
République tchèque (1996 et 2001), Roumanie (1992 et 1999),
Sénégal (1994), Singapour (1992, 1996 et 2000), Slovénie
(2002), Sri Lanka (1995), Suède (1990 et 1994), Suisse (1991, 1996 et
2000 (conjointement avec le Liechtenstein)), Swaziland (1998),
Tanzanie (2000), Thaïlande (1991, 1995 et 1999), Togo (1999),
Trinité-et-Tobago (1998), Tunisie (1994), Turquie (1994 et 1998),
Uruguay (1992 et 1998), Venezuela (1996), Zambie (1996) et Zimbabwe
(1994).
Rapport
du Secrétariat haut
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ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES
UNION EUROPÉENNE
Rapport du Secrétariat — Observations récapitulatives
L'Union
européenne (UE) joue un rôle essentiel au sein de l'OMC, et le
système commercial multilatéral fondé sur des règles ne saurait se
passer de son soutien pour apporter à l'ensemble des Membres les
avantages que peut leur procurer le commerce extérieur. La place
qu'occupe l'UE — principal exportateur et deuxième importateur — témoigne à la fois de l'importance du commerce pour le consommateur
et le producteur européens et du rôle que joue le marché
communautaire pour la plupart des Membres de l'OMC, notamment les pays
en développement. Cette interdépendance résulte de son attachement
de longue date au système commercial multilatéral, ainsi que du
vaste réseau d'accords commerciaux régionaux et d'arrangements
commerciaux préférentiels qu'elle a tissé.
L'UE
a très largement contribué à rallier les suffrages en faveur du
lancement du Programme de Doha pour le développement en novembre 2001.
Elle a uni ses efforts à ceux de ses partenaires commerciaux pour
rétablir la confiance et la coopération au sein de l'OMC. Elle s'est
aussi employée à mieux faire comprendre l'OMC au public grâce à
une plus grande transparence et à l'amélioration du dialogue avec
les parlementaires et les représentants de la société civile.
L'attachement indéfectible de l'UE à l'OMC et au système commercial
multilatéral sera un facteur déterminant du succès du Programme de
Doha pour le développement.
Évolution
économique récente
Depuis
le dernier examen de sa politique commerciale (juin 2000), l'UE a
entretenu la dynamique de son programme d'intégration économique
intérieure. Elle a continué à progresser vers la réalisation du
marché intérieur en poursuivant la réforme des marchés des
produits et des capitaux, franchi la dernière étape du passage à la
monnaie unique dans la zone euro, conservé dans une large mesure la
maîtrise des finances publiques malgré un ralentissement de la
croissance économique, et activement veillé au respect de la
politique de la concurrence, pour compléter les réformes nationales
des États membres. La politique commerciale a évolué dans le sens
de ce programme, en maintenant les marchés largement ouverts pour les
produits agricoles (à l'exception des textiles et des vêtements), en
donnant suite aux engagements de libéralisation pris dans le cadre de
l'OMC, et en soutenant l'approfondissement des engagements
multilatéraux tout en étendant encore le vaste réseau d'accords
commerciaux régionaux.
Le
maintien d'un environnement politique favorable aux activités des
agents économiques a été pour beaucoup dans la relance des
perspectives de croissance de l'économie européenne en 2002. La
croissance économique a fortement ralenti dans l'UE en 2001, une
légère contraction du PIB ayant été enregistrée au dernier
trimestre de l'année. Elle s'est établie à 1,7 pour cent
en 2001, contre 3,3 pour cent en 2000. Selon la Commission,
ce ralentissement est essentiellement dû à une succession de chocs
extérieurs – la hausse des prix du pétrole, l'éclatement de la
bulle technologique, le repli de la demande intérieure, qu'est venu
aggraver l'ébranlement de la confiance causé par les événements du
11 septembre. Les prévisions établies au printemps 2002 par la
Commission font état d'une reprise qui devrait s'amorcer dans le
courant de l'année, en raison en partie du raffermissement des
perspectives de croissance aux États-Unis, principal partenaire
commercial de l'UE. On s'attend toutefois à ce que la faiblesse de
l'activité économique au premier semestre entraîne une diminution
du taux de croissance pour l'ensemble de l'année 2002, taux qui
tomberait à 1,5 pour cent avant de remonter à 2,9 pour
cent en 2003.
Dans
l'UE, l'inflation a atteint 2,3 pour cent en 2001, contre
2,1 pour cent en 2000 et 1,2 pour cent en 1999.
Les facteurs qui ont attisé l'inflation en 2000 sont la hausse
des prix de l'énergie et la dépréciation de l'euro, et au début
de 2001, l'augmentation des prix des denrées alimentaires. Les
pressions sur les prix se sont atténuées au milieu de 2001,
mais les hausses des prix des aliments et le relèvement des taux de
la fiscalité indirecte ont fait remonter l'inflation au début
de 2002. Même si en 2001 l'inflation dans la zone euro a
dépassé l'objectif à moyen terme fixé par la Banque centrale
européenne (BCE), soit 2 pour cent, la Commission pense que cet
objectif sera respecté au deuxième trimestre de 2002.
Les
taux de chômage ont continué de baisser dans la plupart des États
membres en 2001 malgré le ralentissement de la croissance
économique. La Commission s'attend à une légère remontée du
chômage en 2002 dans l'ensemble de l'UE, même avec la reprise
escomptée, car l'emploi réagit avec retard à l'évolution de la
conjoncture. Il est prévu que le taux de chômage tombe à
7,5 pour cent en 2003.
Le
ralentissement de la croissance économique a eu des effets prononcés
sur l'évolution du commerce extérieur en 2001. La valeur des
exportations de marchandises a progressé de 4 pour cent
en 2001, contre 23 pour cent en 2000, alors que celle
des importations a diminué de 1 pour cent. Pour l'année 2001,
la valeur des exportations de marchandises s'est établie à
1 051 milliards d'euros et celle des importations à
1 020 milliards, selon les estimations, ce qui a ramené le
déficit du commerce des marchandises de l'UE à 45 milliards
d'euros en 2001, contre 91 milliards en 2000.
Évolution
de la politique économique
L'objectif
stratégique que le Conseil européen de Lisbonne a fixé à l'UE
pour 2010 est de “devenir l'économie fondée sur le savoir
la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d'une
croissance économique durable accompagnée d'une amélioration
quantitative et qualitative de l'emploi et d'une plus grande cohésion
sociale”. Les grandes orientations des politiques économiques (GOPE)
de 2002 pour l'UE et ses États membres mettent l'accent sur la
préservation de la stabilité économique par l'exécution des
engagements pris dans le Pacte de stabilité et de croissance (PSC) en
faveur de l'équilibre budgétaire, et sur la constante modération
des revendications salariales. Les autres objectifs sont notamment
d'accroître la productivité grâce à la réforme des marchés de
produits, à la promotion de l'esprit d'entreprise et de l'économie
du savoir, et à l'intégration des marchés financiers. Les États
membres doivent réduire les coûts de la main-d'œuvre, renforcer les
incitations à entrer dans la vie active et éliminer les obstacles à
la mobilité de la main-d'œuvre. Le développement durable doit être
favorisé.
Le
1er janvier 2001, la Grèce s'est jointe aux onze États
membres qui avaient lancé la zone euro le 1er janvier 1999.
Les billets et pièces libellés en euros ont été mis en circulation
le 1er janvier 2002 pour être utilisés dans toutes les
transactions. La monnaie unique facilite la comparaison des prix et
contribue de ce fait à la consolidation du marché intérieur. Ses
retombées sont aussi bénéfiques pour les pays non membres de l'UE
qui voient ainsi baisser les coûts des transactions commerciales
internationales. Mais le principal avantage de l'Union économique et
monétaire (UEM) est la contribution durable de la stabilité des prix
aux fondements d'une activité économique soutenue.
La
BCE mène la politique monétaire de la zone euro avec pour objectif
premier la stabilité des prix. Après avoir progressivement resserré
sa politique monétaire tout au long de 2000 en raison de la
persistance des pressions inflationnistes, la BCE a opté pour une
politique plus souple en mai 2001 car les tensions sur les prix
se sont relachées. Lorsque l'euro est tombé en-deçà du niveau qui,
selon elle, menaçait la stabilité des prix, la BCE est intervenue
pour soutenir la monnaie européenne en septembre 2000 dans une
action concertée du G-7, et en novembre 2000 de sa propre
initiative. Depuis, l'euro s'est redressé et est remonté à environ
0,90 dollar EU, soit 25 pour cent de moins qu'au 1er janvier 1999.
Tous
les États membres ont en 2000 progressé dans la voie de
l'équilibre ou de l'excédent budgétaire, mais la situation s'est
ensuite détériorée en 2001 par suite du ralentissement de la
croissance économique. La plupart des gouvernements qui étaient
toujours en déficit s'attendaient à éprouver encore plus de
difficultés à atteindre leurs objectifs budgétaires en 2002.
Pour préserver la crédibilité du PSC, il a été envisagé de
déclencher le système d'alerte rapide pour certains États membres
dont les déficits devaient, selon les prévisions, se rapprocher du
niveau “excessif” de 3 pour cent, mais il a été
décidé d'y renoncer après que ces États se furent engagés à
respecter d'ici à 2004 les objectifs convenus en matière
d'équilibre budgétaire. Les pressions qui s'exercent sur les
déficits devraient se relâcher en 2003 par suite de la reprise
attendue. Les autres sujets de préoccupation concernant les finances
publiques sont les niveaux d'endettement relativement élevés des
administrations publiques dans certains États membres, ainsi que la
forte pression exercée par le vieillissement des populations sur les
systèmes de protection sociale.
Dans
le cadre de l'UEM, les réformes structurelles ont contribué
davantage à promouvoir les conditions nécessaires à la croissance,
en raison de l'effet conjugué de la rigueur de la politique
monétaire anti-inflationniste et des contraintes imposées à la
politique budgétaire aux termes du PSC. Depuis le dernier examen (juin
2000), l'UE s'est rapprochée de l'objectif qui est de parvenir à la
pleine intégration des marchés des valeurs mobilières d'ici à 2003
et celle des marchés financiers d'ici à 2005 dans le cadre du Plan
d'action pour les services financiers (PASF), et de promouvoir la “société de l'information” grâce à l'introduction d'une
plus grande concurrence sur les marchés des services de
télécommunication et à la mise en place d'un nouveau cadre de
réglementation du commerce électronique.
Les
progrès ont été plus lents dans les autres domaines du marché
intérieur. Un accord politique a été conclu au Conseil européen de
Barcelone en mars 2002 en vue d'ouvrir à la concurrence les
marchés de l'électricité et du gaz pour les consommateurs autres
que les ménages à compter de 2004, et pour assurer un niveau
d'interconnexion électrique transfrontières équivalant au moins à
10 pour cent de la capacité de production d'ici à 2005.
Concernant les services postaux, l'étendue des services réservés à
l'opérateur postal en place doit être réduite en 2003, puis à
nouveau en 2006, et une étape décisive sur la voie de la pleine
libéralisation pourrait être franchie en 2009.
Évolution
institutionnelle
Le
Traité de Nice, qui a été accepté en décembre 2000, vise à
préparer les institutions de l'UE à l'élargissement à la lumière
de l'objectif fixé qui est la participation des pays candidats aux
élections de 2004 au Parlement européen. La compétence exclusive
dont jouira la Communauté après la ratification du Traité de Nice
par tous les États membres (dix États l'avaient ratifié en mai
2002) pour la négociation d'accords concernant les services (sous
réserve de certaines exceptions) et les aspects commerciaux des
droits de propriété intellectuelle revêt une importance
particulière pour l'OMC. En vue de la prochaine phase des travaux
relatifs aux traités de l'UE en 2004, la Convention sur l'avenir de
l'Europe, qui a été lancée en mars 2002, est engagée dans un
débat plus approfondi et plus vaste au sujet de l'avenir de l'Union
européenne.
La
transparence du fonctionnement de l'UE a été améliorée pendant la
période considérée grâce à l'adoption en 2001 d'une nouvelle
politique visant à permettre à toutes les personnes, indépendamment
de leur nationalité, d'avoir accès aux documents des institutions
communautaires, sous réserve des limites nécessaires à la
protection des intérêts publics et privés. La Commission a de plus
en plus recours aux consultations publiques lors de l'élaboration des
propositions d'action communautaire, conformément aux recommandations
du Livre blanc sur la gouvernance européenne.
Relations
commerciales extérieures
Les
grands objectifs de la politique commerciale de l'UE sont
essentiellement demeurés les mêmes au cours de la période
considérée. L'UE continue d'œuvrer pour la libéralisation des
échanges dans le cadre d'initiatives multilatérales, régionales et
bilatérales. Au niveau multilatéral, elle a joué un rôle de
premier plan en ralliant les suffrages en faveur du lancement du
Programme de Doha pour le développement en novembre 2001. Au
niveau régional, de nouveaux accords commerciaux ont été conclus et
les accords en vigueur avec les pays candidats ont été renforcés.
Les négociations bilatérales relatives à la conclusion d'éventuels
accords extrarégionaux se sont aussi poursuivies. Par ailleurs, un
nouveau régime prévoyant l'octroi de préférences aux pays en
développement a été adopté, y compris une amélioration des
préférences en faveur des pays les moins avancés.
Les
mesures importantes prises par l'UE pour rallier les suffrages en
faveur du Programme de Doha pour le développement sont notamment les
suivantes: elle a lancé l'initiative “Tout sauf les armes”,
adoptée en mars 2001, pour élargir l'accès des pays les moins
avancés (PMA) aux marchés; apporté son soutien pour que soient
résolus les problèmes liés à la mise en œuvre; et fourni des
ressources afin d'accroître les niveaux de l'assistance technique
liée au commerce, pour laquelle l'UE et ses États membres sont des
donateurs importants.
Par
ailleurs, l'UE continue de participer activement à toutes les
activités courantes de l'OMC et notifie régulièrement à
l'Organisation les changements apportés à sa politique commerciale.
Elle est l'un des Membres qui ont le plus recours à la procédure de
règlement des différends s'agissant de faire respecter les
obligations commerciales multilatérales de ses partenaires
commerciaux et y participe fréquemment à titre de partie
défenderesse. De par leur nombre, les différends qui continuent de
l'opposer aux États-Unis occupent toujours la première place.
Accords
et arrangements commerciaux préférentiels
L'UE
accorde un accès préférentiel à ses partenaires commerciaux pour
une partie ou la totalité des importations: en 2002, neuf
Membres de l'OMC bénéficient d'un traitement exclusivement NPF dans
toutes les catégories de produits: Australie; Canada; Taipei chinois;
Hong Kong, Chine; Japon; République de Corée; Nouvelle-Zélande;
Singapour; et États-Unis. Ces pays représentaient 45,2 pour
cent de toutes les importations de marchandises de l'UE en 2001.
Pour ce qui est des autres partenaires commerciaux, le traitement le
plus avantageux est d'abord accordé aux PMA et aux pays et
territoires d'outre-mer (PTOM), puis aux pays ACP et aux pays ayant
conclu des accords de libre-échange avec l'UE, et enfin aux pays
bénéficiant uniquement du SGP.
L'UE
a étendu la portée de son accord de libre-échange avec la Suisse en
achevant la conclusion de sept accords bilatéraux portant sur le
transport terrestre, le transport aérien, la libre circulation des
personnes, l'agriculture, la recherche, les marchés publics et les
obstacles techniques au commerce, qui devraient entrer en vigueur
en 2002. Les protocoles relatifs à des concessions tarifaires
réciproques sur les produits agricoles conclus avec les dix pays
candidats de l'Europe centrale et orientale (PECO) ont porté la part
des exportations de produits agricoles des PECO admises en franchise
dans l'UE à 75 pour cent et celle des exportations de produits
agricoles de l'UE admises en franchise dans les PECO à 61 pour
cent.
Les
accords de libre-échange servent aussi d'instrument d'intégration
des pays de la partie occidentale des Balkans. Des accords de
stabilisation et d'association ont été conclus avec l'ex-République
yougoslave de Macédoine et la Croatie. L'Albanie et certains pays et
territoires de l'ex-Yougoslavie – Bosnie-Herzégovine, République
fédérale de Yougoslavie, y compris le Kosovo – sont toujours
assujettis au régime des mesures commerciales autonomes, qui demeure
en vigueur jusqu'à la fin de 2005.
Les
travaux ont continué de progresser également en ce qui concerne les
accords “euroméditerranéens” qui doivent remplacer les
accords non réciproques, et permettre de se rapprocher de l'objectif
d'établissement d'une zone de libre-échange euroméditerranéenne
d'ici à 2010.
Une
nouvelle décision du Conseil sur les accords d'association avec les
PTOM a été adoptée en novembre 2001 pour maintenir le régime
jusqu'à la fin de 2011. Un schéma SGP modifié s'applique pour
la période 2002-2004, tandis que les PMA, au titre de l'initiative
“Tout sauf les armes”, ainsi que les pays qui luttent contre
la production et le trafic de stupéfiants, peuvent se prévaloir d'un
régime SGP amélioré, tout comme les pays que l'on veut inciter
ainsi à respecter les normes fondamentales du travail ou les normes
environnementales.
Mesures
de la politique commerciale
Le
marché communautaire des produits non agricoles (à l'exception des
textiles et des vêtements) demeure largement ouvert. Outre les droits
de douane, les produits importés sont assujettis à la taxe sur la
valeur ajoutée (TVA) et à des droits d'accise dans les États
membres de destination. L'UE a consolidé la totalité de ses lignes
tarifaires dans le cadre de l'OMC, et les taux des droits appliqués
aux produits sont étroitement alignés sur les niveaux consolidés.
On
estime que la moyenne arithmétique globale des taux des droits NPF
est de 6,4 pour cent pour 2002. Celle des droits
effectivement appliqués sur les produits non agricoles s'établit à
4,1 pour cent, soit un peu moins qu'au moment du dernier examen (juin
2000) en raison des réductions tarifaires consenties pour certains
produits chimiques, textiles, produits sidérurgiques et jouets. La
moyenne arithmétique des droits applicables aux produits agricoles,
qui s'élève à 16,1 pour cent, est quatre fois plus élevée
environ que celle des droits frappant les produits non agricoles, les
produits visés par la Politique agricole commune (PAC) étant
passibles de droits supérieurs à la moyenne. La progressivité des
droits reste évidente, en particulier dans le cas des produits
transformés.
Les
textiles et les vêtements sont aussi passibles de droits bien
supérieurs à la moyenne. L'UE a pendant longtemps maintenu des
restrictions à l'importation des textiles et des vêtements en
provenance de plusieurs pays en développement et économies en
transition. Par suite des engagements qu'elle a pris dans le cadre de
l'OMC, l'UE a encore intégré 18,08 pour cent des textiles et
vêtements le 1er janvier 2002, portant ainsi à
51,39 pour cent le pourcentage d'importations intégrées depuis
1995 dans le cadre du GATT de 1994. L‘intégration a consisté à
lever les restrictions frappant onze catégories de produits
représentant 15 pour cent des produits soumis à restrictions
en 1990. Jusqu'à présent, l'UE a levé les restrictions pour
20 pour cent des produits soumis à restrictions en 1990, de
sorte qu'il lui reste à éliminer les 80 pour cent restants
d'ici à la fin de la période d'intégration (fin 2004).
Au
1er janvier 2002, l'UE appliquait des mesures antidumping
définitives (droits et/ou engagements en matière de prix) à
l'égard de 175 catégories de produits, contre 192 en 1999.
Elle se situe au second rang, après les États-Unis, pour ce qui est
de la fréquence d'utilisation de ces mesures, mais 40 pour
cent environ des enquêtes antidumping ouvertes par l'UE n'ont
entraîné l'application d'aucune mesure. Ce sont les produits
importés de Chine qui sont le plus souvent visés par les mesures
antidumping. L'UE maintenait aussi 16 mesures compensatoires
définitives, contre 6 en 1999, les produits originaires
d'Inde étant le plus souvent touchés par ces mesures.
Des
mesures de sauvegarde ont été prises en mars 2002 à l'encontre
de 15 produits sidérurgiques suite aux mesures de sauvegarde
appliquées par les États-Unis aux importations d'acier. Des droits
additionnels doivent s'appliquer si les volumes dépassent les niveaux
de 2001 afin d'éviter un détournement des échanges du marché
américain vers le marché communautaire. La Commission a aussi
proposé au Conseil d'accepter l'imposition de droits additionnels de
l'ordre de 8 à 100 pour cent sur les produits importés des
États-Unis à titre de mesures de “rééquilibrage”, étant
donné que les deux parties n'étaient pas parvenues à se mettre
d'accord sur des moyens de compensation pour la mesure appliquée par
les États-Unis sur les importations d'acier au titre de l'article XIX.
L'UE continue de recourir fréquemment à la clause de sauvegarde
spéciale de l'Accord de l'OMC sur l'agriculture pour imposer des
droits additionnels.
Au
cours de la période écoulée depuis le dernier examen (juin 2000),
l'UE et ses États membres ont introduit de nouvelles réglementations
pour certains produits – notamment en rapport avec la sécurité des
produits et l'élimination des déchets – auxquelles sont tenus de
s'adapter les agents économiques, y compris ceux qui sont en dehors
de l'UE. Même si les normes internationales peuvent servir de
fondement aux réglementations, afin de faciliter les échanges, la
Commission a déclaré que “les normes ne peuvent pas se
substituer à la responsabilité qu'ont les pouvoirs publics de
préserver un niveau élevé de protection de la santé, de la
sécurité et de l'environnement”. Certains partenaires
commerciaux de l'UE considèrent que ces nouvelles réglementations
relatives aux produits représentent d'importants obstacles au
commerce, et sont soucieux de préserver la viabilité du processus de
normalisation internationale. Ils tiennent aussi à s'assurer de
l'efficacité des processus multilatéraux de consultation sur les
réglementations proposées. Ces dernières sont soumises aux
prescriptions de l'OMC en matière de notification pour permettre aux
Membres concernés de formuler des observations, mais il est aussi
souhaitable que ceux-ci participent à l'étape des consultations, si
les ressources le permettent, avant que la Commission ne publie les
propositions.
Pour
que les consommateurs aient confiance dans la sécurité des produits
alimentaires après plusieurs psychoses alimentaires sur le marché
communautaire, l'UE a adopté un nouveau cadre définissant les
principes généraux des législations sur les aliments et des
procédures relatives à la sécurité des denrées alimentaires dans
les États membres. La politique en matière de sécurité des
produits alimentaires doit se fonder sur des preuves scientifiques et
le principe de précaution doit s'appliquer si besoin est. Une
nouvelle Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) a
aussi été créée pour fournir des avis scientifiques à la
Commission sur les questions de politique alimentaire, ainsi qu'aux
États membres qui le demandent. Plusieurs États membres ont établi
des autorités investies de mandats nationaux afin de garantir
l'indépendance des avis scientifiques. De nouvelles prescriptions
réglementaires ont été mises en place en matière d'étiquetage des
produits alimentaires de toutes origines afin de garantir leur
traçabilité.
L'un
des domaines qui suscitent une controverse est l'introduction sur le
marché de l'UE d'organismes génétiquement modifiés (OGM) et de
produits susceptibles d'en contenir ou de renfermer des produits
dérivés d'OGM. Bien que le nouveau cadre législatif des
autorisations soit plus rigoureux à divers égards, certains États
membres s'opposent toujours à leur introduction sur le marché en
l'absence de prescriptions détaillées relatives à l'étiquetage
permettant d'assurer leur traçabilité, lesquelles sont actuellement
à l'examen. Un autre domaine de controverse concerne l'interdiction
frappant l'utilisation des hormones comme stimulateurs de croissance,
sur lesquelles la Commission a réalisé une évaluation des risques
ces dernières années. Les modifications à apporter à la
législation pour qu'elle soit conforme aux décisions de l'OMC sont
actuellement à l'étude.
L'un
des grands objectifs de l'UE est la gestion plus efficace des déchets,
et en conséquence, de nouvelles prescriptions sont imposées aux
producteurs ou sont à l'examen. La directive de l'UE relative aux
véhicules hors d'usage et la proposition de directive sur les
déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE)
dérogent à la pratique antérieure qui consistait à déléguer la
gestion des déchets aux autorités publiques pour introduire le
principe de “la responsabilité du producteur” concernant le
traitement, la récupération et l'élimination des déchets. Cette
mesure est destinée à servir d'incitation financière pour
encourager les producteurs à concevoir leurs produits de manière à
faciliter la gestion des déchets, en particulier le recyclage.
D'autres prescriptions pourraient aussi résulter de la politique
intégrée de produits actuellement en cours d'élaboration.
Le
processus d'évaluation de la conformité est allégé pour certains
pays tiers non membres de l'UE suite à la conclusion d'accords de
reconnaissance mutuelle (ARM). De nouveaux ARM ont récemment été
conclus avec le Japon et la Suisse, et d'autres sont déjà en vigueur
avec l'Australie, le Canada, Israël, la Nouvelle-Zélande et les
États-Unis. Des résultats similaires sont garantis pour la CCEE aux
termes de protocoles additionnels à l'Accord européen sur
l'évaluation de la conformité et l'acceptation des produits
industriels (PECA). Un certain nombre de pays en développement
pourraient profiter aussi d'un allègement du processus d'évaluation
de la conformité grâce aux ARM, mais l'UE a établi ses propres
critères pour la conclusion de tels accords.
Mesures
agissant sur la production et le commerce
L'UE
a continué de poursuivre l'objectif d'une intégration plus poussée
de l'environnement dans lequel les sociétés exercent leurs
activités au sein de l'UE, actuellement fragmenté en 15 régimes
nationaux, quoique harmonisé à certains égards en vertu du droit
communautaire. La proposition longtemps en gestation d'une société
européenne a été adoptée en octobre 2001; elle devrait être
en place d'ici à 2004, et elle simplifiera les prescriptions du
droit des sociétés dans le cas des entreprises qui sont établies
dans deux États membres au moins. Les sociétés étrangères
pourront aussi se prévaloir de cette option, sous certaines
conditions. La Commission envisage de proposer la consolidation de la
base d'imposition des sociétés européennes afin de faciliter leurs
activités. L'autre proposition importante concerne l'utilisation des
normes comptables internationales (IAS) d'ici à 2005, ce qui
améliorera la transparence et la comparabilité des états
financiers, qui sont actuellement soumis aux normes comptables
nationales.
Politique
de la concurrence
La
Commission a continué de faire vigoureusement appliquer les règles
sur les activités antitrust et les fusions ayant une dimension
communautaire, afin de compléter l'application des législations
nationales sur la concurrence. Pour cibler ses efforts sur la lutte
contre les cartels et d'autres graves infractions aux règles
antitrust, elle a proposé une simplification majeure des
prescriptions relatives à la notification des ententes individuelles.
En 2001, un nombre record d'affaires ont été réglées et les
amendes imposées ont totalisé 1,8 milliard d'euros.
Les
fusions ont continué d'être nombreuses. Dans le cas des fusions à
caractère transnational, la Commission a activement coopéré avec
les autorités responsables de la politique de la concurrence des pays
membres de l'EEE et, sur la base d'accords bilatéraux, avec celles du
Canada, des États-Unis et de la CCEE, afin de promouvoir la
convergence des décisions et des mesures correctives; un accord
devrait aussi être conclu avec le Japon. Pour promouvoir la
convergence sur une plus large base, la Commission a joué un rôle de
premier plan dans le lancement du “Réseau international de la
concurrence (RIC)” à la fin de 2001. L'UE préconise depuis
longtemps l'adoption d'un accord multilatéral sur la concurrence.
L'un
des changements intéressant grandement les consommateurs de l'UE, où
les écarts de prix demeurent élevés en ce qui concerne les voitures,
est le nouveau projet de règlement proposé par la Commission
concernant l'exemption par catégorie pour les accords de distribution
et de service conclus entre constructeurs et concessionnaires
automobiles, qui doit entrer en vigueur le 1er octobre 2002.
Les constructeurs étrangers n'ayant pas implanté de système de
distribution dans l'UE en bénéficieront également, car la plupart
des restrictions frappant les ventes multimarques doivent être
levées.
Subventions
Au
niveau de l'UE, le financement de la PAC continue de représenter le
principal poste de dépenses, soit 44 pour cent du budget total
de 93 milliards d'euros en 2000. Les interventions
structurelles comptent pour 35 pour cent du budget, tandis que la
recherche-développement se situe loin derrière, au troisième rang.
Au
niveau des États membres, les derniers chiffres disponibles montrent
que les aides d'État s'élevaient à 80 milliards d'euros
en 1999, ce qui équivalait à 1 pour cent du PNB de l'UE. Les
États membres se sont engagés à réduire les niveaux des aides
d'État d'ici à 2003, et à réorienter les subventions qui, au
lieu d'aller à des sociétés ou secteurs particuliers, viseront la
réalisation d'objectifs horizontaux d'intérêt communautaire, comme
l'emploi, le développement régional, l'environnement, la formation
ou la recherche. De façon plus générale, les États membres sont
encouragés à accroître l'investissement public et privé dans la
R-D afin de promouvoir une économie européenne fondée sur le
savoir.
La
Commission a appuyé les initiatives visant à faire progresser la
réforme intérieure grâce à l'application rigoureuse des règles
relatives aux aides d'État aux entreprises, en particulier dans le
cas des aides non notifiées. En juillet 2001, elle a lancé une
étude de grande envergure sur les aides d'État dans les régimes de
taxation des entreprises, qui seraient moins transparents que d'autres
formes d'assistance, et qui feraient augmenter les risques de
concurrence fiscale dommageable.
La
décision prise par la Commission de se conformer rigoureusement aux
règles relatives aux aides d'État dans le cas des transporteurs
aériens au lendemain des événements du 11 septembre, sauf en ce qui
concerne l'aide au titre de l'assurance supplémentaire, est une autre
mesure importante. Afin que les règles du jeu soient plus comparables
à celles auxquelles sont soumis les transporteurs de pays non membres
de l'UE et de combler une lacune de l'AGCS, la Commission a proposé
un nouvel instrument pour répondre à la concurrence déloyale des
compagnies aériennes subventionnées de pays tiers.
Dans
certains secteurs, la Commission a été confrontée à de plus
grandes difficultés. L'aide accordée à la construction navale
devait être suspendue, mais il a été proposé de la proroger à
titre “défensif” pour pouvoir engager une procédure de
règlement des différends devant l'OMC. L'aide octroyée à
l'industrie houillère sera maintenue jusqu'en 2010. Certes, la
plupart des mines de l'UE ne peuvent pas soutenir la concurrence du
charbon importé, mais l'industrie charbonnière qui subsiste dans
quatre États membres bénéficie depuis longtemps d'une aide pour des
considérations d'ordre social et régional.
Droits
de propriété intellectuelle
Afin
de renforcer la protection des droits de propriété intellectuelle,
l'UE a adopté des directives d'harmonisation concernant les droits de
revente de l'auteur d'une œuvre d'art originale, et le droit d'auteur
et droits connexes pour l'environnement numérique. Un nouveau droit
unitaire concernant un dessin ou modèle communautaire a été créé,
en plus de la marque de fabrique ou de commerce communautaire et de la
variété végétale communautaire. Aucun accord n'est intervenu au
sujet de la proposition de la Commission de créer un brevet unitaire
communautaire (y compris un tribunal central chargé de le faire
respecter), à cause de problèmes de traduction ainsi que de
questions de compétence. Il convient aussi de mentionner la
proposition concernant l'harmonisation de la législation relative aux
brevets pour les logiciels (inventions mises en œuvre par ordinateur).
S'agissant
des moyens de faire respecter les droits, les autorités douanières
ont signalé une augmentation d'un tiers des saisies entre 1999 et
2000 dans le cadre des lois pour l'application de l'Accord sur les
ADPIC à la frontière. Cette évolution s'est poursuivie en 2001 et
le nombre de saisies a encore augmenté de 27 pour cent. Pour la
Commission, les raisons de cette augmentation sont: a) attention
accrue des autorités douanières, un meilleur ciblage des contrôles
et un plus grand partage de l'information; et b) la
diversification et l'accroissement du volume du commerce de
marchandises contrefaites ou piratées. En 2002, la Commission
entend proposer une directive d'harmonisation sur les moyens de faire
respecter les DPI, qui serait plus rigoureuse que les normes minimales
prescrites par l'Accord sur les ADPIC.
Évolution
de certains secteurs
Agriculture
Depuis
le dernier examen (juin 2000), l'UE a appliqué à la PAC les
réformes de l'Agenda 2000 convenues à Berlin en mars 1999; elle
n'a pas saisi l'occasion pour réformer les régimes des quotas
laitiers ou sucriers et a décidé de les proroger. L'élargissement,
pour lequel la Commission a proposé l'introduction progressive de
paiements directs, donne lieu à des pressions en faveur d'une
adaptation de la PAC aux nouvelles exigences. D'autres pressions en ce
sens se font jour dans le contexte des négociations sur l'agriculture
en cours à l'OMC, où l'UE a présenté une proposition. La perte de
confiance des consommateurs à l'égard de la PAC, par suite de
plusieurs crises liées à la sécurité des produits alimentaires,
que la Commission cherche à résoudre notamment en mettant en place
un nouveau cadre législatif sur la sécurité des denrées
alimentaires, comme il est indiqué plus haut, est aussi susceptible
de revêtir une grande importance.
Selon
les dernières données publiées par l'OCDE, le soutien aux
producteurs est tombé à 97,9 milliards d'euros en 2000,
contre 107,6 milliards en 1999, ce qui est essentiellement
attribuable au fait que les prix mondiaux ont augmenté plus vite que
les prix intérieurs, ainsi qu'aux fluctuations des taux de change,
plutôt qu'à des changements d'orientation majeurs.
Pêche
Depuis
le dernier examen (juin 2000), l'UE en est venue à envisager la
possibilité d'apporter éventuellement des modifications à la
Politique commune de la pêche (PCP), qui devraient s'appliquer à
partir de 2003, mas aucune proposition concrète n'avait été
faite au 1er mai 2002. Les négociations relatives aux
subventions aux pêcheries figurent dans le Programme de Doha pour le
développement.
Le
Livre vert publié par la Commission en 2001 sur le
fonctionnement à ce jour de la PCP fait état de la difficulté de
concilier les objectifs visés dans le secteur – soutenir les
activités de pêche dans les régions et secteurs de la Communauté
où elles revêtent une importance sociale et économique, tout en
cherchant à protéger des ressources halieutiques de plus en plus
fragiles. La Communauté a pris plusieurs mesures en 2000
et 2001 pour répondre aux préoccupations que suscite la
conservation des ressources halieutiques, dont la diminution des
captures en 2002 afin d'empêcher que certains stocks ne diminuent
davantage. Il a été beaucoup plus difficile de s'entendre au niveau
politique sur une nouvelle politique de gestion de la flotte de pêche,
quoique les estimations de la Commission indiquent que l'existence
d'une importante capacité excédentaire est l'une des causes de
l'épuisement des ressources.
Services
financiers
L'achèvement
du PASF est au cœur de la stratégie de Lisbonne visant à réduire
les coûts des capitaux et à stimuler l'émergence d'une culture
davantage axée sur l'esprit d'entreprise. L'intégration des marchés
financiers est l'une des grandes retombées positives que pourrait
avoir l'adoption de l'euro. Entre 2000 et mars 2002, l'UE a
adopté 15 mesures législatives, notamment pour compléter les
cadres de réglementation des secteurs des services bancaires et de
l'assurance grâce à l'adoption de dispositions sur l'assainissement
et la liquidation des entreprises, le blanchiment d'argent et la
réduction du coût des paiements transfrontaliers en euros. Une
nouvelle approche “Lamfalussy” de la réglementation du
marché des valeurs mobilières a été arrêtée avec le Conseil et
le Parlement européen pour que la législation s'attache aux
principes essentiels et pour déléguer des pouvoirs de mise en œuvre
au Comité européen des valeurs mobilières (CEVM), qui est présidé
par la Commission et conseillé par un Comité des régulateurs des
marchés européens des valeurs mobilières (CRMEVM).
Un
grand nombre de propositions législatives sont examinées en vue de
leur adoption. Le Conseil européen de Barcelone est convenu en
mars 2002 que le Conseil et le Parlement européen
s'attacheraient en priorité à adopter les directives proposées
concernant l'utilisation des garanties, les abus de marché, les
intermédiaires en assurance, la commercialisation à distance des
services financiers, les conglomérats financiers, les prospectus, les
fonds de pension professionnels et le règlement prévoyant l'adoption
de normes comptables internationales. La Commission se propose aussi
de publier une proposition modifiée de directive sur les OPA (rejetée
par le Parlement européen au milieu de 2001).
Télécommunications
et société de l'information
La
promotion de la “société de l'information” est un
élément central de la stratégie de Lisbonne. Dans le cadre du Plan
d'action eEurope, la réglementation relative au dégroupage de
l'accès à la boucle locale est en vigueur depuis janvier 2001,
un train de mesures législatives révisées a été adopté en
février 2002, en vue de sa transposition d'ici à mai 2003, et
l'établissement du cadre législatif du commerce électronique a
été sensiblement amélioré, le but étant de renforcer la confiance
à l'égard d'Internet.
Pour
ce qui est de l'avenir, la Commission estime que l'économie
européenne retirerait des avantages considérables si le recours aux
connexions Internet à haut débit et aux technologies 3G sans fil se
généralisait parmi les consommateurs. Bien que l'UE soit l'un des
chefs de file mondiaux dans les communications mobiles, les ménages
européens accusent du retard par rapport à la plupart des autres
pays de l'OCDE pour ce qui est de l'utilisation d'Internet, ce qui
n'est pas le cas des entreprises, où le taux d'utilisation y est
comparable. Un nouveau plan d'action eEurope pour 2005 doit être
adopté au Conseil européen de Séville en juin 2002.
Depuis
janvier 2000, tous les États membres sont tenus d'avoir engagé
le processus de dégroupage de l'accès à la boucle locale afin de
stimuler la concurrence dans le secteur des infrastructures au niveau
du réseau d'accès local et accélérer ainsi l'offre de connexions
à large bande. Il a été demandé aux opérateurs des
télécommunications en place d'accorder à leurs concurrents un
accès physique aux boucles locales, mais l'on reconnaît que les
progrès ont été lents. Le nouveau train de mesures concernant les
communications électroniques comporte des changements destinés à
attacher aux licences des conditions plus favorables à la concurrence
et à établir des barèmes de redevances couvrant les frais
administratifs. Par ailleurs, les segments de marché où la
concurrence est réelle doivent être progressivement soumis à une
politique de la concurrence.
Une
proposition de directive sur la protection de la vie privée est à
l'examen. Elle obligerait les fournisseurs de services et réseaux de
télécommunication publics à garantir la sécurité de leurs
réseaux, de manière à protéger le caractère confidentiel des
communications et à effacer les données relatives au trafic. En
vertu de la législation en vigueur, les transferts de données à
caractère personnel vers un pays tiers non membre de l'UE sont
autorisés uniquement s'il est établi que le niveau de protection est
“adéquat”, ou dans des conditions restreintes. La
Commission a progressivement étendu la portée de tels transferts en
reconnaissant l'adéquation des régimes de protection des données
des sociétés hongroises, suisses et américaines participant au
dispositif dit de la “sphère de sécurité” et de certains
transferts de données vers le Canada.
La
Directive sur le commerce électronique, qui est entrée en vigueur
le 17 janvier 2002, établit que les contrats conclus
par voie électronique sont reconnus comme tels et que les obstacles
à leur conclusion sont abolis, de manière à compléter la Directive
sur les signatures électroniques. Par ailleurs, un nouveau règlement
concernant la compétence judiciaire et l'exécution des décisions en
matière civile et commerciale donne aux consommateurs de l'UE le
droit de poursuivre les fournisseurs étrangers de biens et services
par Internet devant le tribunal local du consommateur plutôt que dans
la juridiction étrangère.
En
février 2002, l'UE a adopté une nouvelle politique concernant
l'application de la taxe sur la valeur ajoutée aux livraisons
électroniques de services de la société de l'information (par
exemple, logiciels, musique, vidéos) aux consommateurs de l'UE qui
sont effectuées par voie électronique par des fournisseurs établis
à l'extérieur de l'UE, lesquelles ne sont pas actuellement
assujetties à la TVA.
Rapport
du gouvernement haut
de page
ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES
UNION EUROPÉENNE
Rapport du gouvernement Parties IV
La
politique commerciale de l'UE au niveau mondial
L'UE
et l'OMC
Renforcer
et promouvoir le système multilatéral
Un système commercial multilatéral ouvert et solide est la
meilleure garantie contre la menace de l'unilatéralisme et constitue
l'un des principaux instruments pour conduire le processus de
mondialisation. L'UE continuera d'œuvrer au renforcement de l'OMC, à
l'élargissement et à l'amélioration de son système et à
l'incitation de tous ses Membres à une participation plus active, y
compris dans les négociations maintenant engagées. L'UE a travaillé
assidûment pour permettre le plus tôt possible l'accession à
des conditions commercialement valables de tous les pays candidats
ayant demandé à entrer à l'OMC, en particulier les PMA. À cet
égard, l'UE se félicite vivement de l'accession à l'OMC de la
République populaire de Chine et du Taipei chinois pendant la
période considérée, à l'issue de 15 années de négociations
longues et ardues. Ces accessions sont un grand pas qui contribue à
faire de l'OMC une organisation véritablement mondiale.
L'UE attache la plus haute importance à la mise en
œuvre correcte et dans les délais prévus des accords
auxquels ont souscrit tous les Membres de l'OMC, estimant qu'il s'agit
d'un élément essentiel pour le bon fonctionnement d'un tel système.
Elle se félicite de ce que de nombreux problèmes de mise en œuvre
aient pu se résoudre pendant la période considérée, avant ou
pendant la conférence de Doha, et qu'un accord ait pu se faire sur un
cadre permettant de traiter les problèmes non résolus. L'UE continue
de participer activement aux débats sur les questions de mise en
œuvre, y compris ceux qui portent sur le traitement spécial et
différencié, afin de régler tous les problèmes en suspens à la
satisfaction de tous les Membres de l'OMC et elle reste ouverte à
toute proposition visant à réajuster les accords qui pourrait
s'inscrire dans l'engagement unique.
Pendant la période considérée, l'UE a participé activement aux
différentes phases des négociations de l'OMC sur l'agriculture et
les services depuis le lancement des négociations sur le programme
incorporé en janvier 2000. À cet égard, l'UE et d'autres
Membres ont présenté plusieurs notes sur l'agriculture,
notamment une proposition de négociation globale. Les autres notes
techniques présentées portent sur des sujets tels que la concurrence
à l'exportation et les questions autres que d'ordre commercial (étiquetage
et sécurité sanitaire des aliments). La position de l'UE, fondée
sur l'article 20 de l'Accord sur l'agriculture, tient compte de la
nécessité de rechercher un équilibre entre les questions
commerciales (accès aux marchés, concurrence à l'exportation,
soutien interne) et les questions d'un autre ordre (protection de
l'environnement, maintien de la vitalité des communautés rurales,
sécurité sanitaire des aliments et autres préoccupations des
consommateurs y compris le bien-être des animaux), qui correspondent
à des buts importants de la société. De plus, l'UE considère que
la poursuite de la libéralisation et le développement des échanges
de produits agricoles constituent des facteurs importants d'une
croissance économique soutenue et durable, aussi bien dans les pays
développés que dans les pays en développement.
Sur le volet des services, l'UE a joué un rôle actif,
pendant la période considérée, dans les travaux du Conseil du
commerce des services, les sessions extraordinaires et leurs organes
subsidiaires respectifs. L'UE a présenté des propositions non
seulement sur son approche globale des négociations sur les services
mais aussi sur la plupart des secteurs visés dans l'AGCS.
En ce qui concerne les droits de propriété intellectuelle, l'UE a
continué de participer au programme incorporé sur les ADPIC
et a été modérateur dans le débat sur les ADPIC et la santé qui a
préludé au nouveau cycle de négociations. À la suite de la
décision heureuse qui a été prise à Doha sur les ADPIC et la
santé, l'UE développe maintenant des idées pour améliorer l'accès
aux médicaments des pays qui n'en sont pas producteurs.
L'UE reste un utilisateur actif du mécanisme de règlement des
différends de l'OMC. Depuis le rapport précédent, l'UE a
demandé en plusieurs occasions des consultations avec d'autres
Membres de l'OMC. Ces procédures sont toujours en cours.
L'UE a été particulièrement active, à titre de partie
plaignante ainsi que comme tierce partie, dans le domaine de la
défense commerciale (antidumping, droits compensateurs et sauvegardes).
Le règlement des différends dans ces domaines a notablement
contribué à clarifier des dispositions cruciales des accords
concernés. À cet égard, l'UE aimerait souligner l'importance pour
l'ensemble du système de l'affaire contre la Loi antidumping de 1916
des États-Unis (DS136), qui concernait l'utilisation d'instruments
autres que les droits contre le dumping des exportations, et des
affaires portant sur les mesures de sauvegarde telles que l'affaire
“États-Unis–Gluten de froment” (DS166). L'intérêt
qu'avait l'UE à empêcher l'utilisation abusive des instruments de
défense commerciale est partagé par un grand nombre des Membres de
l'OMC. La procédure contre la Loi américaine sur la compensation
pour continuation du dumping et maintien de la subvention (DS217), qui
a été ouverte par onze coplaignants, illustre on ne peut mieux à
quel point ce problème touche l'ensemble des Membres de l'OMC. Les
autres domaines importants où l'UE à ouvert une procédure de
règlement des différends sont la propriété intellectuelle et les
subventions. Dans ce dernier domaine, l'affaire FSC (DS108)
concernant l'utilisation des dégrèvements fiscaux comme subventions
à l'exportation, qui a fait date, a prouvé une nouvelle fois la
nécessité d'aborder la question de l'ordre chronologique des
articles 21:5 et 22:6 du Mémorandum d'accord sur le règlement des
différends.
En ce qui concerne les affaires dans lesquelles l'UE était le défendeur,
l'UE tient à souligner les résultats de l'affaire “amiante”
(DS135), qui a réaffirmé que la protection de la santé peut être
retenue comme un objectif supérieur de l'action gouvernementale. L'UE
tient aussi à souligner les efforts qu'elle a déployés pour que les
différends commerciaux soient réglés à la satisfaction des deux
parties et qui ont permis notamment de trouver une solution mettant un
terme au différend ancien sur les bananes (DS27). Elle reste
attachée sans réserve à la résolution des autres affaires dans
lesquelles elle est défenderesse.
L'UE maintient parmi ses premières priorités la complète
intégration des pays en développement, en particulier des pays
les moins avancés (PMA) dans le système commercial multilatéral et
l'économie mondiale, afin d'aider ces pays à bénéficier des
possibilités de croissance et de développement. L'UE a donc été
l'un des principaux avocats de l'ouverture à Doha d'un nouveau cycle
de négociations centré sur le développement et a de plus pris des
mesures à titre indépendant pour aider les pays en développement
dans leur intégration. Elle a en particulier adopté, en février 2001,
l'initiative “Tout sauf les armes” qui consiste à accorder
aux PMA l'accès de toutes leurs exportations à l'UE en franchise et
sans contingents. Cette initiative est déjà entrée en vigueur,
trois produits seulement (riz, sucre et bananes) étant soumis à un
régime de transition vers l'absence de droits et de contingents. L'UE
se félicite de ce que d'autres pays développés aient pris
l'engagement d'initiatives analogues en faveur des PMA.
L'expérience a montré que de nombreux pays ont des difficultés
à exploiter les possibilités commerciales qui se présentent à eux
et que l'amélioration de l'accès aux marchés doit donc
s'accompagner de mesures de renforcement des capacités. L'UE finance
une assistance et un renforcement des capacités en matière
commerciale dans ses programmes bilatéraux et dans le cadre de
ses activités de coopération multilatérale. En ce qui concerne les
programmes bilatéraux, l'UE a redéfini les priorités de sa
politique de développement en 2000 et marqué le commerce comme une
priorité de développement, et elle a depuis commencé à intégrer
les actions relatives au commerce dans tous ses programmes bilatéraux
et régionaux, y compris le soutien en faveur des négociations à
l'OMC, l'établissement de règles et les problèmes liés à l'offre.
Au niveau multilatéral, l'UE a été le principal donateur du Fonds
mondial d'affectation spéciale pour le Programme de Doha pour le
développement, la Communauté européenne et les États membres
apportant ensemble plus de 60 pour cent du total des
contributions annoncées en mars 2002. L'UE estime que les besoins
d'assistance commerciale dépassent le cadre des compétences du
Secrétariat de l'OMC en tant que tel et qu'il est nécessaire
d'intensifier les efforts et de renforcer la coopération entre
organisations internationales, en particulier les institutions de
Bretton Woods, la CNUCED, le PNUD et le CCI, notamment dans le Cadre
intégré pour l'assistance technique liée au commerce à l'intention
des PMA et autres mécanismes analogues.
L'accès des biens et des services de l'UE aux autres marchés du
monde, dans l'intérêt des consommateurs et des entreprises, reste un
objectif prioritaire de l'UE. Par sa stratégie d'accès aux
marchés, elle s'emploie à éliminer les obstacles importants à
l'accès aux marchés en utilisant pleinement les divers instruments
et possibilités multilatéraux et bilatéraux à sa disposition: la
procédure de règlement des différends de l'OMC, la consultation et
les accords bilatéraux avec des Membres de l'OMC et d'autres États,
et le nouveau cycle de négociations. Une nouvelle version de la base
de données sur l'accès aux marchés, outil opérationnel de cette
stratégie, a été publiée sur Internet durant la période
considérée.
L'UE conserve la possibilité de recourir, lorsque le cas l'exige
et s'y prête, aux instruments de défense commerciale pertinents
sous la forme de mesures antidumping et de mesures compensatoires pour
contrer les pratiques déloyales et préjudiciables de pays tiers.
Compte tenu du volume de ses échanges, l'UE est globalement un
utilisateur modéré de ces instruments. Dans ses actions, elle
retient les préoccupations des pays en développement. Il convient de
noter que, bien que la législation de l'UE prévoie la possibilité
d'utiliser des mesures de sauvegarde, l'UE n'en a fait qu'un usage
limité depuis l'entrée en vigueur des Accords de l'OMC et n'a en
fait imposé qu'une seule mesure de cette nature depuis 1992. La
mesure exceptionnelle concernant les importations d'acier a été
prise en 2002 dans le respect intégral de l'Accord sur les
sauvegardes. Cette mesure faisait suite aux mesures de sauvegarde
prises par les États-Unis et fermant effectivement le marché
américain. À l'inverse, la mesure de l'UE a pris la forme de
généreux contingents tarifaires préservant les niveaux
traditionnels d'importation sur ses marchés. L'UE attache la plus
haute importance au respect par tous les Membres de l'OMC des
disciplines de l'organisation relatives à la défense commerciale.
Préparation et lancement d'un cycle de négociations vastes et
équilibrées
Tirant les leçons de la Conférence de Seattle, qui a échoué sur
le lancement d'un nouveau cycle de négociations commerciales
multilatérales, l'UE, comme d'autres Membres, a adapté son approche
du nouveau cycle, en particulier en reconnaissant que l'OMC avait
besoin de faire davantage participer tous ses Membres à ses
activités et d'être plus transparente à leur égard, et qu'il lui
fallait aussi améliorer sa communication avec le monde extérieur.
Sur le fond des leçons à tirer de Seattle, l'UE a tenu compte des
opinions des autres Membres, surtout des pays en développement, et a
poursuivi ses efforts pour jeter un pont entre les partenaires
commerciaux et surmonter les différences. Cette approche modifiée a
été présentée dans le Document de stratégie de la CE de
décembre 2000, généralement bien accueilli et perçu comme un
témoignage de souplesse et de créativité. L'UE a ensuite poursuivi
ses efforts pour le lancement d'un nouveau cycle, reconnaissant que
seul un programme vaste permettrait de concilier les vues divergentes
des Membres et en même temps de tenir compte des intérêts
essentiels de tous. Soutenue par les démarches actives de l'UE pour
tenter de réunir un consensus au sein des Membres de l'OMC, en
particulier des pays en développement et des PMA, la stratégie
modifiée a sans aucun doute été un élément fédérateur qui a
permis le lancement réussi d'un nouveau cycle de négociations
commerciales à la Quatrième conférence ministérielle de Doha en
novembre 2001.
Le programme de Doha pour le développement, qui englobe l'accès
aux marchés et l'établissement de règles et est axé sur un
objectif de développement ambitieux, offre une occasion unique de
promouvoir la croissance économique mondiale et le développement
durable, et de renforcer encore le système commercial multilatéral
fondé sur des règles.
Les raisons fondamentales de lancer un nouveau cycle qui existaient
avant Seattle sont restées valables dans la période de préparation
de Doha et le restent encore après. Tout d'abord, en ce qui concerne
la poursuite de la libéralisation du commerce, les pays
développés comme les pays en développement cherchent à améliorer
l'accès de leurs produits et services aux marchés afin d'augmenter
la croissance économique internationale, de participer pleinement à
l'économie mondiale et de restaurer la confiance des entreprises dans
une période critique de l'économie mondiale. L'agriculture, les
services et les droits sur les produits non agricoles sont des
domaines où l'accès aux marchés peut être développé.
En ce qui concerne l'agriculture, l'UE, déjà résolue à
négocier dans le cadre du programme intégré, reconnaissait que,
dans un nouveau cycle, de nombreux participants s'attendaient à ce
que les ambitions aillent au-delà du cadre de l'article 20 de
l'Accord sur l'agriculture. L'UE s'est constamment montrée disposée
à jouer son rôle dans ces négociations en fixant le rythme et la
gradation des nouvelles réformes, ainsi qu'en fixant une date butoir
pour la conclusion des négociations. À Doha, l'UE a cherché à
faire en sorte que les résultats s'équilibrent avec ses intérêts
de grand exportateur et importateur de produits agricoles, tout en
tenant compte de la dimension autre que commerciale de la politique
agricole. La Conférence ministérielle de Doha a donné un résultat
satisfaisant sur le volet de l'agriculture en confirmant l'engagement
de négocier l'accès aux marchés, le soutien interne et toutes les
formes de subventions à l'exportation, sans préjuger le résultat
final, et en reconnaissant clairement le rôle multifonctionnel de ce
secteur et la nécessité de tenir pleinement compte des intérêts
des pays en développement.
Pour ce qui est des services, l'objectif de l'UE était de
progresser dans les négociations engagées dans le cadre de l'AGCS en
2000 sur la libéralisation du commerce international des services.
Indépendamment du fait de vouloir étendre l'accès de ses
exportations de services aux marchés du monde entier, l'UE encourage
une participation accrue des pays en développement aux négociations.
Elle se félicite donc de l'accord réalisé à Doha sur les dates de
présentation des demandes et des offres de départ, qui constituent
des éléments importants pour la progression des négociations, et
elle espère que les négociations déboucheront sur une augmentation
quantitative et qualitative de l'accès aux marchés et des
engagements de traitement national dans tous les secteurs et pour tous
les modes de fourniture des services, ainsi que sur un étoffement des
disciplines en matière de réglementation. Les pays en développement
sont plus particulièrement susceptibles de tirer un parti substantiel
d'une libéralisation accrue des services, dont l'importance continue
d'augmenter, mais encore faut-il que cette libéralisation
s'accompagne d'un cadre institutionnel et réglementaire approprié
pour assurer la concurrence et pour permettre aux gouvernements de
poursuivre des objectifs non économiques et de préserver l'accès
des pauvres aux services essentiels. L'application de sauvegardes
institutionnelles et réglementaires appropriées pose un problème
réel pour de nombreux pays en développement, et c'est pourquoi la CE
et les États membres insistent autant sur l'assistance technique en
matière commerciale et le renforcement des capacités.
Quant à l'accès aux marchés des produits non agricoles,
l'UE a continué de privilégier, pendant la période considérée, un
programme ambitieux comportant l'élimination des obstacles et portant
sur une gamme de produits complète sans exclusion a priori.
L'UE a donc été satisfaite de voir se réaliser un accord à Doha
sur un programme plus ambitieux que ceux des cycles précédents et
plus spécifique en ce que les Membres sont convenus de réduire ou,
le cas échéant, d'éliminer les crêtes tarifaires, les droits
élevés et la progressivité des droits. De même que pour les autres
éléments du Programme de Doha, les négociations sur l'accès aux
marchés des produits non agricoles ont des chances d'être plus
fructueuses si elles sont placées dans le contexte plus large des
négociations du Programme de Doha pour le développement visant à
créer un ensemble de règles multilatérales plus transparentes et
plus prévisibles.
Au sujet des règles de l'OMC, l'UE est restée d'avis,
pendant la période considérée, qu'il y avait lieu d'élargir le
champ d'élaboration des règles de l'OMC si l'on voulait que le
système multilatéral puisse réagir aux effets de la mondialisation
et que les négociants et les investisseurs du monde entier
bénéficient d'un cadre prévisible, transparent et non
discriminatoire dans lequel ils puissent prendre des décisions et se
livrer concurrence. Les décisions de négocier des accords
multilatéraux sur l'investissement, la concurrence, la facilitation
des échanges et les marchés publics, ainsi que la clarification des
rapports entre des aspects importants du commerce et de
l'environnement comptent donc toujours parmi les éléments essentiels
du programme de l'UE pour ces négociations. Du point de vue de l'UE,
il reste tout aussi important de chercher à améliorer les règles
existantes dans des domaines tels que la défense commerciale ou les
obstacles techniques au commerce, ainsi que les accords régionaux de
commerce, afin encore d'améliorer la transparence et la
prévisibilité pour les négociants, les investisseurs, les
consommateurs et les gouvernements.
Dans le cadre de sa stratégie révisée pour le nouveau cycle de
négociations, l'UE a décidé, pendant la période considérée,
d'ajuster ses objectifs de négociation dans plusieurs domaines
essentiels d'établissement de règles pour tenir compte des opinions
d'autres Membres de l'OMC. Sur le chapitre de l'investissement,
l'UE a simplement cherché à obtenir pour les investissements
productifs le même régime que celui prévu par l'AGCS pour
l'investissement direct dans les services, une démarche qu'elle
poursuit depuis plusieurs années et avec laquelle les Membres de
l'OMC sont désormais familiarisés. L'UE se félicite donc vivement
de l'objectif fixé à Doha d'établir un cadre multilatéral destiné
à améliorer les conditions de l'investissement étranger direct dans
le monde entier. Le résultat revêt une grande importance pour l'UE
qui compte parmi les sources principales d'IED dans le monde, mais il
s'agit, pour tous les Membres de l'OMC, d'une occasion en or de
définir un cadre équilibré de règles qui nivellera le terrain de
la concurrence pour créer des conditions d'investissement stables et
prévisibles dans le monde entier et propices au développement
durable.
Sur le plan de la concurrence, l'UE a suggéré, dans sa
stratégie révisée, certaines règles de base qui aideraient les
Membres à renforcer leur capacité de lutte contre les pratiques
anticoncurrentielles. La décision prise à Doha de chercher à créer
un cadre multilatéral pour les politiques de la concurrence, à
l'issue de la phase de préparation en cours, contribuera à faire que
les règles intérieures de la concurrence soient appliquées plus
efficacement et ira dans le sens des intérêts des consommateurs et
des entreprises de l'UE ayant des activités partout dans le monde.
Les éléments de ce cadre convenu à Doha correspondent à ceux
proposés par l'UE et reflètent une approche réaliste et progressive
de l'élaboration de disciplines multilatérales en matière de
concurrence, ainsi que la nécessité de tenir compte des intérêts
et des préoccupations spécifiques des pays en développement.
Il importait autant pour l'UE de chercher à obtenir qu'un accord
se réalise à l'OMC sur la facilitation des échanges en vue
de simplifier les procédures douanières et de réduire les coûts et
la bureaucratie qui demeurent, pour les pays en développement, une
contrainte majeure qui grève leurs résultats à l'exportation. Un
tel accord entraînerait des économies en aidant les gouvernements à
améliorer l'efficacité des contrôles et se traduirait, au bout du
compte, par un accroissement des recettes. Le mandat de Doha pour la
facilitation des échanges répond à l'objectif commun à de nombreux
Membres qui voudraient voir simplifier les formalités douanières et
commerciales connexes, y compris les procédures de transit, afin
d'encourager les échanges, plus spécialement entre les pays en
développement. Le mandat répond également aux objectifs de
développement dans la facilitation des échanges et mentionne
notamment que l'aide pour le renforcement des capacités devrait faire
partie intégrante des travaux et faire l'objet d'une approche
systématique.
En ce qui concerne les marchés publics, l'UE avait, pendant la
période considérée, défendu l'idée de négocier un ensemble de
règles sur la transparence, qui serait un moyen de réduire les
distorsions que peuvent provoquer différentes pratiques de passation
des marchés. L'UE se félicite de ce que l'OMC ait reconnu à Doha le
rôle important des marchés publics dans l'économie et leurs effets
sur le commerce, et du fait que des négociations aient été
lancées. Des règles multilatérales sur la transparence dans les
marchés publics feront mieux connaître, sans imposer l'ouverture
des procédures aux Membres de l'OMC, les méthodes de passation et
les possibilités d'adjudication tout en préservant la préférence
accordée aux fournisseurs intérieurs.
Pour en venir à l'environnement, question importante pour
la prévisibilité des échanges, mais aussi question sensible dans
l'UE, il a été précisé que le programme de l'UE était un
programme bien délimité, l'objectif n'étant pas de changer les
disciplines de l'OMC mais de préciser ou de confirmer les règles en
vigueur, plus particulièrement l'interprétation dont elles ont fait
l'objet récemment de la part de groupes spéciaux. L'UE a cherché à
obtenir un mandat sur l'environnement qui soit spécifique, dont
l'issue serait la clarification et qui soit dénué de caractère
discriminatoire ou de visées protectionnistes. L'accord qui s'est
réalisé à Doha sur le démarrage de négociations pour mieux
encadrer l'interaction entre les questions relevant de l'OMC et
l'environnement est donc un pas important pour le système commercial
qui correspond à la volonté de l'UE et d'autres Membres de renforcer
l'action de l'OMC en faveur d'un développement durable.
Quant aux règles de défense commerciale, l'UE s'est
montrée réceptive, pendant la période considérée, à la
proposition d'ouvrir des négociations équilibrées sur les règles
de l'OMC qui répondraient aux exigences des pays en développement et
leur permettraient de chercher à obtenir des améliorations des
Accords de l'OMC sans en remettre en question les principes
fondamentaux. Ces objectifs ont été atteints dans le mandat de Doha.
En ce qui concerne les accords régionaux de commerce, l'UE a
également obtenu satisfaction quant à l'objectif de démarrer des
négociations en vue d'établir des règles claires et très strictes
concernant les conditions que doivent remplir les ALE et les accords
régionaux pour être compatibles avec les Accords de l'OMC.
L'UE est allée à Doha avec plusieurs objectifs concernant l'Accord
sur les ADPIC, qui ont tous été atteints. La déclaration de
Doha contient une disposition claire énonçant que les négociations
sur un registre multilatéral devront être terminées d'ici à la
Cinquième conférence ministérielle, et mentionne également un
mandat de négociation dans le cadre des ADPIC pour étendre la
protection des indications géographiques dans l'intérêt des
consommateurs et des entreprises dans le monde entier. Elle prévoit
également que la question des relations entre les ADPIC et la CDB et
la protection des savoirs traditionnels devront être examinées et
que des mesures appropriées devront être prises, témoignant de
l'engagement de l'UE de tenir compte des intérêts des pays en
développement dans ce domaine.
Après avoir aidé au lancement des négociations sur les ADPIC
dans le cadre du Programme de Doha, l'UE a joué un rôle essentiel de
conciliateur pour l'adoption d'une déclaration sur les ADPIC et la
santé publique reflétant la conviction de l'UE que l'Accord sur
les ADPIC peut et devrait être interprété et mis en œuvre d'une
manière qui appuie le droit des Membres de l'OMC de protéger la
santé publique. Cette déclaration, conforme à la position prise par
l'UE, est un accomplissement majeur qui réussit à sauvegarder
l'Accord sur les ADPIC tout en reconnaissant qu'il importe que les
Membres puissent poursuivre leurs objectifs légitimes en matière de
santé publique.
L'UE a pris part activement au réexamen du Mémorandum d'accord
sur le règlement des différends. Conformément à la
déclaration de Doha, les négociations sur le Mémorandum d'accord
visent à convenir d'améliorations et d'éclaircissements au plus
tard en mai 2003. L'UE a récemment présenté une communication
globale pour le processus de négociation dont elle espère qu'elle
aidera les Membres de l'OMC à remplir le mandat de Doha.
Parmi toutes ses considérations sur la forme future du programme
de négociations, l'UE a tout particulièrement veillé à ce que
soient inclus dans les négociations les intérêts des pays en
développement. Cela concerne en particulier les négociations sur
l'accès aux marchés dans les secteurs clés tels que l'agriculture
et les textiles, le renforcement et le resserrement des règles en
matière de défense commerciale, un examen des aspects des accords
sur les subventions ayant trait au développement, l'extension des
ADPIC à des produits importants pour les pays en développement et un
examen général des dispositions de traitement spécial et
différencié, ainsi qu'un soutien important pour renforcer les
capacités.
L'UE était également attachée, au cours des deux années
écoulées, à ce qu'un dialogue conséquent soit mené, notamment
avec l'OIT et l'OMC, sur les questions relatives au commerce, au
travail et au développement social. La communication de la
Commission du 18 juillet 2001 intitulée “Promouvoir les normes
fondamentales du travail et améliorer la gouvernance sociale dans le
contexte de la mondialisation” abordait la question d'une
manière globale en suggérant un programme de travail
interdisciplinaire. L'UE est résolue à favoriser l'application
effective des normes fondamentales du travail dans le monde entier,
mais en évitant de recourir à des sanctions pour les faire
respecter. Au niveau international, elle reconnaît le rôle clé de
l'OIT et la nécessité de renforcer les instruments de cette
organisation pour que les normes fondamentales du travail soient
effectivement appliquées. Tous les États membres sauf deux ont
ratifié les huit conventions de base de l'OIT. Par ailleurs, le forum
conjoint OIT-OMC, devenu, depuis Seattle, le mode préféré par les
Membres pour aller de l'avant, reste un élément clé de la
stratégie. À cet égard, les événements survenus récemment à
l'OIT, en particulier la création de la Commission mondiale sur la
dimension sociale de la mondialisation, sont très positifs. À Doha,
l'UE cherchait à faire adopter une déclaration par laquelle les
Membres affirmeraient leur attachement à l'amélioration du dialogue
entre l'OMC et l'OIT sur les questions relatives au développement
social. Bien que les résultats de la Conférence de Doha sur le
commerce et le développement social aient été trop modestes du
point de vue de l'UE, ils constituent néanmoins une base pour avancer
sur cette question et l'UE s'efforcera de faire en sorte que l'OMC
contribue de manière constructive au processus de l'OIT.
Enfin, des progrès ont été enregistré pendant la période
considérée en ce qui concerne la transparence et la participation
de la société civile. À l'intérieur, l'UE a multiplié les
efforts pour mener un dialogue d'orientation et consulter les
représentants de la société civile, reconnaissant que c'est
principalement à ce niveau, dans le ressort de chaque État membre,
que doivent avoir lieu la consultation et l'arbitrage entre les
partenaires sociaux et les intérêts divergents. Au sein de l'OMC,
l'UE n'a cessé d'appeler à un dialogue plus suivi et plus structuré
avec les parlements et les représentants de la société civile, et
s'est réjouie que les Membres aient eu la possibilité, à Doha et
avant, d'aborder des sujets dans un esprit constructif avec une
société civile qui joue maintenant son rôle plus pleinement que
jamais dans les travaux de l'OMC sans porter atteinte au caractère
essentiellement et justement intergouvernemental de l'organisation.
Bien que sa présence ait été moins nombreuse et moins spectaculaire
à Doha qu'à Seattle, la société civile a fait sentir son influence
plus clairement: la déclaration de Doha sur les ADPIC et la santé
publique, par exemple, témoigne de la réaction remarquablement
rapide et opérationnelle de l'OMC, entre autres à une campagne de la
société civile lancée moins de deux ans plus tôt. L'UE continuera
de chercher à améliorer la transparence et l'efficacité, ainsi
qu'éventuellement les institutions, de l'organisation. À cet égard,
la Déclaration de Doha, sans être très spécifique, contient
clairement un mandat pour accroître la transparence, avant tout
vis-à-vis des membres de l'organisation. De plus, sur des questions
telles que la consultation et le caractère ouvert des réunions, le
Secrétariat, doté d'une plus grande autonomie, pourra lancer un
dialogue plus poussé avec les parlements et la société civile. Il
convient toutefois de réfléchir à la réforme de l'OMC pour
améliorer en particulier l'efficacité de la prise de décisions.
Enfin, dans les mesures à prendre pour améliorer le fonctionnement
de l'OMC, certaines concernent le réexamen en cours du Mémorandum
d'accord sur le règlement des différends, où l'UE préconise
d'introduire suffisamment de souplesse pour que les parties décident
si tout ou partie de la procédure devrait être publique, et de mieux
définir le cadre et les conditions de présentation des mémoires d'amicus
curiae.
En somme, les résultats de la Conférence de Doha, de
grande portée, reflètent très bien les objectifs généraux de
l'UE pour le prochain cycle de négociations: un programme en quatre
points pour libéraliser davantage l'accès aux marchés, actualiser
et améliorer les règles de l'OMC, promouvoir un programme de
développement et traiter les questions intéressant l'opinion
publique. Les déclarations sont fidèles au mandat de négociation de
l'UE et correspondent à nos grands objectifs politiques et
économiques, aux intérêts des entreprises et de la société civile
et à l'intérêt économique mondial, y compris aux besoins des pays
en développement. On ne saurait trop se féliciter de l'accent mis
sur les besoins des pays en développement et sur le développement
durable.
L'acquis principal pour le système est la possibilité
ouverte à Doha de faire entrer l'OMC dans une nouvelle ère où son
engagement pour le développement durable, qui a toujours été au cœur
de son mandat, devient maintenant plus explicite et plus opérationnel.
Avec le temps, le résultat de ce nouveau cycle de négociations
devrait améliorer sensiblement le rôle de l'OMC dans le
développement durable et améliorer la gouvernance économique
internationale, deux objectifs qui trouvent leur parallèle dans la
poursuite par l'UE de sa propre construction. Sur le plan
multilatéral comme au sein de l'UE, l'équilibre entre les règles et
la libéralisation progressive continue de représenter le juste
dosage pour favoriser un développement durable et mieux gérer les
changements économiques. La tâche qui attend maintenant l'UE est de
mener les négociations d'une manière qui corresponde aux objectifs
du Programme de Doha pour le développement et à ses propres buts.
Relations commerciales bilatérales et régionales
Outre son appui au système commercial multilatéral, l'UE cherche
à développer des relations commerciales avec d'autres partenaires du
monde entier au moyen de plusieurs régimes de commerce
préférentiel, zones de libre-échange et initiatives régionales,
ainsi que d'autres relations bilatérales. Bon nombre de ces relations
correspondent à son influence commerciale et économique, l'UE étant
encore le premier partenaire commercial de nombreux pays, ou
s'inscrivent dans le cadre d'objectifs géopolitiques plus larges.
Toutefois, pour ce qui est de la politique commerciale, ses
initiatives régionales se fondent sur le principe fondamental selon
lequel, lorsque la situation s'y prête, les relations régionales et
bilatérales peuvent – et doivent – compléter et renforcer le
système multilatéral.
Les régimes de commerce préférentiel
Le nouvel Accord de partenariat ACP-UE, signé le 23
juin 2000 à Cotonou, et dont les dispositions commerciales ont pris
effet le 1er août 2000, prévoit la négociation de
nouveaux arrangements compatibles avec l'OMC, qui entraîneront une
élimination progressive des obstacles au commerce et renforceront la
coopération dans tous les domaines liés au commerce; ces
arrangements doivent être conclus et mis en œuvre avant la fin de
2007. Entre-temps, et afin de faciliter la transition, les préférences
commerciales non réciproques appliquées en vertu de la quatrième
Convention de Lomé ont été reconduites et font l'objet d'une
dérogation obtenue à Doha. Les préférences de Cotonou comprennent
un accès en franchise de droits pour tous les produits industriels et
une grande partie des produits agricoles bruts ou transformés, et des
droits préférentiels pour presque tous les autres produits
agricoles. Les protocoles relatifs à la viande bovine et au sucre
sont conservés durant la période préparatoire mais seront
réexaminés dans le cadre des nouveaux arrangements.
Le règlement qui régit actuellement le schéma SGP de l'UE
est entré en vigueur le 1er janvier 2002 et
expirera à la fin de 2004. Il se fonde sur les principes directeurs
que l'UE a adoptés pour la période 1995-2004. Ce schéma couvre
aujourd'hui presque tous les secteurs et reprend intégralement
l'initiative “Tout sauf les armes” qui a été adoptée en
février 2001 et qui accorde un accès en franchise de droits de
douane à tous les produits provenant des PMA. La modulation tarifaire
a été simplifiée et il n'y a plus que deux catégories de produits
ou de sensibilité. Les procédures concernant la gradation, le
retrait, les sauvegardes et les arrangements incitatifs spéciaux ont
été harmonisées et précisées. Les marges préférentielles
érodées par la libéralisation progressive des échanges ont été
rétablies par la réduction des droits ad valorem sur les
produits sensibles d'un montant uniforme de 3,5 points de
pourcentage, et des droits spécifiques, de 30 pour cent. Les
incitations spéciales ont rendu le commerce plus intéressant en
réduisant encore les droits ad valorem et spécifiques de 5
points de pourcentage et de 30 pour cent respectivement. Enfin,
le rôle du SGP en tant qu'outil du développement durable a été
renforcé et rendu plus prévisible, car la gradation et l'exclusion
n'interviennent que lorsque les critères pertinents sont remplis
pendant trois années consécutives.
Afin de promouvoir la stabilisation politique et le développement
économique de la région, l'UE a adopté le 18 septembre 2000 des
mesures commerciales autonomes en faveur des pays de l'ouest des
Balkans (modifiées le 20 novembre 2000 et le 18 décembre 2001),
qui s'appliqueront jusqu'au 31 décembre 2005. Instaurant un
régime de commerce extérieur plutôt libéral avec cette région,
ces mesures autonomes ont supprimé les taux plafonds qui
s'appliquaient à presque tous les produits industriels, à
l'exception de certains produits textiles, et amélioré l'accès des
produits de l'agriculture et de la pêche au marché de l'Union. Elles
doivent déboucher sur des accords de stabilisation et d'association,
accords qui ont déjà été conclus avec l'ex-République yougoslave
de Macédoine et la Croatie. Les dispositions commerciales de
l'Accord de stabilisation et d'association UE-ex-République
yougoslave de Macédoine sont entrées en vigueur le 1er
juin 2001, et celles de l'accord UE-Croatie le 1er janvier
2002, en vertu d'un accord intérimaire. Leur objectif est de créer
une zone de libre-échange des marchandises dans un délai de dix ans
pour l'ex-République yougoslave de Macédoine et de six ans pour la
Croatie, et elles envisagent une libéralisation progressive et
réciproque du commerce des services. En outre, elles définissent des
obligations dans des domaines tels que la concurrence et les aides
publiques, ainsi que les droits de propriété intellectuelle et
industrielle. Les trois autres pays de l'ouest des Balkans
(Bosnie-Herzégovine, Albanie et République fédérale de
Yougoslavie) qui bénéficient des mesures autonomes pourront conclure
de tels accords dès qu'ils satisferont aux critères politiques et
économiques pertinents.
En vertu du Traité CE, depuis 1958, les pays et territoires
d'outre-mer (PTO) sont liés à la Communauté dans le cadre d'une
association spécifique, dont l'objet est de promouvoir le
développement socio-économique de ces pays et territoires
dépendants et d'établir des relations économiques étroites entre
eux et l'UE dans son ensemble. En novembre 2001, la décision relative
à l'association avec l'outre-mer a été modifiée pour favoriser la
réalisation de ces objectifs et promouvoir l'intégration des PTO
dans l'économie mondiale, ainsi que pour développer leur commerce de
biens et de services sur les marchés régionaux et mondial. À cet
effet, outre qu'elle confirme l'accès en franchise aux marchés de
l'UE déjà prévu pour les marchandises provenant des PTO, la
décision accélère la libéralisation et la coopération dans le
domaine des services et dans les domaines liés au commerce durant une
période de dix ans qui prendra fin le 31 décembre 2011.
Zones de libre-échange
L'UE est liée aux dix pays d'Europe centrale et orientale (PECO)
par des accords européens depuis 1999. En conséquence, les produits
industriels circulent librement entre les signataires et l'UE depuis
le début de 2001. Il ne subsiste de restrictions que dans quelques
secteurs, notamment l'agriculture. Les accords européens contiennent
aussi des dispositions relatives à la libre circulation des services,
des paiements et des capitaux liés au commerce et à
l'investissement, à la libre circulation des travailleurs et à la
coopération dans les domaines de l'environnement, des transports et
des douanes. Ils prévoient en outre un rapprochement avec le droit
communautaire, en particulier dans les domaines pertinents pour le
marché intérieur, tels que la concurrence et la protection des
droits de propriété intellectuelle, industrielle et commerciale. Les
accords d'association conclus avec Chypre et Malte couvrent les
mêmes domaines. L'UE a établi une union douanière pour les produits
industriels avec la Turquie. Les produits sidérurgiques et le
charbon circulent librement, et les deux parties ont échangé des
concessions dans le secteur agricole. De nouvelles négociations ont
été engagées en 2000 dans le but de libéraliser le commerce des
services et les marchés publics.
Les relations commerciales bilatérales de l'UE avec la Suisse se
fondent sur l'accord de libre-échange de 1972. Depuis 1994, l'UE et
la Suisse négocient sur un large éventail de secteurs. Sept nouveaux
accords sectoriels (libre circulation des personnes, transport aérien
et terrestre, coopération technique et scientifique, agriculture,
évaluation de la conformité et marchés publics) entreront en
vigueur durant l'été 2002. Depuis juin 2001, l'UE et la Suisse
négocient en outre dans les domaines des statistiques, de
l'environnement, du commerce des produits agricoles transformés et de
la coopération dans la lutte contre la fraude, et des négociations
sur la fiscalité de l'épargne doivent commencer prochainement. En
avril 2002, la Commission européenne a décidé de proposer
l'ouverture de négociations avec la Suisse dans quatre nouveaux
domaines, notamment en vue de conclure un accord de libre-échange des
services.
L'UE a conclu des accords d'association bilatéraux avec huit
pays méditerranéens. Ces accords ont un volet politique, un
volet commercial et un volet coopération. Les accords conclus avec la
Tunisie, le Maroc et la Jordanie sont entrés en vigueur en mars 1998,
mars 2000 et mai 2002 respectivement. Les dispositions commerciales
des accords conclus avec l'Autorité palestinienne (signés en
février 1997) sont appliquées à titre intérimaire. Pour ce qui est
d'Israël, un nouvel accord d'association Euro-Med est entré en
vigueur le 1er juin 2000. Des accords ont été signés
avec l'Égypte et l'Algérie mais ils ne sont pas encore ratifiés.
L'accord avec le Liban a été parafé et les deux parties ont
l'intention d'en appliquer le volet commercial sur la base d'un accord
intérimaire. Des négociations sont en cours avec la Syrie. Les
différents accords prévoient l'établissement d'une zone de
libre-échange entre chacun des pays concernés et l'UE pour les
marchandises et l'ouverture progressive des marchés agricoles. Ils
contiennent en outre des dispositions relatives à la libéralisation
du commerce des services et des mouvements de capitaux et à la
concurrence.
Les négociations entre l'UE et le Conseil de coopération du Golfe
(CCG) ont repris sérieusement depuis que le CCG a décidé
d'appliquer un tarif douanier commun à partir de la fin de 2005
au plus tard et que le mandat de négociation initial de l'UE, qui
datait de 1991, a été adapté.
L'accord de libre-échange (ALE) conclu entre l'UE et le Mexique
est entré en vigueur le 1er juillet 2000.
L'évolution positive du commerce des deux parties a confirmé le
potentiel de cet accord: la part de l'UE sur le marché mexicain, qui
avait eu tendance à baisser depuis l'adhésion du Mexique à l'ALENA,
a été stabilisée, et les produits mexicains ont trouvé de nouveaux
débouchés diversifiés sur le marché de l'UE. Afin de faciliter
l'utilisation des possibilités d'accès aux marchés offertes par
l'élimination progressive des droits d'importation, les parties ont
entrepris de renforcer leur coopération dans le domaine des obstacles
non tarifaires. Les dispositions relatives au commerce des
marchandises doivent être mises en œuvre pour la plupart avant la
fin de 2003, le Mexique disposant de périodes de transition plus
longues pour les produits industriels (2007) et agricoles (2010).
L'ALE concerne aussi les services, les marchés publics, la protection
et les DPI.
Les négociations en vue de la conclusion d'un accord d'association
entre l'UE et le Chili, qui avaient commencé en avril 2000, se
sont achevées le 26 avril 2002. Cet accord comporte trois volets:
dialogue politique, coopération et commerce. Pour ce qui est du
commerce, outre l'instauration d'une zone de libre-échange pour le
commerce des biens et des services et les marchés publics, il
comprendra des dispositions relatives à l'investissement, à la
facilitation douanière et commerciale, aux droits de propriété
intellectuelle, à la concurrence et au règlement des différends. Le
texte est actuellement soumis aux procédures internes d'adoption.
Des négociations en vue de conclure un accord d'association
interrégional avec le Mercosur ont commencé en avril 2000.
Cet accord comprendra trois volets: dialogue politique, coopération
et commerce. Les négociations se font à l'échelon birégional,
d'union douanière à union douanière. Cela est conforme à un des
objectifs clés de l'UE à cet égard, qui est de renforcer le
processus d'intégration des membres du Mercosur. La deuxième étape
des négociations a été lancée en juillet 2001. La plupart des
textes proposés pour les différents thèmes de négociation ont
déjà été échangés et les parties ont aussi échangé leurs
offres tarifaires. La troisième étape des négociations est en
préparation.
Après la conclusion avec l'Afrique du Sud d'un accord de
commerce, de développement et de coopération, en 1999, d'autres
accords sur le commerce des vins et des alcools ont été signés le
28 janvier 2002. Ils sont appliqués à titre provisoire depuis
cette date. Les négociations concernant la pêche ne sont pas encore
terminées.
Initiatives
régionales
Les relations commerciales avec l'Asie restent une des grandes
priorités de l'UE. Le volet économique de la Réunion
Asie-Europe, établie en 1996, lie l'UE et ses 15 États
membres aux pays d'Asie (Japon, Chine, Corée, Thaïlande, Malaisie,
Philippines, Singapour, Indonésie, Viet Nam et Brunei) dans un cadre
de concertation visant à faciliter le commerce et l'investissement
entre tous les partenaires. Le plan d'action pour la facilitation du
commerce le plus récent définit plusieurs objectifs de réduction et
d'élimination des obstacles au commerce dans des domaines tels que
les normes et la certification, les douanes, les DPI, les mesures SPS
et le commerce électronique. Les exportations des partenaires
asiatiques mentionnés ci-dessus représentaient environ 26 pour
cent des exportations mondiales en 2000, et l'UE était leur premier
partenaire commercial, tandis que cette région est elle-même le
deuxième marché extérieur de l'UE.
Les relations de l'UE avec le Groupe de Saint José et la
Communauté andine se fondent sur deux accords-cadres de
coopération qui sont entrés en vigueur en 1999 et 1998
respectivement. Ces deux régions bénéficient du schéma SGP de
l'UE. Au Sommet de Madrid (mai 2002), les membres se sont mis d'accord
sur de nouvelles initiatives de négociation d'accords politiques et
de coopération entre l'UE et ces deux régions, ainsi que sur une
intensification de la coopération économique et commerciale
birégionale. L'objectif est de faire en sorte qu'une fois le
programme de Doha pour le développement réalisé, les accords de
libre-échange birégionaux conclus entre l'UE et chacune de ces deux
régions puissent être mis en œuvre dans l'intérêt de toutes les
parties.
Autres relations bilatérales
Les bonnes relations commerciales entre l'UE et les États-Unis
sont depuis longtemps un élément important de la gestion globale du
système commercial mondial. Durant la période considérée, la
coopération étroite entre ces deux partenaires a certainement
beaucoup contribué au succès de la Conférence de Doha. Les
relations commerciales bilatérales des deux plus grandes entités
commerciales du monde sont restées très dynamiques et ont été
renforcées par le lancement en 1995 du Nouvel agenda transatlantique
et par l'accord sur un Partenariat économique transatlantique, qui
remonte à 1998. En établissant ce cadre, les partenaires ont
réaffirmé leur volonté de renforcer le système commercial
multilatéral et sont convenus d'éliminer les obstacles,
essentiellement de caractère réglementaire, qui subsistent dans le
commerce transatlantique, tout en continuant d'assurer une solide
protection de la santé, de la sécurité, des consommateurs et de
l'environnement. Ce partenariat a donné des résultats substantiels
notamment en matière de reconnaissance mutuelle de certains
règlements techniques portant sur des produits, et des négociations
sont en cours dans le domaine des services (architecture, ingénierie,
assurance). De plus, en 2002, la Commission européenne et les
autorités fédérales des États-Unis ont élaboré un ensemble de
lignes directrices pour la coopération et la transparence en matière
de réglementation et se sont accordées sur le lancement d'un
programme économique positif dont l'objectif est d'élargir cette
coopération à d'autres domaines dans lesquels il est possible de
trouver des arrangements mutuellement avantageux. Par ailleurs, l'UE
et les États-Unis ont adopté en 1999 un ensemble de principes en vue
de la mise en place d'un système efficace d'alerte rapide dont
l'objectif serait d'éviter l'escalade d'un certain nombre de
différends, en facilitant un règlement rapide. Toutefois, il
subsiste quelques différends et, en particulier, l'UE conteste les
mesures de sauvegarde prises par les États-Unis en ce qui concerne
l'acier et déplore que les États-Unis n'aient guère fait de
progrès dans la mise en œuvre des arrêts de l'OMC visant les
sociétés étrangères de vente. Les deux parties continuent de
négocier pour s'entendre sur le commerce des vins. Il y a aussi des
discussions visant à remplacer le retrait des concessions décidées
dans l'affaire du bœuf aux hormones par des mesures de compensation.
Les relations commerciales avec le Canada sont encadrées
par la Déclaration commune et le Plan d'action UE-Canada de décembre
1996. En outre, l'UE et le Canada ont adopté une initiative
commerciale conjointe, qui est un programme très complet concernant
le commerce multilatéral et bilatéral. Ce cadre de coopération a
rapidement produit des résultats, avec la conclusion d'accords sur la
reconnaissance mutuelle des évaluations de conformité, sur
l'équivalence vétérinaire, sur la coopération douanière et sur la
coopération dans le domaine de la concurrence. Des négociations sur
le commerce des vins et des alcools sont en cours. De plus, le Canada
et l'UE ont commencé à évaluer des mesures futures qui auraient
pour objectif de renforcer leurs relations commerciales et leurs
échanges d'investissements. Cette évaluation commencera par un
examen des résultats d'une enquête actuellement conduite auprès des
entreprises au sujet des obstacles qui entravent les échanges
commerciaux et l'investissement entre les deux parties. Enfin, le
gouvernement canadien et la Commission européenne ont récemment
décidé d'ouvrir un nouveau dialogue sur la coopération dans le
domaine de la réglementation.
L'UE et le Japon ont en commun un très fort attachement au
système commercial multilatéral. Leur étroite coopération a
facilité l'adoption du Programme de Doha pour le développement. L'UE
a mis l'accent sur le dialogue économique bilatéral pour faciliter
l'accès des biens et des services aux marchés et pour améliorer le
climat de l'investissement en encourageant des réformes structurelles
au Japon. Les deux parties ont entamé en 1994 un dialogue sur la
déréglementation, dans le cadre duquel ils échangent chaque année
des listes de propositions visant à réformer la réglementation du
marché de l'autre partie. Le 1er janvier 2002 est entré
en vigueur un accord de reconnaissance mutuelle qui prévoit
l'acceptation des évaluations de conformité faites dans l'une des
parties conformément à la réglementation de l'autre partie pour
quatre types de produits.
Cela devrait considérablement faciliter l'accès aux marchés. Le
8 décembre 2001, le Sommet UE-Japon a lancé une décennie de
coopération en adoptant un “plan d'action UE-Japon”, dont
l'objectif est de renforcer le partenariat économique et commercial
entre l'UE et le Japon.
Des déclarations communes sur les relations bilatérales avec l'Australie
(1997) et la Nouvelle-Zélande (1999) renforcent le dialogue en
vue de poursuivre la libéralisation du commerce des biens et des
services. En outre, l'UE a conclu des accords de reconnaissance
mutuelle des évaluations de conformité des marchandises avec ces
deux pays et un accord sur les mesures vétérinaires avec la
Nouvelle-Zélande.
Les relations commerciales entre la Chine et l'UE se
renforcent sur les plans tant multilatéral que bilatéral. L'UE, qui
était un fervent partisan de l'accession de la Chine à l'OMC, a à
l'égard de ce pays une stratégie définie par trois grands axes:
surveillance de la façon dont la Chine applique les engagements
qu'elle a pris dans le cadre de son accession à l'OMC; appui à la
mise en œuvre de ces engagements et aux réformes économiques et
commerciales de la Chine par un partenariat et notamment par l'offre
de conseils techniques dans le cadre de plusieurs programmes de
coopération; et renforcement de la coopération avec la Chine au
sujet du Programme de Doha pour le développement et dialogue
constructif dans les nouvelles négociations multilatérales. Sur le
plan bilatéral, le principal cadre dans lequel l'UE traite les
questions commerciales avec la Chine est celui du Comité mixte
CE-Chine et de ses organes subsidiaires.
La relation actuelle entre la Corée et l'UE se fonde de
plus en plus sur des valeurs politiques communes, des liens
économiques solides et un appui à la politique conciliatoire avec la
République démocratique populaire de Corée. Une étape importante a
été franchie dans les relations entre l'UE et la Corée avec
l'entrée en vigueur, le 1er avril 2001, de l'accord-cadre
de coopération et de commerce. Cet accord engage les deux parties à
collaborer pour promouvoir les échanges bilatéraux de produits et
d'investissements et offre un meilleur cadre pour la coopération
économique.
Les relations de l'UE avec la Russie et les autres pays de la
CEI se fondent sur des accords de partenariat et de coopération
conclus au cours de la dernière décennie. L'UE et la Russie ont
engagé des discussions préliminaires pour explorer l'idée de créer
un espace économique européen commun, idée qui a été lancée par
les deux parties lors de leur Sommet de mai 2001. Cette initiative
vise avant tout le domaine de la réglementation. La stabilité des
relations avec la Russie et les autres pays de la CEI reste
essentielle pour l'UE, d'autant plus que le prochain élargissement
fera entrer dans l'Union un certain nombre de pays d'Europe centrale
et orientale. Les questions économiques et commerciales resteront un
aspect très important de la relation globale de l'UE avec ces pays.
De plus, l'UE a milité et continuera de militer en faveur d'une
accession aussi rapide que possible à l'OMC, à des conditions
appropriées, de la Russie et des autres pays de la CEI qui n'en sont
pas encore membres, ce qui devrait promouvoir l'intégration de ces
différents pays dans l'économie mondiale.
L'UE et l'Inde ont continué d'approfondir leur commerce
bilatéral, pour lequel il y a un potentiel important des deux
côtés, de renforcer leur coopération pour le développement et leur
coopération économique et d'améliorer leurs liens économiques et
commerciaux. Les deux parties sont engagées dans un dialogue
économique de haut niveau, avec des sous-commissions qui tiennent
régulièrement des consultations sur le commerce et d'autres
questions. Au sommet du 28 juin 2000, elles ont décidé
d'ouvrir un dialogue de haut niveau sur les questions intéressant
l'OMC. Au sommet de l'automne 2000, elles ont adopté une initiative
commune pour la promotion du commerce et de l'investissement, qui est
complétée par plusieurs recommandations essentielles.
En ce qui concerne les relations entre l'UE et le Pakistan,
il y a eu plusieurs initiatives, notamment la signature d'un accord de
coopération de la troisième génération, en novembre 2001. Le
Conseil a adopté un ensemble assez complet de préférences
commerciales. En particulier, il a majoré de 15 pour cent les
contingents d'importation de textiles et de vêtements et décidé
d'admettre en franchise de douane les vêtements produits dans le
cadre du programme de substitution des drogues du SGP sur la période
de 2002-2004. En mai 2002, la Commission européenne a adopté une
stratégie quinquennale (2002-2006) de coopération avec le Pakistan.
Le développement du commerce est une des priorités de cette
stratégie.
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