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Le huitième examen de la politique commerciale du Japon a été
instructif et ouvert, et a permis de comprendre beaucoup mieux les
politiques commerciales et les politiques liées au commerce de ce pays.
La participation active de la délégation japonaise dirigée par
l'Ambassadeur Yokota, les contributions judicieuses du présentateur,
l'Ambassadeur Valles Galmés, et les interventions avisées d'un grand
nombre de Membres de l'OMC ont beaucoup contribué à enrichir le débat.
Les Membres ont jugé encourageante la croissance soutenue de l'économie
japonaise (la deuxième économie mondiale), qui était importante pour la
prospérité de l'économie mondiale et l'expansion du commerce. Ils ont
reconnu que le système commercial multilatéral, en maintenant les
marchés étrangers ouverts aux exportations japonaises, contribuait
beaucoup à la croissance économique du pays. Toutefois, ils se sont
demandé si la durabilité de la reprise au Japon ne risquait pas d'être
compromise, par exemple sous l'effet conjugué de la lourde dette
publique et du vieillissement rapide de la population. Ils ont incité le
Japon à poursuivre le processus de réforme et à améliorer l'accès à son
marché, en particulier dans le secteur agricole.
Les Membres ont félicité le Japon pour le rôle actif qu'il jouait dans
le système commercial multilatéral, y compris pour son ferme appui au
Programme de Doha pour le développement. À cet égard, ils lui ont rendu
hommage pour les activités d'assistance technique et de renforcement des
capacités liés au commerce qu'il menait en faveur des pays en
développement et des pays les moins avancés, ainsi que pour l'aide
financière qu'il apportait au programme “Aide pour le commerce”. Tout en
félicitant le Japon pour l'accès préférentiel aux marchés qu'il
accordait aux pays en développement et aux PMA, et l'engagement qu'il
avait pris d'offrir un accès aux marchés en franchise de droits et sans
contingent pour les produits originaires de ces pays, les Membres l'ont
encouragé à ouvrir davantage son marché aux exportations de ces pays.
Les Membres ont aussi noté que le Japon prenait de plus en plus part à
des accords commerciaux bilatéraux et régionaux et ils l'ont instamment
prié de veiller à ce que ces accords soient pleinement compatibles avec
le système multilatéral.
Les Membres ont remercié le Japon des mesures qu'il avait prises pour
libéraliser davantage son régime commercial. De nombreux produits
importés au Japon étaient admis en franchise de droits ou assujettis à
des droits minimes, et la plupart des taux appliqués coïncidaient avec
les taux consolidés, ce qui assurait une bonne prévisibilité de son
tarif douanier. Cependant, la structure du tarif douanier du Japon
restait complexe, avec des crêtes tarifaires (faisant souvent intervenir
des droits non ad valorem) et, pour certains produits, des contingents
tarifaires. Ces derniers concernaient surtout les produits agricoles et
alimentaires, les textiles et les vêtements, ainsi que le cuir et les
produits du cuir. Les Membres ont exprimé leur préoccupation au sujet de
la diminution récente de la part des biens et des services étrangers
dans les marchés publics japonais et ont invité le Japon à promouvoir la
participation étrangère à ses marchés publics. Les dispositions prises
pour renforcer les règles de propriété intellectuelle et accélérer les
procédures d'enregistrement des brevets ont été accueillies avec
satisfaction.
Tout en rendant hommage aux initiatives prises par le Japon pour
harmoniser ses normes et règlements techniques avec les normes
internationales, et accepter davantage les résultats d'essais étrangers,
nombre de Membres se sont déclarés préoccupés par le degré de complexité
et le niveau de transparence de ses mesures sanitaires et
phytosanitaires (SPS), de ses règlements techniques et de ses normes.
Certains Membres ont soulevé des questions liées au traitement national
à propos de l'application des mesures SPS. Ils ont encouragé le pays à
appliquer ces mesures de la manière la moins restrictive possible pour
le commerce.
Les Membres se sont félicités des mesures prises récemment par le Japon
pour renforcer sa politique de la concurrence. Ils se sont également
réjouis des progrès qui continuaient d'être faits dans les domaines de
la transparence et des réformes réglementaires, en application du
programme triennal du gouvernement et des zones spéciales pour la
réforme réglementaire. Par ailleurs, ils se sont interrogés sur les
facteurs qui décourageaient l'investissement étranger direct (IED), qui
restait relativement faible. Les Membres se sont félicités des progrès
réalisés dans la privatisation des services publics, en particulier la
société Japan Post; ils ont encouragé le Japon à garantir l'égalité des
chances sur les marchés concernés (par exemple la banque et
l'assurance).
Concernant l'agriculture, les Membres ont exprimé leur intérêt pour le
projet du Japon visant à abandonner le soutien des prix au profit du
soutien des revenus. Ils ont parallèlement noté, avec inquiétude, que le
niveau du soutien interne à l'agriculture était apparemment aussi
important que la contribution de ce secteur au PIB. Bon nombre d'entre
eux ont jugé préoccupante l'utilisation par le Japon de contingents
d'importation pour le poisson. S'agissant des industries
manufacturières, les Membres ont exprimé leur intérêt pour les projets
du Japon visant à promouvoir des secteurs particuliers. Ils ont salué
les réformes entreprises dans les secteurs de l'énergie et des services,
en particulier les services financiers, les télécommunications et les
services juridiques. Ils se sont dits convaincus que le processus de
réforme devait se poursuivre afin de stimuler la concurrence non
seulement dans les secteurs de services précités, mais aussi dans les
secteurs des services de transport, des services médicaux et des
services d'éducation.
Pour conclure, j'aimerais remercier la délégation du Japon pour les
réponses qu'elle a fournies oralement et par écrit pendant la réunion;
nous attendons tous avec intérêt de recevoir les réponses aux questions
en suspens. Le vif intérêt exprimé par les Membres au cours de cet
examen, à travers les multiples questions qu'ils ont présentées à
l'avance par écrit, leurs nombreuses interventions et leur forte
participation, témoigne de l'importance qu'ils attachent au rôle joué
par le Japon dans le système commercial multilatéral. Il montre aussi
l'utilité du mécanisme d'examen des politiques commerciales même pour
les Membres qui, comme le Japon, maintiennent des régimes de commerce et
d'investissement relativement ouverts et transparents. Cet examen a mis
en lumière un certain nombre d'améliorations qu'il serait possible
d'apporter au régime commercial du Japon, notamment, pour beaucoup
d'entre elles, à l'occasion des négociations dans le cadre du PDD. À cet
égard, j'estime encourageante la déclaration du Japon selon laquelle sa
participation au système commercial multilatéral avait très bien servi
ses intérêts économiques à long terme. J'espère aussi que le Japon aura
à cœur de répondre aux préoccupations exprimées par les Membres,
notamment au sujet de sa politique agricole, de ses mesures tarifaires
et non tarifaires, de ses mesures sanitaires et phytosanitaires, de sa
politique en matière de marchés publics et de l'IED.
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