
VER
TAMBIÉN:
Comunicados
de prensa
Noticias
Discursos:
Mike Moore
|

Excellences Messieurs les Leaders et Chefs d'Etat,
Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres,
Monsieur le Secrétaire Général,
Excellences Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Diplomatique et
Représentants des Organisations Inter-Africaines et Internationales,
Mesdames et Messieurs,
Le
Directeur Général de l'Organisation Mondiale du Commerce, Monsieur
Mike MOORE, m'a fait l'honneur de le représenter à ce 4ème Sommet
des Leaders et des Chefs d'Etat de la Communauté des Etats
Sahélo-Sahariens, qui se tient dans un contexte économique mondial
difficile, fait de récession et d'incertitudes.
La
situation actuelle de l'économie mondiale se caractérise par un fort
tassement de la croissance en volume du commerce mondial, dont le taux
est passé de 12.5% en 2000 à environ 2% en 2001. L'impact sur
l'économie mondiale se traduit par une baisse du taux de croissance
de 3.8% en 2000 à un niveau estimé autour de 2% en 2001, et les
prévisions de croissance pour l'an 2002 ne sont guère meilleures.
Au
niveau de l'Afrique, malgré ses énormes potentialités et son
marché de près de 800 millions de personnes, représentant 12.2% de
la population mondiale, la situation est tout aussi difficile. En
effet, le continent a enregistré tout au long de la dernière
décennie, en moyenne et par an, un taux de croissance économique de
2.1% et un taux de croissance démographique de 2.8%. Ce qui rend
difficilement réalisable l'objectif de réduire de moitié la
pauvreté d'ici 2015, en ayant un taux de croissance soutenu d'au
moins 7%.
Pire,
en l'an 2000, l'Afrique n'a reçu que 9.1 milliards de dollars des E.U.,
soit 0.7% du volume des investissements étrangers directs estimé à
1.300 milliards de dollars E.U., et n'a contribué que pour 1.7% aux
échanges internationaux. En 2001, les mêmes investissements
étrangers directs ont chuté de 40% après l'augmentation sans
précédent de 18% enregistrée en 2000. Ceci n'est pas pour
améliorer la situation des pays africains.
C'est
dans ce contexte économique difficile que la communauté
internationale et les partenaires au développement ont démontré à
Doha, en organisant avec succès la 4ème Conférence Ministérielle
de l'OMC, du 09 au 14 novembre dernier, leur volonté et leur ferme
détermination à agir de concert pour rétablir la confiance et
relancer la croissance économique en mettant un arrêt à la
récession.
Organiser
effectivement le sommet du commerce à Doha a été une victoire en
soi quand on pense que, d'autres réunions aussi importantes que les
Sommets de l'UNICEF, de la FAO, de la Francophonie, du Commonwealth et
les Assemblées Générales de la Banque Mondiale et du Fonds
Monétaire International, ont du être reportés.
Doha
a été tout simplement un succès pour tous, et tout
particulièrement pour les pays en développement, qui représentent
à eux seuls 80% des Etats membres de l'OMC. A Doha le caractère
universel de l'OMC s'est trouvé renforcé à travers l'admission de
la République Populaire de Chine et du Taipei Chinois. Plus encore,
les ministres des gouvernements membres de l'Organisation Mondiale du
Commerce ont approuvé un programme de travail, ambitieux, vaste et
équilibré, prévoyant des négociations sur divers sujets et
d'autres tâches pour les années à venir.
Le
programme de travail est énoncé dans deux déclarations — une
déclaration principale et une autre sur la propriété intellectuelle
(Aspects des Droits de Propriété Intellectuelle qui touchent au
commerce) et la santé publique — dans laquelle les ministres
reconnaissent les diverses flexibilités que l'accord donne au
gouvernement pour remédier aux problèmes de santé. Une autre
décision aussi importante est relative à la mise en oeuvre et traite
spécifiquement des difficultés que rencontrent les pays en
développement pour mettre en oeuvre les accords et règles existants
de l'OMC.
Par
ailleurs, le programme de trois ans, appelé “Agenda de
Développement de Doha” établit des objectifs et des calendriers
pour les négociations en cours sur l'agriculture et les services, et
pour d'autres négociations, ou des négociations éventuelles sur une
série de questions telles que: les droits de douane applicables aux
produits industriels, le commerce et l'investissement, le commerce et
la politique de la concurrence, certains aspects du commerce et de
l'environnement et la mise en oeuvre des accords. Les négociations
prévues par le programme de travail devront s'achever au plus tard le
1er janvier 2005. La seule exception concerne les négociations visant
à améliorer et à clarifier le Mémorandum d'Accord sur le
règlement des différends, qui doivent s'achever à la fin du mois de
mai 2003.
Dans
le même temps, les Ministres du Commerce ont convenu d'accorder à
l'Union Européenne une dérogation à ses obligations en matière de
non-discrimination afin qu'elle puisse octroyer des concessions
tarifaires préférentielles aux pays de l'Afrique, des Caraïbes et
du Pacifique. Ce qui représente une importante ouverture sur le
marché des pays de l'Europe pour les biens et produits en provenance
des pays ACP. Pour tout dire, Doha a renforcé le multilatéralisme.
Excellences
Messieurs les Leaders et Chefs d'Etat,
L'année
2001 a été une année exceptionnelle pour l'Organisation mondiale du
Commerce, peut-être même la plus importante de sa brève histoire,
et l'échec retentissant de Seattle n'est plus qu'un mauvais souvenir.
Des enseignements et des leçons ont été tirés de cette année
très riche en événements.
A
la suite du succès de Doha, le Conseil général a approuvé un
budget de 143 millions de francs suisses pour le fonctionnement du
Secrétariat de l'OMC pour l'année 2002 avec une augmentation de
6.75% pour refléter les prioritées définies par les Ministres à
Doha, notamment dans les domaines clés comme la coopération
technique et le renforcement des capacités, la cohérence,
l'accélération du processus d'accession et de renforcement des
efforts déployés pour expliquer l'action de l'OMC au monde
extérieur.
Afin
de couvrir les besoins de financement pour le renforcement des
capacités des pays en développement, membres de l'OMC, un Fonds
Global d'Affectation Spéciale pour le programme de Doha d'un budget
proposé de 15 millions de francs suisses a été mis en place. La
Conférene d'annonce de contribution pour le financement de ce Fonds
aura lieu le 11 mars 2002 à Genève.
Pour
entamer la mise en oeuvre des décisions de Doha, les gouvernements
membres de l'OMC ont mis en place à la fin du mois de janvier le
Comité de Négociations Commerciales, constitué par l'assemblée de
tous les Etats membres. Le Directeur général, agissant es qualité,
a été désigné Président du CNC. Les gouvernements membres ont
convenu que les négociations seraient menées dans le cadre du CNC et
des autres organes de négociation d'une manière transparente. Le CNC
fait rapport au Conseil général sur ses travaux et sur ceux des
Organes et groupes de négociations.
Le
CNC a établi les Organes de négociations suivants, dont les
Présidents respectifs ont déjà été élus : l'agriculture, les
services, l'accès aux marchés pour les produits non agricoles, les
règles, le commerce et l'environnement, les indications
géographiques pour les vins et les spiritueux conformément a
l'accord sur les aspects des droits des propriétés intellectuelles
qui touchent au commerce et la réforme du mémorandum sur le
règlement des différends.
Conformément
à l'Agenda de Développement de Doha un programme de travail vient
d'être adopté pour les Pays les moins Avancés de même que pour les
petites économies. Ce qui indique que tout est en ordre de marche à
l'OMC pour un élargissement de la libéralisation des échanges.
Excellences
Messieurs les Leaders et Chefs d'Etat,
Les
résultats très positifs obtenus par l'Afrique à Doha, l'ont été
grâce à la présence active et effective de vos Ministres en charge
du commerce sur tous les fronts des discussions et négociations et
les pays en développement, les pays les moins avancés et surtout les
pays africains ont assumé leur rôle et leur responsabilité. Cela a
été possible grâce à la préparation coordonnée de vos ministres
pour la réunion de Doha, sous l'égide de l'OUA, du Groupe des ACP,
des PMAs et des Groupements sous-régionaux d'intégration tels que la
CEDEAO, l'UEMOA, la SADC, le COMESA et à travers leur participation
effective aux négociations à Doha.
Certes,
Doha a été un essai réussi par les Africains, mais c'est surtout la
transformation de cet essai qui devra confirmer l'amorce d'une
véritable intégration des pays du continent dans le système
commercial multilatéral et à la mondialisation. Une telle mutation
requiert nécessairement la présence physique et la participation
substantive aux débats et aux négociations en cours.
Malheureusement,
force est de faire le constat suivant:
-
L'Afrique
compte à ce jour 41 pays membres de plein droit au sein de l'OMC,
qui en a 144. Sur les douze pays africains non encore membres de
l'OMC, quatre appartiennent au CEN-SAD, à savoir l'Erythrée, La
Grande Jamahiriya Arabe Libyenne, la Somalie et le Soudan.
-
Au
niveau de la présence physique à Genève, 19 pays africains dont
huit pays membres du CEN-SAD à savoir le Burkina Faso,
l'Erythrée, la Gambie, le Niger, le Mali, le Tchad le Togo et la
Somalie ne disposent pas encore d'une mission résidente. Des
efforts restent encore à faire afin d'assurer la présence de
tous les pays membres du CEN-SAD à Genève, centre incontournable
des décisions socio-économiques les plus importantes de ce monde.
En effet, la décision se faisant par consensus à l'OMC, il est
impossible d'y faire opposition quand on est absent.
Pour
conclure, je voudrais exprimer toute notre gratitude au Secrétaire
Général du CEN-SAD, l'Ambassadeur Mohamed Al-MADANI AL-ALZARI pour
l'invitation qu'il a adressée au Directeur Général de l'OMC à ce
Sommet, et je tiens à le féliciter avec toute son équipe pour le
travail déjà accompli pour l'intégration économique et la
libéralisation des échanges dans la zone Sahélo-Saharienne. Compte
tenu de l'importance du rôle que l'Afrique doit avoir dans les
négociations en cours et le système commercial multilatéral en
général, il va sans dire que la Communauté des Etats
Sahélo-Sahariens et son Secrétariat Général devront s'organiser
pour apporter leurs contributions comme les autres entités
sous-régionales d'intégration.
Tout
en exprimant aux Autorités de la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne nos
sincères remerciements pour l'accueil fraternel et chaleureux qui
nous est toujours réservé, je terminerai en renouvelant la
disponibilité du Secrétariat de l'Organisation Mondiale du Commerce,
pour assister les Etats membres du CEN-SAD dans le renforcement des
capacités institutionelles et substantives de la sous-région, afin
de voir le CEN-SAD jouer davantage et pleinement son rôle de groupe
actif dans le système commercial multilatéral, et dans toutes les
activités de l'OMC, dont vous êtes tous ici présents, les
propriétaires.
Je
vous remercie. |
|