OMC: NOUVELLES 2016

COMMERCE ÉLECTRONIQUE


POUR EN SAVOIR PLUS:

  

Les participants ont reconnu que l'économie numérique pouvait donner lieu à une nouvelle révolution industrielle et qu'elle permettait aux petites entreprises des pays en développement d'accéder aux marchés mondiaux. Ils ont toutefois affirmé qu'il fallait remédier au manque d'infrastructures et de compétences.

 

Une nouvelle opportunité

“Plus de 17 millions de personnes sont sur Facebook et les jeunes sont adeptes de cette nouvelle économie numérique”, a dit M. Okechukwu Enelamah, Ministre du commerce du Nigéria, lors d'une séance organisée par Huawei Technologies sur le thème “Réduire la fracture numérique pour faciliter un commerce mondial inclusif”. “Il est évident que si nous développons une économie numérique, les petites entreprises sont celles qui en bénéficieront le plus”, a-t-il dit. Il a souligné que les gouvernements devaient éliminer les goulots d'étranglement et créer un environnement favorable au développement de l'économie numérique.

M. Roy Ombatti, un entrepreneur numérique kényan, a fait part de son expérience de la création d'une imprimante 3D avec des produits recyclables, montrant comment l'Afrique utilise l'économie numérique. La croissance de cette économie se heurte cependant à des obstacles. Le manque d'accès au financement et les obstacles réglementaires au commerce peuvent poser des problèmes aux jeunes entrepreneurs. L'intervenant a appelé à une augmentation des investissements et à la création de partenariats dans le domaine de l'économie numérique.

Lors d'une séance sur le nouveau panorama de l'inclusion dans le commerce numérique, organisée par le Centre international pour le commerce et le développement durable (ICTSD), une intervenante a expliqué comment elle utilisait la fabrication numérique dans de petits ateliers pour créer des objets personnalisés uniques. Ces ateliers, appelés “fab labs”, se développent à présent dans le monde entier, stimulant la créativité et permettant à des individus de fabriquer des produits sans production de masse, a expliqué Martina Ferracane, analyste de politiques et fondatrice d'un “fab lab” en Sicile. Elle a donné des exemples des problèmes d'ordre politique auxquels se heurte cette innovation, comme la protection de la propriété intellectuelle, la fiscalité et les normes de sécurité.

La technologie numérique permet aux pays en développement de réaliser des avancées majeures dans le processus d'industrialisation. C'est en Afrique que le marché des téléphones mobiles croît le plus rapidement et les petits pays en développement peuvent à présent se connecter au monde comme jamais auparavant. “Quand on réfléchit à la façon d'aborder cette question à l'OMC, on doit se garder d'envisager le commerce électronique dans le contexte Nord-Sud traditionnel”, a dit l'Ambassadeur Ihara du Japon, soulignant que l'économie numérique profite tout particulièrement aux pays en développement.

Le commerce électronique permet à de nombreuses petites entreprises de participer au marché mondial. Une étude réalisée par PayPal indique que les entreprises qui font du commerce transfrontières voient généralement leurs revenus doubler par rapport à celles qui vendent uniquement dans leur pays. Une étude menée au Viet Nam montre également que les petites entreprises qui vendent leurs produits en ligne sont 75% plus productives. Une grande partie de la croissance générée par l'économie numérique profite aux personnes vivant dans des villes pauvres et reculées dans les pays en développement.

Lors d'une séance sur les implications commerciales du commerce électronique entre entreprises (B2B), les intervenants ont évoqué l'importance croissante du commerce B2B et ont dit que les entreprises seraient de plus en plus poussées à offrir aux clients des services de transactions simples et homogènes. Cependant, d'un point de vue commercial, les implications sont moins claires: le commerce électronique se fait encore surtout au niveau national et il n'existe pas de données fiables sur le volume du commerce électronique transfrontières.

 

Combler le fossé numérique

Il reste encore beaucoup à faire pour tirer parti de l'économie numérique, ont souligné les participants. Plusieurs intervenants ont évoqué les obstacles qui peuvent entraver le commerce électronique, notamment le manque d'infrastructure à large bande, de solutions de paiement sécurisées, de moyens logistiques et d'entrepreneuriat numérique.

Le gouvernement a un rôle essentiel à jouer dans le développement du commerce électronique. Cela a été souligné lors d'une séance sur le commerce électronique comme outil d'inclusion dans les pays en développement, organisée par les ministères argentins de la production et de la communication. Les participants ont souligné que les infrastructures nécessaires, notamment un accès haut débit adéquat et des connexions mobiles de qualité, doivent être en place pour supprimer le “fossé numérique” entre les communautés. Une législation facilitant le commerce électronique est essentielle, ont souligné les intervenants.

Mme Daniela Zehenter-Capell, du Ministère allemand de la coopération et du développement économiques, a évoqué les efforts du gouvernement allemand pour promouvoir la formation aux technologies de l'information au moyen de son programme “Lab of tomorrow” en Afrique. “Les solutions informatiques n'ont pas de frontières et nous devons travailler ensemble sur ces questions”, a-t-elle dit aux participants lors d'une séance qui examinait comment aider les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique à utiliser l'innovation numérique.

La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a récemment lancé une initiative intitulée “Commerce électronique pour tous”, visant à réunir les principales parties prenantes publiques et privées et à les aider à coopérer plus efficacement avec les gouvernements des pays en développement pour tirer parti du commerce électronique.

 

Règles mondiales en matière de commerce électronique

L'essor de l'économie numérique souligne la nécessité de réglementations aux niveaux national et international. “Comme Internet est un marché mondial, seul un accord commercial mondial a du sens”, a dit Hosuk Lee-Makiyama du Centre européen d'économie politique internationale lors d'une séance sur les règles commerciales mondiales comme moyen de réduire la fracture numérique.

Les règles de l'OMC sur le commerce électronique et le commerce des services pourraient servir de lignes directrices pour le commerce électronique. La ratification rapide de l'Accord de l'OMC sur la facilitation des échanges pourrait permettre aux produits de traverser les frontières beaucoup plus rapidement, selon les intervenants.

Les organisations internationales ont un rôle à jouer dans l'analyse et l'élimination des obstacles au commerce dans le domaine des technologies de l'information et de la communication. L'économie numérique exige aussi que les négociateurs commerciaux soient plus coopératifs et ouverts d'esprit. Afin de permettre aux petites entreprises de faire du commerce, certains participants ont avancé l'idée d'un accord pour faciliter le commerce des produits de faible valeur et de programmes pour faciliter l'activité des petits négociants de confiance.

Les participants ont reconnu que l'économie numérique soulevait de nombreuses questions complexes et sensibles, comme la protection des consommateurs, la confidentialité, la neutralité d'Internet, la concurrence et l'accès aux données. Si certaines peuvent être résolues au moyen d'accords commerciaux, d'autres doivent être abordées dans d'autres instances. Les participants ont appelé à une coopération réglementaire internationale dans le domaine du commerce électronique afin d'ouvrir l'accès aux données, d'harmoniser les réglementations et de protéger la propriété intellectuelle.

Dans le même temps, ils ont souligné que les organismes de réglementation devaient être attentifs à ne pas établir des règlements sans comprendre la nature du commerce électronique. Selon eux, l'OMC peut aider à améliorer la connaissance de l'espace numérique par les Membres et son impact sur le commerce. Il est essentiel aussi que les parties prenantes participent à l'élaboration de nouvelles règles.

 

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