DIRECTEUR GÉNÉRAL ADJOINT XIANGCHEN ZHANG

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Bonjour à tous.

Je suis très heureux de prendre part au lancement du Pôle de recherche et de connaissances du programme “Le commerce au service de la paix”. C'est une grande satisfaction de voir des experts issus de tant d'organisations internationales participer à la réunion d'aujourd'hui. Je remercie particulièrement ceux qui nous accompagnent depuis l'Australie où la soirée est déjà bien avancée.

Cette réunion étant la première occasion qui m'est donnée de participer au Réseau dédié au commerce au service de la paix, permettez-moi de me présenter.  J'ai été nommé au poste de Directeur général adjoint par la Directrice générale de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, il y a quelques semaines. Parmi les domaines que je supervise figurent les accessions, qui comprennent l'initiative du commerce au service de la paix, ainsi que les questions liées au développement. Les thèmes de l'accession et du commerce au service de la paix me sont chers, puisque j'ai auparavant exercé les fonctions de négociateur dans le processus d'accession de la Chine à l'OMC et de haut fonctionnaire chargé des questions commerciales, ce qui m'a permis de constater à quel point le commerce pouvait transformer les économies et les moyens d'existence des populations dans différentes régions du monde. 

Je suis fermement convaincu que l'intégration dans l'économie mondiale par l’accession à l’OMC peut constituer une voie vers le développement économique, la paix et la prospérité.  À propos de la réunion d'aujourd'hui, je préciserais que, ayant également occupé le poste de Directeur de recherche en politique commerciale pendant trois ans, j'ai une faiblesse pour le travail de recherche et beaucoup de respect et d'admiration pour les chercheurs. Je suis donc très heureux de rejoindre ce groupe.

Programme “Le commerce au service de la paix”: situation actuelle

Sous la direction de mon ami, collègue et prédécesseur le DGA Alan Wolff, et avec le soutien de la Division des accessions, le programme “Le commerce au service de la paix” a réuni des acteurs du commerce, de la paix et de l'humanitaire, et de nombreuses manifestations ont été organisées au cours des trois dernières années. Le 25 mars, soit tout récemment et juste avant le départ d'Alan, le Réseau dédié au commerce au service de la paix a été lancé et vous êtes nombreux à avoir assisté à cette première réunion. La mise en place de ce Réseau a joué un rôle essentiel pour traduire la vision du programme “Le commerce au service de la paix” en actions concrètes, en partenariat avec vous tous, qui pouvez contribuer grâce à la diversité de vos connaissances, compétences, perspectives, groupes d'intérêt, réseaux et ressources et faire ainsi la différence sur le terrain.   

Mon intervention d'aujourd'hui a pour objectif de présenter l'avancement du programme “Le commerce au service de la paix” depuis la réunion du Réseau tenue en mars, qui a réuni plus de 70 participants.  

Permettez-moi de commencer par rappeler les propos de la Directrice générale Ngozi Okonjo-Iweala à l'occasion du lancement de ce Réseau:

“Le commerce peut contribuer à briser le cercle vicieux de la fragilité, des conflits et de la pauvreté. Le commerce peut augmenter les revenus des personnes et renforcer l'interdépendance entre les communautés et les pays, contribuant ainsi à la prospérité partagée et à la réalisation de progrès vers la réalisation des Objectifs de développement durable.”

Sous sa direction, fruit de ses expériences en tant qu'économiste du développement à la tête des travaux menés par la Banque mondiale sur les “pays à faible revenu en difficulté”, maintenant connus sous le nom de pays “fragiles et touchés par des conflits”, le programme “Le commerce au service de la paix” bénéficie d'une nouvelle conception de la façon dont l'OMC peut contribuer à la paix et à la stabilité.

Depuis le lancement du Réseau, la mise en œuvre du programme “Le commerce au service de la paix” s'est appuyée sur les quatre piliers contenus dans le Livre blanc, dont les grandes lignes ont également été communiquées aux partenaires. Permettez-moi de rappeler que ces quatre piliers sont les suivants: i) engagement politique et partenariats institutionnels; ii) sensibilisation et dialogue; iii) recherche; et iv) formation et renforcement des capacités.

Pendant et après la réunion du Réseau, nous avons reçu de précieuses contributions de la part de nombre d'entre vous au sujet du Livre blanc — à l'oral comme à l'écrit.  Au nom de l'équipe du Secrétariat, je voudrais vous remercier pour vos contributions qui ne peuvent que renforcer la qualité de ce document.  Nous sommes désormais en train d'élaborer un Livre blanc complet en tenant compte de vos observations.  De plus, dans ce processus d'élaboration de la vision, des fondements, des principes et de la méthode du programme “Le commerce au service de la paix”, nous sommes également conscients de la nécessité de faire coïncider le document avec le cadre des ODD.

Après le lancement, nous avons mené un certain nombre d'activités au titre des quatre piliers. Au titre du premier pilier (engagement politique et partenariats institutionnels), le Secrétariat a tenu plusieurs réunions productives avec des organisations s'intéressant aux domaines du commerce, de la paix et de l'humanitaire, en s'appuyant sur des relations déjà établies ou en nouant de nouveaux contacts.  Parmi ces organisations figuraient, entre autres, le groupe g7+ des accessions à l'OMC, l'Institut de hautes études internationales et du développement, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), la Chambre de commerce internationale (CCI), la Commission économique des Nations Unies pour l'Europe (CEE-ONU), le Bureau du Conseiller spécial pour l’Afrique de l’ONU, l'Organisation internationale du travail (OIT), le Public International Law & Policy Group (PILPG), l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Au titre du deuxième pilier (sensibilisation et dialogue), nous avons entrepris plusieurs activités avec des partenaires afin d'élargir la portée et l'ampleur des discussions sur le commerce et la paix. Vous vous souviendrez peut-être que nous avons lancé le podcast sur le commerce au service de la paix en mars. Animé par M. Axel Addy, ancien Ministre du commerce et de l'industrie et négociateur en chef pour l'accession du Libéria à l'OMC, le podcast a accueilli des défenseurs du commerce au service de la paix du monde entier; parmi lesquels des responsables politiques et des personnes vivant dans des pays fragiles et touchés par des conflits. Huit épisodes ont été diffusés jusqu'à présent, avec la participation, entre autres, de hauts responsables de l'élaboration des politiques, comme l'ancien Directeur général de l'OMC, M. Pascal Lamy, l'ancien Premier Ministre du Monténégro, M. Igor Lukšić, la Directrice exécutive de l'ITC, Mme Pamela Coke-Hamilton, et le Secrétaire général de la CCI, M. John Denton.

Les réflexions sur le commerce au service de la paix formulées par ces intervenants de haut niveau sont enrichies par une parole de terrain, portée notamment par de jeunes entrepreneurs d'Afghanistan, d'Iraq et, la semaine prochaine, du Yémen. Leurs récits sur l'utilisation du commerce comme outil pour apporter des changements positifs à la vie quotidienne des populations dans un contexte fragile sont une véritable source d'inspiration et d'espoir quant aux objectifs du programme “Le commerce au service de la paix”.    

Je peux vous annoncer, en avant-première, que les prochains épisodes du podcast sur le commerce au service de la paix compteront également sur la participation d'invités de haut niveau comme l'ancienne Présidente du Libéria, S.E. Mme Ellen Johnson Sirleaf, et l'ancien Premier Ministre du Portugal et Président de la Commission européenne, M. José Manuel Barroso. Restez à l'affût. Nous espérons que vous aurez l'occasion d'écouter ces épisodes.

En ce qui concerne le volet du deuxième pilier consacré au dialogue, nous organisons une activité en parallèle de l'édition 2021 du Forum politique de haut niveau pour le développement durable des Nations Unies qui se tiendra dans deux jours, le jeudi 8 juillet.  Cette activité est intitulée “Commerce au service de la paix: surmonter les fragilités par l'intégration économique et la prospérité partagée: l'exemple de l'accession du Libéria et de l'Afghanistan à l'OMC”. J'ai l'honneur d'animer cette manifestation et d'accueillir les ministres du Libéria et de l'Afghanistan, deux pays qui ont rejoint l'OMC il y a cinq ans.  Leurs parcours jusqu'à l'accession, qui n'ont pas été aisés, ont non seulement fait naître l'idée du programme “Le commerce au service de la paix”, mais ont également incité d'autres pays fragiles et touchés par des conflits, comme le Soudan du Sud, la Somalie et le Timor-Leste, à se lancer dans le processus du commerce au service de la paix au cours de ces dernières années. Je devrais ajouter que, plus tard dans le mois, nous organisons à Genève une manifestation similaire pour marquer cet anniversaire.

Pilier “recherche”

La réunion d'aujourd'hui est axée sur le troisième pilier: la recherche. Ce pilier revêt une importance cruciale pour la suite du programme “Le commerce au service de la paix”, en particulier maintenant que l'OMC est dirigée par une économiste, qui demande toujours à voir des données empiriques et des chiffres! Je me félicite donc vivement de la création du Pôle de recherche et de connaissances et je remercie ses membres, qui porteront les activités de recherche du programme “Le commerce au service de la paix”.    

Je ne dis pas qu'aucune recherche n'a été menée sur la relation entre le commerce et la paix.  De fait, des recherches approfondies existent déjà, y compris dans le domaine universitaire, grâce aux travaux effectués par beaucoup d'entre vous ici présents. Je devrais indiquer que lors de la Semaine du commerce au service de la paix organisée en décembre dernier, nous avons tenu une séance sur les éléments de preuve empiriques concernant le commerce, le conflit et la paix avec quatre experts qui ont discuté de la relation entre l'ouverture commerciale, le commerce international et les conflits internationaux et intranationaux (c'est-à-dire civils).(1)

On peut également mentionner l'épisode 5 du podcast sur le commerce au service de la paix, consacré aux perspectives du monde universitaire, auquel ont participé M. Patrick Low, ancien économiste principal de l'OMC, et M. Achim Wennmann, Directeur du développement stratégique et des partenariats de l'Institut de hautes études internationales et du développement et ancien coordonnateur exécutif de la Plate-forme de Genève pour la consolidation de la paix.(2) Il me semble que cet épisode a bien exposé les questions qui nous intéressent aujourd'hui. Je suis très heureux de pouvoir compter sur la participation de Patrick ainsi que d'Achim et de ses collègues de l'Institut de hautes études internationales et du développement à cette réunion.

La rencontre d'aujourd'hui présente un intérêt en ce qu'elle réunit des experts et des praticiens qui ont travaillé directement sur la relation entre le commerce et la paix ou qui cherchent à la comprendre.  Bien que nous soyons nombreux à estimer qu'il existe des liens généraux positifs, ceux-ci ne sont pas toujours simples et, de fait, l'un de nos objectifs consiste à obtenir des résultats positifs en appliquant une approche globale à nos travaux et en réunissant des professionnels de divers domaines et horizons. Pour ce qui est de l'OMC, trois Divisions sont représentées aujourd'hui: Accessions, Recherche économique et Gestion des connaissances.

Le commerce ne peut prospérer en présence de conflits: ceux-ci peuvent notamment limiter les ressources disponibles, provoquer la destruction d'infrastructures et de moyens de production, et entraîner des risques en matière de sécurité et des pénuries alimentaires. Je suis sûr que, tous ensemble, nous pouvons contribuer à améliorer la compréhension de ces questions pour obtenir des résultats positifs en matière de commerce et de paix.

À cet égard, je souhaiterais remercier tout particulièrement l'Institute for Economics and Peace (IEP) de partager aujourd'hui ses travaux sur l'Indice mondial de la paix. M. David Hammond, Directeur de la recherche de l'IEP, est parmi nous depuis Sydney, malgré l'heure tardive. J'ai eu l'honneur de prendre part au lancement de l'édition 2021 du rapport il y a deux semaines, et je suis convaincu que les travaux de recherche menés de longue date par l'IEP sur les effets économiques des conflits et de la paix peuvent apporter d'importantes contributions à notre débat d'aujourd'hui.

Dans un souci d'exhaustivité, permettez-moi de dire quelques mots à propos du quatrième pilier du programme “Le commerce au service de la paix”, à savoir la formation et le renforcement des capacités. Je pense qu'il existe des liens solides entre d'une part, la recherche et, de l'autre, le renforcement des capacités et la formation. L'objectif du quatrième pilier étant de favoriser l'apprentissage mutuel et le partage de données d'expérience entre les experts commerciaux et les spécialistes de la paix, une meilleure compréhension de la dynamique des liens entre commerce et paix, qui sera menée au titre du pilier “recherche”, peut jeter de solides bases qui nous permettront d'entreprendre les activités de formation et de renforcement des capacités. Cela confère encore plus d'importance aux travaux qui seront lancés aujourd'hui au titre du Pôle de recherche et de connaissances.  

Conclusion

Pour conclure, permettez-moi de dire que le programme “Le commerce au service de la paix”, qui est une initiative relativement nouvelle à l'OMC, a gagné le soutien et suscité l'intérêt de la communauté internationale. La vision contenue dans ce programme traduit les besoins et les intérêts des Membres de l'OMC ainsi que des pays qui souhaitent rejoindre le système commercial multilatéral pour améliorer les moyens d'existence de leurs populations. Au nom de la Directrice générale, l'OMC est ravie et reconnaissante de tout le soutien reçu de la part de nos partenaires.    

Votre participation au Pôle de recherche et de connaissances aujourd'hui indique clairement votre forte volonté à partager des ressources, des renseignements et des connaissances techniques en vue d'atteindre l'objectif du programme “Le commerce au service de la paix”.  Nous avons espoir que le Pôle puisse servir d'unité de coordination centrale pour collecter, partager et diffuser les connaissances, l'information et les résultats de la recherche sur le lien entre le commerce et la paix. C'est une plate-forme ouverte.  Nous nous réjouissons également de recevoir vos idées et contributions sur la façon de mettre en pratique cette plate-forme dans l'intérêt de tous les partenaires présents aujourd'hui. Je salue l'engagement dont vous témoignez cet après-midi en faveur du Pôle et vous remercie tous de votre participation constante dans le cadre du programme “Le commerce au service de la paix”.

Notes:

  1. La quatrième séance de la Semaine du commerce au service de la paix, intitulée “Commerce, conflit et paix: éléments de preuve empiriques” et organisée par la Division de la recherche économique et des statistiques de l'OMC, a réuni quatre intervenants: i) Mme Michelle Garfinkel, Professeure d'économie, Université de Californie à Irvine; ii) Mme Anke Hoeffler, Professeure de sciences politiques, Université de Konstanz; iii) M. Serge Stroobants, Directeur de la région Europe et MENA à l'Institute for Economics and Peace; et iv) M. Mathias Thoenig, Professeur d'économie, Faculté des hautes études commerciales de l'Université de Lausanne. Cette séance visait à examiner à la loupe l'idée classique selon laquelle les flux commerciaux les plus importants entraînent automatiquement des relations plus pacifiques, en soulignant l'importance de la structure géographique du commerce, l'équilibre entre l'ouverture bilatérale et multilatérale, la structure des avantages comparatifs et les coûts du commerce dans la relation entre commerce, paix et conflits. Cette séance a souligné l'importance qu'il y a à inclure les questions et préoccupations géopolitiques dans les politiques commerciales et a mis en lumière la pertinence des recherches empiriques en vue d'aider les artisans du commerce et de la paix à formuler des politiques fondées sur des données factuelles. retour au texte
  2. https://tradeforpeace.podbean.com/e/trade-for-peace-perspectives-from-academia/. Dans cet épisode, Patrick et Achim font valoir que même s'il existe un lien apparent entre commerce et paix, il peut être difficile de déterminer le sens des relations de cause à effet. D'une part, on peut affirmer que la fin des conflits pourrait aboutir à la création de nouveaux marchés et possibilités économiques à la suite de réformes, et donc que le commerce pourrait contribuer au maintien de la paix nouvellement établie. D'autre part, si les revenus générés par le commerce peuvent améliorer la situation des populations et des sociétés, ils pourraient toutefois également être utilisés pour financer des conflits s'ils arrivaient entre de mauvaises mains. retour au texte

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