DIRECTEUR GÉNÉRAL ADJOINT XIANGCHEN ZHANG

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Votre Excellence, Monsieur le Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères de la République du Kazakhstan, Président du Groupe des PDSL au niveau mondial,

Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les Chefs de secrétariat d'organisations internationales,

Je vous remercie d'avoir invité l'OMC à cette réunion de haut niveau qui se déroule à un moment très important pour l'ONU et pour l'OMC, tandis que nous préparons notre douzième Conférence ministérielle (CM12).

Je voudrais commencer par féliciter le Secrétaire général adjoint, M. Courtenay Rattray, pour sa nomination à la tête du Bureau du Haut Représentant pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement, qui est une organisation partenaire importante pour l'OMC. Nous nous réjouissons de travailler en étroite collaboration avec lui et avec l'équipe du Bureau du Haut Représentant pour les PMA, les PDSL et les PEID comme nous l'avons fait par le passé en ce qui concerne la mise en œuvre du Programme d'action de Vienne en faveur des PDSL.

Je suis également membre d'une nouvelle administration dirigée par notre Directrice générale, Dre Ngozi Okonjo-Iweala, qui regrette de ne pas pouvoir participer à la présente réunion et m'a demandé de représenter l'OMC.

Parmi les nombreuses activités de sensibilisation que Dre Okonjo-Iweala a entrepris depuis sa désignation en tant que Directrice générale figure une réunion de fond très détaillée avec le Groupe des PDSL à Genève. Au cours de cette réunion, les PDSL ont évalué les nombreux problèmes auxquels ils sont confrontés dans le cadre de leurs échanges, dont beaucoup ont été exacerbés pendant la crise.

La Directrice générale a demandé au Secrétariat de réaliser une étude sur les obstacles auxquels les PDSL étaient confrontés et qui avaient une incidence négative sur leurs résultats économiques. Nous espérons achever cet inventaire d'ici à la fin du mois de novembre, à temps pour la Conférence ministérielle de l'OMC.

Dre Okonjo-Iweala a également tenu récemment une réunion avec le Secrétaire général adjoint, M. Rattray, pour coordonner les actions de nos organisations et renforcer encore notre coopération en matière de mise en œuvre du Programme d'action de Vienne, dans laquelle il est clair que l'OMC a un rôle important à jouer.

Le rôle de l'OMC est particulièrement important dans le domaine du commerce international et de la facilitation des échanges étant donné que la mise œuvre continue et complète de l'Accord de l'OMC sur la facilitation des échanges (AFE) est essentielle pour faire en sorte que les PDSL puissent participer pleinement au système commercial multilatéral. L'initiative “Aide pour le commerce” dirigée par l'OMC est également considérée comme une priorité dans le Programme d'action et nos travaux dans ce domaine ont permis d'accroître les flux d'aide ciblant les besoins que les PDSL ont exprimé, en traitant, entre autres choses, des questions de connectivité et de renforcement des capacités pour la mise en œuvre de l'AFE.

Un an et demi déjà se sont écoulés depuis le début de la pandémie de la COVID-19 et une image plus claire des effets de celle-ci sur l'économie mondiale et les PDSL commence à émerger.

À l'échelle mondiale, les économistes de l'OMC estiment que le commerce mondial des marchandises a diminué de 5,3% en 2020. Il s'agit d'une amélioration notable par rapport aux prévisions antérieures, qui tablaient sur une baisse de 12,9%, ce qui résulte en grande partie des politiques de relance budgétaire et monétaire vigoureuses adoptées par les gouvernements dans le monde entier.

Une approche modérée de la protection des échanges et l'introduction de mesures de libéralisation dans le courant de l'année 2020, ainsi que le passage au télétravail et l'innovation dans les entreprises dans de nombreuses régions ont également contribué à rendre la baisse du commerce moins prononcée. Cela a également été facilité par les efforts déployés par l'OMC pour maintenir l'ouverture des marchés en exhortant les Membres à prendre les mesures les moins restrictives possibles dans leur lutte contre la pandémie, et à faire preuve de transparence.

S'agissant des PDSL, nous avons une image contrastée car la pandémie a affecté différemment les pays. Alors que les exportations de marchandises des PDSL en tant que groupe ont diminué en 2020, celles des pays les moins avancés parmi les PDSL ont augmenté de 3,3%. Cette augmentation peut s'expliquer par l'augmentation du volume et de la valeur des exportations d'or et de métaux précieux et par la stabilité de la demande de produits agricoles.

Il est également intéressant d'examiner quels types de produits sont exportés par les PDSL. Nous constatons ici une forte concentration des exportations de matières premières et de produits de base. Cela met en lumière l'importance des travaux que nous réalisons pour transformer les économies des PDSL comme le prévoit le Programme d'action de Vienne. Et nous observons déjà un mouvement relativement positif, puisqu'en 2020 de fortes augmentations des exportations d'électricité et d'or semi-ouvré en provenance de PDSL ont été constatées.

En ce qui concerne les exportations de services, les effets de la COVID se sont également fait sentir. Les PDSL ont été affectés par les restrictions en matière de voyages, qui ont entraîné une baisse de 36% des exportations de services, soit une baisse plus prononcée que dans le reste du monde. Cela montre que nous devons poursuivre les travaux en cours pour diversifier les économies des PDSL et réduire leur vulnérabilité aux chocs mondiaux. Nous assistons aussi à des évolutions positives dans ce sens. La pandémie de COVID-19 et le passage au télétravail et à la numérisation ont stimulé les exportations de services informatiques de divers PDSL. Les services informatiques de ces pays ont progressé de 10% en moyenne en 2020, soit plus rapidement que dans le reste du monde.

D'après les prévisions commerciales pour 2021, il y aurait une augmentation de 8% du commerce des marchandises, alimentée par une forte reprise dans de nombreuses régions du monde. Les importantes mesures de relance budgétaire dans les grandes économies devraient accroître la demande mondiale et tirer vers le haut les autres économies. L'Amérique du Nord, l'Europe et des parties de l'Asie sont en passe d'enregistrer des reprises des échanges beaucoup plus fortes qu'en Afrique et en Amérique latine.

En fait, au niveau mondial, nous voyons de plus en plus se profiler une reprise économique en forme de K.

Les perspectives économiques des pays varient en fonction de leur accès aux vaccins et de leur capacité budgétaire et monétaire à assurer une aide et une relance économiques. Les PDSL se trouvent dans une position plus faible en termes d'accès au vaccin et de capacité financière à adopter des mesures de relance. Il est nécessaire que la communauté multilatérale intervienne pour combler ces lacunes.

Un déploiement rapide et équitable des vaccins est une condition préalable à une croissance économique inclusive et à la poursuite des progrès vers la réalisation des objectifs du Programme de développement durable à l'horizon 2030 et du Programme d'action de Vienne.

L'OMC, conjointement avec ses partenaires, l'OMS, le FMI et la Banque mondiale, œuvre avec des fabricants de vaccins en vue d'accroître la production — ce qui inclut de nouveaux investissements sur les marchés émergents et dans les pays en développement — et de garantir un accès équitable aux vaccins pour tous. Notre équipe spéciale commune dispose d'un site Internet contenant des données et des nouvelles sur les vaccins: COVID19taskforce.com.

La réponse à la pandémie sera une question centrale lors de nos discussions à la douzième Conférence ministérielle de l'OMC, dans un peu plus de deux mois. Pour obtenir des résultats significatifs qui feront la différence pour ce qui est de répondre à cette situation et à toutes les futures pandémies, nous nous concentrons sur trois domaines clés:

  • d'abord, libérer les chaînes d'approvisionnement en vaccins en abaissant les restrictions à l'exportation et en facilitant les échanges;
  • ensuite, travailler avec les fabricants pour identifier les goulets d'étranglement au niveau des chaînes d'approvisionnement et accroître la production dans les pays en développement;
  • enfin, trouver des solutions pragmatiques en matière de transfert de technologie, de savoir-faire et de questions relatives à la propriété intellectuelle.

Une autre question pour laquelle nous espérons réaliser des progrès réels à la douzième Conférence ministérielle est celle des subventions à la pêche.

Un accord de l'OMC sur les subventions à la pêche cette année ferait une grande différence pour les stocks mondiaux de poissons - dont un tiers ne sont plus à des niveaux biologiquement durables. Il donnerait également effet à la cible 14.6 des ODD, quoique avec quelques mois de retard.

De plus, il démontrerait que les Membres de l'OMC prennent au sérieux leur objectif fondateur de développement durable. Il montrerait que ces derniers sont toujours capables de négocier des accords multilatéraux et de répondre aux défis mondiaux.

Bien que la question des subventions à la pêche soit d'une pertinence limitée pour les PDSL, des progrès notables dans le domaine de la pêche amélioreraient les perspectives d'avancer avec succès sur d'autres questions en suspens. Il s'agirait notamment de questions très importantes pour les PDSL, l'agriculture, l'autonomisation des femmes et des petites entreprises, le traitement spécial et différencié, le commerce électronique et un ensemble de mesures en faveur des PMA visant à aider ceux-ci à sortir de cette catégorie.

La douzième Conférence ministérielle sera une conférence cruciale pour nos efforts de réforme de l'OMC. Nous devons moderniser l'Organisation pour la rendre plus réactive en temps de crise, fournir le cadre de règles pour une économie mondiale transformée et, ce qui est très important, mettre les populations et la planète au centre du commerce mondial.

L'OMC doit montrer qu'elle peut obtenir des résultats dans le domaine de l'élaboration des règles. Pour les PDSL, cela est vital car les décisions et les accords conclus à l'OMC détermineront l'avenir du système commercial multilatéral et la capacité de celui-ci à continuer d'être un moteur du développement.

Nous avons la possibilité, à la douzième Conférence ministérielle et au-delà, de montrer au monde que l'OMC est apte à remplir sa mission et peut apporter des réponses aux problèmes actuels. J'espère que nous pouvons compter sur les PDSL pour apporter une contribution de fond aux discussions qui se tiendront à l'OMC dans les mois à venir.

Je vous remercie de votre attention.

 

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