DIRECTRICE GÉNÉRALE ADJOINTE ANGELA ELLARD

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Bonjour à tous depuis Genève.

Je suis très heureuse de participer à cette importante conférence, avec un public aussi diversifié de diplomates et de fonctionnaires gouvernementaux, d'entreprises de toutes tailles et d'entrepreneurs inspirants. Permettez-moi de vous faire part d'une petite anecdote personnelle: lorsque je travaillais au Capitole, j'étais très fière de diriger les travaux de l'équipe chargée de l'élaboration du texte initial de l'AGOA et des textes législatifs ultérieurs.  Cette initiative commerciale importante a permis d'améliorer les moyens de subsistance et d'accroître le développement, ce qui constitue une réussite pour les deux partis. 

Je suis très heureuse de voir tout ce que vous faites pour promouvoir le commerce et l'investissement entre les États-Unis et l'Afrique, des éléments cruciaux pour le développement économique.  Vous savez mieux que quiconque que si l'Afrique abrite plus d'un milliard de personnes, soit 17% de la population mondiale, elle représente moins de 3% du commerce mondial.  Cette part infime empêche l'Afrique de connaître le développement économique dont elle a impérativement besoin pour assurer une croissance durable et améliorer le niveau de vie de la population.  Nous devons tous travailler ensemble pour stimuler l'intégration commerciale du continent, et c'est là que mon organisation, l'Organisation mondiale du commerce (OMC), peut apporter sa contribution.

L'OMC est la seule organisation internationale qui s'occupe des règles régissant le commerce au niveau mondial pour ses 164 Membres, dont de nombreux pays africains.  Nous sommes les gardiens du système commercial multilatéral.  Nos accords visent l'ouverture du commerce et la création de possibilités pour tous.  Notre document fondateur reflète l'aspiration de nos Membres à assurer un meilleur niveau de vie, le plein emploi et des revenus croissants pour tous ceux qu'ils représentent, en particulier les pays en développement et les pays les moins avancés (PMA). 

Cet objectif cadre parfaitement avec l'Agenda 2063 de l'Afrique, qui vise l'avènement d'une Afrique intégrée, prospère et pacifique.

L'Afrique fait preuve d'un allant admirable aux niveaux mondial et régional pour ce qui est de concrétiser ces objectifs.

Tout d'abord, en parlant d'une seule voix à l'OMC, l'Afrique a contribué au bien public mondial, qu'il s'agisse de l'amélioration de l'accès à des médicaments abordables, de l'instauration de conditions égales pour les agriculteurs ou de la mise en œuvre de réformes visant à réduire les formalités administratives à la frontière. 

Les priorités de l'Afrique étaient également au cœur des résultats obtenus lors de notre dernière Conférence ministérielle (CM12), qu'il s'agisse de la contribution à la sécurité alimentaire ou de la facilitation de l'accès aux vaccins contre la COVID.  Nous avons également conclu l'Accord sur les subventions à la pêche, accord novateur (interdisant certaines subventions non durables qui ont fortement contribué à l'épuisement des stocks de poissons).  Il faut maintenant que les deux tiers des Membres ratifient l'Accord pour qu'il entre en vigueur.  Je me réjouis que le Botswana, la Côte d'Ivoire, le Gabon, le Nigéria et les Seychelles l'aient déjà fait.  Je lance un appel à ce public très influent pour que d'autres Membres africains nous emboîtent le pas et nous permettent d'atteindre notre objectif d'ici février, afin que l'Accord puisse commencer à produire des effets bénéfiques pour les océans et les personnes dont les moyens de subsistance en dépendent.

L'Afrique participe de plus en plus activement aux diverses initiatives conjointes entreprises par de grands groupes de Membres de l'OMC. Une vingtaine de Membres africains prennent part à l'initiative concernant un nouvel accord sur la facilitation de l'investissement pour le développement, qui vise à rendre les pays en développement plus attractifs pour l'investissement.  Plusieurs pays africains prennent part aux discussions sur le commerce électronique, et beaucoup participent aux travaux menés dans le cadre de notre programme de travail dans ce domaine, qui vise à réduire la fracture numérique et à faire du commerce numérique un moteur du développement.  Les pays africains sont profondément engagés dans les discussions sur la manière dont le commerce peut contribuer à la durabilité économique. 

Dans la perspective de la prochaine Conférence ministérielle, nous devons redoubler d'efforts pour avancer sur les questions prioritaires de l'Afrique en matière de commerce et de développement.

  • Nous devons achever notre deuxième série de négociations sur la pêche afin de faire preuve d'encore plus d'ambition dans la lutte contre les subventions à la pêche qui contribuent à la surcapacité et à la surpêche;
  • Nous devons nous prononcer sur l'élargissement de la Décision de la CM12 sur les ADPIC aux traitements et outils de diagnostic;
  • Nous devons prendre des mesures en vue d'intensifier les réformes agricoles et d'améliorer la sécurité alimentaire;
  • Et nous devons veiller à disposer d'un système de règlement des différends pleinement opérationnel et qui fonctionne bien, accessible à tous les Membres, indépendamment de leur taille ou de leur niveau de développement économique.

D'une manière plus générale, nous devons également renforcer la dimension développement de l'OMC. Le paysage du commerce mondial ne cesse d'évoluer avec les avancées technologiques et scientifiques. Le commerce de demain sera vert et numérique, et nous devons veiller à ce que les pays africains soient en mesure de s'adapter en douceur à cette nouvelle réalité.

Cette semaine, les Membres de l'OMC ont franchi une étape importante en ce qui concerne la manière dont les pays les moins avancés Membres — dont la majorité se trouve en Afrique — peuvent avoir accès aux préférences commerciales une fois qu'ils sortent de la catégorie des PMA.  En conséquence, les Membres de l'OMC qui accordent des préférences aux PMA sont encouragés à ménager un délai permettant une transition sans heurt et durable après le reclassement.

Cette semaine également, nos Membres ont discuté des moyens à mettre en œuvre pour résoudre les questions relatives au commerce et au développement, ce qui montre une fois de plus que le développement reste au cœur de toutes les activités menées à l'OMC.  

Le développement est un processus complexe.  Ce qui fonctionne pour les uns peut ne pas fonctionner pour les autres. Nous devons continuellement tenir compte du développement dans l'ensemble des travaux de l'OMC.

Garantir le développement industriel et la transformation structurelle est depuis longtemps une priorité pour l'Afrique. Nous avons constaté un nouvel élan à l'OMC pour faire avancer ces travaux, grâce au leadership de l'Afrique.

Aujourd'hui, 40% des fonds du programme phare de l'OMC concernant l'Aide pour le commerce sont destinés à l'Afrique. Notre nouveau programme de travail offre la possibilité d'établir des partenariats plus solides en ce qui concerne la sécurité alimentaire, la connectivité numérique et l'intégration du commerce.

Si nous voulons vraiment combler le déficit de financement de l'Afrique, le secteur privé doit intervenir, notamment en investissant en Afrique. Les programmes de développement nationaux tels que le programme de l'USAID en faveur du commerce et de l'investissement en Afrique stimulent le commerce et l'investissement et créent de nouveaux emplois.

Nous avons besoin de plus de financement pour le développement, notamment de la part du secteur privé. C'est la raison pour laquelle cette conférence est si importante pour renforcer les liens entre les entreprises américaines et africaines, dans la perspective de donner une nouvelle dimension au développement économique de l'Afrique.

Pour conclure, je voudrais faire remarquer que l'Afrique compte de nombreux jeunes entrepreneurs aux idées inspirantes qui doivent être soutenus. C'est pour les générations africaines de demain que les diplomates africains doivent s'asseoir à la table des négociations aujourd'hui. C'est la meilleure façon d'aider et de soutenir les entreprises et les populations africaines.

Merci beaucoup.

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