Rapport sur le commerce mondial
Rapport sur le commerce mondial: Une réforme du commerce stimulera la croissance; l'inaction pourrait faire chuter le PIB mondial de 10%

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"Le système commercial multilatéral a apporté d'énormes avantages au cours des 80 dernières années, ayant contribué à créer une économie mondiale plus intégrée et plus résiliente", a dit la Directrice générale de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala. "Les données factuelles montrent qu'environ 72% du commerce mondial des marchandises se fait toujours suivant le principe de la nation la plus favorisée de l'OMC, et la coopération commerciale dirigée par l'OMC a favorisé la croissance économique, a contribué à réduire les écarts de revenus entre les économies en développement et les économies avancées et a contribué à la paix entre les Membres."
"Le paysage commercial mondial a beaucoup changé, mais la logique fondatrice du système, selon laquelle toutes les économies sont mieux loties si elles coopèrent plutôt que si elles agissent unilatéralement, reste pertinente, aujourd'hui plus que jamais", a-t-elle dit. "Les Membres de l'OMC participent désormais activement à la réforme, reconnaissant pleinement que le statu quo n'est pas envisageable. Le système commercial multilatéral a déjà été réparé et renouvelé par le passé. et je pense qu'il peut encore l'être."
La publication intitulée "Rapport sur le commerce mondial 2026: Un tournant décisif pour le système commercial multilatéral" présente trois scénarios pour l'avenir du système commercial mondial. Le scénario d'un cadre multilatéral renforcé pourrait faire croître le PIB mondial de 2,9% et les exportations mondiales de 17,9% d'ici à 2050 par rapport à la trajectoire de référence. Ce scénario suppose un monde où les règles de l'OMC sont renforcées grâce à des engagements plus vastes en matière d'ouverture des marchés, à de nouvelles disciplines multilatérales dans le domaine du commerce numérique et des services, à un plus grand nombre de Membres et à un cadre calibré qui maintient un équilibre entre l'ouverture commerciale et les préoccupations concernant la sécurité.
Pour les pays les moins avancés (PMA), qui représentent actuellement moins de 1% du commerce mondial, les gains pourraient être particulièrement importants. Dans le cadre de ce scénario, le PIB des PMA devrait augmenter de 7,7% en raison des avantages qu'ils tireraient des réductions tarifaires et des autres coûts du commerce. Les économies à revenu élevé ont beaucoup à gagner en termes absolus; pour eux, les gains de PIB projetés représenteraient environ 1700 milliards de dollars EU de 2023, devant résulter en particulier des avantages liés à une baisse des coûts du commerce des services.
Les deux autres scénarios concernent des simulations dans lesquelles les règles commerciales multilatérales sont érodées: un "monde géo-fragmenté" (baisse du PIB et des exportations: -5,1% et -18,6% du PIB, respectivement), dans lequel la coopération commerciale est organisée autour de blocs géopolitiques; et un "monde d'accords de libre-échange (ALE)" (baisse du PIB et des exportations:-6,9% et -26,9%, respectivement), dans lequel la coopération multilatérale est remplacée par un réseau d'ALE. Comparer ces scénarios donne une indication à la fois du coût que représenterait la perte de l'OMC et des gains potentiels d'une coopération plus poussée.
Cela signifie que l'écart entre la coopération multilatérale renforcée et l'érosion des règles commerciales multilatérales équivaut à un coût d'opportunité d'environ -5 à -10% du PIB réel mondial, selon le scénario.
Le rapport fait valoir que bon nombre des défis auxquels est confronté le système commercial multilatéral aujourd'hui sont la conséquence de ses propres réalisations. Au cours des huit dernières décennies, le système a contribué à réduire les obstacles au commerce, à favoriser une expansion du commerce mondial (multiplication par près de 50) et à créer une économie mondiale plus ouverte, intégrée et fondée sur des règles. L'accession à l'OMC a également été associée à un accroissement des échanges entre les Membres, à une plus grande résilience pendant les crises économiques et à un effet de promotion de la paix grâce à une coopération fondée sur des règles.
Selon le rapport, les évolutions mêmes qui ont renforcé l'économie mondiale ont aussi rendu la coopération plus complexe. Le rapport identifie quatre évolutions: des changements dans les pouvoirs économiques; l'importance croissante des interventions des pouvoirs publics - notamment en ce qui concerne la politique industrielle - et les préoccupations relatives à l'égalité des conditions; des changements dans la nature des échanges tirés par la numérisation, les chaînes de valeur mondiales et la transformation environnementale; et la montée des tensions géopolitiques.
Bien que le rapport ne prescrive pas de plan pour la réforme de l'OMC, il met en évidence les domaines dans lesquels une adaptation des règles commerciales peut être nécessaire. Il conclut que la préservation des avantages du système commercial multilatéral ne signifie pas un maintien du statu quo. En fait, le défi pour les Membres de l'OMC consiste à adapter la coopération fondée sur des règles à une économie mondiale plus intégrée, multipolaire et diversifiée tout en préservant l'ouverture, la prévisibilité et l'équité qui ont permis le succès du système.
Lancement du rapport au Forum public
Le rapport a été lancé le premier jour du Forum public, le 15 septembre. La Directrice générale, Ngozi Okonjo-Iweala, a dit ce qui suit: " Alors que les Membres progressent dans la réforme de l'OMC, ce moment difficile pour le système commercial pourrait devenir un tournant pour un renouvellement et une revitalisation. Le Rapport sur le commerce mondial explique, avec une rigueur factuelle et des détails historiques, ce que le système a permis d'accomplir et dans quels domaines ses mécanismes sont aujourd'hui mis à rude épreuve."
La DG Okonjo-Iweala a ajouté: "Un élément à retenir du rapport particulièrement pertinent aujourd'hui est le fait que les Membres ont déjà réparé et renouvelé le système du GATT/de l'OMC par le passé. Il leur appartient de le faire à nouveau. Donc, n'ayons pas peur: le système a déjà été confronté à des difficultés et il a été en mesure de se renouveler et se redynamiser lui-même. Nous pouvons le faire à nouveau."
L'Économiste en chef de l'OMC, Robert Staiger, a présenté les principales constatations du rapport. L'exposé a été suivi d'une table ronde qui a réuni l'Ambassadeur Kumar Iyer (Royaume-Uni), l'Ambassadeur Manuel Teehankee (Philippines), Mme Pinelopi Goldberg (Université de Yale), Mme Mona Paulsen (London School of Economics) et M. Andrew Wilson (Sous-Secrétaire général adjoint (politique) et Directeur général de la Politique mondiale de la Chambre de commerce internationale).
Le Rapport sur le commerce mondial 2026 peut être téléchargé depuis le site Web de l'OMC.
L'enregistrement vidéo du lancement est accessible ici.
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