OMC: COMMUNIQUÉ DE PRESSE 2011

PRESS/628

LE COMMERCE MONDIAL EN 2010, LES PERSPECTIVES POUR 2011

Après l’augmentation sans précédent de 14,5 pour cent du volume des exportations en 2010, la croissance du commerce mondial devrait revenir à un niveau plus modeste de 6,5 pour cent en 2011. La forte hausse du volume des échanges l’an dernier a permis au commerce mondial de retrouver son niveau d’avant la crise mais pas sa tendance à long terme, et les économistes de l’OMC pensent que la série d’événements importants intervenus récemment dans le monde rend les prévisions plus incertaines.

POUR EN SAVOIR PLUS:
> Communiqués de presse 2011

    

“Les chiffres montrent que le commerce a aidé le monde à échapper à la récession en 2010, a déclaré le Directeur général de l'OMC, M. Pascal Lamy.  Mais les séquelles de la crise financière sont toujours là.  Le chômage élevé dans les économies développées et les plans de rigueur en Europe continueront d'alimenter les pressions protectionnistes.  Les Membres de l'OMC doivent rester vigilants et résister à ces pressions, et ils doivent s'efforcer d'ouvrir les marchés au lieu de les fermer.  La stabilité devrait être la consigne en 2011.”

L'augmentation de 14,5 pour cent est la plus forte augmentation annuelle enregistrée depuis le début des séries statistiques en 1950.  Elle a été soutenue par la reprise de la production mondiale, en hausse de 3,6 pour cent.  Ce rebond après l'effondrement de 12 pour cent en 2009 a ramené le commerce à son niveau record de 2008 et à des taux de croissance plus normaux.  Mais les effets de la crise financière et de la récession mondiale continuent de se faire sentir, a dit M. Lamy.

Pour 2011, les économistes prévoient une augmentation plus modeste de 6,5 pour cent, mais il y a des incertitudes quant à l'impact des divers événements récents, parmi lesquels le tremblement de terre et le tsunami au Japon.  Si ce niveau est atteint, il sera plus élevé que le taux de croissance annuel moyen de 6 pour cent enregistré entre 1990 et 2008 (graphique 1).

Ces chiffres indiquent la croissance du commerce mondial en volume, c'est‑à‑dire en termes réels, corrigée des variations de prix et de taux de change.  La projection est basée sur une estimation consensuelle de la croissance de la production mondiale, l'ensemble des économistes tablant sur une croissance du PIB de 3,1 pour cent en 2011 aux taux de change du marché.

Les facteurs qui ont contribué à la contraction exceptionnelle du commerce mondial en 2009 expliquent peut‑être aussi l'ampleur de la reprise en 2010.  Ces facteurs sont notamment l'extension des chaînes d'approvisionnement mondiales et la composition des échanges par produit par rapport à la production.  Du fait des chaînes d'approvisionnement mondiales, les marchandises franchissent plusieurs fois les frontières nationales pendant le processus de production, ce qui augmente la mesure des échanges commerciaux par rapport aux précédentes décennies.  Pour quantifier cet effet, il faudrait avoir des données sur le commerce en valeur ajoutée, qui ne sont pas disponibles actuellement.  Les marchandises qui ont été les plus affectées par le ralentissement de l'activité (biens de consommation durables, machines industrielles, etc.) représentent une part plus importante du commerce mondial que du PIB mondial, ce qui a amplifié la contraction du commerce par rapport au PIB en 2009 et ce qui a eu un effet positif similaire pendant la reprise en 2010.

Les perspectives à court terme sont assombries par plusieurs facteurs de risque importants qui s'ajoutent aux effets des catastrophes au Japon.  Il s'agit notamment de la hausse des prix des produits alimentaires et des autres produits primaires et des troubles dans les principaux pays exportateurs de pétrole.  Une évolution défavorable dans ces domaines pourrait compromettre la reprise économique et limiter l'expansion du commerce l'an prochain.

Il est particulièrement difficile d'apprécier pleinement les conséquences de la catastrophe japonaise cas elles sont compliquées par un accident nucléaire qui entrave les efforts de secours et de reconstruction.  Les recherches limitées sur les conséquences économiques des catastrophes naturelles laissent toutefois penser que l'impact sur le commerce devrait être assez faible, notamment à moyen et long termes.

La hausse des prix des produits primaires et la croissance exceptionnelle du commerce des pays en développement d'Asie ont contribué à l'augmentation de la part combinée des économies en développement et de la Communauté d'États indépendants (CEI) dans les exportations mondiales, qui est passée à 45 pour cent en 2010, un record historique.

Les économies développées ont vu leurs exportations augmenter de près de 13 pour cent en 2010, contre une augmentation moyenne de 16,5 pour cent dans le reste du monde.  En 2010, les exportations chinoises ont enregistré une croissance vertigineuse de 28 pour cent en volume.

Graphique 1: Croissance en volume du commerce mondial des marchandises et du PIB, 2000-2011 a
Variation annuelle en pourcentage


a  Les chiffres pour 2011 sont des projections.
Source: Secrétariat de l'OMC

 

Mise en perspective de la reprise des échanges

Bien que la croissance des exportations mondiales en 2010 ait été la plus rapide jamais enregistrée d'après les séries statistiques remontant à 1950, elle aurait pu être encore plus rapide si le commerce avait retrouvé rapidement la tendance d'avant la crise, ce qui n'a pas été le cas.  Le rebond a été assez fort pour que les exportations mondiales reviennent à leur niveau record de 2008, mais pas assez pour un retour à la trajectoire de croissance antérieure (graphique 2).

La croissance du PIB mondial de 3,6 pour cent en 2010 est également moins vigoureuse qu'il pourrait sembler à première vue.  Elle est certes supérieure à la moyenne de 3,1 pour cent enregistrée entre 1990 et 2008, mais elle est loin d'un niveau record.  En effet, la croissance du PIB mondial a été plusieurs fois égale ou supérieure à 4 pour cent au cours des dernières années, notamment en 1997, 2000, 2004 et 2006.  Compte tenu de l'effondrement de la production mondiale en 2009, une croissance de cet ordre ou plus importante n'aurait pas été surprenante en 2010.

Plusieurs facteurs se sont conjugués pour freiner la croissance du commerce et de la production par rapport à ce qu'elle aurait pu être.  Premièrement, la suspension des mesures de relance budgétaire dans de nombreux pays a freiné l'activité économique au second semestre.  Les gouvernements européens en particulier se sont efforcés d'assainir les finances publiques pour résorber leurs déficits budgétaires à la fois en réduisant les dépenses et en augmentant les recettes, ce qui a eu des effets négatifs sur la croissance à court terme.

Deuxièmement, bien qu'ils se soient stabilisés autour de 78 dollars le baril en 2010, les prix du pétrole sont restés élevés par rapport au passé récent (ils étaient de 31 dollars le baril en moyenne entre 2000 et 2005).  Ils ont été inférieurs à la moyenne de 96 dollars le baril enregistrée en 2008, mais supérieurs de 30 pour cent au niveau de 2009, ce qui augmente le coût de l'énergie pour les ménages et les entreprises.

Enfin, la persistance du chômage a empêché une reprise plus vigoureuse de la consommation intérieure dans les pays développés, et a limité la croissance des revenus et la demande d'importation.  Le taux de chômage moyen dans les pays de l'OCDE était de 8,6 pour cent en 2010 (contre 6,1 pour cent en 2008), et il est resté aux alentours de 9 pour cent pendant toute l'année aux États‑Unis.

L'expansion record du commerce et la relance de l'activité économique en 2010 étaient certes des phénomènes encourageants, mais il ne faudrait pas surestimer leur importance.  Malgré le rebond, les effets négatifs de la crise financière et de la récession mondiale risquent de se faire sentir encore pendant quelque temps.

Graphique 2: Volume des exportations mondiales de marchandises, 1990-2011a
Indices, 1990 = 100


a. Les chiffres pour 2011 sont des projections.
Source: Secrétariat de l'OMC

 

L'état de l'économie mondiale et du commerce international en 2010

Croissance économique

Le PIB mondial aux taux de change du marché a progressé de 3,6 pour cent en 2010, un an après une contraction sans précédent de 2,4 pour cent consécutive à la crise financière de 2009.  La production des économies développées a augmenté de 2,6 pour cent, après avoir chuté de 3,7 pour cent en 2009, tandis que celle du reste du monde (y compris les économies en développement et la CEI) a progressé de 7 pour cent, contre 2,1 pour cent en 2009 (tableau 1).

La croissance a été plus forte au premier semestre de 2010, puis elle a marqué le pas au second semestre, avec la crise de la dette souveraine dans certains petits pays de la zone euro, qui a freiné la croissance économique, notamment en Europe.

Bien que, dans l'ensemble, les économies en développement aient évité un recul pur et simple en 2009, bon nombre d'entre elles, comme l'Afrique du Sud, le Chili, Singapour et le Taipei chinois, ont vu leur PIB diminuer.  Mais elles ont toutes renoué avec la croissance en 2010, le Venezuela étant le seul grand pays en développement qui est resté en récession.

L'an dernier, le PIB a augmenté plus vite dans les pays en développement d'Asie (8,8 pour cent) que dans les autres régions en développement, la Chine et l'Inde enregistrant une vigoureuse croissance, de 10,3 pour cent et 9,7 pour cent, respectivement.  L'Amérique du Sud et l'Amérique centrale ont également enregistré une forte croissance, de 5,8 pour cent, tirée par le redressement rapide du Brésil, à 7,5 pour cent.  Mais c'est en Afrique que la croissance moyenne du PIB a été la plus rapide de toutes les régions au cours des cinq dernières années (4,79 pour cent entre 2005 et 2010).

Les économies développées ont enregistré une croissance plus faible que les économies en développement, mais certaines ont mieux réussi que d'autres.  Les inquiétudes suscitées par le risque de défaillance souveraine en Grèce, en Irlande, au Portugal et en Espagne ont entraîné un regain d'instabilité sur les marchés financiers et un retour à l'austérité budgétaire au second semestre de 2010, ce qui a pesé sur la croissance en Europe, qui est restée à 1,9 pour cent, taux le plus faible de toutes les régions.  Les économies espagnole, grecque et irlandaise se sont contractées en 2010, de même que l'économie islandaise, frappée par une crise bancaire en 2008.

Tableau 1: PIB et commerce des marchandises par région, 2007-2010
Variation annuelle en pourcentage


a  a Y compris les Caraïbes.
b  Hong Kong, Chine; République de Corée; Singapour; et Taipei chinois
Source:  Secrétariat de l'OMC.

L'Allemagne a été la principale exception à la croissance du PIB inférieure à la moyenne en Europe, avec un taux de croissance de 3,6 pour cent, supérieur à ceux de toutes les économies de la zone euro et de tous les membres de l'Union européenne (27) sauf la Suède et la Pologne.  D'après les statistiques des comptes nationaux de l'OCDE, les exportations nettes de marchandises de l'Allemagne ont contribué pour 1,4 pour cent à la croissance de 3,6 pour cent de son PIB, soit 40 pour cent de l'augmentation totale.  Par comparaison, les dépenses de consommation finale nationale n'ont représenté que 0,7 pour cent du PIB, soit 19 pour cent de l'augmentation totale.

La croissance du PIB aux États‑Unis a été plus hésitante, à 2,8 pour cent en 2010, tandis qu'au Japon elle a atteint 3,9 pour cent. La reprise au Japon devrait cependant être considérée dans le contexte de la baisse de 6,3 pour cent de la production enregistrée par le pays en 2009, la plus forte baisse parmi les grands pays industrialisés.  En outre, le Japon a cédé à la Chine la place de deuxième économie mondiale mesurée en dollars.  Mais, en termes de revenu par habitant, on notera que le PIB par habitant du Japon était de 44 800 dollars en 2010, et celui de la Chine de 4 800 dollars.

Commerce des marchandises en volume (en termes réels)

La reprise inégale de la production s'est accompagnée d'une reprise elle aussi inégale des échanges en 2010.  Au niveau mondial, les exportations de marchandises ont augmenté de 14,5 pour cent en volume, tandis que celles des économies développées ont progressé de 12,9 pour cent et celles des économies en développement et de la CEI prises ensemble ont fait un bond de 16,7 pour cent (tableau 1).  L'an dernier, l'augmentation des importations des économies développées a été plus faible que celle des exportations (10,7 pour cent, contre 12,9 pour cent), mais l'inverse s'est produit pour les économies en développement plus la CEI (augmentation de 17,9 pour cent des importations, et de 16,7 pour cent des exportations).

L'Asie est la région où la croissance réelle des exportations a été la plus forte  en 2010, avec une augmentation de 23,1 pour cent, tirée par la Chine et le Japon, dont les expéditions vers le reste du monde ont progressé d'environ 28 pour cent pour l'une comme pour l'autre.  Les résultats commerciaux de la Chine sont d'autant plus impressionnants que la baisse de ses exportations en 2009 a représenté moins de la moitié de la baisse enregistrée par le Japon (11 pour cent contre 25 pour cent).  Dans le même temps, les exportations des États‑Unis et de l'Union européenne ont augmenté plus lentement, de 15,4 pour cent et 11,4 pour cent respectivement.  Les importations ont augmenté en termes réels de 22,1 pour cent en Chine, de 14,8 pour cent aux États‑Unis, de 10 pour cent au Japon et de 9,2 pour cent dans l'Union européenne.

Les régions qui exportent de grandes quantités de ressources naturelles (Afrique, Communauté d'États indépendants, Moyen‑Orient et Amérique du Sud) ont toutes enregistré en 2010 une augmentation assez faible du volume de leurs exportations, mais une très forte augmentation de leur valeur en dollars.  Par exemple, les exportations de l'Afrique ont augmenté de 6 pour cent en volume et de 28 pour cent en dollars (tableau 1 de l'Appendice).

Cela peut s'expliquer par la hausse des prix des produits primaires, qui a repris en 2010, après un fléchissement en 2009.  Le tableau 2 illustre l'évolution des prix des produits de base au cours des dernières années.  Malgré leur volatilité récente, les prix ont nettement tendance à augmenter.  Après avoir fortement baissé en 2009 sous l'effet de la récession mondiale ils sont repartis à la hausse lorsque la croissance a repris en 2010.  Cette hausse a été due en grande partie à l'accroissement de la demande d'importation de la part des économies en développement à forte croissance, comme la Chine et l'Inde.  Entre 2000 et 2010, les prix des métaux ont augmenté plus vite que ceux de tout autre groupe de produits primaires, avec un taux annuel moyen de 12 pour cent, suivis de près par les prix de l'énergie, qui ont augmenté de 11 pour cent par an.  Seuls les prix des matières premières agricoles ont stagné, avec une hausse de seulement 2 pour cent par an en moyenne au cours des dix dernières années.

Tableau 2: Prix des exportations de certains produits primaires, 2000-2010
Variation annuelle en pourcentage


a. Y compris le café, les fèves de cacao et le thé.
Source: Statistiques financières internationales du FMI.

À la différence des prix des produits primaires, les prix des produits manufacturés ont très peu augmenté en 2010.  Les indices des prix à l'exportation et à l'importation varient beaucoup selon les pays mais, à titre d'exemple, les prix des importations de produits autres que les combustibles aux États‑Unis n'ont presque pas changé en 2010 par rapport à 2009 (hausse de 2,7 pour cent en 2010 après une baisse de 3 pour cent en 2009), et les prix des importations en provenance de Chine (principalement des produits manufacturés) ont reculé de 0,1 pour cent.  Cela signifie que les chiffres nominaux du commerce pour les pays exportateurs de ressources naturelles seraient fortement corrigés à la baisse sur la base des estimations en volume, alors que la croissance réelle du commerce pour les pays qui exportent surtout des produits manufacturés serait relativement proche des taux de croissance nominaux.

La hausse des prix des produits de base a dopé les recettes en devises dans les régions qui exportent beaucoup de produits primaires et a contribué à l'augmentation des importations, en particulier en Amérique du Sud et en Amérique centrale, où leur volume a progressé de 22,7 pour cent en 2010, et dans la CEI, où les importations ont augmenté de 20,6 pour cent.  C'est en Afrique que la croissance des importations a été la plus faible l'an dernier (7 pour cent), malgré la part importante des combustibles et des produits miniers dans les exportations totales du continent (64 pour cent en 2009 et 71 pour cent en 2008, quand les prix des produits de base étaient plus élevés).

Cette augmentation assez faible peut s'expliquer en partie par le fait que les importations de l'Afrique n'ont pas enregistré une baisse très importante en 2009 (la plus faible de toutes les régions, à -5 pour cent), de sorte que la demande d'importation contenue a été moindre l'année suivante.  En outre, les pays africains ne sont pas tous des exportateurs importants de combustibles et de produits miniers, pour lesquels les hausses de prix ont été les plus fortes.  Parmi les importateurs nets de ces produits figurent l'Éthiopie, le Kenya, le Maroc et la Tanzanie.  Ces pays n'ont pas engrangé autant de recettes d'exportations que les pays exportateurs de ressources naturelles.

Bien que l'Afrique du Sud soit exportateur net de produits miniers, elle est importateur net de combustibles, lesquels ont représenté un peu plus de 21 pour cent de ses importations totales de marchandises en 2009 (la part est la même pour le Kenya et le Maroc, mais elle est de 23 pour cent pour la Tanzanie).

Commerce des marchandises et des services commerciaux en valeur (en dollars)

En raison de la hausse des prix des produits de base et de la dépréciation de la monnaie des États‑Unis (moins 3,5 pour cent en moyenne par rapport aux principales monnaies en 2010, selon les statistiques du taux de change effectif nominal de la Réserve fédérale des États‑Unis), l'augmentation de la valeur en dollars du commerce mondial en 2010 a été supérieure à son augmentation en volume.  Les exportations mondiales de marchandises ont augmenté de 22 pour cent, passant de 12 500 à 15 200 milliards de dollars en une seule année, tandis que les exportations mondiales de services commerciaux ont progressé de 8 pour cent, passant de 3 400 à 3 700 milliards de dollars (Tableau 3). 1

Les exportations de marchandises des économies développées en valeur nominale ont fait un bond de 16 pour cent en 2010, passant à 8 200 milliards de dollars, contre 7 000 milliards de dollars en 2009.  Toutefois, comme cette augmentation était inférieure à la moyenne mondiale (22 pour cent), la part des pays développés dans les exportations mondiales de marchandises est tombée à 55 pour cent, son plus bas niveau historique.

Ce recul ne peut pas s'expliquer principalement par la hausse des prix des produits primaires exportés surtout par les pays en développement.  En effet, ces prix étaient encore plus élevés en 2008, mais, à l'époque, la part des pays développés dans le commerce mondial était aussi plus élevée, à près de 58 pour cent.

De même, les importations des économies développées ont augmenté de 16 pour cent à 8 900 milliards de dollars, alors que leur part dans les importations mondiales est tombée à 59 pour cent, contre 61 pour cent en 2009 et 63 pour cent en 2008.

Tableau 3: Exportations mondiales de marchandises et de services commerciaux, 2005-2010
Milliards de dollars et variation annuelle en pourcentage


Source: Secrétariat de l'OMC.

La croissance plus rapide du commerce des marchandises par rapport à celui des services s'explique en partie par la plus faible contraction du commerce des services en 2009 (12 pour cent seulement contre 22 pour cent pour les marchandises), ce qui signifie qu'une croissance supérieure à la moyenne était moins nécessaire pour rattraper les tendances antérieures.  La croissance annuelle moyenne en valeur du commerce des marchandises et du commerce des services entre 2005 et 2010 a été la même (8 pour cent).

Les transports sont la composante des exportations de services commerciaux qui a connu la plus forte croissance en 2010, avec une augmentation de 14 pour cent pour atteindre 782,8 milliards de dollars.  Il n'est pas étonnant que les services de transport aient progressé plus rapidement que les autres types de services puisqu'ils sont étroitement liés au commerce des marchandises, lequel a enregistré une croissance record l'an dernier.  Les services de voyages ont progressé au même rythme que l'ensemble des services commerciaux, tandis que les autres services commerciaux (y compris les services financiers) ont progressé plus lentement.

Les exportations mondiales de marchandises et de services commerciaux en dollars courants se sont redressées plus vite que le PIB mondial l'an dernier, de sorte que le ratio du commerce mondial au PIB a fortement augmenté, après avoir diminué encore plus fortement en 2009 (graphique 3).  À 124 en 2010, il est resté en dessous du niveau record de 132 en 2008, tout en étant quand même élevé par rapport aux chiffres passés.

Graphique 3: Ratio des exportations mondiales de marchandises
Indice, 2000 = 100


Source: FMI pour le PIB mondial et Secrétariat de l'OMC pour le commerce mondial des marchandises et des services commerciaux.

Évolution sectorielle

Les prix des produits manufacturés faisant l'objet d'échanges ont été généralement plus stables que ceux des produits primaires, tant avant qu'après la crise économique, de sorte que les variations des courants d'échanges en termes nominaux reflètent assez bien les changements quantitatifs.  Cela est important car la composition des échanges par produit a déterminé dans une large mesure l'importance du recul des exportations et des importations des différents pays en 2009, et il en est allé de même pendant la reprise en 2010.

Le graphique 4 présente des estimations trimestrielles du commerce mondial des produits manufacturés ventilées par produit.  À la fin de 2010, les exportations de produits manufacturés avaient seulement retrouvé un niveau proche du sommet atteint avant la crise, alors que, pour certaines catégories, comme les produits de l'industrie automobile et le fer et l'acier, elles restaient bien en dessous des niveaux les plus élevés enregistrés au milieu de 2008.

Pendant la crise, les exportations mondiales de matériel de bureau et de télécommunication ont moins diminué que celles des autres produits mais, depuis la crise, elles ont augmenté plus rapidement.  Elles ont en effet augmenté de près de 73 pour cent entre le premier trimestre de 2009 et le quatrième trimestre de 2010, les exportations de produits de l'industrie automobile enregistrant une progression analogue (71 pour cent).

Toutefois, le commerce des produits de l'industrie automobile a diminué beaucoup plus pendant la crise (51 pour cent contre 30 pour cent pour le matériel de bureau et de télécommunication), de sorte qu'à la fin de 2010 il dépassait de 5 pour cent seulement le niveau enregistré au début de 2007, alors que le commerce mondial du matériel de bureau et de télécommunication a augmenté de 37 pour cent.  Le commerce des produits manufacturés dans son ensemble a progressé de 46 pour cent entre le premier trimestre de 2009 et le quatrième trimestre de 2010.

La part du matériel de bureau et de télécommunication dans les exportations est plus grande dans les économies en développement que dans les économies développées (15 pour cent et 7 pour cent en 2008, respectivement), alors que les produits de l'industrie automobile occupent une place plus importante dans les exportations des économies développées que dans celles des économies en développement (11 pour cent et 4 pour cent, respectivement).  C'est peut‑être pour cette raison que, depuis la crise, les exportations des pays développés restent inférieures à celles des pays en développement.

Le commerce mondial des textiles et des vêtements n'a pas autant fluctué que celui des autres produits en 2009 (diminution de 14 pour cent) et en 2010 (augmentation de 11 pour cent).  En revanche, le commerce des “Autres machines” a suivi presque exactement la tendance de l'ensemble des produits manufacturés.  Cela s'explique en partie par le fait qu'il représente une part relativement importante du commerce des produits manufacturés (environ 13 pour cent en 2009), mais aussi par le fait que cette catégorie comprend essentiellement des biens d'équipement (machines industrielles, matériel de production d'électricité, etc.), qui sont très sensibles aux conditions économiques et qui sont étroitement liés à la production.  Les biens de consommation durables autres que les automobiles (essentiellement les appareils ménagers) représentent environ 4 pour cent du commerce des produits manufacturés.

Graphique 4: Exportations mondiales de produits manufacturés, par produit, 2007-2010
Indices, T1 2007 = 100


Source: Estimations du Secrétariat de l'OMC fondées sur des données miroirs.

Faute de données suffisantes, on ne peut pas dire à ce stade si le commerce mondial s'est régionalisé ou non en 2010, mais on peut obtenir une indication à ce sujet en examinant les données trimestrielles sur le commerce dans le secteur automobile, qui sont disponibles pour chaque partenaire et pour tous les grands pays et régions exportateurs.

Le tableau 4 présente des estimations préliminaires des exportations de produits de l'industrie automobile de l'Amérique du Nord, de l'Europe et de l'Asie entre 2008 et 2010, y compris le commerce intrarégional et extrarégional.  Entre 2008 et 2010, les exportations de ces produits en Asie et en Amérique du Nord ont pris une dimension de plus en plus intrarégionale, la part des échanges intrarégionaux passant de 72 pour cent à 76 pour cent en Amérique du Nord et de 24 pour cent à 32 pour cent en Asie.

En Europe en revanche, les exportations sont devenues plus intrarégionales en 2009, tandis qu'en 2010 elles sont devenues nettement plus extrarégionales.  Cela s'explique en partie par la faiblesse de la demande en Europe, due à la croissance assez faible du PIB européen, et à la forte progression des exportations de l'Allemagne vers la Chine.

La valeur des exportations totales de produits de l'industrie automobile de l'Allemagne a augmenté de 25 pour cent, passant de 159,7 milliards de dollars en 2009 à 199,6 milliards de dollars en 2010.  Cependant, pendant la même période, les exportations vers la Chine ont presque doublé, passant de 8,7 milliards à 17,6 milliards de dollars.  En outre, alors que les exportations de l'Allemagne vers le reste du monde ont diminué de 34 pour cent en 2009, ses exportations vers la Chine ont progressé de 12 pour cent.  En conséquence, la Chine est devenue le troisième marché pour les voitures allemandes, après les États‑Unis et le Royaume‑Uni.

En 2010, les exportations de véhicules et de pièces automobiles ont évolué de la même manière en Amérique du Nord et en Europe, mais ont suivi une tendance un peu différente en Asie, où les exportations de véhicules sont devenues plus intrarégionales, tandis que le commerce des parties et pièces détachées est devenu plus extrarégional.

Tableau 4: Exportations de produits de l'industrie automobile des principales régions exportatrices, 2008-2010
En milliards de dollars et en pourcentage


Source: Estimations du Secrétariat de l'OMC, basées sur les données mensuelles disponibles dans la base de données Global Trade Atlas de Global Trade Information Services.

 

Taux de change et balances commerciales

Après avoir fortement chuté en 2009, les exportations et les importations sont reparties à la hausse en 2010, de sorte que les déséquilibres commerciaux des grandes économies se sont creusés.  Toutefois, pour la plupart des pays, l'écart entre les exportations et les importations était plus faible après la crise qu'avant (graphique 1 de l'Appendice).

Le déficit commercial mensuel des États‑Unis s'est creusé, passant de 32 milliards de dollars en février 2009 à environ 62 milliards de dollars en moyenne au deuxième semestre de 2010, le déficit pour l'année augmentant de 26 pour cent par rapport à 2009.  Néanmoins, le déficit d'environ 690 milliards de dollars enregistré en 2010 était inférieur de 22 pour cent à celui de 2008, qui s'élevait à 882 milliards de dollars.


En 2010, l'excédent du commerce des marchandises de la Chine s'est élevé à 183 milliards de dollars, soit environ 7 pour cent de moins qu'en 2009 où l'excédent était de 196 milliards de dollars et 39 pour cent de moins qu'en 2008 où il était de près de 300 milliards de dollars.  En 2010, l'Union européenne a enregistré un déficit commercial avec le reste du monde, qui s'élevait à 190 milliards de dollars, soit 26 pour cent de plus qu'en 2009, mais 49 pour cent de moins qu'en 2008, où l'excédent était de 275 milliards de dollars.

Le Japon a fait exception à la tendance à la diminution des déficits/des excédents commerciaux après la crise.  En 2008, l'excédent des exportations sur les importations était de 19 milliards de dollars mais il a presque quadruplé en 2010 pour atteindre 77 milliards de dollars.

En ce qui concerne les taux de change, en février 2011, le yuan s'était apprécié d'environ 3,8 pour cent en termes nominaux par rapport au dollar.  Toutefois, son appréciation réelle par rapport au dollar est plus rapide en raison de la montée de l'inflation en Chine.  D'après les indices fournis par J.P. Morgan, le taux de change effectif réel du yuan (corrigé de l'inflation) par rapport à un large panier de monnaies a augmenté de 1,3 pour cent en 2010.

Par comparaison, pendant la même période, le dollar EU a enregistré une dépréciation effective réelle de 5 pour cent par rapport aux monnaies des partenaires commerciaux des États-Unis.

En 2010, le yen s'est apprécié de près de 7 pour cent en termes nominaux par rapport au dollar, mais son taux effectif réel a augmenté de moins de 1 pour cent en raison de la baisse des prix (déflation) au Japon.  Cela donne à penser que la hausse du yen n'a pas nui à la compétitivité des produits japonais sur les marchés mondiaux.

Par ailleurs, la forte appréciation nominale du real brésilien (12 pour cent) et du won coréen (10 pour cent) par rapport au dollar s'est accompagnée d'une forte appréciation effective réelle (15 pour cent et 9 pour cent, respectivement), qui aurait entraîné le renchérissement des produits de ces pays par rapport aux produits exportés par les autres pays.

 

Graphique 5: Taux de change nominaux du dollar, janvier 2000-février 2011
Indices des dollars EU par unité de monnaie nationale, 2000 = 100

Source: Federal Reserve Bank of St. Louis.

 

Perspectives pour 2011

La reprise des flux commerciaux mondiaux se poursuit, sur la base des gains importants enregistrés en 2010, avec une croissance plus lente mais encore légèrement supérieure à la moyenne en 2011.  Cependant, les événements récents au Moyen‑Orient et au Japon ont accru l'incertitude économique au niveau mondial, faisant pencher la balance des risques vers une détérioration.

Les projections de base des économistes de l'OMC concernant le commerce mondial des marchandises en 2011 tablent sur une augmentation des exportations de 6,5 pour cent, les expéditions des pays développés augmentant d'environ 4,5 pour cent et celles des pays en développement et de la CEI de 9,5 pour cent (tableau 5).  Ces projections tiennent compte de l'incidence probable du tremblement de terre au Japon, mais si les répercussions s'avéraient pires que prévu, il faudrait revoir les prévisions dans les prochains mois.

Tableau 5: Exportations mondiales de marchandises et PIB, 2008-2001 a
Variation annuelle en %


a  Les chiffres pour 2011 sont des projections.
Source: Secrétariat de l'OMC pour les exportations, estimations consensuelles pour le PIB.

Étant donné l'incertitude qui entoure toute prévision, le graphique en éventail présenté ci‑dessous (graphique 6) représente les probabilités associées à la prévision de croissance du commerce pour 2011 (6,5 pour cent) sur la base de l'expérience des prévisions antérieures et compte tenu des conditions économiques et politiques actuelles.  La zone couverte par la bande la plus sombre au centre du graphique correspond à l'évolution la plus probable du volume des échanges.  Les zones couvertes par chaque paire de bandes ombrées de la même façon représentent une autre probabilité de 5 pour cent que le volume du commerce se situe à l'intérieur de cette fourchette.  Compte tenu des risques de détérioration mentionnés précédemment, la partie inférieure du graphique dévie légèrement.  On voit, par exemple, que même dans le pire scénario, la croissance du commerce en 2011 resterait globalement positive, nonobstant la possibilité d'un ralentissement plus prononcé au deuxième trimestre.

Graphique 6: Volume du commerce mondial, 2010-2011 a
Indices, T1 2010 = 100



a  Les chiffres pour 2011 sont des projections.
Source: Secrétariat de l'OMC

L'augmentation de 14,5 pour cent des exportations en 2010 était assez proche de la projection la plus récente de l'OMC, publiée en septembre, qui était de 13,5 pour cent.  La prévision de la croissance des économies en développement (16,5 pour cent) était juste mais l'ampleur de la reprise dans les économies développées a été sous‑estimée (11,5 pour cent, contre un chiffre effectif de 12,9 pour cent).

La prévision du commerce suppose une augmentation de 3,1 pour cent du PIB mondial en 2011 aux taux de change du marché, les économies développées enregistrant une croissance de 2,2 pour cent et le reste du monde (y compris les économies en développement et la Communauté d'États indépendants) une croissance de 5,8 pour cent.  La projection du PIB fait référence au PIB réel aux taux de change du marché sur la base des estimations consensuelles des économistes.2

Malgré la prédominance des risques de détérioration, il existe un potentiel d'amélioration si l'incertitude au Moyen‑Orient se dissipe rapidement et si le taux de chômage amorce une baisse plus rapide aux États‑Unis.  Ce dernier facteur libérerait une importante demande comprimée de marchandises, ce qui stimulerait les importations et le commerce mondial.

Les quelques études existantes sur les conséquences des catastrophes naturelles pour la croissance économique donnent à penser que même les catastrophes majeures n'ont généralement pas d'effets notables sur la production mesurée par le PIB, en particulier à long terme. 3

Les études analysant spécialement les effets des catastrophes naturelles sur le commerce sont encore plus rares. Un article récent de Gassebner, Keck et Teh (2010) 4examine des données sur les catastrophes dans 170 pays entre 1962 et 2004.  En suivant la méthode employée dans cette étude, on constate que le tremblement de terre au Japon pourrait avoir pour effet:

  • de réduire le volume des exportations japonaises de 0,5 pour cent à 1,6 pour cent;  et
  • d'accroître le volume des importations japonaises de 0,4 pour cent à 1,3 pour cent.

La réduction des exportations s'explique aisément.  Elle est liée au nombre de pertes humaines et de blessés (affectant les ressources humaines des entreprises) ainsi qu'à la destruction et aux dommages causés au capital physique et aux équipements dans le secteur d'exportation.  En outre, les dégâts causés aux infrastructures publiques (routes, ponts, chemins de fer, systèmes de télécommunication) peuvent entraîner des perturbations dans la chaîne logistique des exportations.

La raison pour laquelle on s'attend à ce que les importations augmentent à la suite d'une catastrophe est peut‑être moins claire.  En fait, il est probable que la reconstruction des infrastructures endommagées entraînera une augmentation des importations car il se peut que les matériaux, la technologie ou les compétences nécessaires viennent de l'étranger.  Cela devrait compenser l'éventuelle baisse de la demande d'importations due aux pertes de production et de revenu.

Certaines des conséquences économiques du tremblement de terre pourraient se propager à d'autres pays à travers les chaînes d'approvisionnement mondiales.  On observe déjà, de manière empirique, des pénuries de pièces automobiles et de composants électroniques japonais dans certains pays ou des navires dans l'impossibilité de décharger leurs cargaisons de denrées périssables au Japon faute de système de réfrigération en raison du rationnement de l'électricité.

Cependant, la diminution de la production et des échanges pendant un trimestre sera probablement suivie d'une augmentation de l'activité au cours des trimestres suivants, de sorte que l'effet cumulatif sur l'ensemble de l'année ne sera peut‑être pas important.

La perspective d'une envolée des prix du pétrole constitue probablement une plus grande menace pour l'économie mondiale et le commerce que le tremblement de terre au Japon.  La crainte d'un conflit prolongé en Libye et le risque de propagation de l'instabilité au Moyen‑Orient ont fait grimper les prix du pétrole à plus de 100 dollars le baril.  Une interruption de l'approvisionnement en provenance de tout autre grand producteur provoquerait une nouvelle hausse des prix, ce qui pourrait avoir des conséquences considérables pour l'économie mondiale.  Si cela se produisait, l'OMC devrait revoir ses projections sur le commerce.

Les estimations de la croissance des exportations présentées ci‑dessus sont étayées par les résultats du modèle de prévision avec séries chronologiques du Secrétariat de l'OMC,5, qui prévoit une augmentation de 4,5 pour cent de la demande de biens et services importés de la part des économies développées (ou plus précisément, des membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques, OCDE) en 2011.(graphique 7).

Graphique 7: Croissance du PIB réel et du commerce des pays de l'OCDE, 2008-2010
Variation en pourcentage par rapport au même trimestre de l'année précédente

Note:  Exportations et importations pour le T4 2010 estimées sur la base des données disponibles.
Source: Comptes nationaux trimestriels de l'OCDE.

 

Appendice
Évolution détaillée du commerce en 2010

Commerce des marchandises en volume (termes réels) en 2010

Les exportations mondiales de marchandises en volume (abstraction faite de l'influence des prix et des taux de change) ont augmenté de 14,5 pour cent en 2010 et les importations mondiales de 13,5 pour cent.  En principe, les exportations et les importations mondiales devraient augmenter à peu près au même rythme, avec un certain écart dû aux différences dans l'enregistrement des données d'un pays à l'autre.  Le commerce mondial mesuré par les exportations a augmenté quatre fois plus vite que le PIB mondial en 2010, alors que normalement, il augmente à peu près deux fois plus vite que le PIB (tableau 1).

L'Asie et l'Amérique du Nord sont les seules régions où la croissance des exportations a été supérieure à la moyenne mondiale (respectivement, 15 pour cent et 23,1 pour cent), alors que leur croissance a été inférieure à la moyenne en Amérique du Sud et centrale (6,2 pour cent), en Europe (10,8 pour cent), dans la CEI (10,1 pour cent), en Afrique (6,4 pour cent) et au Moyen‑Orient (9,5 pour cent).  Toutefois, la faible croissance en volume dans les régions exportatrices de pétrole peut être considérée comme normale dans la mesure où la demande de combustibles est généralement insensible aux variations des prix et des revenus.  Du côté des importations, une croissance plus forte que la moyenne a été enregistrée en Amérique du Nord (15,7 pour cent), en Amérique du Sud et centrale (22,7 pour cent), dans la CEI (20,6 pour cent) et en Asie (17,6 pour cent), mais elle a été plus faible en Europe (9,4 pour cent), en Afrique (7,1 pour cent) et au Moyen-Orient (7,5 pour cent).

Parmi les pays pour lesquels on dispose de données, ceux dont les exportations de marchandises ont le plus augmenté en volume sont la Jordanie (30 pour cent), la Chine (28 pour cent), le Japon (27 pour cent), les Philippines (27 pour cent) et le Taipei chinois (27 pour cent).

Du côté des importations, les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) ont enregistré une très forte croissance en 2010 (43 pour cent pour le Brésil, 39 pour cent pour la Chine, 30 pour cent pour la Russie et 25 pour cent pour l'Inde).
  

Commerce des marchandises et des services commerciaux en termes nominaux, en 2010

Commerce des marchandises

L'année dernière, toutes les régions ont enregistré une augmentation à deux chiffres de la valeur en dollars des exportations et des importations, ce qui tient en partie à la hausse des prix des combustibles et d'autres produits de base (tableau 1 de l'Appendice).

Les exportations de l'Amérique du Nord ont augmenté de 23 pour cent, pour s'établir à 1 960 milliards de dollars, soit 13 pour cent du total mondial.  Les importations de la région ont augmenté au même rythme que les exportations, pour atteindre 2 680 milliards de dollars, soit 18 pour cent du total mondial.

Les exportations de l'Amérique du Sud et centrale ont fait un bond de 25 pour cent, pour s'établir à 575 milliards de dollars (4 pour cent du total mondial), tandis que les importations ont augmenté de 30 pour cent atteignant 576 milliards de dollars (4 pour cent du total mondial).

En Europe, les exportations se sont élevées à 5 630 milliards de dollars (38 pour cent du total mondial) et les importations à 5 840 milliards de dollars (39 pour cent du total mondial).  Par rapport à 2009, les exportations et les importations ont progressé respectivement de 12 pour cent et 13 pour cent.

Les exportations de la Communauté d'États indépendants (CEI) ont augmenté de 30 pour cent pour s'établir à 588 milliards de dollars, soit 4 pour cent du total mondial.  Les importations de la CEI ont progressé de 24 pour cent, atteignant 484 milliards de dollars, soit 3 pour cent du total mondial.

En 2010, les exportations de l'Afrique se sont élevées à 500 milliards de dollars (3 pour cent du total mondial), soit 28 pour cent de plus qu'en 2009.  Les importations du continent ont augmenté deux fois moins vite que les exportations (14 pour cent), s'élevant à 463 milliards de dollars, ou 3 pour cent du total mondial.

Au Moyen-Orient, les exportations ont augmenté de 30 pour cent, pour s'établir à 916 milliards de dollars (6 pour cent du total mondial), mais les importations n'ont augmenté que de 13 pour cent pour s'établir à 572 milliards de dollars (4 pour cent du total mondial).

En 2010, les exportations de marchandises de l'Asie se sont élevées à 4 690 milliards de dollars (32 pour cent du total mondial), soit une augmentation de 31 pour cent par rapport à 2009.  Les importations de la région ont atteint 4 500 milliards de dollars (30 pour cent du total mondial), soit 32 pour cent de plus qu'en 2009.

En 2010, les principaux exportateurs de marchandises étaient la Chine (1 580 milliards de dollars, soit 10 pour cent des exportations mondiales), les États-Unis (1 280 milliards de dollars, 8 pour cent du total mondial), l'Allemagne (1 270 milliards de dollars, 8 pour cent du total mondial), le Japon (770 milliards de dollars, 5 pour cent du total mondial) et les Pays-Bas (572 milliards de dollars, 3,8 pour cent du total mondial).  Les principaux importateurs de marchandises étaient les États-Unis (1 970 milliards de dollars, 13 pour cent des importations mondiales), la Chine (1 400 milliards de dollars, 9 pour cent du total mondial), l'Allemagne (1 070 milliards de dollars, 7 pour cent du total mondial), le Japon (693 milliards de dollars, 4,5 pour cent du total mondial) et la France (606 milliards de dollars, 4 pour cent du total mondial).  Les États-Unis sont devenus le deuxième exportateur mondial devançant l'Allemagne qui avait cédé la première place à la Chine un an plus tôt (tableau 3 de l'Appendice).

Si l'on fait abstraction des échanges entre les 27 membres de l'Union européenne et si l'on considère l'UE comme une entité unique, les principaux exportateurs étaient l'Union européenne (1 790 milliards de dollars, soit 15 pour cent du total), la Chine (13 pour cent), les États-Unis (11 pour cent), le Japon (6,5 pour cent) et la République de Corée (466 milliards de dollars, soit 4 pour cent du total).  En excluant les échanges intra-UE (27), les principaux importateurs étaient l'Union européenne (1 980 milliards de dollars ou 16,5 pour cent des importations mondiales), les États-Unis (16 pour cent), la Chine (12 pour cent), le Japon (6 pour cent) et la République de Corée (425 milliards de dollars, 3,5 pour cent du total mondial).  Les importations totales de Hong Kong étaient en fait supérieures à celles de la Corée (442 milliards de dollars), mais ses importations définitives étaient moindres (116 milliards de dollars) (tableau 4 de l'Appendice).

Commerce des services commerciaux

Les exportations mondiales de services commerciaux ont augmenté de 8 pour cent pour s'établir à 3 670 milliards de dollars en 2010, après avoir reculé de 12 pour cent en 2009.  Leur taux de croissance en 2010 était égal au taux annuel moyen pour la période 2005-2010 (tableau 2 de l'Appendice).

En Amérique du Nord, la valeur des exportations a atteint 599 milliards de dollars en 2010 et celle des importations 471 milliards de dollars.  Les exportations et les importations ont augmenté de 9 pour cent en glissement annuel, mais les exportations du Mexique ont moins progressé, avec une augmentation de 5 pour cent.

Les exportations de l'Amérique du Sud et centrale ont progressé de 11 pour cent pour atteindre 111 milliards de dollars, tandis que les importations ont enregistré une croissance plus de deux fois supérieure (23 pour cent), atteignant 135 milliards de dollars.  Les exportations et les importations du Brésil ont augmenté plus vite que la moyenne régionale (de 15 pour cent et 35 pour cent, respectivement), avec des taux de croissance particulièrement élevés pour les importations de services de transport (+42 pour cent) et de services de voyage (+51 pour cent, notamment en raison de la fermeté du real).

Les exportations et les importations de l'Europe ont été plus importantes que celles de toutes les autres régions l'an dernier (1 720 et 1 500 milliards de dollars, respectivement), mais elles ont aussi été les moins dynamiques, avec une croissance de seulement 2 pour cent pour les exportations et 1 pour cent pour les importations.  Ce résultat peut s'expliquer par la faiblesse des services de voyage, dont les exportations ont diminué de 3 pour cent et les importations de 2 pour cent.

En 2010, les exportations des pays de la CEI ont augmenté de 10 pour cent pour atteindre 78 milliards de dollars.  Les importations de la région ont augmenté, quant à elles, de 14 pour cent, s'élevant à 105 milliards de dollars.  En Russie, la croissance des exportations de 6 pour cent a été tirée par les services de transport.

Dans le même temps, la valeur des exportations de services commerciaux de l'Afrique a atteint 86 milliards de dollars, soit 11 pour cent de plus qu'en 2009.  Les importations du continent ont progressé de 12 pour cent pour atteindre 141 milliards de dollars.  En Afrique du Sud, les recettes au titre des voyages ont augmenté de 24 pour cent en raison du grand nombre de visiteurs étrangers venus assister à la Coupe du monde de football.

Le Moyen-Orient a exporté pour 103 milliards de dollars de services commerciaux et en a importé pour 185 milliards de dollars en 2010.  Les exportations et les importations ont augmenté de 9 pour cent en glissement annuel.

Enfin, les exportations de services de l'Asie ont atteint 963 milliards de dollars l'année dernière et ses importations 961 milliards de dollars.  Les exportations et les importations ont augmenté respectivement de 21 pour cent et de 20 pour cent.  Le transport a été le secteur le plus dynamique, avec un taux de croissance de 26 pour cent à la fois pour les exportations et les importations.  Les exportations de services de voyage ont elles aussi progressé rapidement, à un rythme de 25 pour cent.  Les autres services commerciaux ont augmenté de 17 pour cent, représentant maintenant la moitié des exportations de la région.

Les exportations de services commerciaux des États-Unis se sont élevées à 515 milliards de dollars en 2010, soit 14 pour cent du total mondial, ce qui fait de ce pays le premier exportateur mondial.  Parmi les cinq principaux exportateurs figurent aussi l'Allemagne (230 milliards de dollars, soit 6 pour cent des exportations mondiales), le Royaume-Uni (227 milliards de dollars, également 6 pour cent du total mondial), la Chine (170 milliards de dollars, 5 pour cent du total mondial) et la France (140 milliards de dollars, 4 pour cent du total mondial) (tableau 5 de l'Appendice).

Les États-Unis ont aussi été le principal importateur, leurs achats à l'étranger s'élevant à 358 milliards de dollars, soit 10 pour cent des importations mondiales.  Ils étaient suivis par l'Allemagne (256 milliards de dollars, 7 pour cent du total mondial), la Chine (192 milliards de dollars, 5,5 pour cent du total mondial), le Royaume-Uni (156 milliards de dollars, 4,5 pour cent du total mondial) et le Japon (155 milliards de dollars, 4,5 pour cent du total mondial).

La Chine est devenue le quatrième exportateur de services commerciaux devant la France, tandis que l'Allemagne a ravi la deuxième place au Royaume-Uni.  La Chine a aussi avancé dans le classement des importateurs, remplaçant le Royaume-Uni à la troisième place.

Si l'on exclut les échanges intra-UE, l'Union européenne (27) devient le principal exportateur mondial, ses exportations de services vers le reste du monde s'élevant à 684 milliards de dollars en 2010, soit 25 pour cent du commerce mondial.  Viennent ensuite les États-Unis (avec 18 pour cent du total mondial après déduction), la Chine (avec 6 pour cent), le Japon (avec 5 pour cent) et Singapour (avec 112 milliards de dollars, soit 4 pour cent du total mondial).

L'Union européenne est également le premier importateur si l'on exclut les échanges intra-UE.  En 2010, ses importations en provenance de pays non membres de l'UE ont atteint 598 milliards de dollars, soit 22 pour cent du commerce mondial.  Parmi les cinq premiers figurent aussi les États-Unis (13 pour cent du total mondial), la Chine (7 pour cent), le Japon (6 pour cent) et l'Inde (4 pour cent).

L'OMC n'établit pas de prévisions du commerce des services commerciaux, mais le séisme au Japon pourrait influencer fortement les statistiques du commerce des services l'an prochain en raison de la façon particulière dont les services d'assurance sont comptabilisés dans les transactions internationales.  Jusqu'à récemment, il était d'usage, pour établir les statistiques de la balance des paiements, que les pays déclarent les transactions d'assurance en tant que différence entre les primes brutes (recettes) et les indemnités brutes (paiements).  Cette méthode avait pour effet pervers de réduire fortement les importations de services dans les pays touchés par des catastrophes naturelles, au point que, pour certaines années, on pouvait enregistrer des importations négatives.  La sixième édition (2008) du Manuel de la balance des paiements du FMI contient des lignes directrices révisées pour l'enregistrement des transactions d'assurance, prévoyant notamment l'utilisation d'une estimation des indemnités à payer au lieu des indemnités effectives, mais ces normes n'ont pas été adoptées universellement.  Par conséquent, le commerce mondial total des services commerciaux pourrait être artificiellement faible l'année prochaine.

 

Tableau 1 de l'Appendice
Commerce mondial des marchandises par région et pour certaines économies, 2010
En milliards de dollars et en pourcentage


a. Importations f.a.b.
b. b Y compris les Caraïbes. Pour la composition des groupes, voir les Notes techniques des Statistiques du commerce international 2010 de l'OMC.
c. Algérie, Angola, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Libye, Nigéria, Soudan, Tchad.
d. Hong Kong, Chine; République de Corée; Singapour; et Taipei chinois.
e. Marché commun du cône Sud: Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay.
f. Association des nations de l'Asie du Sud-Est: Brunéi, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Myanmar, Philippines, Singapour, Thaïlande, Viet Nam.
Source: :  Secrétariat de l'OMC.

 

Tableau 2 de l'Appendice
Exportations mondiales de services commerciaux par région et pour certains pays, 2010
En milliards de dollars et en pourcentage


a  Y compris les Caraïbes. Pour la composition des groupes, voir le chapitre IV. Métadonnées, des Statistiques du commerce international de l'OMC, 2010.
b  Estimation préliminaire.
Note:  Des données provisoires pour l'ensemble de l'année étaient disponibles au début de mars pour 50 pays représentant plus des deux tiers du commerce mondial des services commerciaux, mais les estimations pour la plupart des autres pays sont fondées sur des données relatives aux trois premiers trimestres.
Source: Secrétariat de l'OMC.

 

Tableau 3 de l'Appendice
Commerce des marchandises: principaux exportateurs et importateurs en 2010
En milliards de dollars et en pourcentage


a. Estimations du Secrétariat.
b. Importations f.a.b.
c. Les importations définitives de Singapour s'entendent des importations moins les réexportations.
d. Y compris des réexportations importantes ou des importations destinées à la réexportation.
Source: Secrétariat de l'OMC.

 

Tableau 4 de l'Appendice
Commerce des marchandises: principaux exportateurs et importateurs en 2010 (non compris les échanges intra-UE (27))
En milliards de dollars et en pourcentage


a. Estimations du Secrétariat.
b. Importations f.a.b.
c. Les importations définitives de Singapour s'entendent des importations moins les réexportations.
d. Y compris des réexportations importantes ou des importations destinées à la réexportation.
Source: Secrétariat de l'OMC.

 

Tableau 5 de l'Appendice
Commerce mondial des services commerciaux: principaux exportateurs et importateurs en 2010
En milliards de dollars et en pourcentage


a  Estimation préliminaire.
b  Estimation du Secrétariat.
Note: Les chiffres concernant un certain nombre de pays et de territoires sont des estimations du Secrétariat. Les variations annuelles en pourcentage et les classements sont affectés par des solutions de continuité dans les séries pour un grand nombre d'économies, ainsi que par des problèmes de entre pays. Voir les Métadonnées comparabilité
Source: Secrétariat de l'OMC



Tableau 6 de l'Appendice
Principaux exportateurs et importateurs de services commerciaux en 2010 (non compris les échanges intra-UE (27))
En milliards de dollars et en pourcentage


a  Estimation préliminaire.
b  Estimation du Secrétariat.
Note: Les chiffres concernant un certain nombre de pays et de territoires sont des estimations du Secrétariat. Les variations annuelles en pourcentage et les classements sont affectés par des solutions de continuité dans les séries pour un grand nombre d'économies, ainsi que par des problèmes de comparabilité entre pays. Voir les Métadonnées.
Source: Secrétariat de l'OMC

 

Graphique 1 de l'Appendice
Exportations et importations mensuelles de marchandises pour certaines économies, janvier 2006-janvier 2011
(en milliards de dollars)

Sources: Statistiques financières internationales du FMI, base de données GTA de la société Global Trade Information Services statistiques nationales.


Notes:
1.Les exportations mondiales de marchandises mesurées sur la base de la balance des paiements, comme les services, ont également augmenté de 22 pour cent en 2010.. retour au texte
2. Perspectives de l'économie mondiale du FMI, Perspectives économiques de l'OCDE, Situation et perspectives de l'économie mondiale du DAES des Nations Unies et autres sources nationales. retour au texte
3. Cavallo, Edward, Galiani, Sebastian, Noy, Han et Pantano, Juan (2010), "Catastrophic Natural Disasters and Growth", document de travail de la Banque interaméricaine de développement IDB WP 183. retour au texte
4. Gassebner, Martin, Keck, Alexander et Teh, Robert (2010) "Shaken, not Stirred: The Impact of Disasters on International Trade", Review of International Economics, 18(2): 351 368. retour au texte
5. Keck, Alexander, Raubold, Alexander et Truppia, Alessandro (2009) "Forecasting international trade: A time series approach', OECD Journal: Journal of Business Cycle Measurement and Analysis, vol. 2: 157 176. Le modèle a été développé et amélioré depuis la publication et il inclut des estimations pour les économies émergentes, comme la Chine. retour au texte

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