OMC: COMMUNIQUÉ DE PRESSE 2014

PRESS/722

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Les économistes de l’OMC ont réduit à 3,1% (contre 4,7% en avril) leur prévision de croissance du commerce mondial pour 2014 et ont abaissé de 5,3% à 4,0% leur estimation pour 2015.


POUR EN SAVOIR PLUS:
> Communiqués de presse 2014

    

FAITS SAILLANTS

  • Le volume du commerce mondial de marchandises devrait augmenter de 3,1% en 2014 alors que la demande d’importations dans les régions riches en ressources et en Chine s’affaiblit et qu’elle stagne en Europe.
  • La croissance du commerce devrait reprendre en 2015 pour s’établir à 4%, niveau qui reste inférieur à la moyenne de 5,2% des 20 dernières années (1993‑2013), mais les tensions géopolitiques, les conflits régionaux et les crises sanitaires (Ebola) multiplient les risques.
  • Les importations de l’UE ont finalement retrouvé leur niveau de la mi-2011 au dernier trimestre après une augmentation de 2,7% depuis le premier trimestre de 2013.
  • Les importations des économies en développement et de la CEI ont stagné au premier semestre de 2014, soit une modeste augmentation de 0,5% pour l’année en cours, contre 4,7% en 2013.
  • Les États-Unis enregistrent une croissance du commerce lente mais régulière, avec 2,8% pour les exportations et 3,5% pour les importations pour l’année en cours.
Cette révision à la baisse fait suite à une croissance du PIB plus faible que prévu et à l’atonie de la demande d’importations au premier semestre de 2014, notamment dans les régions exportatrices de ressources naturelles comme l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale. Outre cette révision spécifique, les prévisions restent généralement à la baisse sous l’effet d’une croissance mondiale inégale et d’une accentuation des tensions et des risques géopolitiques.

“Les institutions internationales ont sensiblement révisé leurs prévisions concernant le PIB après une croissance économique décevante au premier semestre de l’année”, a dit le Directeur général Roberto Azevêdo.

“Dans ce contexte, les prévisions de l’OMC en matière de croissance du commerce ont aussi été revues à la baisse pour 2014 et 2015. L’irrégularité de la croissance et la persistance des tensions géopolitiques continueront de représenter un risque pour le commerce et la production au second semestre.”

“C’est le moment de nous rappeler que le commerce peut jouer un rôle positif. La réduction des coûts du commerce et l’élargissement des débouchés commerciaux peuvent être des facteurs décisifs pour inverser cette tendance.”

Lorsque les dernières prévisions ont été publiées en avril 2014, les conditions d’une croissance plus forte du commerce semblaient réunies après deux ans de ralentissement durant lesquels le commerce mondial des marchandises n’avait progressé que de 2,2% en moyenne (2012–2013), c’est‑à‑dire à peu près au même rythme que le PIB mondial. À l’époque, les indicateurs avancés laissaient entrevoir une reprise dans les économies développées, en particulier en Europe.

Si la croissance s’est quelque peu raffermie en 2014, elle est restée instable. La production a chuté au premier trimestre aux États‑Unis (–2,1% en taux annualisés) et au deuxième trimestre en Allemagne (–0,6%), freinant la demande mondiale d’importation. En Chine, la croissance du PIB a aussi ralenti: de 7,7% en 2013, elle a reculé à 6,1% au premier trimestre de 2014 avant de rebondir au deuxième trimestre. Le ralentissement enregistré au premier trimestre a contribué à affaiblir les exportations chez les partenaires commerciaux.

Ces facteurs, conjugués à d’autres, ont entraîné une stagnation du commerce mondial au premier semestre de 2014, pendant lequel la reprise progressive de la demande d’importations dans les pays développés a été contrebalancée par des diminutions dans les pays en développement.

La croissance du commerce et de la production devrait être légèrement plus forte au second semestre de 2014, où les gouvernements et les banques centrales appliqueront peut‑être une politique de soutien visant à stimuler la croissance, et où les facteurs spécifiques qui ont pesé sur le commerce au premier semestre (par exemple un hiver très rigoureux aux États‑Unis, une augmentation de la taxe sur les ventes au Japon, etc.) commenceront à s’atténuer. Cependant, plusieurs facteurs de risque se profilent à l’horizon, qui pourraient affecter les résultats économiques.

Les tensions que la situation en Ukraine a créées entre l’Union européenne et les États‑Unis d’une part, et la Fédération de Russie d’autre part, ont déjà donné lieu à des sanctions commerciales concernant certains produits agricoles, et le nombre de produits touchés pourrait augmenter si la crise persiste. Le conflit qui touche le Moyen‑Orient accentue également l’incertitude et pourrait entraîner une flambée des cours du pétrole si la sécurité des approvisionnements était menacée. Enfin, l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola qui a éclaté en Afrique de l’Ouest s’est avérée difficile à endiguer, et sa propagation pourrait déclencher une vague de panique qui aurait des répercussions économiques majeures pour l’Afrique de l’Ouest, et peut‑être même pour d’autres régions. La présence de plusieurs de ces facteurs de risque de faible probabilité mais de coût élevé a rendu les prévisions du commerce particulièrement difficiles à établir cette année.

 

Chart 1: Merchandise exports and imports by level of development, 2010Q1-2014Q4
(Seasonally adjusted indices, 2010Q1=100)

Source: WTO Secretariat. 

 

Chart 2: Merchandise exports and imports of selected
economies, 2010Q1-2014Q2
(Seasonally adjusted volume indices, 2010Q1=100)

Le graphique 1 présente l’évolution récente du commerce mondial en donnant des indices trimestriels du commerce des marchandises, corrigés des variations saisonnières, en volume (c’est à dire ajustés pour tenir compte des fluctuations des prix et des taux de change) et selon le niveau de développement. 1 Le commerce mondial, mesuré par la moyenne des exportations et des importations, a progressé de 1,8% seulement au premier semestre de 2014 par rapport à la période correspondante de 2013, mais la croissance sur l’année devrait être supérieure, car les importations des économies développées continuent de progresser et, dans les pays en développement, elles connaissent un rebond après un fléchissement au deuxièmetrimestre.

Cette évolution devrait donner un coup d’accélérateur aux expéditions des partenaires commerciaux des pays développés et des pays en développement. En effet, la demande d’importations des économies développées a dépassé celle des économies en développement au premier semestre de l’année (2,6% contre 0,5%). Parallèlement, les exportations des économies développées ont progressé de 1,6% en glissement annuel au cours des six premiers mois de 2014, tandis que celles des économies en développement ont augmenté de 2,1%.

L’Asie a enregistré une croissance des exportations plus rapide que toutesles autres régions au premier semestre de 2014, avec 4,2% d’augmentation par rapport à la période correspondante de l’année précédente. Viennent ensuite l’Amérique du Nord (3,3%), l’Europe (1,2%), l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale (-0,8%), et les Autres régions (-2,0%). L’Amérique du Nord a surpassé toutes les autres régions en ce qui concerne les importations, qui ont progressé de 3,0%; elle a ainsi devancé l’Asie (2,1%), l’Europe (1,9%), les Autres régions (-0,4) et l’Amérique du Sud (-3,4%). .

Le tableau 1 résume les prévisions du commerce pour 2014 et 2015, qui reposent sur des estimations consensuelles du PIB réel aux taux de change du marché. (Note: l’OMC n’établit pas elle même les prévisions pour le PIB, mais elle s’appuie sur les données des autres organisations, qui sont ensuite de nouveau pondérées en fonction des groupes de pays de l’OMC.) Comme indiqué ci dessus, l’OMC prévoit une augmentation du volume du commerce mondial des marchandises de 3,1% en 2014 et 4,0% en 2015.

Source: WTO Secretariat.

 

Table 1: World merchandise trade and GDP, 2010-2015 a
Annual % change

a Figures for 2014 and 2015 are projections.
b Other regions comprise the Africa, Commonwealth of Independent States and Middle East.
Sources: WTO Secretariat for trade, concensus estimates for GDP.

S’agissant des exportations, l’OMC prévoit une augmentation de 2,5% des expéditions en provenance des économies développées en 2014, puis de 3,8% en 2015. Dans le même temps, les exportations des économies en développement devraient progresser de 4,0% en 2014 et 4,5% en 2015. D’après les prévisions, les importations des économies développées augmenteront de 3,4% cette année et de 3,7% l’année prochaine, tandis que celles des économies en développement augmenteront de 2,6% en 2014 et 4,5% en 2015.

L’élément le plus notable du tableau 1 est peut‑être la prévision d’une croissance du commerce faible, voire négative, en Amérique du Sud et Amérique centrale et dans les Autres régions (à savoir l’Afrique, la CEI et le Moyen‑Orient) en 2014. Les économies de ces régions ont été affectées par la combinaison d’un conflit civil, du faible cours des produits de base autres que les combustibles et du ralentissement de la croissance chez des partenaires commerciaux de l’Asie qui étaient auparavant dynamiques. Autre élément notable, la demande d’importation en Amérique du Nord s’est maintenue à un niveau relativement bon malgré le tassement du PIB au premier trimestre (T1).

Cela est peut‑être dû au fait que la baisse de la production a été en grande partie causée par les variations des stocks, qui tendent à s’équilibrer au cours du cycle économique. C’est peut‑être aussi le signe que la consommation est solide maintenant que le taux de chômage est tombé à 6,2%. Par contraste, le taux de chômage dans la zone euro reste très élevé, à 11,5% (10,2% pour l’Union européenne dans son ensemble).

Les graphiques 2 et 3 montrent l’évolution trimestrielle du volume des échanges pour certaines économies nationales et régionales. Dans le graphique 2, nous constatons que les importations de l’Union européenne en provenance du reste du monde (c’est‑à‑dire extra‑UE) et le commerce interne entre les membres (c’est‑à‑dire le commerce intra‑UE) viennent juste de renouer avec leur niveau de la mi‑2011, alors que les importations des États‑Unis, du Japon et de l’Asie en développement ont toutes augmenté sensiblement pendant la même période (9%, 6% et 12%, respectivement). Compte tenu de la part importante (32%) de l’UE dans les importations mondiales de marchandises, il est probable que la faible demande de ce groupe de pays continuera de freiner fortement le commerce mondial pendant encore un certain temps.

Le graphique 3 illustre l’ampleur du ralentissement du commerce en Amérique du Sud et Amérique centrale et dans les Autres régions (à savoir Afrique/CEI/Moyen‑Orient). Au dernier trimestre, les exportations et les importations de l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale ont reculé de 3,7% et 4,9% en glissement annuel, tandis que celles du groupe Afrique/CEI/Moyen‑Orient ont baissé de 3,9% (exportations) et de 0,9% (importations). Par comparaison, les exportations et les importations de l’Asie en développement ont augmenté d’environ 6% et 1% au dernier trimestre.

 

Chart 3: Merchandise exports and imports of natural resource exporting regions, 2010Q1-2014Q2
(Non-seasonally adjusted volume indices, 2010Q1=100)

Source: WTO Secretariat. 

Enfin, les statistiques du commerce des marchandises en dollars courants pourraient donner une meilleure indication que les statistiques exprimées en volume en ce qui concerne les tendances actuelles du commerce, car elles sont généralement plus actuelles. Ces statistiques sont présentées dans le graphique 4 pour certaines économies importantes jusqu’aux mois de juillet ou août, selon les données disponibles. Dans ce graphique, nous observons que la croissance en glissement annuel des exportations et des importations est restée positive aux États Unis en juillet (+5% et +4%, respectivement), ainsi que dans l’Union européenne (+4% et +7% pour le commerce total). Parallèlement, si les exportations de la Chine ont progressé de 9% en août, ses importations ont reculé de 2%. Globalement, les chiffres du commerce en dollars semblent se maintenir à un niveau stable et affichent une croissance modeste.

 

Chart 4: Merchandise exports and imports of selected economies, July 2012-July 2014
(Year-on-year percentage change in current dollar values)

a January and February averaged to minimize distortions due to lunar new year.
Sources: IMF International Financial Statistics, Global Trade Information Services GTA database, national statistics.

 

Notes:

1. Les données sont issues des statistiques conjoncturelles de l’OMC, qui peuvent être téléchargées à l’adresse suivante ici.  retour au texte

 

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