PRESS/876

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Pour en savoir plus

  

FAITS SAILLANTS

  • Le commerce mondial des marchandises en volume devrait augmenter de 8,0% en 2021, après avoir baissé de 5,3% en 2020, moins que ne le prévoyaient les estimations.
  • La croissance des échanges ralentira probablement à 4,0% en 2022, le volume total du commerce mondial restant inférieur à la tendance d'avant la pandémie.
  • Le PIB mondial aux taux de change du marché devrait progresser de 5,1% en 2021 et de 3,8% en 2022, après s'être contracté de 3,8% en 2020.
  • Le commerce des marchandises en dollars nominaux a baissé de 7% en 2020, tandis que les exportations de services commerciaux ont régressé de 20%.
  • La chute des prix du pétrole a entraîné une contraction de 35% du commerce des combustibles en 2020.
  • Les services relatifs aux voyages ont plongé de 63% en 2020 et ne devraient pas se redresser entièrement avant que la pandémie se dissipe.

La croissance des échanges devrait ensuite ralentir à 4,0% en 2022, et les effets de la pandémie continueront de se faire sentir, car ce rythme d'expansion ne permettra pas le retour à la situation d'avant la pandémie (graphique 1).

Les perspectives relativement positives à court terme du commerce mondial sont assombries par des disparités régionales, par un commerce des services qui reste faible et par des calendriers de vaccination qui prennent du retard, notamment dans les pays pauvres. La COVID‑19 continue de représenter la plus grave menace pour les perspectives commerciales, car toute reprise espérée pourrait être facilement compromise par de nouvelles vagues d'infection.

“La vigoureuse reprise du commerce mondial depuis le milieu de l'an dernier a contribué à amortir le choc de la pandémie pour les individus, les entreprises et les économies, a déclaré la Directrice générale de l'OMC, Ngozi Okonjo‑Iweala. Il sera essentiel de maintenir ouverts les marchés internationaux pour permettre aux économies de se redresser après cette crise, et la mise en œuvre rapide, mondiale et équitable d'un vaccin est un préalable à la relance forte et soutenue dans nous avons tous besoin.

La montée en charge de la production de vaccins permettra aux entreprises et aux écoles de rouvrir plus rapidement et aidera les économies à se rétablir. Mais tant qu'un grand nombre de personnes et de pays seront exclus d'un accès suffisant aux vaccins, la croissance sera inhibée et cela risquera d'inverser la reprise mondiale aux niveaux sanitaire et économique.”

La Directrice générale a ajouté que le commerce au travers des chaînes de valeur avait aidé les pays à accéder aux denrées alimentaires et aux fournitures médicales essentielles pendant la crise.

“La fabrication des vaccins exige des intrants provenant de nombreux pays, a‑t‑elle dit. L'un des principaux vaccins contre la COVID-19 comprend 280 composants provenant de 19 pays. Il a été plus difficile d'accélérer la production en raison des restrictions commerciales. L'OMC a contribué au maintien des flux commerciaux durant la crise. À présent, la communauté internationale doit exploiter la puissance du commerce pour élargir l'accès aux vaccins qui sauvent des vies.”

Graphique 1 — Volume du commerce mondial des marchandises, 2015T1‑2022T4
Indices, 2015 = 100

Sources: OMC et CNUCED pour les données sur le volume des échanges; OMC pour les prévisions.

Les risques à court terme qui pèsent sur les prévisions penchent fermement vers la dégradation et sont centrés sur des facteurs liés à la pandémie, par exemple une production et une distribution insuffisantes de vaccins ou l'émergence de nouvelles souches de COVID‑19 résistantes aux vaccins. À moyen et long termes, la dette publique et les déficits pourraient aussi peser sur la croissance économique et le commerce, notamment dans les pays en développement très endettés.

Les prévisions illustrées sur le graphique 1 montrent deux scénarios différents pour le commerce. Dans le scénario optimiste, la production et la diffusion de vaccins s'accélèrent, ce qui permet d'alléger plus rapidement les mesures de restriction. Cela pourrait ajouter environ 1 point de pourcentage à la croissance du PIB mondial et environ 2,5 points à la croissance du commerce mondial des marchandises en volume en 2021. Le commerce retrouverait la tendance antérieure à la pandémie d'ici au quatrième trimestre de 2021. Dans le scénario pessimiste, la production de vaccins ne permet pas de faire face à la demande, et/ou de nouveaux variants du virus apparaissent contre lesquels les vaccins sont moins efficaces. La croissance du PIB mondial pourrait alors perdre 1 point de pourcentage en 2021 et la croissance du commerce près de 2 points.

Pour l'ensemble de 2020, le commerce des marchandises a reculé de 5,3% (tableau 1). Ce recul est inférieur à la baisse de 9,2% mentionnée dans les prévisions antérieures de l'OMC, qui datent d'octobre 2020. Les résultats économiques meilleurs que prévu vers la fin de l'année peuvent s'expliquer en partie par l'annonce faite en novembre de nouveaux vaccins contre la COVID‑19, qui a contribué à améliorer la confiance des entreprises et des consommateurs. L'encadré 1 ci‑après examine de manière plus approfondie les raisons de l'amélioration des prévisions.

Le volume du commerce mondial des marchandises a chuté de 15,0% en glissement annuel au deuxième trimestre de 2020 (contre -17,3% prévus en octobre), alors que des confinements et des restrictions en matière de voyages étaient imposés dans le monde entier pour limiter la propagation de la COVID‑19. Les confinements ont été allégés au second semestre en raison de la baisse des taux d'infection, de sorte que les expéditions de marchandises se sont redressées presque jusqu'à leur niveau de 2019 au quatrième trimestre.

La croissance plus rapide des échanges et de la production au second semestre de 2020 a été favorisée par des interventions gouvernementales de grande ampleur, y compris d'importantes mesures de relance budgétaire aux États‑Unis. Ces mesures ont dopé les revenus des ménages et soutenu le maintien des dépenses consacrées à l'achat de tous les biens, y compris les importations. En outre, bon nombre d'entreprises et de ménages se sont adaptés à l'évolution des circonstances en trouvant des moyens novateurs de soutenir l'activité économique face aux restrictions sanitaires touchant la mobilité. La gestion efficace de la pandémie a limité l'ampleur de la récession économique en Chine et dans d'autres économies asiatiques, ce qui leur a permis de continuer à importer. Ces actions ont aidé à soutenir la demande mondiale et ont peut‑être empêché une baisse plus marquée des échanges.

En 2020, le commerce en dollars EU nominaux a enregistré une baisse encore plus forte que le commerce en volume. La valeur des exportations mondiales de marchandises a reculé de 8% par rapport à l'année précédente, tandis que les recettes au titre des services commerciaux ont chuté de 20%. Le commerce des services a été particulièrement affecté par les restrictions visant les voyages internationaux, qui ont empêché la fourniture des services exigeant une présence physique ou une interaction en face à face.

En 2020, l'impact de la pandémie sur le commerce des marchandises en volume a varié selon les régions, la plupart d'entre elles enregistrant un fort ralentissement de leurs exportations et de leurs importations (tableau 1). La seule exception a été l'Asie, avec des volumes d'exportation en hausse de 0,3% et des volumes d'importation en baisse de seulement 1,3%. Les plus fortes diminutions des importations ont été enregistrées dans les régions riches en ressources naturelles, parmi lesquelles l'Afrique (-8,8%), l'Amérique du Sud (-9,3%) et le Moyen‑Orient (-11,3%), en raison sans doute de la baisse des recettes d'exportation liée à la chute des prix du pétrole, qui a avoisiné 35%. Par rapport aux autres régions, la baisse des importations nord‑américaines a été relativement modeste (-6,1%).

En 2021, la demande de biens échangés sera dominée par l'Amérique du Nord (11,4%) grâce aux fortes mesures de relance budgétaire aux États‑Unis, qui devraient aussi stimuler d'autres économies par le biais du commerce. L'Europe et l'Amérique du Sud connaîtront toutes deux une croissance des importations d'environ 8%, tandis que la hausse sera plus faible dans les autres régions.

Une grande partie de la demande mondiale d'importations sera satisfaite par l'Asie, dont les exportations devraient progresser de 8,4% en 2021. Les exportations européennes augmenteront presque autant (8,3%), tandis que les expéditions de l'Amérique du Nord enregistreront une hausse plus faible (7,7%). Les solides prévisions de croissance des exportations en Afrique (8,1%) et au Moyen‑Orient (12,4%) dépendent de la reprise des dépenses de voyages au cours de l'année, qui renforcerait la demande de pétrole. Entre‑temps, l'Amérique du Sud connaîtra une croissance plus faible de ses exportations (3,2%), de même que la Communauté d'États indépendants (CEI), y compris certains membres associés et anciens membres (4,4%).

Encadré 1: les raisons pour lesquelles le commerce et la production ont moins baissé qu'on ne le craignait au début de la pandémie

En avril 2020, lorsque plus de la moitié de la population du globe était confinée, la brusque incertitude relative à la pandémie a conduit l'OMC à explorer, dans ses prévisions commerciales, deux scénarios distincts concernant l'impact de la COVID‑19 sur le commerce mondial: 1) un scénario relativement optimiste, avec une chute brutale suivie d'une reprise à partir du second semestre de 2020, et 2) un scénario plus pessimiste avec un recul initial plus marqué et une reprise plus lente. Il est rapidement apparu que le scénario optimiste était celui qui se concrétisait, comme l'OMC l'a annoncé en juin 2020. Pourtant, même ce scénario exagérait l'ampleur de la baisse: l'estimation initiale de ‑12,9% faite en avril a été révisée à la hausse pour s'établir à ‑9,2% en octobre. Finalement, la baisse a été de ‑5,3%. De même, la projection du FMI concernant le PIB mondial aux taux de change du marché en 2020 a été ramenée de ‑6,1% en juin dernier à ‑4,7% en octobre, puis finalement  à ‑3,8% en janvier 2021.

Qu'est‑ce qui explique les contractions plus faibles que prévu de la croissance et du commerce?

Le principal facteur a probablement été les politiques monétaires et budgétaires vigoureuses mises en œuvre par de nombreux gouvernements. Ces politiques, d'une échelle et d'une couverture géographique bien supérieures aux mesures prises pour répondre à la crise financière mondiale de 2008‑2009, ont aidé à prévenir une baisse plus forte de la demande mondiale, qui aurait encore réduit les échanges. La politique budgétaire en particulier a dopé les revenus des particuliers dans les économies avancées, permettant à certains ménages de maintenir des niveaux de consommation assez élevés et soutenant les exportations plus que cela n'aurait été le cas sans cela.

Les confinements et les restrictions en matière de voyages ont amené les consommateurs à modifier leurs dépenses, délaissant les services qui ne font pas l'objet d'échanges internationaux au profit des marchandises. L'innovation et l'adaptation dont ont fait preuve les entreprises et les ménages ont empêché un recul plus grave de l'activité économique. Les chaînes d'approvisionnement des produits manufacturés ont pu recommencer à fonctionner, et de nombreuses personnes sont passées au télétravail, ce qui a créé des revenus et de la demande. Enfin, la modération des Membres de l'OMC en matière de politique commerciale a empêché que le commerce mondial ne soit étouffé par le protectionnisme. Comme l'a expliqué l'OMC dans son suivi, de nombreuses mesures commerciales restrictives imposées au début de la pandémie ont été levées et de nouvelles mesures de libéralisation ont été mises en place. Malgré des difficultés persistantes, notamment au sujet du commerce des vaccins, le système commercial multilatéral a permis le maintien des flux commerciaux et empêché une aggravation des résultats, car les Membres étaient limités par leurs engagements et leur intérêt économique propre. Comme lors de la crise financière mondiale, les fondements du système se sont révélés sains.

Tableau 1: Volume du commerce des marchandises et PIB réel, 2017‑2022a
Variation annuelle en %

2017

2018

2019

2020

2021P

2022P

Volume du commerce mondial des marchandisesb

4,9

3,2

0,2

‑5,3

8,0

4,0

Exportations

Amérique du Nord

3,4

3,8

0,3

‑8,5

7,7

5,1

Amérique du Sudc

2,3

0,0

‑2,2

‑4,5

3,2

2,7

Europe

4,1

1,9

0,6

‑8,0

8,3

3,9

CEId

3,9

4,1

‑0,3

‑3,9

4,4

1,9

Afrique

4,7

2,7

‑0,5

‑8,1

8,1

3,0

Moyen‑Orient

‑2,1

4,7

‑2,5

‑8,2

12,4

5,0

Asie

6,7

3,8

0,8

0,3

8,4

3,5

Importations

Amérique du Nord

4,4

5,1

‑0,6

‑6,1

11,4

4,9

Amérique du Sudc

4,5

5,4

‑2,6

‑9,3

8,1

3,7

Europe

3,9

1,9

0,3

‑7,6

8,4

3,7

CEId

14,0

4,1

8,5

‑4,7

5,7

2,7

Afrique

‑1,7

5,4

2,6

‑8,8

5,5

4,0

Moyen‑Orient

1,1

‑4,1

0,8

‑11,3

7,2

4,5

Asie

8,4

5,0

‑0,5

‑1,3

5,7

4,4

PIB mondial aux taux de change du marché

3,3

3,0

2,4

‑3,8

5,1

3,8

Amérique du Nord

2,3

2,8

1,9

‑4,1

5,9

3,8

Amérique du Sudc

0,8

0,2

‑0,7

‑7,8

3,8

3,0

Europe

2,8

2,0

1,5

‑7,1

3,7

3,6

CEId

2,3

2,9

2,1

‑0,5

1,0

1,2

Afrique

3,1

3,1

2,9

‑2,9

2,6

3,8

Moyen‑Orient

0,7

0,5

0,1

‑6,0

2,4

3,5

Asie

5,1

4,6

4,1

‑1,1

6,1

4,1

a             Les chiffres pour 2021 et 2022 sont des projections.
b             Moyennes des exportations et des importations.
c             Amérique du Sud et centrale et Caraïbes.
d             Communauté d'États indépendants (CEI), y compris certains États associés et anciens États membres.
Source: OMC pour le commerce; estimations consensuelles pour le PIB.

Détails sur les statistiques commerciales

Les graphiques présentés dans cette section illustrent plus en détail les statistiques commerciales annuelles et trimestrielles de l'OMC et mettent en relief certains indicateurs notables liés au commerce.

Le graphique 2 ci‑après montre les indices trimestriels des exportations et importations de marchandises en volume par région pour la période 2015‑2020, plus les projections pour 2021 et 2022. Au deuxième trimestre de 2020, l'Amérique du Nord et l'Europe ont enregistré de fortes baisses de leurs volumes d'exportations en glissement annuel, à savoir 25,8% et 20,4% respectivement. Au quatrième trimestre, ces régions avaient récupéré une grande partie du terrain perdu, avec des baisses respectives d'à peine 3,0% et 2,4% en glissement annuel. Les exportations du Moyen‑Orient ont également accusé une chute brutale au deuxième trimestre en raison du fort ralentissement de la consommation pétrolière dans le monde consécutif aux restrictions touchant les voyages internationaux et intérieurs.

Les exportations de l'Asie ont affiché une baisse beaucoup plus faible de 7,2% au deuxième trimestre, tandis qu'au quatrième trimestre elles étaient en hausse de 7,7% par rapport à l'année précédente. Ce redressement rapide peut s'expliquer par l'incidence relativement faible de la COVID‑19 sur certaines économies asiatiques et par le fait que la région a fourni au monde des biens de consommation et des fournitures médicales durant la pandémie, ce qui a entraîné une hausse de ses exportations totales.

Pendant les périodes de prévision, on constate une divergence entre les régions ayant des taux de croissance du commerce plus rapides et plus faibles. Du côté des importations, l'Afrique, l'Amérique du Sud et le Moyen‑Orient continueront de voir stagner leur commerce de marchandises, tandis que les autres régions connaîtront une progression. Du côté des exportations, la plupart des régions n'enregistreront que des gains modestes, tandis que l'Asie continuera à fournir de grandes quantités de marchandises aux marchés mondiaux.

Graphique 2: Exportations et importations de marchandises par région, 2015T1‑2022T4
Indice de volume, 2015 = 100

a             Amérique du Sud et centrale et Caraïbes.
b             Communauté d'États indépendants, y compris certains États associés et anciens États membres.
Source: OMC et CNUCED.

Le graphique 3 illustre l'évolution trimestrielle du commerce des marchandises en dollars EU courants pour l'année 2020. Il montre que la valeur du commerce mondial des produits manufacturés était en hausse de 6% au quatrième trimestre de 2020 par rapport à la même période de l'année précédente. Ce redressement peut être attribué à la reprise d'activité des usines dans le respect des mesures de sécurité requises pour protéger les travailleurs contre la COVID‑19. Le commerce des produits agricoles a enregistré une hausse similaire au cours de la même période. En revanche, la valeur du commerce des combustibles et des produits miniers affichait encore une baisse de 19% au quatrième trimestre. La valeur globale du commerce des marchandises était légèrement supérieure à celle de l'année précédente (2%), mais cette hausse est peut‑être exagérée, car le commerce mondial avait déjà commencé à ralentir au quatrième trimestre de 2019, avant la pandémie.

Graphique 3: Croissance en glissement annuel du commerce mondial des marchandises, 2020T1‑2020T4
Variation en pourcentage des valeurs en dollars EU

Source: Estimations de l'OMC.

La plupart des catégories de produits manufacturés ont enregistré des gains importants au second semestre de 2020, comme le montre le graphique 4, qui illustre la croissance mensuelle et trimestrielle en glissement annuel de la valeur en dollars EU du commerce mondial par secteur. Le commerce mondial des produits sidérurgiques était en baisse de 17% au troisième trimestre, mais cette baisse a été ramenée à 2% au quatrième trimestre. Le commerce des produits sidérurgiques est révélateur des conditions économiques plus larges, car ces produits sont très utilisés dans la construction automobile et le bâtiment, deux secteurs durement touchés par la pandémie.

La croissance vigoureuse du commerce des textiles aux troisième et quatrième trimestres est probablement due à une forte demande de masques faciaux, qui figurent dans cette catégorie. Les produits électroniques, y compris les ordinateurs, ont également enregistré une hausse régulière avec 12% au second semestre de 2020, en raison de la forte demande des ménages et des entreprises qui ont mis à niveau leur matériel pour faciliter le télétravail.

Le graphique 5 montre l'évolution en glissement annuel du commerce mondial des services commerciaux par grande catégorie. Pour l'ensemble de 2020, les services relatifs aux voyages et les services de transport ont affiché des baisses respectives de 63% et 19%. Entre‑temps, la catégorie des autres services commerciaux (incluant les services financiers et les services informatiques) a bien résisté, avec un tassement de seulement 2%. Enfin, les services liés aux marchandises se sont contractés de 13%. Les services de transport et les services relatifs aux voyages ont directement souffert des restrictions destinées à limiter la propagation de la COVID‑19, dont beaucoup restent en place ou ont été renforcées pour faire face à la résurgence de la maladie.

Les statistiques trimestrielles et annuelles détaillées du commerce des marchandises et des services commerciaux peuvent être téléchargées sur le portail en ligne de l'OMC à l'adresse data.wto.org. Un supplément statistique indiquant le classement et la part de chaque pays dans le commerce mondial peut être téléchargé ici.

Graphique 4: Croissance en glissement annuel du commerce mondial des produits manufacturés, 2020T3-2020T4
Variation en pourcentage des valeurs en dollars EU

Source: Estimations de l'OMC.

Graphique 5: Croissance en glissement annuel du commerce mondial des services commerciaux, 2020T1‑2020T4
Variation en pourcentage des valeurs en dollars EU

Source: Estimations OMC-CNUCED-ITC.

Indicateurs à haute fréquence du commerce

L'OMC a suivi les indicateurs à haute fréquence liés au commerce durant la pandémie pour mieux comprendre les tendances actuelles du commerce des marchandises et des services commerciaux. Une sélection de ces indicateurs est présentée ci‑après afin d'offrir un contexte supplémentaire aux prévisions et aux statistiques commerciales. L'OMC a cherché à améliorer les projections de modélisation du commerce par pays et par série chronologique en incluant des indicateurs à haute fréquence disponibles tels que le trafic des ports à conteneurs, les indicateurs de production et les mesures du risque financier, en même temps que des données à basse fréquence du commerce et du PIB, au moyen de techniques d'échantillonnage de données mixtes (MIDAS) (voir l'encadré 2).

Le graphique 6 montre le nombre quotidien de vols internationaux et d'escales des porte‑conteneurs, ainsi que les prix des contrats à terme pour le cuivre jusqu'au 1er mars 2021, selon la disponibilité des données.

Le nombre de vols internationaux quotidiens a chuté d'environ 80% au premier trimestre de 2020 en raison de la fermeture des frontières destinée à réduire la propagation de la COVID‑19. Il s'est progressivement redressé avec la baisse du nombre de cas et la reprise limitée des voyages. Il a augmenté à la fin de 2020 grâce aux personnes qui ont voyagé pour retrouver des amis ou des membres de leur famille à l'occasion des vacances saisonnières, mais la résurgence du virus a de nouveau entraîné un recul en 2021. Les vols internationaux sont étroitement liés aux services relatifs aux voyages, mais aussi aux services de transport et au commerce des marchandises, car les avions de passagers transportent souvent du fret.

Contrairement aux vols internationaux, le transport maritime est resté plus stable durant la pandémie. Le nombre d'escales a fléchi en février et en avril de l'an dernier ainsi qu'en janvier de cette année, en même temps que les pics d'infection. La baisse récente est préoccupante, car les pays sont de plus en plus dépendants du commerce international pour se procurer des biens de première nécessité tels que la nourriture et les médicaments.

Les prix quotidiens des contrats à terme pour le cuivre ont enregistré une forte contraction en mars 2020 avec la diffusion des nouvelles concernant la pandémie, mais ils se sont ensuite redressés parallèlement à l'amélioration des perspectives économiques. Le cuivre entre dans la fabrication de produits électroniques, dont la demande a été forte du fait que les particuliers et les entreprises ont investi dans la technologie pour permettre le télétravail. La hausse constatée en novembre de l'an dernier est probablement due aux attentes d'accélération de la croissance économique après l'annonce des nouveaux vaccins contre la COVID‑19. Celle constatée récemment en 2021 correspond peut‑être aux attentes d'accélération suscitées par les mesures de relance aux États‑Unis et ailleurs.

Graphique 6: Vols commerciaux internationaux, escales portuaires et contrats à terme pour le cuivre, 1er janvier 2020‑1er mars 2021
Indices, dollars EU par livre

Source: Vols commerciaux internationaux: OpenSky Network; escales portuaires: Cerdeiro, Komaromi, Liu and Saeed (2020), disponible sur UN Comtrade Monitor; contrats à court terme pour le cuivre au COMEX: Chicago Mercantile Exchange (CME).

Enfin, le graphique 7 montre le volume quotidien et la tonalité des informations diffusées dans les médias contenant l'expression “activité économique”, telles que recensées par le GDELT Project Summary Service. Au plus fort de la pandémie, les informations diffusées par les médias ont augmenté et la tonalité moyenne des articles était principalement négative. Avec la progression de la pandémie ces derniers mois, le nombre d'articles a baissé, mais il est resté supérieur aux niveaux d'avant la pandémie. La tonalité est devenue plus positive avec l'annonce des vaccins en novembre. La stabilisation de la tonalité et le niveau le plus bas en matière d'intensité constatés récemment pourraient être liés à la résurgence de la pandémie.

Graphique 7: Couverture médiatique de l'activité économique, 1er janvier 2020‑15 mars 2021
(% et indice

Source: The GDELT Project Summary Service.

ENCADRÉ 2: PRÉVISIONS COMMERCIALES DANS CERTAINES ÉCONOMIES AU MOYEN DE L'ÉCHANTILLONNAGE DE DONNÉES MIXTES

Pour la prévision actuelle, l'OMC a utilisé une technique relativement nouvelle appelée échantillonnage de données mixtes (MIDAS) en vue d'affiner les prévisions d'importation pour le Brésil, la Chine et les États‑Unis. Cette technique permet d'utiliser des données à plus haute fréquence (par exemple mensuelles ou quotidiennes) en même temps que des données à fréquence plus basse (par exemple trimestrielles ou annuelles) sans avoir à faire la moyenne des valeurs à haute fréquence. Cela évite de perdre des informations dans les modèles de prévision classiques, qui sont limités à l'utilisation de variables de même fréquence. Par exemple, les modèles classiques utilisent la moyenne des commandes mensuelles à l'exportation sur chaque trimestre pour prévoir le commerce trimestriel des marchandises. La technique du MIDAS permet de se passer de cette moyenne en offrant aux analystes la possibilité d'exploiter toutes les informations disponibles sur la dynamique des données à plus haute fréquence. Pour le Brésil, les estimations du MIDAS se sont appuyées sur l'indice obligataire des marchés émergents plus (EMBI+) (communiqué chaque jour) comme variable à haute fréquence, ce qui a permis d'inclure des informations jusqu'à la première semaine de mars de l'année en cours. L'EMBI+ a été choisi parce que les données montrent que les conditions de crédit et de financement sont un indicateur avancé du commerce. Les données mensuelles sur le trafic d'entrée de conteneurs chargés dans le port de Hong Kong ont été utilisées comme indicateur à haute fréquence pour la Chine, tandis que le trafic mensuel d'entrée de conteneurs chargés dans les ports de Long Beach et de Los Angeles a été utilisé pour les États‑Unis. Ces estimations ont amélioré la dynamique à court terme des prévisions et ont eu un impact faible mais appréciable aux niveaux régional et mondial. Dans les trois cas, le PIB et les volumes d'importation de marchandises ont été utilisés comme variables à basse fréquence. Le MIDAS est un complément utile aux techniques de prévision traditionnelles. Son utilisation plus large ainsi que celle d'autres techniques inédites pourraient aider à continuer de perfectionner les prévisions commerciales de l'OMC.

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