ALLOCUTIONS — DG NGOZI OKONJO-IWEALA
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Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Je suis ravie de participer à cette réunion visant à soutenir les accessions de l'Éthiopie et de l'Ouzbékistan à l'OMC. Je suis également très heureuse d'avoir à mes côtés les négociateurs en chef et les représentants de l'Éthiopie et de l'Ouzbékistan ainsi que nos partenaires de développement. Je tiens notamment à remercier la Vice-Présidente de la Banque mondiale pour l'Europe et l'Asie centrale, Mme Antonella Bassani et le Vice-Président par intérim de la Banque mondiale pour l'Afrique de l'Est, M. Amit Dar, ainsi que le Directeur adjoint du Département de la stratégie, des politiques et de l'évaluation du FMI, M. Ken Kang, pour leur présence aujourd'hui.
L'Éthiopie et l'Ouzbékistan négocient leur accession depuis plusieurs années et ont fait d'importants progrès en vue de leur objectif d'accession à l'OMC d'ici à 2026. Les deux économies présentent un certain nombre de points communs. Ce sont les deux pays les plus peuplés de leur région respective, et ont notamment une population jeune nombreuse qui entrera sur le marché du travail. Ils ont hérité d'une forte présence étatique qu'ils réduisent progressivement au moyen de réformes économiques et législatives fondées sur le marché. Ils sont aussi très habilement dirigés par d'excellentes équipes de négociation qui ont permis de faire rapidement avancer les négociations en vue de l'accession, et je remercie leurs négociateurs en chef dont je salue la présence aujourd'hui.
Mener à bien le long et souvent complexe processus d'accession à l'OMC nécessite une volonté politique forte, une équipe de négociation solide sur le plan technique et cohérente, dirigée par un négociateur en chef compétent, et le soutien des partenaires de développement, aussi bien bilatéraux que multilatéraux. Dans le cas de l'Éthiopie et de l'Ouzbékistan, je pense que tous ces éléments sont réunis.
Dans tout processus de réforme, une volonté politique forte est essentielle. Les réformes économiques de l'Éthiopie sont en cours depuis 2018, sous la direction du Premier Ministre Abiy Ahmed Ali, dans le cadre du “Programme national de réforme économique”, qui vise à promouvoir la transformation structurelle et une croissance tirée par le secteur privé. Les mesures courageuses prises ces dernières années, y compris les réformes du régime de change, la libéralisation des services essentiels et la réduction des restrictions à l'investissement étranger direct, ont été très bénéfiques pour l'Éthiopie entraînant une forte croissance économique, qui s'établit à 6% en moyenne depuis 2022. Les réformes ont également créé un environnement favorable qui permettra à l'Éthiopie de bénéficier de son adhésion à la ZLECAf (qu'elle a ratifiée en 2019) une fois qu'elle démarrera les échanges au titre des dispositions de cet accord. L'accession à l'OMC consolidera encore ces réformes et fournira par ailleurs une structure d'appui qui permettra de soutenir les réformes économiques et la croissance. Le gouvernement éthiopien a indiqué sa ferme volonté d'achever le processus d'accession d'ici à la Conférence ministérielle et je me réjouis à la perspective de la finalisation des négociations au cours de l'année 2025.
En Ouzbékistan, le soutien constant du Président Mirziyoyev a favorisé la réforme ces dernières années. Cela s'est notamment traduit par des Décrets présidentiels, en 2024 et 2025, en réponse à des préoccupations des Membres de l'OMC sur la compatibilité avec les règles de l'Organisation, comme la réduction de la prépondérance du secteur public dans l'économie grâce à la suppression des droits exclusifs dans plusieurs secteurs, de l'interdiction d'importer de l'alcool éthylique et des subventions à l'exportation. Plus récemment, un décret présidentiel adopté au mois de mars a remplacé les restrictions à l'exportation par des droits d'exportation pour rendre le régime d'exportation plus prévisible et plus transparent. La poursuite de la réforme législative a visé à mettre la législation nationale en conformité avec les Accords de l'OMC. L'Ouzbékistan est également sur la bonne voie pour conclure en 2025 l'ensemble des 10 négociations bilatérales restantes sur l'accès aux marchés.
Bien que la réforme soit nécessaire et souvent difficile en vue d'assurer la compatibilité avec les règles de l'OMC, les gouvernements accédants se heurtent aussi à des difficultés considérables pour renforcer les capacités institutionnelles et mettre leurs fonctionnaires à niveau dans des domaines tels que les mesures correctives commerciales, les règlements techniques et les mesures SPS. Je remercie nos partenaires de développement, tant les Membres que les organismes multilatéraux, pour les efforts constants qu'ils ont déployés afin de progresser et d'apporter leurs compétences au moment et à l'endroit requis. Votre assistance a été précieuse et le restera pour aider les deux pays à relever les défis liés à leur accession et à la période suivant celle-ci.
Excellences, il y a quelques semaines, l'OMC a célébré son 30ème anniversaire et a rassemblé à cette occasion d'éminentes personnalités pour réfléchir à nos réalisations et à la voie à suivre. L'orateur principal, l'ancien Premier Ministre du Portugal et Président de la CE, José Manuel Barroso, a noté que, même si nous traversons beaucoup de turbulences, l'OMC est probablement encore plus nécessaire aujourd'hui qu'elle ne l'était en 1995. Le fait que de grandes économies telles que l'Éthiopie et l'Ouzbékistan souhaitent accéder à l'OMC témoigne en effet de l'importance que continue de revêtir le système commercial multilatéral ainsi que de la stabilité et de la transparence qu'il offre. Le facteur temps est déterminant si nous voulons répondre à leurs objectifs en matière d'accession. J'espère vivement que les efforts que l'Éthiopie et l'Ouzbékistan déploient pour devenir Membres aboutiront très prochainement.
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