ALLOCUTIONS — DG ROBERTO AZEVÊDO

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Observations du Directeur général, M. Azevêdo

Bonjour à tous.

Bienvenue au lancement du Rapport sur le commerce mondial de cette année, notre publication phare. C'est un très grand plaisir de vous accueillir ici aujourd'hui.

Le Forum public est un événement consacré à l'échange des idées, au partage des connaissances et à la découverte de nouvelles perspectives, ce qui en fait une plate-forme idéale pour la présentation de cette publication.

Chaque année, notre Rapport sur le commerce mondial cherche à porter un éclairage sur l'évolution du commerce mondial en mettant en évidence une question clé dans ce domaine et en l'analysant en détail. L'objectif est d'inspirer nos débats et nos délibérations, à Genève et ailleurs.

Le Rapport de cette année est consacré à l'avenir du commerce des services, à ses évolutions depuis la création de l'OMC en 1995, à ses implications économiques et à la manière dont il continuera probablement d'évoluer au cours des années à venir.

Le Rapport examine la façon dont les pays coopèrent dans les domaines du commerce des services et de la politique commerciale et envisage les perspectives de coopération future.

Je tiens à remercier les coordonnatrices du Rapport de cette année, Antonia Carzaniga, Emmanuelle Ganne et Stela Rubinova. Je voudrais également remercier nos collègues de la Division de la recherche économique et des statistiques et de la Division du commerce des services et de l'investissement pour leur précieuse contribution. Vous avez tous fait un travail remarquable.

Qu'il s'agisse de la logistique, de la finance ou de l'informatique, les services sont devenus le pilier de nos économies. Ils représentent plus des deux tiers de la production économique, plus des deux tiers des emplois dans les pays en développement, et quatre emplois sur cinq dans les pays développés.

Mais les services jouent aussi un rôle de plus en plus important dans le commerce international. Les chaînes de valeur mondiales pour les marchandises, par exemple, ne pourraient pas fonctionner sans des services de logistique et de communication. Et grâce à la numérisation, des services qui devaient autrefois être fournis en présentiel, tels que l'éducation, peuvent maintenant être fournis à distance.

Et pourtant les services sont souvent négligés dans les discussions sur le commerce mondial, et l'étendue de leur contribution au commerce mondial n'est pas toujours appréciée à sa juste valeur.

Ce rapport tente d'y remédier.

Dans un instant, Emmanuelle vous présentera les principales conclusions du Rapport.

Mais laissez-moi vous donner un aperçu des éléments retenus pour illustrer l'importance du commerce des services.

Le commerce des services a progressé en moyenne de 5,4% par an depuis 2005, soit plus rapidement que le commerce des marchandises, qui a progressé en moyenne de 4,6% par an.

Dans bien des pays développés, les services représentent la majeure partie des échanges.

Ils représentent une part croissante du commerce dans de nombreuses économies en développement, y compris dans les pays les moins avancés. La part des pays en développement dans le commerce mondial des services a augmenté de plus de 10% depuis 2005 ‒ avec cependant des différences entre les pays.

Le Rapport contient de nouvelles données sur le commerce qui reflètent des modes de fourniture de services absents des statistiques traditionnelles. Il s'agit en particulier de ce qu'on désigne, dans le jargon de l'OMC, comme le "mode 3", à savoir des services fournis par une entreprise qui a une présence commerciale, comme un bureau ou une filiale, dans un pays étranger. Une fois pris en compte les services fournis par l'intermédiaire d'une présence commerciale, on obtient une valeur de 13 300 milliards de dollars EU pour le commerce des services en 2017. La part des services dans le commerce mondial serait donc supérieure de 20 points de pourcentage au chiffre donné par les estimations traditionnelles.

L'importance des services pour le commerce mondial ne fait donc aucun doute.

Les services sont aussi importants pour le bien-être et l'inclusion sociale.

Il ressort en effet du Rapport que le commerce des services permet pour la société des progrès significatifs en matière de bien-être, grâce à une répartition plus efficace des ressources, à des économies d'échelle plus importantes et à une plus grande diversité des services disponibles. Le commerce des services joue un rôle essentiel dans l'amélioration de la compétitivité des entreprises, tant dans le secteur des services que dans le secteur manufacturier.

Les services sont aussi importants pour les travailleurs, en particulier pour les femmes, car ils jouent un grand rôle dans l'emploi féminin. Les exportations de services génèrent de nombreux emplois dans le monde entier. De plus, étant donné les coûts fixes de production plus faibles, les services ‒ et le commerce des services ‒ sont un domaine dans lequel les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) bénéficient de conditions plus équitables.

Mais un grand potentiel demeure encore inexploité. Les coûts du commerce sont pratiquement deux fois plus élevés pour le commerce des services que pour celui des marchandises. Les obstacles liés à la politique commerciale sont en partie responsables de ces coûts, bien entendu, malgré des années de vastes réformes, souvent menées unilatéralement, visant à ouvrir les marchés de services.

Alors, à quoi pouvons-nous nous attendre pour les années à venir? Et comment ce potentiel peut-il être exploité?

Le commerce des services change très rapidement. Les technologies numériques font baisser les coûts et permettent la fourniture à distance de services de plus en plus nombreux. En parallèle, les évolutions démographiques, l'augmentation des revenus par habitant et le changement climatique entraînent une demande croissante de services, parmi lesquels les services de santé, les services d'éducation et les services environnementaux.

Mais, pour continuer à développer le commerce des services, nous aurons besoin d'institutions et d'une réglementation de grande qualité dans les pays importateurs. Des réformes reposant sur la coopération internationale pourraient aider à réduire les obstacles au commerce mondial des services.

En conclusion, les services sont un pan essentiel du commerce international. Le commerce des services peut créer des gains significatifs de bien-être pour la société et favoriser l'inclusion. Mais des mesures de politique générale seront nécessaires pour exploiter ces possibilités ‒ cela ne se fera pas spontanément. Ces mesures devront être prises aux niveaux national et international, et les services devront devenir un élément central de la politique commerciale; c'est ce à quoi nous devrions tous aspirer.

J'espère que ce rapport contribuera à alimenter et à faire progresser les débats à ce sujet. Dans le même esprit, nous avons récemment lancé un Baromètre du commerce des services ‒ un indicateur de l'évolution du commerce mondial des services, qui sera publié deux fois par an.

Il y a beaucoup à dire ‒ et beaucoup à faire. Malheureusement, je ne pourrai pas assister au débat de ce matin, mais j'attends avec impatience un compte rendu complet des discussions. Et je sais que nous accueillons aujourd'hui un groupe d'intervenants remarquables pour examiner toutes ces questions.

Je vous remercie tous de votre présence, et je vous encourage tous à lire ce rapport!

Merci.

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