SUIVI DU COMMERCE

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S'exprimant lors du lancement du rapport, la Directrice générale de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, a souligné que la valeur des échanges visés par les 169 nouvelles mesures restrictives pour le commerce mises en place par les Membres de l'OMC au cours des 12 mois précédant la mi-octobre 2024 était estimée à 887,7 milliards d'USD — soit 500 milliards d'USD de plus que la valeur des échanges visés par les restrictions mises en place l'année précédente, qui s'élevait à 337,1 milliards d'USD.

La DG Okonjo-Iweala a salué l'augmentation parallèle des mesures de facilitation des échanges, y compris les réductions tarifaires, les procédures d'importation simplifiées et la suppression des restrictions quantitatives, qui couvraient un montant estimé à 1 440,4 milliards d'USD de marchandises échangées pendant la période considérée — soit également près de 500 milliards d'USD de plus que les 977,2 milliards d'USD couverts par des mesures de facilitation des échanges entre octobre 2022 et octobre 2023. Elle a aussi attiré l'attention sur la tendance positive observée dans le commerce des services, pour lequel le rapport indique que la majorité des 134 mesures relatives aux services mises en place au cours de l'année écoulée étaient des mesures de facilitation des échanges.

La DG Okonjo-Iweala a néanmoins averti que ces mesures restrictives pour le commerce se cumulaient.

“Il n'y a guère de démantèlement significatif des restrictions commerciales existantes. Cela signifie que le nombre de mesures restrictives pour le commerce continue de croître”, a-t-elle déclaré. Mi-octobre 2024, on estimait à 2942 milliards d'USD les échanges visés par l'ensemble des restrictions à l'importation en vigueur, soit 11,8% des importations mondiales. Le chiffre correspondant pour l'année précédente était de 2480 milliards d'USD, soit 9,9% des importations mondiales.

La DG Okonjo-Iweala a prévenu que “les restrictions à l'exportation pren[ai]ent elles aussi de l'importance”. Sur la période à l'examen, les marchandises échangées visées par les mesures de restrictions à l'exportation représentaient 276,7 milliards d'USD, soit 1,1% de la valeur des exportations mondiales de marchandises — bien au-delà des 159,1 milliards d'USD (ou 0,7% des exportations mondiales) concernés par de telles mesures sur la période couverte par le rapport précédent.

Globalement, on estime que l'ensemble cumulé des restrictions à l'exportation depuis 2009 touche 3,2% des exportations mondiales (pour une valeur d'environ 786 milliards d'USD). “Un élément positif important est qu'il ressort du suivi des restrictions à l'exportation sur les produits alimentaires, les aliments pour animaux et les engrais mis en place fin février 2022 que ces mesures ont connu un recul significatif, et ne concernent plus aujourd'hui que des échanges d'une valeur estimée à 11,8 milliards d'USD, contre 29,6 milliards d'USD il y a un an”, a déclaré la DG Okonjo-Iweala.

En ce qui concerne l'ouverture d'enquêtes en matière de mesures correctives commerciales par les Membres de l'OMC, on en a dénombré en moyenne 28,2 par mois pendant la période à l'examen, contre 16,7 pendant la précédente période. Cela met un terme à la diminution du nombre d'ouvertures d'enquêtes observée depuis 2021. La moyenne mensuelle des clôtures d'enquêtes en matière de mesures correctives commerciales au cours de cette période a été de 9,3, soit la moyenne la plus faible enregistrée depuis 2015. Les mesures correctives commerciales, en particulier les mesures antidumping, restent un outil de politique commerciale essentiel pour les Membres de l'OMC et représentent 49,5% des mesures commerciales visant les marchandises.

La DG Okonjo-Iweala a souligné que le commerce avait fait preuve de résilience face aux chocs ces dernières années, mais elle a averti que “l'environnement commercial mondial paraît de plus en plus fragile, incertain et précaire”. La résilience du commerce “semble fragile dans un contexte de tensions géopolitiques et de mesures unilatérales”, alors que le système commercial est régulièrement blâmé pour des déséquilibres commerciaux qui sont largement le produit de forces macroéconomiques nationales à l'œuvre au sein des grandes économies. “Pourtant, le fait est que le commerce demeure un élément important de la réponse aux défis de notre époque, qu'il s'agisse d'accélérer la croissance et la création d'emploi, de garantir la sécurité alimentaire ou de lutter contre les changements climatiques”, a-t-elle déclaré.

“C'est pourquoi nous devons renforcer le système commercial fondé sur des règles — le réformer et le réinventer afin qu'il résiste aux pressions actuelles et continue de produire des résultats pour les populations du monde entier et pour la planète. Cela a toujours été mon message à votre intention, et cette idée était au cœur de ce que j'ai dit aux dirigeants du G20 au Brésil le mois dernier”, a-t-elle dit aux Membres de l'OMC. Le texte complet des observations de la DG est disponible ici.

Le rapport indique aussi qu'au cours de la période à l'examen, plusieurs économies, faisant valoir des considérations de sécurité nationale, ont annoncé et mis en œuvre des mesures commerciales et liées au commerce. D'après les recherches préliminaires effectuées par le Secrétariat de l'OMC, on estime que la valeur globale des échanges visés par ces mesures reste limitée, étant d'environ 79,6 milliards d'USD, soit 0,2% du commerce mondial.

En outre, parmi les nombreuses nouvelles mesures de soutien instituées par des gouvernements, beaucoup étaient liées aux changements climatiques ou étaient des programmes de réduction de l'impact environnemental ou des dispositifs visant à favoriser la transition vers une économie sobre en carbone, plus économe en ressources et durable.

Enfin, d'après le suivi effectué par l'OMC, de plus en plus de données mettent en évidence une fragmentation du commerce liée à des préoccupations géopolitiques. Les échanges ont de plus en plus lieu entre des économies partageant les mêmes idées, une tendance qui s'est accélérée à cause de la guerre en Ukraine. Le rapport indique que dans le même temps, on n'observe pas encore d'évolution plus générale vers la régionalisation ou la relocalisation dans des pays voisins à l'échelle mondiale.

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Fiche d'information sur le suivi du commerce

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