PRESS/800: COMMUNIQUÉ DE PRESSE

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FAITS SAILLANTS

  • D'après les prévisions, le volume du commerce mondial des marchandises augmentera de 3,6% en 2017, dans une fourchette de 3,2% à 3,9%, et la croissance du PIB mondial sera de 2,8% aux taux de change du marché.
  • La croissance plus forte que prévu est emmenée par l'Asie et l'Amérique du Nord, où la demande d'importations reprend après de faibles résultats en 2016.
  • La croissance du commerce devrait ralentir à 3,2% en 2018, dans une fourchette de 1,4% à 4,4%, la croissance du PIB mondial restant stable à 2,8%.
  • Le ratio de la croissance du commerce à la croissance du PIB devrait passer à 1,3 en 2017.
  • Les commandes à l'exportation ont augmenté, ce qui est le signe d'un dynamisme soutenu du commerce au second semestre de 2017.
  • La reprise pourrait être menacée en raison des risques de détérioration, liés notamment aux mesures de politique commerciale, au resserrement de la politique monétaire, aux tensions géopolitiques et aux catastrophes naturelles coûteuses.

L'estimation de la croissance du volume du commerce mondial des marchandises en 2017 est passée à 3,6%. La précédente estimation pour 2017 était de 2,4%, mais avec une fourchette de 1,8% à 3,6%, reflétant le haut niveau d'incertitude sur l'économie et les politiques. La nouvelle estimation se situe dans la partie haute de la fourchette. Une croissance de 3,6% représenterait une nette amélioration par rapport à la faible augmentation de 1,3% enregistrée en 2016. Compte tenu du risque de prévision persistant dû à la grande incertitude quant à l'évolution à court terme de l'économie et des politiques, la fourchette des estimations de croissance du commerce mondial a été ajustée à 3,2%-3,9%. La croissance plus forte en 2017 est attribuée à la reprise des flux commerciaux en Asie du fait de l'augmentation des expéditions intrarégionales et de la reprise de la demande d'importations en Amérique du Nord, qui avait marqué le pas en 2016.

 

"L'amélioration des perspectives du commerce est une bonne nouvelle, mais il subsiste des risques importants qui menacent l'économie mondiale et qui pourraient bien nuire à la reprise du commerce", a indiqué le Directeur général, Roberto Azevêdo. "Parmi ces risques, il y a la possibilité que la rhétorique protectionniste donne lieu à des actions restrictives pour le commerce, la montée inquiétante des tensions géopolitiques mondiales et le coût économique croissant des catastrophes naturelles."

"Bien qu'ils soient difficiles à quantifier, ces risques sont bien réels. Par conséquent, l'optimisme croissant au sujet du commerce devrait être tempéré par une bonne dose de prudence. Néanmoins, le fait que la croissance du commerce est maintenant plus synchronisée entre les régions qu'elle ne l'a été pendant de nombreuses années pourrait faire que l'expansion actuelle se renforce d'elle-même. Ce résultat positif sera plus probable si les pays continuent de résister aux tentations du protectionnisme et de travailler avec leurs partenaires dans le cadre du système multilatéral pour faire en sorte que les bénéfices du commerce soient à la fois importants et largement partagés."

La nouvelle estimation de la croissance du commerce mondial pour 2017 se situe en haut de la fourchette des dernières prévisions commerciales des économistes de l'OMC, datant du 12 avril 2017 (1,8%-3,6%). L'importance de la révision est due en partie à une légère amélioration de la prévision consensuelle de la croissance du PIB mondial (2,8% en 2017 aux taux de change du marché, contre 2,3% en 2016) et en partie à la composition de cette croissance.

Au deuxième trimestre, la croissance du PIB s'est accélérée dans la plupart des grandes économies, notamment en Chine où la croissance en glissement trimestriel est passée de 1,3% au premier trimestre (équivalant à un taux annuel d'environ 5,3%) à 1,7% au deuxième trimestre (environ 7,0% sur une base annuelle). La croissance s'est aussi renforcée aux États-Unis, passant de 1,2% sur une base annuelle au premier trimestre à 3,0% au troisième trimestre, et dans la zone euro (de 2,2% au premier trimestre à 2,6% au deuxième trimestre).

La plus forte croissance, particulièrement en Chine et aux États-Unis, a stimulé la demande d'importations, ce qui a donné une impulsion au commerce intra-asiatique, la demande se transmettant à travers les chaînes d'approvisionnement régionales. Au premier semestre de 2017, la demande chinoise a été stimulée par la vigoureuse croissance de l'industrie (de 6,4% en valeur réelle pour l'année en cours) et par une croissance encore plus forte dans le secteur des services (de 7,7% sur la même période). Les conditions financières en Asie se sont aussi améliorées par rapport au premier trimestre volatil de 2016, ce qui a contribué à la confiance des entreprises et des consommateurs.

Le redressement partiel des prix du pétrole en 2017 semble aussi avoir apporté un soutien à l'investissement aux États-Unis, dont la croissance a ralenti brusquement en 2016 – en particulier dans le secteur de l'énergie – mais qui a repris au premier semestre de cette année. La teneur en importations des investissements étant généralement plus importante que celle des autres composantes du PIB, la reprise des dépenses dans ce secteur devrait avoir une incidence considérable sur la demande d'importations.

Le rythme soutenu de la croissance du commerce en 2017 ne se maintiendra probablement pas l'année prochaine, pour plusieurs raisons. Premièrement, la croissance du commerce en 2018 ne sera pas mesurée par rapport à une année de référence faible, comme c'est le cas cette année. Deuxièmement, la politique monétaire devrait se durcir dans les pays développés du fait que la Réserve fédérale augmente progressivement les taux d'intérêt aux États-Unis et que la Banque centrale européenne envisage de mettre fin à l'assouplissement quantitatif dans la zone euro. Troisièmement, la Chine va probablement mettre un frein à la politique budgétaire expansionniste et à la détente du crédit afin d'éviter la surchauffe de l'économie. Tous ces facteurs devraient contribuer à une modération de la croissance du commerce en 2018, à environ 3,2% (la fourchette de l'estimation allant de 1,4% à 4,4%).

Graphique 1: Exportations et importations de marchandises selon le niveau de développement, 2012T1-2017T1
(Indice de volume, 2012T1 = 100)

Source:   Secrétariat de l'OMC.

Les graphiques 1 et 2 indiquent le volume des exportations et des importations de marchandises corrigé des variations saisonnières selon le niveau de développement et la région géographique. Le commerce mondial a augmenté de 4,2% en glissement annuel au premier semestre de 2017 par rapport à la même période de l'année précédente. Les exportations des économies développées ont augmenté de 3,1% pendant la même période, et celles des économies en développement de 5,9%. Dans le même temps, les importations ont augmenté de 2,1% dans les pays développés et de 6,9% dans les économies en développement au premier semestre de l'année.(1)

Les exportations et les importations ont augmenté au premier semestre de 2017 par rapport à la même période de l'année précédente dans toutes les régions couvertes par les statistiques conjoncturelles du commerce de l'OMC, à l'exception de l'Amérique du Sud où le commerce a généralement stagné. En Amérique du Nord, les exportations et les importations ont augmenté de 4,9% et 3,9% en glissement annuel pendant cette période. Les exportations de l'Amérique du Sud ont diminué de 0,7% tandis que les importations ont augmenté de 1,0%. En Europe, les exportations ont augmenté de 2,6% et les importations de 1,2%. Les exportations de l'Asie ont progressé de 7,3% tandis que les importations de la région ont fait un bond de 8,9%, en grande partie grâce à de fortes augmentations en Chine.

Dans les "autres régions", à savoir l'Afrique, le Moyen-Orient et la région de la CEI, la croissance des exportations a été quasi nulle (0,1%) en volume, principalement parce que la demande de pétrole et d'autres ressources naturelles est généralement très stable. En revanche, les importations de ces régions ont augmenté collectivement de 2,5% grâce à la remontée partielle des prix des produits primaires. Les prix du pétrole ont augmenté de 21,8% en glissement annuel au premier semestre de 2017, ce qui a renforcé les recettes d'exportation des régions productrices de ressources. Toutefois, les prix restent faibles par rapport à leurs niveaux historiques récents, le cours du Brent s'établissant à 53,25 dollars le baril le 11 septembre, ce qui est bien inférieur au cours de 100 dollars le baril enregistré avant juillet 2014.

Graphique 2: Exportations et importations de marchandises par région, 2012T1-2017T1
(Indice de volume, 2012T1 = 100)

Source:   Secrétariat de l'OMC.

Ces données sont conformes à l'Indicateur des perspectives du commerce mondial de l'OMC (WTOI), qui est passé de l'annonce d'une croissance inférieure à la tendance en juillet 2016 à l'annonce d'une croissance supérieure à la tendance en novembre 2016, et qui a continué de se renforcer depuis lors. Le WTOI combine plusieurs indicateurs avancés du commerce en un indicateur composite unique. Ses éléments sont notamment le trafic des ports à conteneurs, le fret aérien, les commandes à l'exportation, les ventes automobiles et le commerce des composants électroniques et des matières premières.

Le tableau 1 résume les prévisions commerciales révisées de l'OMC pour 2017 et 2018. Si ces estimations se vérifient en 2017, les économies en développement devanceront les économies développées en termes de croissance du commerce en volume, à la fois pour les exportations et les importations. Ce sera aussi la première année depuis 2013 où les importations des économies en développement auront augmenté plus rapidement que celles des pays développés.

Il reste à voir si ce rebond marquera la fin du prétendu ralentissement des marchés émergents. En 2017, la solide reprise économique de la Chine a stimulé la demande d'importations et le commerce entre la Chine et ses partenaires commerciaux asiatiques, mais le rythme de la croissance chinoise devrait ralentir progressivement en 2018 et après. Dans le même temps, les autres régions en développement continuent de stagner. La bonne nouvelle est que le Brésil devrait enregistrer une croissance positive de ses importations et de son PIB en 2017, alors que dans l'ensemble de l'Amérique du Sud la croissance du commerce et du PIB restera faible.

La croissance du commerce en 2017 a été révisée à la hausse pour l'Amérique du Nord, à la fois pour les exportations (de 3,2% à 4,2%) et pour les importations (de 3,0% à 4,1%), tandis que les estimations ont été revues à la baisse pour les exportations de l'Europe (de 2,8% à 2,5%) et pour ses importations (de 2,9% à 2,4%). La plus forte révision à la hausse concerne l'Asie, dont les exportations et les importations devraient augmenter de 7,0% et 6,7%, respectivement, en 2017. Les estimations précédentes (2,5% pour les exportations et 3,2% pour les importations) laissaient entrevoir un nouvel affaiblissement de la relation entre le commerce mondial et le PIB, mais il semble que cela était prématuré. Le ratio de la croissance du commerce mondial à la croissance du PIB mondial, appelé "élasticité" du commerce par les économistes, devrait progresser pour atteindre 1.3:1 en 2017 (voir le graphique 3).

Tableau 1: Volume du commerce des marchandises et PIB réel, 2013-2018a
Variation annuelle en %

a) Les chiffres pour 2017 et 2018 sont des projections.
b) Moyenne des exportations et des importations.
c) Comprend la Communauté d'États indépendants (CEI), y compris les anciens États membres et les États membres associés.
d) Les autres régions comprennent l'Afrique, le Moyen-Orient et la Communauté d'États indépendants (CEI).
Source:   Secrétariat de l'OMC pour le commerce, estimations consensuelles pour le PIB.

Une fourchette de valeurs a été établie autour d'estimations centrales pour 2017 et 2018 afin de rendre compte de l'incertitude inhérente aux prévisions commerciales. La croissance du commerce mondial en 2017 pourrait atteindre 3,9% ou tomber à 3,2% quand on disposera de données complètes pour l'année. (Note: Les fourchettes sont basées sur l'estimation centrale majorée ou diminuée de l'écart absolu moyen entre les prévisions historiques et les valeurs effectives, plus un ajustement pour tenir compte des sur-/sous-estimations des années précédentes.)

Graphique 3: Ratio de la croissance du commerce mondial des marchandises en volume à la croissance du PIB réel mondial, 1981-2017
Variation en % et ratio

Source:   Secrétariat de l'OMC pour le commerce, estimations consensuelles pour le PIB.

Les risques pesant sur la prévision sont clairement des risques baissiers. La réorientation prévue de la politique monétaire dans les pays développés pourraient provoquer d'importantes modifications des prix et des taux de change, qui influenceraient fortement la structure des échanges internationaux. La renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et la négociation d'arrangements commerciaux post-Brexit entre le Royaume-Uni et l'Union européenne pourraient également perturber les échanges mondiaux et régionaux. La montée des tensions géopolitiques, surtout en Asie, pourrait avoir des conséquences extrêmement négatives pour l'économie mondiale, qu'il serait difficile d'évaluer à l'avance. Enfin, les catastrophes naturelles, notamment les ouragans aux États-Unis, pourraient avoir un impact considérable mais temporaire sur le commerce à court terme.

À plus long terme, le rééquilibrage de l'économie chinoise qui se réoriente du secteur manufacturier vers les services pourrait peser pendant un certain temps sur la demande mondiale d'importations. Les services, qui créent moins de demande d'importations que le secteur manufacturier, ont vu leur part dans la valeur ajoutée chinoise passer de 43% en 2008 à 54% aujourd'hui. Ce rééquilibrage pourrait causer un ralentissement des importations chinoises, mais ces changements devraient favoriser, à long terme, une croissance plus solide et plus durable.

Les chiffres ci-dessus concernent le commerce des marchandises en volume, mais le commerce en dollars EU courants augmente également en 2017. Le graphique 4 montre les exportations et les importations de marchandises de certaines économies, qui augmentent à des degrés divers. Le commerce des services commerciaux augmente aussi dans la plupart des grandes économies, à l'exception du Royaume-Uni où la valeur en dollars des exportations et des importations a diminué de 5,2% et 6,8%, respectivement. Toutefois, les statistiques commerciales en valeur nominale doivent être interprétées avec prudence car elles sont souvent fortement influencées par les prix et les taux de change.

Graphique 4: Exportations et importations de marchandises de certaines économies, juillet 2014-mars 2017
(Variation en % en glissement annuel, en $ courants)

a) Une moyenne a été calculée pour les mois de janvier et février afin de réduire le plus possible les distorsions dues au nouvel an lunaire.
Source:   Statistiques financières internationales du FMI, base de données GTA des Global Trade Information Services, statistiques nationale.

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Notes

  1. Les statistiques conjoncturelles du commerce peuvent être téléchargées à partir du site Web de l'OMC à l'adresse www.wto.org/statistics. Aux fins du présent communiqué de presse, le groupe des économies en développement comprend la Communauté d'États indépendants (CEI), y compris les anciens États membres et les États membres associés. Retour au texte

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