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CONFÉRENCE
MINISTÉRIELLE DE L'OMC, SEATTLE 1999: SERVICES On attend des Ministres présents à Seattle quils lancent des négociations en vue de libéraliser plus encore le commerce international des services. Les gouvernements ont déjà reçu mandat dengager ces négociations en 2000, comme le prévoit lAccord général de lOMC sur le commerce des services (AGCS). |
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LAGCS est le premier accord jamais conclu pour couvrir, par des règles multilatérales juridiquement contraignantes, le commerce international des services. Il a été négocié lors du Cycle dUruguay. LAGCS se compose de trois éléments: le texte de lAccord, qui énonce les obligations et disciplines générales; des annexes, qui contiennent les règles applicables aux différents secteurs; et des engagements spécifiques pris par les pays en vue dassurer laccès à leurs marchés, avec indication des cas dans lesquels certains pays renoncent provisoirement à lapplication du principe de non-discrimination reposant sur la clause de la nation la plus favorisée. Ces engagements - comme les listes tarifaires concernant le commerce des marchandises - font partie intégrante de lAccord. Il en va de même des retraits temporaires du traitement de la nation la plus favorisée. Obligations et disciplines générales haut de page Champ dapplication LAccord vise tous les services entrant dans le commerce international - par exemple les services bancaires, les télécommunications, le tourisme, les services professionnels, etc. Il définit par ailleurs quatre différents modes de commercialisation des services:
Traitement de la nation la plus favorisée (NPF) Une faveur accordée à lun doit lêtre à tous. Le principe NPF signifie légalité de traitement pour tous les partenaires commerciaux sur un pied dégalité, suivant le principe de la non-discrimination. En vertu de lAGCS, si un pays ouvre un secteur à la concurrence étrangère, il doit accorder des possibilités égales dans ce secteur aux fournisseurs de services de tous les autres Membres de lOMC. (Ce principe sapplique même si le pays na pris aucun engagement spécifique concernant laccès des entreprises étrangères à ses marchés dans le cadre de lOMC.) La clause NPF sapplique à tous les services, mais quelques exemptions temporaires spéciales sont autorisées. Lorsque lAGCS est entré en vigueur, un certain nombre de pays avaient déjà signé avec des partenaires commerciaux des accords préférentiels sur les services, soit au niveau bilatéral, soit dans le cadre de groupes restreints. Les Membres de lOMC ont estimé quil était nécessaire de maintenir ces préférences pendant quelque temps. Ils se sont donné le droit de continuer à accorder un traitement plus favorable à tel ou tel pays pour telle ou telle activité de service en énumérant des exemptions de lobligation NPF parallèlement à leurs engagements initiaux. Pour protéger le principe général NPF, il a été décidé que les exemptions ne pouvaient être adoptées quune seule fois et que rien ne pouvait être ajouté aux listes. Celles-ci seront réexaminées en 2000 et leur durée est en principe limitée à dix ans. Engagements concernant laccès aux marchés et le traitement national Les engagements contractés par les différents pays concernant louverture - et le degré douverture - des marchés dans des secteurs spécifiques sont le résultat des négociations. Ils sont repris dans des listes qui énumèrent les secteurs promis à louverture, le degré daccès au marché accordé dans ces secteurs (les restrictions à la participation étrangère étant indiquées, le cas échéant), et les limitations éventuelles du traitement national (lorsque certains droits sont accordés à des sociétés locales mais non aux sociétés étrangères). Ainsi, par exemple, si un gouvernement sengage à autoriser des banques étrangères à opérer sur son marché intérieur, il prend un engagement en matière daccès aux marchés. Sil limite le nombre de licences quil accordera, il sagit dune limitation de laccès aux marchés. Si, enfin, il déclare que les banques étrangères ne peuvent avoir quune seule succursale tandis que les banques du pays peuvent en avoir plusieurs, il sagit dune exception au principe du traitement national. Ces engagements clairement définis sont consolidés: comme les droits de douane consolidés appliqués au commerce des marchandises, ils ne peuvent être modifiés quaprès des négociations avec les pays affectés. Du fait quil est difficile de les déconsolider, les engagements constituent pour ainsi dire la garantie des conditions dactivité des exportateurs étrangers et importateurs de services ainsi que des investisseurs dans ce secteur. Transparence Daprès lAGCS, les gouvernements doivent publier toutes les lois et réglementations pertinentes. Ils ont un délai de deux ans (jusquà la fin de 1997) pour créer des points dinformation dans leurs administrations. Les sociétés et gouvernements étrangers peuvent alors sadresser à ces points dinformation pour se renseigner sur les réglementations régissant tel ou tel secteur des services. Les gouvernements doivent aussi notifier à lOMC tout changement apporté aux réglementations applicables aux services visés par des engagements spécifiques. Réglementations: objectives et raisonnables Les réglementations intérieures étant le principal moyen dexercer une influence ou un contrôle sur le commerce des services, lAccord dispose que les gouvernements doivent réglementer les services dune manière raisonnable, objective et impartiale. Lorsquun gouvernement prend une décision administrative qui affecte un service, il doit aussi instituer un moyen impartial dobtenir la révision de la décision (par exemple un tribunal). Reconnaissance Lorsque deux gouvernements (ou davantage) ont conclu des accords sur la reconnaissance mutuelle de leurs systèmes de qualification (par exemple pour la délivrance de licences ou de certificats aux fournisseurs de services), ils doivent, daprès lAGCS, ménager aux autres Membres la possibilité de négocier des arrangements comparables. La reconnaissance des systèmes de qualification dautres pays ne doit pas être discriminatoire ni équivaloir à un protectionnisme déguisé. Les accords de reconnaissance doivent être notifiés à lOMC. Paiements et transferts internationaux Une fois quun gouvernement sest engagé à ouvrir un secteur de services à la concurrence étrangère, il ne doit pas en principe restreindre les transferts à létranger effectués au titre du paiement de services rendus (transactions courantes) dans ce secteur. Seule exception prévue, des restrictions peuvent être appliquées lorsque le pays a des difficultés de balance des paiements, mais même dans ce cas, elles doivent être temporaires et sont assujetties à dautres limites et conditions. Libéralisation progressive Le Cycle dUruguay nétait quun début. LAGCS prévoit dautres négociations, dont les premières doivent débuter dans un délai de cinq ans. Le but est daller plus loin dans la libéralisation en accroissant le niveau des engagements contenus dans les listes. Annexes: les services ne sont pas tous les mêmes haut de page Le commerce international des marchandises est une notion relativement simple: un produit est transporté dun pays à un autre. Le commerce des services est beaucoup plus varié. Les compagnies de téléphone, les banques, les compagnies aériennes et les cabinets comptables fournissent leurs services de manière très différente. Les annexes de lAGCS donnent une certaine idée de cette diversité. Mouvement des personnes physiques Cette annexe concerne les négociations sur le droit des individus de séjourner temporairement dans un pays afin de fournir un service. Elle précise que lAccord ne sapplique pas aux personnes cherchant à obtenir un emploi permanent ni aux conditions posées pour lobtention de la citoyenneté, de la résidence ou dun emploi à titre permanent. Services financiers Linstabilité du système bancaire porte atteinte à lensemble de léconomie. Aux termes de lannexe sur les services financiers, les gouvernements ont le droit de prendre des mesures prudentielles, par exemple pour protéger les investisseurs, les déposants et les titulaires de polices dassurance, et pour assurer lintégrité et la stabilité du système financier. Il est aussi précisé que lAccord ne sapplique pas aux services fournis dans lexercice du pouvoir gouvernemental sur le système financier, par exemple les services fournis par les banques centrales. Les négociations sur les engagements spécifiques concernant les services financiers se sont achevées avec succès à la fin de 1997. Télécommunications Le secteur des télécommunications joue un double rôle: il est à la fois un secteur dactivité économique distinct et un élément de linfrastructure au service dautres activités économiques (par exemple les transferts financiers électroniques). Daprès lannexe, les gouvernements doivent assurer laccès sans discrimination des fournisseurs étrangers de services aux réseaux publics de télécommunications. Les négociations sur les engagements spécifiques concernant les télécommunications ont repris après la fin du Cycle dUruguay. Elles ont abouti à un nouvel ensemble de mesures de libéralisation convenu en février 1997. Services de transport aérien Aux termes de cette annexe, les droits de trafic et les activités qui y sont directement liées sont exclus du champ dapplication de lAGCS. Ils sont régis par des accords bilatéraux. Lannexe précise cependant que lAGCS sappliquera aux services de réparation et de maintenance des aéronefs, à la commercialisation des services de transport aérien et aux services de systèmes informatisés de réservation. Travaux en cours: sans attendre la prochaine série de négociations haut de page À la fin du Cycle dUruguay, les gouvernements sont convenus de poursuivre les négociations dans quatre domaines: télécommunications de base, transport maritime, mouvement des personnes physiques et services financiers. Quelques engagements concernant certains de ces secteurs avaient déjà été contractés dans le cadre des Accords du Cycle dUruguay. La poursuite des négociations devait permettre daméliorer ces résultats. Télécommunications de base Les gouvernements nont pas offert de prendre des engagements pendant le Cycle dUruguay dans ce domaine, essentiellement parce que la privatisation des monopoles dÉtat posait un problème complexe dans beaucoup de pays. Nombre des listes annexées initialement à lAGCS incluent néanmoins des services de télécommunication à valeur ajoutée de pointe, qui sont habituellement founis par des entreprises privées. Les négociations sur les télécommunications de base se sont achevées en février 1997 et de nouveaux engagements nationaux devaient prendre effet à compter de janvier 1998. Transports maritimes Les négociations sur les transports maritimes devaient initialement sachever en juin 1996, mais les participants nont pas pu sentendre sur un ensemble dengagements. Les discussions reprendront avec la prochaine série de négociations sur les services, qui doit débuter au plus tard en 2000. Des engagements sont déjà inclus dans les listes de certains pays concernant les trois principaux domaines de ce secteur: accès aux installations portuaires et utilisation de ces installations; services auxiliaires; et transport en haute mer. Mouvement des personnes physiques Lexpression mouvement des personnes physiques sentend de ladmission et du séjour temporaire de personnes sur le territoire dun pays afin dy fournir un service. Elle ne se rapporte pas aux personnes qui recherchent un emploi permanent ou souhaitent résider en permanence dans un pays. Des engagements figurent déjà dans les listes, mais il a été convenu que des négociations en vue de les améliorer auraient lieu dans les six mois suivant lentrée en activité de lOMC. Ces négociations nont donné que des résultats modestes. Services financiers Les services financiers sont un autre domaine dans lequel de nouvelles négociations ont été prévues pour améliorer les engagements figurant dans les listes établies initialement lors du Cycle dUruguay. Ces négociations devaient officiellement prendre fin en juillet 1995, mais les gouvernements ont décidé que de meilleurs résultats pourraient être obtenus à lissue de nouvelles discussions. Elles se sont achevées avec succès en décembre 1997. Autres questions LAGCS énumère plusieurs autres questions qui doivent faire lobjet de négociations à lavenir. Une série de négociations viserait à élaborer des règles qui ne figurent pas encore dans lAGCS et qui régiraient les subventions, les marchés publics et les mesures de sauvegarde. Une autre série de négociations aurait pour objet détablir des règles sur les prescriptions que les fournisseurs étrangers de services doivent respecter pour pouvoir opérer sur un marché. Il sagit déviter que ces prescriptions ne constituent pas que des obstacles non nécessaires au commerce. Laccent est mis sur les aspects suivants: procédures et prescriptions en matière de qualifications, normes techniques et prescriptions en matière de licences. Dans le cadre de ces travaux, les gouvernements se sont dabord attelés au secteur des services comptables. Les résultats de ces discussions sont apparus en décembre 1998, quand le Conseil des services a adopté des disciplines relatives à la réglementation intérieure dans ce secteur. Les disciplines nont pas encore deffet juridique. Les gouvernements continuent de travailler à lélaboration de disciplines générales applicables à tous les services professionnels et, le cas échéant, de disciplines sectorielles additionnelles. Toutes les disciplines élaborées par les gouvernements seront incorporées dans lAGCS et deviendront juridiquement contraignantes avant la fin de la prochaine série de négociations sur les services. |
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