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La
poursuite des réformes structurelles pourrait améliorer les
perspectives de croissance et le dynamisme de l'économie du Malawi
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La poursuite
des réformes structurelles, en particulier la libéralisation du
commerce et de l'investissement, ainsi que du programme de
privatisation, pourrait accroître le dynamisme de l'économie et
améliorer les perspectives de croissance de l'économie du Malawi,
par ailleurs faible et vulnérable, selon un rapport du Secrétariat
de l'OMC sur la politique et les pratiques commerciales du Malawi.
Le
rapport indique que les difficultés économiques actuelles du Malawi
et notamment l'incertitude budgétaire risquent d'affaiblir la
résolution du gouvernement de poursuivre la libéralisation du
commerce extérieur. Les partenaires commerciaux du Malawi pourraient
appuyer les réformes en garantissant un meilleur accès à leurs
marchés, en particulier pour les produits agricoles, secteur dans
lequel les perspectives du Malawi paraissent être les meilleures. La
mise en œuvre des engagements découlant de l'OMC pourrait faciliter
les réformes unilatérales.
Le
rapport signale que les différents programmes d'ajustement structurel
conduits depuis le milieu des années 80 ont beaucoup libéralisé son
économie, ce qui a contribué à stimuler la croissance (le taux de
croissance a atteint presque 9 pour cent en 1996) et à freiner
l'inflation (9 pour cent en 1997). Toutefois, à la fin des années
90, un certain relâchement et notamment des mesures de relance
budgétaire ont provoqué des déséquilibres macro-économiques et
une crise économique et monétaire. Le taux de croissance est tombé
à moins de 2 pour cent en 2000.
Jusqu'à
récemment, la politique monétaire était assez laxiste, s'adaptant
à la politique budgétaire expansionniste, ce qui a attisé
l'inflation dont le taux a culminé à 45 pour cent en 1999. Les taux
d'intérêt réels sont restés à un niveau élevé. Les besoins
d'emprunt du secteur public ont bridé la croissance du secteur privé.
De plus, malgré la libéralisation du régime de l'investissement et
les efforts faits pour attirer des investisseurs, avec notamment la
création d'un Conseil de promotion des investissements et la mise en
place de diverses incitations fiscales et autres, les flux
d'investissement étranger direct (IED) sont toujours irréguliers et
relativement faibles; ils sont concentrés dans l'industrie
manufacturière, la construction et la distribution, et leur montant
annuel est tombé de 70 millions de dollars EU en 1998 à 51 millions
de dollars EU en 2000. Des intempéries et le déclin du prix à
l'exportation du tabac (principale culture commerciale), ainsi que les
carences institutionnelles, ont aggravé les difficultés économiques.
En 1999, le PIB par habitant était de 200 dollars EU et la dette
extérieure de 2,6 milliards de dollars EU, ce qui représentait
environ 150 pour cent du PIB. Le Malawi est un des pays
susceptibles de bénéficier de l'Initiative en faveur des pays
pauvres très endettés (PPTE).
Les
autorités, toujours selon le rapport, ont récemment pris des mesures
pour stabiliser l'économie. Un Service de la réforme et du suivi de
l'entreprise paraétatique a été créé pour contrôler les
activités financières des entreprises paraétatiques, et un Comité
de politique monétaire supervise les questions monétaires. La Banque
centrale se fixe des objectifs de croissance de la masse monétaire et
ne peut pas prêter à l'État plus de 20 pour cent des recettes
annuelles inscrites au budget. La réforme du régime du taux de
change a été approfondie et les obligations de cession des recettes
d'exportation de produits traditionnels (tabac) ont été ramenées de
60 à 40 pour cent, dans le but d'accroître la compétitivité des
exportations.
Malgré
la libéralisation, le commerce extérieur de marchandises, qui
représentait 97 pour cent du PIB en 1994, n'en représentait plus que
74 pour cent en 1999; le ratio exportations/PIB est tombé de 30 à 27
pour cent et le ratio importations/PIB de 67 à 47 pour cent. Le
commerce extérieur du Malawi est assez concentré, particulièrement
en termes de produits. Les exportations de produits primaires et
essentiellement de tabac sont prédominantes. La diversification des
exportations est restée minime: les exportations de produits non
traditionnels ne représentaient que 13 pour cent du total en 1999. La
plupart des produits manufacturés, notamment les carburants, les
machines, les équipements de transport, les produits chimiques et
d'autres intrants, sont importés. La part des pays en développement
dans le commerce extérieur du Malawi a diminué. Les pays
développés absorbent plus des deux tiers de ses exportations.
L'Afrique du Sud, qui était autrefois son premier débouché, a été
dépassée par l'Allemagne et les États-Unis, et sa part est tombée
à 12 pour cent en 1999. Les produits d'importation proviennent de
plus en plus de pays industriels, qui ont fourni 42 pour cent des
importations en 1999. L'Afrique du Sud reste le principal fournisseur
du Malawi, mais sa part dans le total des importations est tombée de
44 pour cent en 1995 à 32 pour cent en 1999. Celle du Zimbabwe a
aussi diminué, tombant à 10 pour cent en 1999, si bien que ce pays
se place au troisième rang après le Royaume-Uni, dont la part
atteint 16 pour cent, contre 4 pour cent en 1995. Le commerce
intrarégional, notamment avec les autres membres du COMESA et de la
SADC, est secondaire. Le Malawi est importateur net de services et
notamment de services de transport et d'assurance.
Le
droit de douane est le principal instrument de politique commerciale
employé par le Malawi. La moyenne simple des droits NPF était de
près de 14 pour cent en 2000/01 contre près de 16 pour cent en
1997/98 et 21 pour cent en 1996/97. Presque tous les droits sont ad
valorem. Le tarif douanier est progressif et comporte six taux: le
taux nul ou le taux de 5 pour cent s'appliquent aux produits de
première nécessité et le taux de 10 pour cent aux biens
intermédiaires. Le taux le plus élevé est actuellement de 25 pour
cent et il s'applique aux biens de consommation. La dispersion des
droits était assez modérée en 2000/01, le coefficient de variation
étant d'environ 0,7. La réduction et l'uniformisation des droits
amélioreraient la structure tarifaire et accroîtraient l'efficience.
Dans
le cadre du Cycle d'Uruguay, le Malawi a consolidé ses droits de
douane sur tous les produits agricoles à un taux plafond de
125 pour cent (sauf dans le cas de quelques produits pour
lesquels les taux plafonds sont de 50, 55 ou 65 pour cent), et
sur moins de 1 pour cent de lignes tarifaires correspondant à
des produits non agricoles, à des taux plafonds compris entre 30 et
65 pour cent. Les autres droits et impositions sur ces produits
sont consolidés à un taux plafond de 20 pour cent.
Le
Malawi est très tributaire de l'agriculture et en particulier de la
culture du tabac. En 1999, l'agriculture pesait 38 pour cent du
PIB et fournissait quelque 85 pour cent des emplois. Depuis que
le gouvernement a mis en œuvre une politique de déréglementation,
le principal instrument de politique commerciale qui influe sur
l'agriculture est le droit de douane; en 2000/01, la moyenne des
droits NPF sur les produits agricoles était de 12,2 pour cent (définition
CITI). Les mesures de contrôle de la production et de la
commercialisation de cultures traditionnelles et notamment de tabac
par les petits cultivateurs ont été levées. L'industrie
manufacturière représentait environ 14 pour cent du PIB en
1999. La part des services dans le PIB est tombée de 57 pour
cent en 1994 à 47 pour cent en 1999. Le fait que de nombreuses
entreprises de services appartiennent à l'État est dû au retard
qu'a pris la libéralisation de ce secteur.
Le
rapport indique que l'amélioration des services d'infrastructure
devrait accroître la compétitivité des activités d'aval et
stimuler l'investissement étranger direct (IED). En outre, il serait
bon, tant pour le Malawi que pour ses partenaires commerciaux,
d'élargir la portée des consolidations de droits en dehors du
secteur de l'agriculture et de réduire l'écart entre les taux
consolidés et les taux effectivement appliqués, car cela
améliorerait la prévisibilité du tarif.
Note à l'intention des journalistes
Les
examens des politiques commerciales sont un exercice, prescrit dans
les Accords de l'OMC, au cours duquel les politiques commerciales et
les politiques connexes des pays Membres sont examinées et évaluées
périodiquement. Les faits nouveaux importants qui peuvent avoir une
incidence sur le système commercial mondial font aussi l'objet d'un
suivi. Pour chaque examen, deux documents sont établis: une
déclaration de politique générale présentée par le gouvernement
du Membre soumis à examen et un rapport détaillé rédigé de
manière indépendante par le Secrétariat de l'OMC. Ces deux
documents sont ensuite examinés par l'ensemble des Membres de l'OMC
dans le cadre de l'Organe d'examen des politiques commerciales (OEPC).
Ces documents et les comptes rendus des réunions de l'OEPC sont
publiés peu de temps après. Depuis 1995, c'est-à-dire depuis
l'entrée en vigueur de l'Accord sur l'OMC, les services et les
aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au
commerce sont également traités.
S'agissant
du présent examen, le rapport du Secrétariat de l'OMC et les
déclarations de politique générale élaborées par le gouvernement
du Malawi seront examinés par l'Organe d'examen des politiques
commerciales les 6 et 8 février 2002. Le rapport du Secrétariat
concerne l'évolution de tous les aspects de la politique commerciale
du Malawi, y compris les lois et réglementations intérieures, le
cadre institutionnel et la politique commerciale par mesure ainsi que
l'évolution de certains secteurs.
Au
présent communiqué de presse sont jointes les observations
récapitulatives du rapport du Secrétariat et certaines parties de la
déclaration de politique générale du gouvernement. Les rapports du
Secrétariat et du gouvernement peuvent être consultés, sous le nom
du pays, dans la liste complète des
rapports sur l'examen des politiques commerciales. Ces deux
documents, le compte rendu des débats de l'OEPC et les remarques
finales formulées par le Président seront regroupés en temps
opportun dans une publication brochée qui pourra être obtenue
auprès du Secrétariat de l'OMC, Centre William Rappard, 154 rue
de Lausanne, 1211 Genève 21.
Depuis
décembre 1989, il a été procédé à l'examen de la politique
commerciale des pays ou groupes de pays suivants: Afrique
du Sud (1993 et 1998), Argentine (1992 et 1999), Australie (1989, 1994
et 1998), Autriche (1992), Bahreïn (2000), Bangladesh (1992 et 2000),
Bénin (1997), Bolivie (1993 et 1999), Botswana (1998), Brésil (1992,
1996 et 2000), Brunéi Darussalam (2001), Burkina Faso (1998),
Cameroun (1995 et 2001), Canada (1990, 1992, 1994, 1996, 1998 et
2000), Chili (1991 et 1997), Chypre (1997), Colombie (1990 et 1996),
Communautés européennes (1991, 1993, 1995, 1997 et 2000), Corée,
Rép. de (1992, 1996 et 2001), Costa Rica (1995 et 2001),
Côte d'Ivoire (1995), Égypte (1992 et 1999), El Salvador
(1996), États-Unis (1989, 1992, 1994, 1996, 1999 et 2001), Fidji
(1997), Finlande (1992), Gabon (2001), Ghana (1992 et 2001), Guatemala
(2002), Guinée (1999), Hong Kong (1990, 1994 et 1998), Hongrie (1991
et 1998), Îles Salomon (1998), Inde (1993 et 1998), Indonésie (1991,
1994 et 1998), Islande (1994 et 2000), Israël (1994 et 1999),
Jamaïque (1998), Japon (1990, 1992, 1995, 1998 et 2000), Kenya (1993
et 2000), Lesotho (1998), Macao (1994 et 2001), Madagascar (2001),
Malaisie (1993, 1997 et 2001), Malawi (2002), Mali (1998), Maroc (1989
et 1996), Maurice (1995 et 2001), Mexique (1993 et 1997), Mozambique
(2001), Namibie (1998), Nicaragua (1999), Nigéria (1991 et 1998),
Norvège (1991, 1996 et 2000), Nouvelle-Zélande (1990 et 1996), OECO
(2001), Ouganda (1995 et 2001), Pakistan (1995 et 2002),
Papouasie-Nouvelle-Guinée (1999), Paraguay (1997), Pérou (1994 et
2000), Philippines (1993 et 1999), Pologne (1993 et 2000), République
dominicaine (1996), République slovaque (1995 et 2001), République
tchèque (1996 et 2001), Roumanie (1992 et 1999), Sénégal (1994),
Singapour (1992, 1996 et 2000), Sri Lanka (1995), Suède (1990 et
1994), Suisse (1991, 1996 et 2000 (conjointement avec le
Liechtenstein)), Swaziland (1998), Tanzanie (2000), Thaïlande (1991,
1995 et 1999), Togo (1999), Trinité-et-Tobago (1998), Tunisie (1994),
Turquie (1994 et 1998), Uruguay (1992 et 1998), Venezuela (1996),
Zambie (1996) et Zimbabwe (1994).
Rapport
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ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES
MALAWI
Rapport du Secrétariat — Observations récapitulatives
Le
Malawi est un pays d'Afrique australe sans littoral, indépendant
depuis 1964. Les différents programmes d'ajustement structurel
conduits depuis le milieu des années 80 ont beaucoup libéralisé son
économie, ce qui a contribué à stimuler la croissance (le taux de
croissance a atteint presque 9 pour cent en 1996) et à freiner
l'inflation (9 pour cent en 1997). Toutefois, à la fin des
années 90, un certain relâchement et notamment des mesures de
relance budgétaire ont provoqué des déséquilibres macro-économiques
et une crise économique et monétaire. Le taux de croissance est
tombé à moins de 2 pour cent en 2000.
Jusqu'à
récemment, la politique monétaire était assez laxiste, s'adaptant
à la politique budgétaire expansionniste, ce qui a attisé
l'inflation dont le taux a culminé à 45 pour cent en 1999. Les
taux d'intérêt réels sont restés à un niveau élevé. Les besoins
d'emprunt du secteur public ont bridé la croissance du secteur privé.
De plus, malgré la libéralisation du régime de l'investissement et
les efforts faits pour attirer des investisseurs, avec notamment la
création d'un Conseil de promotion des investissements et la mise en
place de diverses incitations fiscales et autres, les flux
d'investissement étranger direct (IED) sont toujours irréguliers et
relativement faibles; ils sont concentrés dans l'industrie
manufacturière, la construction et la distribution, et leur montant
annuel est tombé de 70 millions de dollars EU en 1998 à
51 millions de dollars EU en 2000. Des intempéries et le déclin
du prix à l'exportation du tabac (principale culture commerciale),
ainsi que les carences institutionnelles, ont aggravé les
difficultés économiques. En 1999, le PIB par habitant était de
200 dollars EU et la dette extérieure de 2,6 milliards de
dollars EU, ce qui représentait environ 150 pour cent du
PIB. Le Malawi est un des pays susceptibles de bénéficier de
l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE).
Les
autorités ont récemment pris des mesures pour stabiliser l'économie.
Un Service de la réforme et du suivi de l'entreprise paraétatique a
été créé pour contrôler les activités financières des
entreprises paraétatiques, et un Comité de politique monétaire
supervise les questions monétaires. La Banque centrale se fixe des
objectifs de croissance de la masse monétaire et ne peut pas prêter
à l'État plus de 20 pour cent des recettes annuelles inscrites
au budget. La réforme du régime du taux de change a été
approfondie et les obligations de cession des recettes d'exportation
de produits traditionnels (tabac) ont été ramenées de 60 à
40 pour cent, dans le but d'accroître la compétitivité des
exportations.
Malgré
la libéralisation, le commerce extérieur de marchandises, qui
représentait 97 pour cent du PIB en 1994, n'en représentait
plus que 74 pour cent en 1999; le ratio exportations/PIB est
tombé de 30 à 27 pour cent et le ratio importations/PIB de 67
à 47 pour cent. Le commerce extérieur du Malawi est assez
concentré, particulièrement en termes de produits. Les exportations
de produits primaires et essentiellement de tabac sont prédominantes.
La diversification des exportations est restée minime: les
exportations de produits non traditionnels ne représentaient que
13 pour cent du total en 1999. La plupart des produits
manufacturés, notamment les carburants, les machines, les
équipements de transport, les produits chimiques et d'autres intrants,
sont importés. La part des pays en développement dans le commerce
extérieur du Malawi a diminué. Les pays développés absorbent plus
des deux tiers de ses exportations. L'Afrique du Sud, qui était
autrefois son premier débouché, a été dépassée par l'Allemagne
et les États-Unis, et sa part est tombée à 12 pour cent en
1999. Les produits d'importation proviennent de plus en plus de pays
industriels, qui ont fourni 42 pour cent des importations en
1999. L'Afrique du Sud reste le principal fournisseur du Malawi, mais
sa part dans le total des importations est tombée de 44 pour
cent en 1995 à 32 pour cent en 1999. Celle du Zimbabwe a aussi
diminué, tombant à 10 pour cent en 1999, si bien que ce pays se
place au troisième rang après le Royaume-Uni, dont la part atteint
16 pour cent, contre 4 pour cent en 1995. Le commerce
intrarégional, notamment avec les autres membres du COMESA et de la
SADC, est secondaire. Le Malawi est importateur net de services et
notamment de services de transport et d'assurance.
Le
Malawi est une République unitaire, qui a introduit en 1994 la
démocratie multipartite, après avoir adopté une nouvelle
Constitution, laquelle confie le pouvoir exécutif au Président et le
pouvoir législatif à l'Assemblée nationale. Le Parlement se compose
de l'Assemblée nationale et du Président, qui est à la fois chef de
l'État et du gouvernement. Le Président nomme les Ministres qui
forment le Cabinet (Conseil des Ministres); les fonctions exécutives
sont du ressort du bureau du Président et du Cabinet.
Les
principaux ministères qui participent à la définition et à la mise
en œuvre des politiques liées au commerce sont ceux du commerce et
de l'industrie, des finances et de la planification économique, et de
l'agriculture et de l'irrigation. Plusieurs autres ministères et
organismes officiels sont responsables de différents secteurs comme
ceux du tabac, des industries extractives, du bois, de la pêche et du
tourisme. Un groupe de travail national sur la politique commerciale,
secondé par une équipe spéciale, facilite la concertation avec le
secteur privé pour l'élaboration des politiques liées au commerce.
Ce dispositif devrait améliorer les interactions entre le secteur
public et le secteur privé ainsi que la coordination de la politique
commerciale, qui actuellement est conduite en ordre dispersé par
plusieurs ministères dont aucun ne coiffe les autres.
Le
document de stratégie de réduction de la pauvreté du gouvernement,
achevé en novembre 2001, a fait l'objet d'un important débat
public. Le gouvernement souhaite faire du Malawi un pays à revenu
moyen d'ici à 2020, et le programme Vision 2020 prévoit un
doublement du poids du secteur manufacturier, qui atteindrait
25 pour cent du PIB, et mise sur la promotion des industries
extractives, du tourisme et de l'agriculture. Le gouvernement souhaite
promouvoir le développement industriel au moyen d'une politique
commerciale et industrielle intégrée visant à éliminer les goulots
d'étranglement qui entravent l'essor du secteur privé. Les liens
interbranches seront développés et la création de PME sera
encouragée. Les infrastructures essentielles devront être
améliorées. Le gouvernement cherchera à promouvoir la
diversification des exportations et à stimuler l'exportation; le
Malawi devra renforcer son offre afin de mieux tirer parti de l'accès
préférentiel dont il bénéficie sur les marchés des pays
développés.
Le
Malawi est un des Membres fondateurs de l'OMC et il accorde au minimum
le traitement NPF à tous les autres Membres de l'OMC, aux pays
ACP non Membres de l'OMC et aux pays indépendants du Commonwealth,
ainsi qu'aux protectorats administrés par l'ONU. Les autorités
pensent que la mise en œuvre des engagements multilatéraux l'aidera
à poursuivre ses réformes et à relancer son économie. Toutefois,
sans une assistance technique de la communauté internationale, il lui
sera presque impossible d'appliquer des politiques compatibles avec
les obligations découlant de l'OMC dans des domaines tels que la
protection des droits de propriété intellectuelle et les mesures
commerciales conditionnelles. C'est pourquoi il compte sur des
donateurs bilatéraux et multilatéraux pour lui fournir une
assistance technique et l'aider à honorer ses engagements envers
l'OMC. Le Malawi est un des pays pilotes choisis pour la mise en
œuvre du Cadre intégré pour l'assistance technique liée au
commerce en faveur des pays les moins avancés, qui est cogéré par
six organisations multilatérales, dont l'OMC.
Le
Malawi est membre du Marché commun de l'Afrique orientale et australe
(COMESA) et de la Communauté du développement de l'Afrique australe
(SADC). Il a conclu un accord commercial bilatéral avec le Zimbabwe
et est en train d'en négocier d'autres avec le Mozambique, la
Tanzanie et la Zambie. Il bénéficie d'un traitement préférentiel
non réciproque sur le marché de l'Union européenne en vertu de
l'Accord de Cotonou et du programme “Tout sauf les armes”, sur le
marché des États-Unis en vertu de la Loi sur la croissance et les
potentialités de l'Afrique, sur les marchés d'autres pays
développés en vertu du Système généralisé de préférences (SGP),
et sur le marché sud-africain en vertu d'un accord spécifique.
Le
fait que le Malawi appartienne à plusieurs arrangements régionaux et
bilatéraux qui se chevauchent parfois et dont les programmes de
libéralisation des échanges et les règles commerciales sont
différents rend son régime de commerce extérieur complexe. Cela
pourrait fausser la structure de son commerce et de ses incitations et
créer des obligations contradictoires.
Le
droit de douane est le principal instrument de politique commerciale
employé par le Malawi. La moyenne simple des droits NPF était de
près de 14 pour cent en 2000/01 contre près de 16 pour
cent en 1997/98 et 21 pour cent en 1996/97. Presque tous les
droits sont ad valorem. Le tarif douanier est progressif et comporte
six taux: le taux nul ou le taux de 5 pour cent s'appliquent aux
produits de première nécessité et le taux de 10 pour cent aux
biens intermédiaires. Le taux le plus élevé est actuellement de
25 pour cent et il s'applique aux biens de consommation. La
dispersion des droits était assez modérée en 2000/01, le
coefficient de variation étant d'environ 0,7. La réduction et
l'uniformisation des droits amélioreraient la structure tarifaire et
accroîtraient l'efficience.
La
multiplicité des exemptions et abattements, notamment dans le cadre
de plusieurs programmes de promotion de l'emploi d'intrants locaux,
rend le système assez opaque et permet à certaines branches de
production de bénéficier d'une protection sur mesure en raison d'une
accentuation de la progressivité des droits et d'une augmentation de
la protection effective. Les exemptions et abattements sont appliqués
de façon discrétionnaire et leur justification n'est pas très
claire, si ce n'est qu'elles constituent des mesures protectionnistes
qui faussent l'économie. Il existe un système de restitution des
droits de douane, les remboursements n'étant plus fondés sur des
ratios mais sur les matières effectivement employées pour la
production de produits d'exportation. Apparemment, il faut beaucoup de
temps pour obtenir le remboursement des droits.
Depuis
1992, le Malawi exige une inspection avant expédition de presque tous
les produits d'importation, mais il devrait abandonner ce dispositif
en mars 2003. Les documents d'importation ont été simplifiés.
En principe, les douanes emploient la valeur transactionnelle depuis
1990 aux fins de l'évaluation, mais il existe des prix minimums, par
exemple pour les voitures d'occasion. Les taxes intérieures
discriminatoires ont été supprimées et l'élargissement de
l'assiette de la surtaxe et du droit d'accise ont réduit le poids des
recettes douanières dans les recettes publiques, ce qui a permis de
diminuer le niveau des droits de douane.
Dans
le cadre du Cycle d'Uruguay, le Malawi a consolidé ses droits de
douane sur tous les produits agricoles à un taux plafond de
125 pour cent (sauf dans le cas de quelques produits pour
lesquels les taux plafonds sont de 50, 55 ou 65 pour cent), et
sur moins de 1 pour cent de lignes tarifaires correspondant à
des produits non agricoles, à des taux plafonds compris entre 30 et
65 pour cent. Les autres droits et impositions sur ces produits
sont consolidés à un taux plafond de 20 pour cent.
Le
Malawi a supprimé la plupart des obstacles non tarifaires officiels
et notamment les contingents d'importation. Des restrictions sont
toujours appliquées pour des motifs de protection de l'environnement,
de santé publique, de sécurité des personnes et de sûreté
nationale, parfois en vertu de conventions internationales. Les normes,
y compris les règlements techniques obligatoires, sont définies par
le Conseil des normes sur la base de normes régionales ou
internationales comme celle de l'ISO et du Codex Alimentarius; elles
ne sont pas discriminatoires à l'égard des produits importés. Il
n'existe pas d'accord officiel de reconnaissance mutuelle, mais en
général le Malawi accepte unilatéralement les résultats d'essais
faits à l'étranger. Il applique des prescriptions sanitaires et
phytosanitaires, mais dans l'ensemble celles-ci ne paraissent pas
entraver les importations, sauf en ce qui concerne l'interdiction
d'importer des produits alimentaires génétiquement modifiés et des
viandes obtenues à l'aide d'hormones de croissance.
Le
Malawi est en train de rédiger une nouvelle loi antidumping et des
règles régissant les mesures compensatoires et de sauvegarde, afin
de s'aligner sur les dispositions des Accords de l'OMC. La loi
antidumping actuelle comporte une disposition fondée sur
“l'intérêt général”, mais il est difficile de savoir comment
elle serait appliquée puisque aucune mesure antidumping n'a été
prise. Le Malawi a l'intention de recourir davantage à des mesures
correctives pour stimuler la production nationale. Toutefois, il se
peut que ces mesures protègent des industries inefficientes.
Les
marchés publics sont décentralisés, mais ils doivent être
approuvés par un Service des marchés publics, récemment créé ou,
si le montant est important, par le Bureau du Président et le
Cabinet. Une Direction des marchés publics administrera la nouvelle
loi, dont l'entrée en vigueur est prévue pour 2002, dans le but
d'accroître la transparence et d'améliorer le contrôle des marchés
publics. Les appels d'offres ouverts doivent être la principale
modalité de passation des marchés. Les fournisseurs nationaux
devraient bénéficier de marges de préférences plus importantes:
20 pour cent pour les produits et 10 pour cent pour les
travaux et la construction, contre 15 et 7,5 pour cent
actuellement.
Le
régime d'exportation est assez ouvert. Depuis 1998, toutes les taxes
à l'exportation ont été supprimées et il n'y a plus de contingents
d'exportation; des prohibitions à l'exportation sont appliquées en
vertu de conventions internationales. Les obligations de cession des
devises ont été supprimées en 1994, sauf pour les exportations de
produits traditionnels (tabac, thé et sucre). Le Malawi continue
d'appliquer des licences d'exportation afin de protéger
l'environnement et de garantir un approvisionnement intérieur
suffisant de produits tels que les carburants et le maïs. Les
exportations de tabac et de thé non transformés sont également
subordonnées à une licence.
Le
Malawi cherche à promouvoir l'exportation au moyen de diverses
incitations. Les exportateurs de produits non traditionnels
bénéficient d'un abattement de l'impôt sur les bénéfices égal à
12 pour cent de leurs recettes brutes et à 25 pour cent de
leurs frais de transport international. Depuis décembre 1995,
les exportateurs ayant le statut de zone franche ne paient pas
d'impôt sur les bénéfices. Pour cela, il faut qu'ils exportent
toute leur production (toutefois, ils peuvent en vendre jusqu'à
20 pour cent sur le marché intérieur dans certains cas, à
condition d'acquitter tous les droits sur les matières employées).
Cela montre l'importance que le gouvernement attache à la promotion
de l'exportation, mais ces incitations à l'exportation pourraient
introduire une discrimination à l'égard des entreprises non
exportatrices et, même si elles parviennent à accroître les
exportations, leur coût budgétaire est élevé.
Certaines
activités, essentiellement agricoles, sont encouragées par des
allègements fiscaux et il y a aussi des incitations à
l'investissement. Plusieurs entreprises publiques ont été
privatisées. Toutefois, en raison des difficultés que soulève la
préparation d'entreprises surendettées en vue d'une privatisation et
du manque d'acheteurs intéressés, la mise en œuvre du programme de
privatisation a pris du retard et ce programme a été suspendu pour
examen entre juillet et octobre 2001. En conséquence, les
entreprises d'État jouent encore un rôle important dans l'économie.
Le gouvernement a promulgué une Loi sur la concurrence qui sera
administrée par une Commission de la concurrence, et a l'intention de
modifier les lois sur la propriété intellectuelle afin de respecter
les obligations multilatérales du Malawi.
Le
Malawi est très tributaire de l'agriculture et en particulier de la
culture du tabac. En 1999, l'agriculture pesait 38 pour cent du
PIB et fournissait quelque 85 pour cent des emplois. Depuis que
le gouvernement a mis en œuvre une politique de déréglementation,
le principal instrument de politique commerciale qui influe sur
l'agriculture est le droit de douane; en 2000/01, la moyenne des
droits NPF sur les produits agricoles était de 12,2 pour cent (définition
CITI). Les mesures de contrôle de la production et de la
commercialisation de cultures traditionnelles et notamment de tabac
par les petits cultivateurs ont été levées. Aujourd'hui, des
acheteurs privés titulaires d'une licence peuvent commercialiser le
tabac, et le gouvernement a l'intention de supprimer le monopole de la
bourse qui traite les exportations de tabac. La Commission de
contrôle des tabacs régule l'industrie du tabac et contrôle
notamment la production des plantations.
Le
monopole de la commercialisation (y compris à l'exportation) détenu
par la Société de développement agricole et de commercialisation (ADMARC),
qui est une entreprise d'État, a été démantelé en 1987. La
fourchette de prix imposée pour le maïs a été supprimée en 2000
et les achats de céréales de l'Agence nationale des réserves
alimentaires ont été réduits et ne couvrent plus que les besoins en
cas de catastrophe. Les intrants agricoles, tels que les engrais et
les semences, sont fournis principalement par le secteur privé, mais
il existe un programme ciblé, géré par l'État, qui fournit des
intrants aux agriculteurs les plus pauvres. En raison du régime de
propriété communale de la terre, il n'y a pas de marché foncier au
Malawi, ce qui pourrait limiter le développement de l'agriculture.
L'industrie
manufacturière représentait environ 14 pour cent du PIB en
1999. La plupart des prix ont été libérés et les licences
industrielles ont été supprimées, sauf dans le cas de celles qui
sont motivées par des considérations de santé publique, de
sécurité ou de protection de l'environnement. Le gouvernement a
l'intention d'introduire des incitations pour promouvoir la production
d'une vingtaine de produits, en particulier les textiles, les
vêtements et les produits agricoles transformés. Les entreprises
seront soutenues en fonction de la proportion de leur production qui
est exportée, de leur capacité de remplacer les importations, de la
qualité de leurs produits et de leurs résultats financiers. En
2000/01, la moyenne des droits NPF sur les produits manufacturés (définition
CITI) était de 13,7 pour cent.
La
part des services dans le PIB est tombée de 57 pour cent en 1994
à 47 pour cent en 1999. Le fait que de nombreuses entreprises de
services appartiennent à l'État est dû au retard qu'a pris la
libéralisation de ce secteur. Toutefois, le gouvernement s'efforce de
déréglementer et de privatiser les services d'utilité publique. Le
marché des télécommunications est en voie de libéralisation et il
est prévu de vendre une partie du capital de Malawi Telecom à des
investisseurs étrangers. L'Autorité de régulation des
communications est chargée de faire en sorte que les nouveaux venus
puissent accéder à des conditions compétitives au réseau public.
L'amélioration
des services d'infrastructure devrait accroître la compétitivité
des activités d'aval et stimuler l'investissement étranger direct (IED).
Une libéralisation plus poussée des transports, notamment
l'autorisation du cabotage et du transport routier par des
transporteurs de pays tiers, accroîtrait l'efficience et abaisserait
le coût du transport, qui est très élevé en raison de
l'enclavement du pays. Le développement de l'industrie touristique
privée est une des priorités du gouvernement.
La
libéralisation des services bancaires et des services d'assurance a
fait des progrès importants; en particulier le contrôle a été
amélioré et la Société nationale d'assurance a été privatisée
en 2000, de même que la Banque commerciale en 2001. Dans le cadre de
l'AGCS, le Malawi a pris des engagements concernant les services aux
entreprises, la construction, les services de santé et les services
sociaux, le tourisme et les services liés aux voyages et les services
bancaires. Les mesures visant la présence de personnes physiques ne
sont pas consolidées.
Le
Malawi participe au système commercial multilatéral et a aussi
conclu plusieurs accords préférentiels visant à stimuler son
commerce extérieur. Il considère que l'intégration régionale est
un premier pas vers une participation accrue au système commercial
multilatéral. Toutefois, le fait qu'il est membre de différents
accords préférentiels qui se chevauchent en partie et qui concernent
des pays différents et ont des programmes de libéralisation du
commerce et des règles et objectifs commerciaux disparates rend son
régime de commerce extérieur complexe, peu cohérent et difficile à
gérer.
Il
serait bon, tant pour le Malawi que pour ses partenaires commerciaux,
d'élargir la portée des consolidations de droits en dehors du
secteur de l'agriculture et de réduire l'écart entre les taux
consolidés et les taux effectivement appliqués, car cela
améliorerait la prévisibilité du tarif. La poursuite des réformes
structurelles, en particulier la libéralisation du commerce et de
l'investissement, ainsi que du programme de privatisation, pourrait
accroître le dynamisme de l'économie et améliorer les perspectives
de croissance. En outre, il serait bon de rationaliser le tarif
douanier en éliminant une partie des nombreuses exemptions et
réductions de droits, ce qui favoriserait une meilleure allocation
des ressources.
L'économie
du Malawi est encore faible et elle est vulnérable face aux
variations des cours internationaux des produits primaires et à
d'autres impondérables tels que le climat. Les difficultés
économiques actuelles et notamment l'incertitude budgétaire risquent
d'affaiblir la résolution du gouvernement de poursuivre la
libéralisation du commerce extérieur. Les partenaires commerciaux du
Malawi pourraient appuyer les réformes en garantissant un meilleur
accès à leurs marchés, en particulier pour les produits agricoles,
secteur dans lequel les perspectives du Malawi paraissent être les
meilleures. La mise en œuvre des engagements découlant de l'OMC
pourrait faciliter les réformes unilatérales. Le Malawi souhaite
obtenir une assistance technique pour mieux comprendre les Accords de
l'OMC de façon à mieux honorer ses obligations. Cette assistance
pourrait aussi l'aider à saisir les possibilités qu'offre le
système commercial multilatéral.
Rapport
du gouvernement haut
de page
ORGANE
D'EXAMEN DES POLITIQUES COMMERCIALES
MALAWI
Rapport du gouvernement Parties I
Le
Malawi, pays enclavé de l'Afrique centrale présentant un fort
endettement, figure au nombre des pays les moins avancés. Bordé par
le Mozambique au sud-est, la Tanzanie au nord-est et la Zambie à
l'ouest, il s'étend sur une superficie de près de
118 500 km2, dont 24 420 km2 environ sont occupés
par le lac Malawi. Selon des estimations fondées sur le
recensement de 1998, le pays compte quelque 10 millions
d'habitants, dont 75 pour cent environ vivent en zones rurales.
Le PIB par habitant est de 200 dollars EU (1999).
65,3 pour cent de la population vit au-dessous du seuil de
pauvreté et doit faire face à de graves problèmes de santé. La
pandémie de VIH/SIDA constitue sans doute le plus gros obstacle à la
réalisation des plans de développement du Malawi.
Ancienne
colonie britannique, le pays a accédé à l'indépendance en 1964.
Après 30 années passées peu ou prou sous le régime du parti
unique, il s'est converti au multipartisme et à la démocratie au
début des années 90 et les élections de 1994 ont porté au
pouvoir le Front démocratique uni (FDU) qui gouverne actuellement.
Au
cours des 15 premières années qui ont suivi l'indépendance (1964),
le Malawi a connu une croissance annuelle moyenne de son produit
intérieur brut (PIB) de près de 6 pour cent. Mais les fruits de
cette croissance ont été inégalement distribués, et la croissance
elle-même a reposé sur les grandes exploitations agricoles et sur de
vastes conglomérats publics et privés protégés par toutes sortes
de mesures tarifaires. Depuis, le gouvernement s'efforce d'atteindre
des taux de croissance similaires tout en assurant une meilleure
répartition de cette croissance.
L'économie
du Malawi demeure très fragile du fait de l'étroitesse de sa base,
différents services sociaux et équipements essentiels faisant
défaut. La taille de son marché et l'absence de façade maritime
font qu'il est particulièrement difficile de répondre aux besoins du
secteur privé en équipements de bonne qualité et d'un coût aussi
faible que possible. Une telle économie est vulnérable face aux
différents chocs, de sorte que le pays a bien du mal à parvenir à
une croissance économique durable.
Principale
activité économique du pays, l'agriculture représente près de 36
à 39 pour cent du produit intérieur brut, et plus de
90 pour cent des recettes à l'exportation. Elle emploie
80 pour cent environ de la population active. Cette dépendance
à l'égard des produits agricoles place le pays en situation de
faiblesse du fait des fluctuations fréquentes des prix des produits
de base sur les marchés mondiaux. La culture vivrière de base est le
maïs, tandis que le tabac est, de loin, la principale culture
destinée à l'exportation, devant le thé, le sucre, le café et le
coton. Le tabac est principalement exporté à destination des
États-Unis et de l'Union européenne. L'économie est fragilisée par
sa forte dépendance à l'égard du tabac, l'importance croissante des
groupes de pression antitabac aux États-Unis, au sein de l'UE et dans
d'autres régions du monde constituant un facteur supplémentaire de
risque et d'incertitude.
L'économie
malawienne n'a guère enregistré de résultats satisfaisants ces cinq
dernières années. La stabilité et la croissance relatives qui se
sont fait jour n'ont qu'un caractère limité. Il y a à cela de
nombreuses raisons majeures, notamment les taux d'inflation élevés,
les déficits budgétaires, les chocs extérieurs, la dépréciation
du kwacha, les taux d'intérêt élevés et les bas prix proposés
pour le tabac dans les salles de ventes aux enchères.
Pour
relever le défi, le Malawi a entrepris un certain nombre de réformes
de politique générale, parmi lesquelles il convient de citer le
“système de budget de trésorerie” qui, entre autres moyens de
réduire le déficit budgétaire par un contrôle des dépenses,
interdit aux ministères de dépenser plus que le montant qui leur a
été alloué dans le budget national; le programme de privatisation
et la mise sur pied d'un mécanisme institutionnel sain pour en
assurer la gestion; l'adoption du Cadre de dépenses à moyen terme,
et l'élaboration du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CLSP)
en vue de faciliter l'instauration des conditions requises pour que
les pauvres accèdent à une protection sociale ou voient cet accès
amélioré; et un programme de libéralisation des échanges conçu
pour encourager la diversification des importations et des
exportations.
Depuis
le début de 1980, le Malawi met en œuvre les programmes d'ajustement
structurel (PAS) soutenus par le FMI et la Banque mondiale. Ces
programmes ont visé essentiellement à libéraliser l'économie de
façon à créer un environnement favorable à l'investissement tant
intérieur qu'extérieur. C'est ainsi que dans les budgets récents,
le taux maximal des droits de douane a été ramené progressivement
à son niveau actuel de 25 pour cent. Les droits perçus sur les
biens d'équipement ont été réduits jusqu'à leur suppression
totale. Ce processus de libéralisation n'a toutefois pas permis au
Malawi d'obtenir un changement marqué en ce qui concerne la part du
commerce dans le PIB ou la structure des échanges.
Les
perspectives de développement économique dépendront de la capacité
d'ajustement du Malawi. Pour faire face aux coûts de l'ajustement,
celui-ci devra à cet égard bénéficier d'un appui ou d'une aide
accrue de la communauté internationale, et notamment d'un accès sans
restriction au marché des produits d'exportation présentant pour lui
un intérêt. À l'issue d'un vaste processus consultatif, le pays a
élaboré un projet national qui prévoit que “d'ici à 2020, le
Malawi, nation respectueuse des lois divines, aura accédé à la
sécurité, à la maturité en matière de démocratie, à un
développement écologiquement viable et à l'autonomie, assurera à
chacun des chances égales et une participation active à la vie du
pays, offrira des services sociaux, témoignera d'un vibrant
attachement à ses valeurs culturelles et religieuses et comptera
parmi les pays à revenu intermédiaire grâce à une économie ayant
pour moteur la technologie”. Il s'agit à présent d'intégrer ce
projet et les autres initiatives en matière de politique générale
sous la forme d'un cadre de développement énonçant des objectifs et
des priorités à court et à moyen terme.
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