CHAÎNES DE VALEUR MONDIALES

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Le Forum sur les chaînes d'approvisionnement mondiales a réuni les Membres de l'OMC et des représentants de sociétés d'expédition, de commerce, de livraison express et de logistique pour échanger leurs points de vue sur les causes des perturbations continues des chaînes d'approvisionnement et pour travailler ensemble sur les moyens d'atténuer leur incidence sur le commerce mondial et la reprise économique après la pandémie.

La pandémie a causé pressions continues au niveau de l'offre et de la demande, un engorgement des ports, une congestion du transport maritime, une hausse de l'inflation, une augmentation des tarifs de transport et des pénuries qui perturbent le commerce mondial, ont souligné les participants. Le conflit en Ukraine a aussi entraîné de graves perturbations des chaînes d'approvisionnement, notamment dans les secteurs des céréales, des métaux et des produits énergétiques.  Les autres facteurs cités par les compagnies maritimes, les responsables portuaires, les transporteurs et les analystes comme entravant les chaînes d'approvisionnement sont les pénuries de main-d'œuvre, les goulets d'étranglement terrestres et le sous-investissement dans les infrastructures.

Dans l'allocution qu'elle a prononcée au Forum, la Directrice générale a noté que l'OMC “représentait une instance unique pour engager un dialogue mondial sur les questions liées aux chaînes d'approvisionnement”, comme on avait pu le constater pendant la pandémie actuelle, lorsque l'OMC avait aidé les gouvernements et les entreprises à identifier les goulets d'étranglement et à réduire les restrictions à l'exportation affectant la production et la distribution des vaccins contre la COVID-19.

“Cela vaut la peine de s'arrêter un instant pour se rappeler que les difficultés que nous nous efforçons de surmonter sont des problèmes qui découlent de progrès,” a dit la DG, notant que “bon nombre des problèmes auxquels nous étions — et auxquels nous sommes — confrontés sont dus à la quantité sans précédent de marchandises traversant les frontières.”

Néanmoins, “tout comme l'OMC elle-même, notre infrastructure des chaînes d'approvisionnement doit rester adaptée aux objectifs”, a-t-elle dit aux participants.  “Il va sans dire que pour doter notre infrastructure des chaînes d'approvisionnement de moyens permettant de mieux faire face aux changements soudains il faut des mesures — et des investissements, tant du secteur public que du secteur privé.”

Le système actuel “n'a pas été conçu pour un monde où une catastrophe climatique peut interrompre les activités d'usines dans le monde entier, ou dans lequel un virus microscopique peut bouleverser la circulation des marchandises, des services et des personnes quasiment du jour au lendemain”, a-t-elle ajouté. “Ce n'est pas une raison pour se détourner du commerce, qui nous aide à nous adapter à ces chocs et à d'autres chocs.“

La Directrice générale a déclaré qu'avant même la dernière crise à laquelle le commerce mondial était confronté — le déclenchement de la guerre en Ukraine — les perturbations de la chaîne d'approvisionnement déclenchées par la pandémie de COVID-19 et la demande de biens stimulée par les mesures de relance pesaient sur le commerce mondial, la croissance économique et la stabilité des prix.

Certains représentants du secteur privé ont laissé entendre que les mesures gouvernementales qui restreignaient la circulation des marchandises, des services et des données contribuaient aussi à la performance sclérosée des chaînes d'approvisionnement mondiales. Plusieurs participants se sont aussi plaints du fait que les petites entreprises avaient moins de pouvoir de négociation et étaient par conséquent désavantagées sur les marchés du transport et de la logistique.

Les perturbations des chaînes d'approvisionnement nuisent à la circulation des marchandises dans le monde et ont des répercussions négatives sur la reprise économique après la pandémie, en particulier dans les pays pauvres, les petites économies vulnérables et les pays en développement sans littoral, ont-ils dit.

Le Forum a examiné comment l'OMC pouvait contribuer à renforcer les chaînes d'approvisionnement mondiales et comment une collaboration accrue entre les partenaires de toutes les régions et de tous les secteurs pouvait rendre les chaînes d'approvisionnement plus durables et inclusives. Outre sa fonction de surveillance, la Directrice générale a noté que l'OMC pouvait apporter une contribution en améliorant la facilitation des échanges, en soutenant le dédouanement rapide des marchandises aux frontières et en encourageant la poursuite de la libéralisation du commerce des services de transport et de logistique pour renforcer l'infrastructure des chaînes d'approvisionnement.

“Je dis toujours que le système commercial mondial du XXIème siècle doit être au service des gens du monde entier”, a déclaré la DG. “Améliorer le fonctionnement des chaînes d'approvisionnement en fait partie”.

La Directrice générale a noté que la crise liée aux chaînes d'approvisionnement a particulièrement touché les petites entreprises, en raison de leurs marges plus étroites et de leurs ressources financières plus limitées. “Les pays pauvres, les petites économies vulnérables et les pays en développement sans littoral risquent d'être exclus des chaînes de valeur mondiales ou d'avoir encore plus de mal à les intégrer”, a-t-elle ajouté.

Pamela Coke-Hamilton, Directrice exécutive du Centre du commerce international, s'est fait l'écho des préoccupations de la Directrice générale concernant l'impact sur les petites entreprises et les économies en développement, qui comprend une forte diminution de la disponibilité des intrants, une baisse “précipitée” de la demande pour leurs produits, des obstacles à l'exportation et une réduction des services logistiques.

“Ces deux années ont été dévastatrices pour les petites entreprises, en particulier dans les pays en développement, et les événements actuels suggèrent que nous avons encore quelques années plus difficiles à venir”, a-t-elle déclaré

Les participants ont indiqué qu'un investissement plus large et plus profond dans la technologie numérique y compris la chaîne de blocs et la robotique était l'une des clés pour réduire la congestion des chaînes d'approvisionnement mondiales. La diversification des marchés et des investissements — tant publics que privés — fait partie des outils mis en avant par les participants.

John Denton, Secrétaire général de la Chambre de commerce internationale, a cité la numérisation parmi les questions qui “devaient être abordées” afin de renforcer les chaînes d'approvisionnement mondiales.

“Si vous voulez de la résilience, vous devez garantir l'accès aux compétences numériques, mais aussi aux plate-formes numériques”, a-t-il déclaré au Forum.  “Cela signifie également que vous devez faire des réformes audacieuses en ce qui concerne l'économie numérique.”

“Nous sommes encore loin de la numérisation des flux commerciaux”, notamment en ce qui concerne le financement du commerce, a ajouté Victoria Claverie, responsable du commerce en Europe chez Standard Chartered.

De nombreux participants ont souligné que tous les partenaires dans les chaînes d'approvisionnement mondiales devront collaborer pour assurer la réussite des efforts en matière de décarbonation. Des politiques gouvernementales judicieuses étaient également cruciales à cet égard, selon de nombreux intervenants.

Clemence Cheng, Directeur général en Europe pour Hutchison Ports, a déclaré que l'OMC et d'autres organisations internationales pouvaient contribuer en servant de banque de connaissances sur les chaînes d'approvisionnement afin d'anticiper les problèmes plus tôt et d'encourager une plus grande coopération entre les secteurs public et privé.

Plusieurs responsables ont souligné l'importance des accords commerciaux pour faciliter les chaînes d'approvisionnement. Luz María de la Mora Sánchez, Sous-secrétaire au commerce extérieur du Mexique, a dit que l'Accord sur la facilitation des échanges de l'OMC avait été “essentiel et crucial” dans la lutte contre les perturbations des chaînes d'approvisionnement, tandis que le Ministre du commerce de la Gambie, Seedy Keita, a souligné l'importance de la nouvelle Zone de libre-échange continentale africaine pour aider à stimuler le commerce et à réduire les coûts du commerce en Afrique.

En clôture de l'événement, le Directeur général adjoint, Jean-Marie Paugam, a déclaré: “Aucune chaîne d'approvisionnement ne peut fonctionner correctement sans un système mondial de règles commerciales prévisibles et facilitantes, tel que celui de l'OMC. Mais ces règles ne peuvent à elles seules rien faire pour le commerce si les chaînes d'approvisionnement sont physiquement interrompues. Toutes les composantes du système commercial mondial — du secteur privé aux gouvernements, en passant par les autorités de réglementation et les organisations internationales — doivent maintenant jouer leur rôle dans le cadre de la réponse apportée.”

La Directrice générale adjointe Anabel González — qui a également clôturé le forum — a dit que l'intensification du commerce mondial contribuerait à renforcer les chaînes d'approvisionnement mondiales et a appelé la communauté mondiale à coordonner les actions “afin de doter les chaînes d'approvisionnement des moyens nécessaires pour mieux faire face aux menaces croissantes et à l'incertitude grandissante.”

L'événement peut être visionné ici.

De plus amples informations sur l'événement — y compris la liste complète des intervenants — sont disponibles ici.

Le Forum a été précédé d'une réunion entre la DG Okonjo-Iweala et des représentants de plus de 20 organisations gouvernementales et du secteur privé, dont l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est, la Global Shippers Alliance, Hutchison Ports, IKEA, l'Association du transport aérien international et PSA International.

 

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