LE COMMERCE ET LE DÉVELOPPEMENT

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Les économies des PMA ont été durement touchées par la crise liée à la COVID-19, selon une présentation du Secrétariat de l'OMC qui a mis en évidence une baisse de 10,3 % des exportations de marchandises en 2020 par rapport à 2019 et un recul de 10,5 % des importations. Cette chute est plus marquée que la diminution de 7,7 % des exportations et de 7,8 % des importations au niveau mondial pour la même période. En raison de leur dépendance vis-à-vis des exportations de voyages, on estime que les exportations de services des PMA ont baissé d'environ 40 % au cours des trois premiers trimestres de 2020, soit le double de la baisse enregistrée par le reste du monde (19 %).

La crise actuelle a révélé l'importance du développement de l'infrastructure commerciale des PMA et du renforcement de leurs capacités en termes de lutte contre la pandémie, afin qu'ils puissent contrôler la pandémie et mieux s'intégrer dans l'économie mondiale, a dit le Tchad au nom du Groupe des PMA. Soutenir les micro, petites et moyennes entreprises et créer des emplois sera une tâche essentielle pour soutenir la reprise économique.

Fekitamoeloa Katoa Utoikamanu, Secrétaire générale adjointe et Haute-Représentante des Nations Unies pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement (UN-OHRLLS), a informé les Membres au sujet des préparatifs en vue de la Cinquième Conférence des Nations Unies sur les PMA (“PMA-5”), qui aura lieu à Doha (Qatar) en janvier 2022. La Conférence PMA-5 devrait adopter un nouveau Programme d'action mondial en faveur des PMA, faisant suite au Programme d'action d'Istanbul en faveur des PMA qui s'est achevé en 2020.

Mme Utoikamanu a dit que le commerce international devrait rester au cœur du prochain Programme d'action en faveur des PMA, avec d'autres questions comme la nécessité d'améliorer l'accès aux énergies durables, au financement, à l'emploi et la réalisation de la sécurité alimentaire. Sortir les PMA de la pauvreté et atteindre les Objectifs de développement durable des Nations Unies figurent également parmi les priorités à l'ordre du jour. De plus, la communauté internationale cherche à accélérer le retrait des pays de la liste PMA de manière durable.

Un rapport récent du Secrétaire général de l'ONU sur la mise en œuvre du Programme d'action d'Istanbul au cours de la dernière décennie a souligné l'importance d'une transformation structurelle dans les PMA et du renforcement de la résilience face aux chocs futurs afin de mieux reconstruire après la crise liée à la COVID-19. Il indique également qu'il est nécessaire de tirer parti du potentiel des nouvelles technologies, d'améliorer la gouvernance et d'établir des institutions solides dans les économies les plus pauvres du monde.

“La Conférence PMA-5 sera une occasion cruciale de renouveler le soutien et la coopération en faveur des pays les plus vulnérables de la communauté internationale”, a dit la Présidente du Sous-Comité, Mme l'Ambassadrice Monique Van Daalen (Pays-Bas). Elle a également noté que “les progrès à l'OMC, en particulier sur les questions présentant un intérêt pour les PMA, étaient importants pour renforcer le rôle du commerce en tant que moteur essentiel de la croissance économique inclusive dans les PMA.”

Actuellement, la liste des Nations Unies concernant les PMA compte 46 pays, dont 35 sont Membres de l'OMC.

Le Tchad, au nom du Groupe des PMA, a appelé la communauté internationale à chercher à établir un nouveau programme d'action ambitieux, adapté aux besoins des PMA. Des Membres de l'OMC ont mis en avant le rôle du commerce pour aider les PMA à atteindre leurs objectifs de développement Le commerce inclusif sera essentiel pour le développement socio-économique des PMA, ont-il souligné. L'engagement pour aider les PMA à utiliser le commerce afin se remettre de la crise a été largement exprimé.

Plusieurs délégations ont indiqué qu'il était nécessaire d'améliorer les capacités de production des PMA et leur compétitivité à l'exportation. Elles ont demandé que des mesures de soutien additionnelles et solides en matière de commerce soient prises par les pays donateurs et les organisations internationales, en ce qui concerne notamment l'accès aux marchés en franchise de droits et sans contingent, le transfert de technologie et les règles d'origine préférentielles. Étendre l'application de ces mesures aux pays qui sortent du statut de PMA les aiderait à maintenir leurs résultats à l'exportation, ont-elles dit.

Présenté par la CNUCED, le “Rapport 2020 sur les pays les moins avancés: Capacités de production pour la nouvelle décennie” indique que les PMA ont innové en mettant en place des mesures pour lutter contre la crise, tant sur le plan de la production que sur le plan institutionnel. Par exemple, le Sénégal a établi des dispositifs de tests rapides pour la COVID-19 et le Bangladesh a modernisé ses capacités de production manufacturières.

Toutefois, selon les estimations de la CNUCED, plus de 300 millions de personnes vivent encore dans l'extrême pauvreté. Le nouvel indice des capacités productives de l'Organisation montre que les PMA sont en retard par rapport aux autres pays en développement dans plusieurs domaines nécessitant des capacités de production. La transition vers une économie numérique est encore en cours. Cela est dû à l'adoption coûteuse de nouvelles capacités technologiques, à des compétences insuffisantes et à des infrastructures inadéquates. Des politiques sont nécessaires pour développer les capacités de production des PMA au moyen de l'investissement et d'une transition industrielle.

Un représentant de l'Organisation des Nations Unies pour le développement industriel a dit que plusieurs rencontres internationales en ligne avaient mis en évidence l'importance de la mise en place d'un secteur manufacturier résilient dans les PMA pour assurer une transformation économique structurelle. Ces rencontres étaient notamment la réunion d'examen régional africain tenue en février, qui a permis d'examiner la mise en œuvre du Programme d'action d'Istanbul en Afrique, la 53ème session de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique tenue en mars, et le bilan de l'Aide pour le commerce, organisé sous la houlette de l'OMC du 23 au 25 mars.

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