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Le rapport constate que le financement du commerce et des chaînes d'approvisionnement soutient 8% du commerce des marchandises du Mexique, 12% de celui du Guatemala et 10% de celui du Honduras. Dans le cas du Mexique, seul un quart environ des importateurs et exportateurs de marchandises dispose d'un accès au financement. Ces taux d'accès figurent parmi les plus bas de l'ensemble des économies étudiées, bien que le financement des chaînes d'approvisionnement ait fait quelques progrès dans l'économie mexicaine et, dans une moindre mesure, dans les économies guatémaltèque et hondurienne.
Le rapport souligne que le financement du commerce et des chaînes d'approvisionnement présente un potentiel important en matière de croissance et de diversification du marché, lequel est actuellement concentré. Des projections établies à l'aide de modèles montrent que le doublement de la couverture assurée par ce financement et l'alignement des coûts sur les normes des économies avancées pourraient faire augmenter les exportations et les importations de 8,9% au Honduras, 7,8% au Guatemala et 7,4% au Mexique, ce qui représente plus de 90 milliards d'USD en volume combiné des échanges.
Dans ses remarques liminaires prononcées lors du lancement du rapport, la DGA Hill a souligné l'importance de la collaboration entre l'OMC et la SFI dans le domaine du financement du commerce, compte tenu de son rôle clé pour favoriser les échanges. Citant l'estimation de la Banque asiatique de développement (BAsD) selon laquelle le financement du commerce mondial présentait un déficit de 2 500 milliards d'USD en 2023, principalement dans les économies en développement, l'intervenante a noté qu'“un accès insuffisant au financement du commerce produit le même effet qu'un coût commercial prohibitif, freinant les échanges et bloquant les possibilités économiques pour les entreprises et les personnes”.
Cela est particulièrement pertinent dans le cas des micro, petites et moyennes entreprises et des entreprises détenues par des femmes, qui “estiment particulièrement difficile d'accéder au financement du commerce”, a-t-elle ajouté.
Il s'agit de la troisième et dernière édition d'une courte série de rapports sur le financement du commerce dans les économies en développement, qui vise à améliorer la compréhension de l'écosystème du financement du commerce, les contraintes qui pèsent sur le financement du commerce et les lacunes des dispositions existantes. Le premier rapport portait sur l'Afrique de l'Ouest (Côte d'Ivoire, Ghana, Nigéria, Sénégal) en 2022 et le second sur la région du Mékong (Cambodge, RDP lao et Viet Nam) en 2023-2024.
Les travaux conjoints de l'OMC et de la SFI sur le financement du commerce découlent d'une déclaration commune prononcée en 2021 par la Directrice générale de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, et le Directeur général de la SFI, Makhtar Diop, qui se sont engagés à renforcer la coopération pour améliorer l'analyse, l'identification et la détection des lacunes en matière de financement du commerce afin de mieux orienter le renforcement des capacités et les autres ressources là où la demande non satisfaite est la plus importante.
La DGA Hill a souligné que, dans les pays et les régions étudiés jusqu'à présent, seule une part limitée du commerce était soutenue par le financement du commerce et des chaînes d'approvisionnement, alors que cette part était d'au moins 60% dans les économies avancées. “Dans chacune des régions que nous avons examinées, le financement du commerce était fortement concentré. Trop peu de banques orientent trop peu de financements en faveur d'un petit groupe de négociants bien établis et de grande taille”, a-t-elle dit.
Le doublement de la part des échanges visés par le financement du commerce augmenterait les flux commerciaux d'un montant important et contribuerait à diversifier la répartition géographique des échanges. “Un accroissement du financement du commerce impliquerait non seulement une plus grande intégration du commerce, mais aussi davantage d'inclusion socioéconomique grâce au commerce”, a-t-elle ajouté.
Pour ce qui est de l'avenir, la DGA Hill a souligné que l'OMC poursuivrait ses activités — que ce soit dans le domaine du financement du commerce, grâce à ses efforts de facilitation des investissements, ou par la mise en œuvre de son Accord sur la facilitation des échanges — afin de réduire les coûts du commerce international. Dans de nombreuses économies émergentes, la réduction des coûts du transport maritime, du financement et du dédouanement aux frontières est essentielle pour assurer la compétitivité au niveau international. “L'adoption des technologies numériques est primordiale à cet égard”, a-t-elle noté.
“Nous restons à la disposition de nos Membres pour promouvoir les solutions de financement du commerce et participer à des discussions d'experts, comme aujourd'hui, avec le soutien des banques multilatérales de développement et des institutions financières de développement”, a dit la DGA Hill. Elle a noté que “ces efforts contribuent à combler les lacunes persistantes en matière d'accès au financement du commerce, en particulier pour les petites et moyennes entreprises, et à soutenir les objectifs élargis de l'inclusion commerciale, de la diversification économique et de la transformation numérique”. L'intégralité de ses remarques est disponible ici.
Les recommandations en matière de politique qui figurent dans le rapport mettent l'accent sur le renforcement des chaînes d'approvisionnement au moyen de l'harmonisation des réglementations, de l'innovation numérique, de l'amélioration des évaluations des risques et d'une amélioration de l'accès pour les petites entreprises et des entreprises détenues par des femmes. Les organisations internationales et les banques de développement peuvent elles aussi jouer un rôle clé grâce au renforcement des capacités, au soutien en matière de liquidités et aux mécanismes de partage des risques.
Le lancement a été suivi d'une présentation du rapport et d'une table ronde réunissant des représentants de l'OMC, de la SFI, de la Chambre de commerce internationale (CCI), du gouvernement mexicain et de l'Institut technologique autonome de Mexico (ITAM) qui est membre du Programme de chaires de l'OMC.
La publication peut être consultée ici.
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