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Déclaration de Doha expliquée
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Décision de Doha sur la mise en œuvre expliquée
> Comment
les négociations sont organisées
>
Le
Comité des négociations commerciales
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J'aimerais souhaiter la bienvenue aux délégations qui assistent à
cette deuxième réunion du Comité des négociations commerciales. Neuf
mois déjà se sont écoulés depuis la dernière réunion du CNC et il ne
serait donc peut être pas inutile que je rappelle pour commencer que
le CNC a été établi par les Ministres à Doha, sous l'autorité du
Conseil général, et qu'il a pour mandat de superviser la conduite
globale des négociations.
Puisque nous prenons un nouveau départ, je tiens à saisir l'occasion
qui m'est offerte pour dire quelques mots sur la manière dont
j'aimerais conduire la présente réunion, et celles qui pourront suivre
pendant les trois prochains mois. Premièrement, je tiens à ce que nous
continuions à travailler de manière rationnelle et efficace. Cela
signifie, entre autres choses, que nous devons commencer sans perdre
de temps et cibler nos interventions sur ce qui est nécessaire et
productif. Deuxièmement, nous devons bien comprendre que des réunions
du CNC telles que celle ci ont un rôle très important à jouer pour ce
qui est de la transparence. J'attache une très grande importance à la
transparence. Je voudrais seulement ajouter qu'il ne faut pas
confondre transparence et répétition. Troisièmement, le stade où nous
nous trouvons dans les négociations signifie qu'il est impératif et
urgent de nous attacher maintenant à concilier les positions et à
résoudre les problèmes. Le temps des déclarations — si nécessaire
qu'il ait été — est révolu depuis longtemps. Le processus de Genève
doit maintenant aboutir à des résultats.
Après ces quelques mots, permettez moi de passer à l'ordre du jour.
Adoption de l'ordre du jour
La première chose que nous devons faire
aujourd'hui est d'adopter l'ordre du jour. L'ordre du jour proposé a
été distribué aux participants dans le document portant la cote TN/C/W/17
qui, comme vous le constaterez, comporte les deux points suivants:
À moins que les délégations ne souhaitent
suggérer des points à examiner au titre des “Autres questions” au
cours de la présente réunion, je propose que l'ordre du jour soit
adopté.
Point 1 de l'ordre du jour
Je passe maintenant au premier point de
notre ordre du jour, à savoir les rapports des Présidents des organes
établis par le CNC.
Puisque je n'ai pas encore eu l'occasion de le faire dans le cadre du
CNC, j'aimerais commencer par rendre formellement hommage aux anciens
Présidents des organes subsidiaires du CNC qui ont quitté leurs
fonctions en février dernier. Ils ont fait un travail fondateur
essentiel, et nous leur sommes tous extrêmement reconnaissants pour
leurs efforts et leur dévouement.
Comme vous le savez tous, les nouveaux
Présidents des organes établis par le CNC n'épargnent eux non plus
aucun effort depuis leur désignation pour faire avancer les
négociations. J'aimerais leur exprimer à eux aussi notre gratitude
pour avoir bien voulu se charger de cette lourde tâche. Il ne m'a bien
sûr pas échappé que l'un des anciens Présidents a été désigné à
nouveau à la présidence du même organe, et qu'un autre a été
“transféré” dans un autre organe. Ces deux personnes, qu'il me soit
permis de le dire, sont soit extrêmement courageuses, soit quelque peu
inconscientes!
Les travaux importants effectués depuis
quelques semaines ont été si intenses que certains rapports n'ont pu
être distribués que ces derniers jours, mais je pense que nous
comprenons tous les énormes pressions qui ont pesé sur nos Présidents
pour les finaliser. Je note que le Président de la Session
extraordinaire du Comité de l'agriculture et le Président de la
Session extraordinaire de l'Organe de règlement des différends ont
préféré communiquer aux Membres un rapport oral qui tient compte des
toutes dernières activités menées dans leurs domaines respectifs. Je
dois aussi signaler que le Président de la Session extraordinaire du
Comité du commerce et de l'environnement, M. l'Ambassadeur Ali
(Bangladesh), ne peut malheureusement pas être parmi nous aujourd'hui.
Cependant, il a communiqué un rapport écrit et il lui sera rendu
compte en détail des observations qui pourraient être faites sur son
domaine de responsabilité.
Des rapports écrits ont été distribués dans
les documents officiels suivants:
-
Session extraordinaire du Conseil des
ADPIC: TN/IP/9;
-
Groupe de négociation sur l'accès aux
marchés: TN/MA/13;
-
Groupe de négociation sur les règles: TN/RL/8;
-
Session extraordinaire du Conseil du
commerce des services: TN/S/15;
-
Session extraordinaire du Comité du
commerce et du développement: TN/CTD/9;
-
Session extraordinaire du Comité du
commerce et de l'environnement: TN/TE/8.
Point 2 de l'ordre du jour
Je propose que nous passions maintenant au second point de notre ordre
du jour — les déclarations des participants.
J'espère que vous me permettrez quelques observations avant d'entendre
les déclarations. Depuis la réunion du
Conseil général de février, tous les groupes de négociation ont tenu
au moins une première série de réunions formelles et il y a eu aussi
évidemment, en parallèle, un nombre imposant d'activités informelles.
Je pense que nous devrions tous nous sentir encouragés par plusieurs
éléments positifs qui sont aujourd'hui perceptibles dans notre
processus de négociation. Premièrement,
je remarque de la part des délégations une volonté manifeste de
négocier entre elles. Deuxièmement, l'essentiel des négociations porte
sur le fond et non plus sur la procédure comme c'était le cas
jusqu'ici. Troisièmement, j'observe clairement un sentiment croissant
de confiance entre les délégations, rappelant celui qui existait au
moment où nous avons lancé le cycle de négociations de Doha.
Quatrièmement, j'ai entendu dire par plusieurs délégations que les
participants évoluent dans leur manière de percevoir leurs positions,
dans la mesure où ils sont conscients aussi de celles des autres: ils
ne travaillent plus seulement désormais à définir leurs propres
positions, mais aussi à rechercher quelles sont les positions des
autres et comment en tenir compte et y répondre. Cinquièmement, un
signe évident de l'engagement des Membres est que presque tous les
groupes de négociation ont travaillé intensivement et aussi établi
leur programme de travail pour les mois de mai, juin et juillet. Cela
traduit clairement une volonté résolue de travailler d'arrache-pied,
sans ménager sa peine, pour atteindre notre but. Le sixième élément
encourageant est que, pendant que nous travaillons et que nous
concentrons nos efforts ici à Genève, nos efforts sont soutenus par
les efforts qui sont déployés dans le reste du monde, dans différentes
capitales, dans les réunions tenues par les Ministres dans divers
cadres et selon des configurations diverses, et qui vont se poursuivre
pendant les prochains mois. Nous pouvons donc être assurés qu'il y
aura plusieurs occasions pour les Membres de traiter les questions
restantes avant la date butoir de juillet.
Je voudrais néanmoins tempérer cet optimisme en vous faisant part
aussi, après avoir entendu les Présidents des différents organes de
négociation et en particulier leurs conclusions, de mes inquiétudes
face à la tâche qui nous attend encore. Nous ne devons pas nous
leurrer sur l'ampleur de cette tâche, sur son urgence. Nous parlons de
cette possibilité qui s'offre encore à nous, mais je ne pense pas
qu'il soit nécessaire de vous rappeler qu'elle est très petite. Elle
s'offre, mais elle est très petite et elle va disparaître très
rapidement. Elle ne s'offrira pas éternellement. Je suis convaincu
que, si nous voulons mener à bien notre tâche avant la pause de l'été,
nous n'avons vraiment pas une minute à perdre jusqu'à la date butoir.
Il est clair que les contours de l'ensemble-cadre devraient commencer
à se dessiner à la fin du mois de mai — non pas au mois de juin, à la
fin du mois de mai — si nous voulons suivre les orientations que nous
nous sommes fixées. C'est pourquoi j'attends de vous que, dans vos
remarques, vous vous en teniez à ce qu'il faudrait faire pour
progresser, sans répéter simplement des positions qui sont déjà
connues. Au cours des réunions que j'ai
eues avec les Présidents des organes de négociation et avec le
Président du Conseil général, nous avons aussi commencé à nous
interroger sur la nature et la portée des résultats qu'il pourrait
être réaliste de viser pendant les semaines qui viennent. Ces
discussions se poursuivent, compte tenu des progrès réalisés dans les
différents organes, et je pense qu'il serait prématuré d'en débattre
ici aujourd'hui. Cependant, nous devrons de toute évidence parvenir
assez rapidement à un accord entre les Membres dans leur ensemble
quant au résultat que nous visons, et j'espère que, lors des
prochaines consultations, le Président du Conseil général et moi-même
aurons des idées à partager avec vous. Dans l'intervalle, je
demanderai aux délégations d'y réfléchir encore.
J'aimerais compléter mes remarques en évoquant la détermination
politique que j'ai observée partout dans le monde au niveau
ministériel. Comme vous le savez, j'ai participé à un certain nombre
de réunions à différents endroits du monde et j'ai eu des entretiens
avec de nombreux Ministres. Tous ceux avec lesquels je me suis
entretenu sont convenus de la nécessité de réaliser des progrès
concrets avant la pause de l'été et, comme l'a dit l'un des
Présidents, si nous pouvons y parvenir plus tôt, ce sera évidemment
encore mieux. En même temps, mes interlocuteurs m'ont dit que nous
devons nous employer à trouver des solutions. Les Ministres ont
insisté sur ce point, et ils ont eux-mêmes été en contact entre eux
pour la recherche de solutions. Nous devons donc redoubler d'efforts
pour leur proposer des options sur la base desquelles ils pourront
travailler. J'ai aussi entendu dire dans
plusieurs réunions de groupes de Ministres qu'il faut que nous
adoptions des positions flexibles. Mais, bien sûr, il a toujours été
dit en même temps que nous devons aussi définir notre flexibilité. Il
ne suffit pas de dire que nous avons besoin de flexibilité, nous
devons aussi définir ce que nous entendons par là, ce que la
flexibilité que nous nous réclamons mutuellement devrait recouvrir.
La dernière chose que j'ai entendu dire à maintes reprises par les
Ministres, c'est qu'il leur serait très utile, pour leurs propres
analyses et réflexions, que les Membres soient aussi clairs et précis
que possible dans l'exposé de leurs positions. Comme M. l'Ambassadeur
Groser l'a dit en nous proposant ses deux modèles, le modèle A —
clarification des positions au dernier moment — et le modèle B — être
aussi constructif que possible, le plus tôt possible, nous n'avons pas
le choix. Nous devons pouvoir avancer de manière constructive au plus
vite, faute de quoi il nous sera impossible d'atteindre le but que
nous nous sommes fixé. Il en ressort donc
que les Ministres, me semble-t-il, sont plus déterminés que jamais à
réussir et que nous avons donc un défi majeur à relever. C'est de
toute évidence aux négociateurs à Genève qu'il incombe de transformer
cette volonté politique en résultats concrets. Moi-même et les autres
Présidents — et aussi, j'en suis certain, le Président du Conseil
général — sommes résolus à travailler avec vous sans relâche pour y
parvenir. Mais vous seuls, les représentants à Genève, pouvez
effectivement produire des résultats. Je
ne veux certainement pas dramatiser, mais je suis sincèrement
convaincu que les jours et les semaines à venir seront décisifs à
l'excès pour le PDD et, dans une certaine mesure, pour le système
commercial multilatéral. Je vous prie tous instamment de réfléchir à
ce que serait notre situation s'il n'y avait pas de progrès tangibles
d'ici à l'été. Nous risquons de perdre non pas cette année seulement,
mais aussi peut-être une bonne partie de l'année prochaine, compte
tenu des autres événements qui auront lieu dans le monde et à l'OMC.
Il pourrait être très difficile en fait de relancer le cycle de
négociations avant bien longtemps si nous n'arrivons pas à jeter
maintenant des bases solides sous la forme d'accords-cadres. Cela dit,
je vous prierais une fois de plus de faire vos remarques de la manière
la plus efficace possible, en étant brefs et en indiquant la marge de
manœuvre dont nous disposons pour progresser sans tarder.
Remarques finales
J'aimerais remercier toutes les délégations de la coopération dont elles ont
fait preuve et qui a permis au CNC de tenir une session très efficace et
très utile. Je tiens à souligner la nécessité pour nous tous de continuer le
bon travail que nous avons entrepris et de passer sans à-coups d'une étape à
une autre. Nous ne devrions pas trop attendre pour nous engager dans le
processus de résolution des problèmes. Nous devons être bien conscients que,
si la réunion de juillet a été fixée comme échéance pour la réalisation de
progrès concrets, cela ne signifie pas que le cycle prendra fin avec elle.
Juillet n'est qu'une étape de plus dans les négociations, et il ne sera
certainement pas possible de régler tous les problèmes d'ici là. Et
n'oublions pas non plus que la nécessité de progresser en concentrant nos
efforts ne doit pas nous faire perdre de vue le programme global auquel nous
attachons tous de l'importance.
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